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III. LA GESTION DU RISQUE DE CREDIT

La gestion du risque de crédit (appelé aussi « Risk Management »)[1] répond principalement à trois objectifs :

Elle doit permettre à la banque d’anticiper les pertes moyennes à venir et donc le niveau de marge à demander aux emprunteurs pour couvrir ces pertes.

En parallèle, elle doit aussi fournir à l’établissement une estimation des pertes maximales possibles, c’est-à-dire le plafond statistique des pertes que la banque peut potentiellement avoir à supporter. Ces pertes maximales, probablement réalisables permettant alors de fixer le montant des fonds propres que la banque doit avoir pour assurer le risque total sur son encours de prêts.

Enfin, une mesure du risque doit permettre à l’intermédiaire bancaire de communiquer avec les actionnaires, les déposants et les autres banques d’un côté et les autorités de surveillance (commission bancaire) de l’autre. Ces dernières imposent aux banques des règles strictes sur le niveau du risque à prendre.

Pour atteindre ces objectifs, la banque fait appel à des outils traditionnels tels que les règles prudentielles et à des nouveaux outils tels que la titrisation pour mieux gérer le risque crédit (risque de contrepartie). Dans cette partie sont présentés alors les outils permettant à la fois la gestion individuelle du risque de contrepartie et les outils de gestion globale du risque crédit.

En effet, une classification de ces outils de gestion du risque crédit selon que le risque est pris individuellement ou de façon générale.

La prévention individuelle du risque de contrepartie : dans ce cas, il s’agit de rendre acceptable le risque présenté par une contrepartie déterminée (PME par exemple) grâce à un certain nombre de mesures adoptées soit lors de la mise en place du crédit soit ultérieurement et ne sont pas exclusives les unes des autres. Il ne faut pas les confondre avec le provisionnement qui intervient lorsque le risque s’est concrétisé. Il s’agit entre autre de : prise de garanties (réelles ou personnelles), le partage des risques, les clauses contractuelles, les dérivés de crédit.

La prévention globale du risque de contrepartie : indépendamment de son destinataire, tout concours supplémentaire accroît le risque de contrepartie total de la banque et nécessite une approche globale qui constitue un aspect de la politique de crédit définie précédemment. Il s’agit alors : de division et plafonnement du risque de contrepartie, la titrisation et la « défaisance »[2].

A titre indicatif, c’est la classification citée en premier (en termes de méthodes traditionnelles et nouvelles de gestion du risque de contrepartie) qui sera retenue dans notre développement.

III.1. Les instruments traditionnels de gestion du risque de crédit

                        La gestion du risque de crédit est au cœur du métier de banquier. En effet, elle lui permet d’avoir une meilleure connaissance de ses clients et d’optimiser : le couple rendements/risque des prêts accordés. Cependant, face à la concurrence des marchés financiers, les banques sont appelées à reconsidérer leurs opérations traditionnelles de prêts sous un angle différents. Elles doivent rationner leur gestion du risque de crédit en référence au marché.

De ce fait, le risk-process (processus de risque) ne s’arrête pas à l’identification et la mesure du risque. L’étape de gestion est aussi importante. Celle-ci est un ensemble d’actions destinées à ramener les risques dans les limites fixées. Les principaux moyens traditionnels de gestion du risque de contrepartie sont :

  • Les règles prudentielles
  • La diversification du risque
  • La prise des garanties
  • Les garanties de compagnies d’assurances
  • Le provisionnement.
  1. les règles prudentielles

Les arguments justifiant la nécessité d’une réglementation sont notamment :

  • La protection des déposants ;
  • La prévention du risque systémique ;
  • La préservation de la stabilité et l’efficacité du financement de l’économie.
  • L’historique de la réglementation prudentielle

Après la crise de 1929, la réglementation exigeait des banques la détention d’un niveau de capital standard, sans tenir compte du niveau de risque réel de chaque banque. L’environnement international a connu ensuite de nombreuses mutations suite au développement des marchés financiers. Les banques s’orientent vers des contreparties de qualité médiocre puisque les meilleures contreparties accédaient aux marchés financiers du fait de la déréglementation financière. Cette situation a conduit à partir des années quatre-vingt à l’aggravation des faillites bancaires.

L’objectif de l’accord de Bâle de 1988 était justement de diminuer le nombre de ces faillites et de consolider la stabilité du système bancaire international, en imposant des critères minimaux de capital. Il visait également de réduire toute compétition inéquitable.

Compte tenu des nombreuses critiques formulées à l’encontre de cet accord, la révision du dispositif d’adéquation des fonds propres s’est avérée nécessaire. En juin 1999, un premier document consultatif sur un nouveau dispositif d’adéquation des fonds propres a été établi par le comité de Bâle sous la présidence de MC Donough.

  • L’accord de Bâle sur les fonds propres

Les exigences de solvabilité définies par le comité de Bâle dans l’accord de 1988 visaient à assurer aux établissements de crédit la détention des fonds propres adaptés à l’ampleur et à la nature des risques encourus. Il était centré sur le risque de crédit puis complété par l’amendement de 1996 qui a intégré les risques de marchés. Les principales règles de prudence en matière de crédit étaient le respect d’un ratio  de solvabilité appelé ration Cooke et des règles de division des risques. Le ratio Cooke se calcule comme suit :

Fonds propres réglementaires/ actifs à risque pondérés > ou = 8 %

Le numérateur du ratio est représenté par les fonds propres réglementaires[3]. Quant au dénominateur, celui-ci recense l’ensemble des risques de contrepartie qui sont pondérés en fonction du degré de risque qui varie selon la nature des engagements.

Les éléments de hors-bilan (à l’exception des produits dérivés) sont également pris en compte au dénominateur du ratio. Pour quantifier le risque de contrepartie de ces éléments, il faut dans un premier temps convertir les engagements de hors-bilan en équivalent crédit par des taux de conversion qui désignent le degré de risque de l’engagement, puis dans un second temps pondérer l’équivalent crédit obtenu selon la méthode retenue pour les actifs du bilan.

La perception accrue des faiblesses associées à cet accord rendait de plus en plus nécessaire sa révision. Les apports du nouvel accord sont résumés dans les trois piliers de ce dernier qui sont[4] :

  • Pilier 1 : Les exigences minimales en fonds propres : Capital adequacy

Il consiste à maintenir les exigences minimales en fonds propres avec les changements suivants :

  • L’introduction d’un traitement explicite du risque opérationnel qui conduira à inclure une mesure de ce risque au dénominateur de solvabilité d’une banque.
  • Des changements substantiels dans le traitement du risque de crédit par l’instauration de trois approches distinctes pour le calcul de ce risque :
  • L’approche standardisée

Elle est fondée sur la pondération de chaque poste du bilan et du hors bilan par des coefficients reflétant la qualité de la signature de la contrepartie. Cette méthode utilise les notations externes pour l’évaluation des positions.

  • L’approche fondée sur les notations internes (NI) : (Internal Rating Based Approach)

Elle est également fondée sur les notations internes qui, lorsqu’elles sont particulièrement développées, débouchent sur les modèles internes d’évaluation du risque de crédit.

  • Pilier 2 : La surveillance prudentielle

Ce pilier souligne la nécessité pour les banques d’évaluer l’adéquation de leurs fonds propres en regard de leurs risques globaux.

  • Pilier 3 : La discipline de marché

Ce pilier concerne la communication d’information financière par les banques : « le comité estime que la publication d’informations est un élément particulièrement important du nouvel accord, puisque les établissements bénéficieront d’une plus grande latitude pour déterminer leurs exigences de fonds propres grâce à des méthodologies internes »[5].

Donc le nouveau visage de Bâle II se concrétise par un nouveau ratio en remplacement du ratio Cooke dénommé ratio Mc Donough dont la formule est la suivante :

Fonds propres réglementaires / risque de crédits + risque de marché + risque opérationnel >= 8 %

A titre de rappel, les fonds propres réglementaires comprennent les fonds propres de base et complémentaire. Ainsi selon le dispositif final de l’accord Bâle II, les fonds propres réglementaires précisés dans l’accord de 1988 restent inchangés. On s’aperçoit aussi qu’en matière de capital minimum, le niveau de 8 % correspond toujours au plancher de sécurité.

Contrairement à son prédécesseur, le ratio Mc Donough laisse plus de latitude aux banques pour le calcul de leurs risques. Le régulateur offre, en effet, le choix entre différents modèles de calcul : du plus simple, où la banque opte pour un calcul aisé du ratio via l’application d’une formule entièrement calibrée par la BRI (l’approche fondée sur la notation interne), au plus compliqué, ou elle utilise son expérience pour calculer différents paramètres de cette bancaires et se traduit très concrètement par une économie de fonds propres.

Pour chaque type de risque, il existe des méthodes de calcul, de sophistication et de perfectionnement croissantes, pour s’adapter à la diversité des situations dans les banques et pour mettre en place une démarche d’amélioration continue.

  • Le nouvel accord de Bâle (Bâle III), Quels apports ?

Le nouvel accord de Bâle établit pour les banques des exigences de fonds propres prudentes et appropriées, reflétant les risques encourus et présentés par chaque établissement, compte tenu du contexte de marché et des conditions macroéconomiques dans lesquels il opère.

Les banques doivent mettre en place un dispositif adéquat de gestion du risque de crédit, qui tient compte du degré d’acceptation du risque et du profil de risque de l’établissement ainsi que des conditions de marché et macroéconomiques. Ce dispositif repose sur des politiques et procédures prudentes qui permettent de détecter, de mesurer, d’évaluer, de suivre et de maîtriser, ou d’atténuer, le risque de crédit (y compris le risque de contrepartie) en temps opportun, et d’en rendre compte. Il couvre l’ensemble du cycle du crédit, y compris l’octroi de prêts, l’évaluation de la qualité de ces prêts et la gestion courante des portefeuilles de prêt et d’investissement de l’établissement.

En ce qui concerne le Risque de Contrepartie, la prise en compte du « Général Wrong Way Risk » devrait avoir un impact notable sur la nature des contrôles dans le dispositif. Le « General Wrong Way Risk » se définit comme le risque que la probabilité de défaut d’une contrepartie soit corrélée de manière non spécifique à la valeur du contrat (par l’intermédiaire de facteurs macro-économiques par exemple). La prise en compte de ce risque, difficile à appréhender, devrait entrainer un fort renforcement des contrôles au niveau opérationnel. En effet, ces risques devront être identifiés et analysés par des opérationnels au sein de chaque entité concernée afin d’élaborer des stratégies visant à les couvrir. Ceci impliquera la mise en place de stress tests afin de déterminer les facteurs de risques positivement corrélés à la qualité de crédit de la contrepartie de manière plus approfondie que par le passé. Ces scénarios devront aller jusqu’à la simulation de crises majeures lors desquelles les relations entre les facteurs de risques changent. Ce n’est qu’une fois ces analyses effectuées que la formalisation de nouveaux plans de contrôles pourra être établie avec pour objectif d’identifier et d’assurer le niveau d’exposition des établissements financiers par produit, par région, par industrie, mais aussi selon d’autres critères plus spécifiques en lien avec la nature de leurs activités respectives.

  1. La diversification

La diversification est un des moyens les plus anciennes de réductions des risques. Elle permet aux banques de se prémunir contre une perte trop lourde, pouvant conduire à une défaillance. En effet, une banque a intérêt à répartie les risques entre un grand nombre de contreparties pour que la probabilité de perte soit faible, puisque les risques d contreparties sont faiblement corrélés entre eux.

A l’inverse, une concentration trop importante des risques sur un nombre de contreparties fragilise la gestion de la banque et met en danger sa pérennité en cas de défaillance de l’une des contreparties les plus importantes. D’ailleurs, les PME offrent cette possibilité de diversification de risque crédit de contrepartie pour la banque, car la clientèle PME appartient à un monde d’entreprises fort hétérogène.

  1. La prise de garanties
  • Définition et traits caractéristiques

Par définition, « On entend par garantie un mécanisme permettant de protéger un créancier contre une perte pécuniaire »[6]. Les garanties servent à anticiper et couvrir un risque futur possible de non-remboursement du crédit. Elles sont généralement prises lors de l’accord de financement ou au cours de la réalisation lorsque la situation de la contrepartie se dégrade. Les garanties présentent un caractère optionnel. En effet, leur mise en jeu n’intervient que si la contrepartie, à l’échéance de la dette garantie, n’est pas en mesure de rembourser le crédit. Elles doivent faire l’objet d’un suivi régulier.

  • Nature des garanties

Plusieurs opérations sont menées entre banques et leurs clients (Etat, banques, entreprises, etc.). Les prêts ou opérations de crédit sont parmi les plus classiques. Il est normal de se protéger contre le risque lié à ces crédits par des garanties. Dans les opérations de prêts, les garanties portent essentiellement sur les avoirs de la contrepartie auprès de la banque ou auprès d’autres établissements de crédit, mais aussi sur des actifs (garanties réelles ou personnelles), ou encore sur des actifs tels que les titres et effets bien notés, c’est-à-dire pour lesquels l’aptitude au paiement est satisfaisante.

  • Utilité des garanties

La première fonction de la garantie est qu’elle permet de diminuer l’exposition au risque. En effet, le montant de l’exposition effective au risque est obtenu en diminuant du total en capital et intérêt, la valeur estimée de la garantie. L’exposition nette au risque est donc exprimée comme suit :

Exposition nette = Total en capital et intérêt – Valeur estimée de la garantie

L’utilisation des garanties réponde également à l’objectif de limiter le coût de la défaillance, puisqu’elles constituent une alternance à l’augmentation des taux d’intérêt. Elles offrent l’avantage de procurer une protection en cas de défaillance éventuelle, tout en limitant la hausse des taux d’intérêt.

  1. les garanties des compagnies d’assurance

Une banque peut minimiser son exposition aux risques en bénéficiant des garanties des compagnies d’assurance. Pour se prémunir contre le risque d’insolvabilité de leurs contreparties, notamment bancaire surtout et entreprises. D’ailleurs, les banques et les entreprises peuvent souscrire à une assurance-crédit.

Cette assurance-crédit est garantie par des compagnies locales au cas où la contrepartie est dans le même pays que l’assuré, ou par des compagnies d’assurance des opérations extérieures, si la contrepartie est étrangère. Parmi ces dernières, on retrouve notamment la FCIA (Foreign Credit Association) aux USA, la COFACE (Compagnie Française d’Assurance pour le Commerce Extérieur) en France etc.

Si la créance est irrécupérable, la compagnie d’assurance n’indemnise qu’une quote-part de la perte subie. Cette assurance-crédit ne garantit le créancier que sur le court ou le moyen terme. Ce mécanisme d’assurance permet non seulement de rembourser l’assuré en cas d’insolvabilité de sa contrepartie, mais également de fournir à celui-ci des renseignements sur la solvabilité de ses contreparties.

  1. Le provisionnement

Les provisions sont des charges qui servent à couvrir la diminution de la valeur de l’exposition sur une contrepartie notamment les PME. Elles sont constituées lorsque la banque décide de l’octroi du crédit. Leur montant est alors sur la base du montant de la créance net des garanties obtenues, autrement dit sur la base de l’exposition nette, comme suit :

Montant de la provision = Exposition nette x probabilité de défaut

La probabilité de défaut dépend de la qualité de la contrepartie. Les crédits accordés doivent faire l’objet d’un suivi régulier. Au cas où la créance deviendrait douteuse, c’est-à-dire qu’elle présente un risque probable ou certain de non-remboursement total ou partiel, celle-ci doit être classée dans une des catégories de risque et provisionnée à hauteur du risque qu’elle présente.

Donc, les provisions viennent en diminution du résultat de la banque. Si les paiements sont plus élevés que prévues, un produit est constaté par reprise de tout ou partie de la provision pour dépréciation.

Les moyens traditionnels de gestion du risque de contrepartie sont les plus utilisés par les banques (en RDC) car ils offrent plus d’avantages (de coût, de mise en place, etc.) par rapport aux nouvelles techniques de gestion qui sont présentées ci-après.

III.2.  Les nouvelles techniques

En plus des instruments de gestion présentés précédemment, deux grandes familles de produits et méthodes se sont développées. Il s’agit d’une part de la titrisation qui permet de céder des créances sur le marché et d’autre part, des dérivés de crédit.

  1. La titrisation

La titrisation est une technique financière américaine, qui consiste pour une entreprise à céder certains de ses actifs et recevoir en contrepartie des liquidités. Ces actifs sont cédés à une structure spécifique sédiée (SPV : Special Purpose Vehicle) qui émet des parts (titres de dette) souscrites par des investisseurs.

  • La titrisation des créances bancaires : « CLO »

Comme son nom l’indique, la titrisation des créances bancaires est une opération de titrisation où les actifs vendus sont des prêts bancaires. Ces prêts sont généralement des crédits au logement ou à la consommation qui sont difficilement refinançables et ont des taux élevés.

La qualité du portefeuille proposé par la banque est examinée par des agences de notation telles que Standard & Poor’s ou Moody’s, selon un certain nombre de critères.

  • Avantages de la titrisation des créances bancaires : (CLO) « collateralized bonds obligations »

Par l’opération de titrisation, la banque cède une partie de ses créances, mais également le risque attaché à celles-ci. L’intérêt des CLO[7] réside également dans leur capacité à libérer le capital qui était alloué aux créances cédées. La banque pourra alors procéder à de nouvelles opérations.

A côté des CLO classiques, on retrouve les CLO synthétiques. Ces derniers, consistent pour une banque à céder le risque de contrepartie d’un portefeuille de créances tout en conservant les créances dans son bilan. En effet, les CLO synthétiques ne portent pas sur les prêts, mais sur les dérivés de crédit se rapportant à ces prêts.

  • L’impact de la titrisation sur la rentabilité des fonds propres

La titrisation permet à la banque d’économiser des fonds propres et donc d’améliorer la rentabilité de ceux-ci. En effet, en cédant une partie de ses créances, l’actif de la banque diminue. Le montant des fonds propres est alors réduit soit, en distribuant des dividendes exceptionnels ou par tout autre moyen permettant de diminuer le capital.

Au sujet des avantages et inconvénients de la titrisation, le tableau suivant en fait la synthèse :

Tableau n°2 : Les avantages et les inconvénients de la titrisation

Intérêt pour l’entreprise/ banque

Intérêt pour l’investisseur

-       Sortir des actifs de son bilan

-       Pour les banques, contourner la rigidité du capital réglementaire

-       Avoir recours à une source de financement

-       Discrétion

-       Développement des marchés de capitaux

-       Séparer l’originalité de dette de sa détention en portefeuille

-       Accéder à des nouveaux produits fondés sur les actifs jusque-là inaccessibles

-       Niveau de rendement élevé

-       Bénéficier d’un effet-diversification

Points faibles pour l’entreprise

Points faibles pour l’investisseur

-       Montage complexe

-       Coûts importants

-       Placement difficile des tranches les plus risquées.

-       Montage complexe

-       Des risques liés au « downside »

Source : Arnaud de Servigny : « Le risque crédit : nouveaux enjeux bancaires », 2ème Ed. DUNOD, 2003, p.145

Au sujet des effets pervers de la titrisation dans la récente crise financière et économique (2008), les spécificités de la finance et de la banque la qualifient d’une crise de titrisation, contrairement à la crise de 1929 qui était une crise de consommation. Pour Dominique PLIHON[8] : La titrisation a joué un rôle important dans la crise des subprimes. En effet, les établissements de crédit immobilier américains ont massivement « titrisé » les crédits qu’ils avaient accordés aux ménages à risques qui se présentaient sur ce marché des subprimes. La titrisation a eu deux effets pervers :

  • D’une part, elle a incité les établissements américains à prendre plus de risques car ces derniers savaient qu’ils pourraient se débarrasser de leurs risques en les transférant à des investisseurs ;
  • D’autre part, la titrisation a contribué à la propagation de la crise des subprimes au sein du système financiers international car les titres résultant de la titrisation, qui sont ensuite perdu toute leur valeur, ont été disséminés (dispersés) aux Etats-Unis et dans le reste du monde, ce qui explique en grande partie la dimension internationale de la crise financière née sur le marché des subprimes.
  1. La gestion par les dérivés de crédit
  • Définition des dérivés de crédit

Un produit dérivé de crédit est défini comme « un instrument de marché, donc coté en fourchette, dont le flux qui lui est associé dépend de l’évolution de la qualité de crédit de l’émetteur d’un actif de référence »[9]. Un dérivé de crédit est donc un contrat financier conclu de gré à gré, dont le marché est accessible à toutes les catégories d’intervenants : banques, assurances, entreprises, etc.

Ces produits sont utilisés notamment pour la couverture en cas de défaut de la contrepartie. Un défaut peut être caractérisé par :

  • L’insolvabilité ou le défaut de paiement sur le principal ou les intérêts du crédit ;
  • La restructuration qui affaiblit la qualité de crédit de la référence ;
  • La faillite qui a pour conséquence une incapacité du débiteur à honorer ses engagements.
  • Typologie des dérivés de crédit

Les produits les plus classiques parmi la gamme des dérivés de crédit sont[10] :

  • Le Credit Default Swaps (CDS), (classé en terme comptable comme produit hors bilan) ;
  • Le Total Rate of Return Swap (TR), (considéré au sens comptable comme produit hors bilan) ;
  • Le Credit linked Notes (CLN), (selon la classification comptable le CLN est un produit sur bilan)
  • Les credits Default Swaps : « CDS »

Par définition, « Un CDS est un contrat financier bilatéral par lequel une des parties (l’acheteur de protection) paie de manière périodique une prime sur un montant notionnel, afin d’obtenir du vendeur de la protection un paiement contingent à la suite d’un évènement de crédit sur l’emprunteur »[11]

Un défaut ou un événement de crédit reste donc nécessaire pour enclencher le paiement final au titre de la garantie ; en cas de défaut, deux modes de paiement peuvent être envisagés :

  • La compensation de la perte subie par l’acheteur de la protection ;
  • Le remboursement du titre de dette en échange du transfert du titre en défaut au vendeur de la protection.
  • Le total Rate of Return Swap : « TR »

Les banques utilisent ce type de produits pour faire face au problème de la nécessité de diversifier le portefeuille. Cet instrument permet en effet, de transférer le risque sur performance économique d’un actif sous-jacent, sans pour autant transférer la propriété de cet actif. La banque qui se couvre auprès d’un investisseur contre le risque de contrepartie généré par sa créance, transfère l’ensemble des flux du prêt (principal + intérêts + commissions) pendant la durée de vie du swap. Le vendeur requiert ainsi tous les attributs économiques de l’actif sans en avoir la propriété. Celui-ci verse en contrepartie à l’acheteur de la protection un coupon périodique qui finance la position de l’acheteur de la protection dans sa créance.

A maturité, si le montant du notionnel est positif, la banque paie l’appréciation au vendeur de la protection. Dans le cas contraire, c’est ce dernier qui compense la banque pour la dépréciation.

  • Le Credit Linked Notes : « CLN »

Cet instrument n’est que le traitement d’un CDS sous forme de valeurs mobilières. Les investisseurs investissent sur des valeurs mobilières dont le rendement est lié à la performance de produits dérivés.

Le principe est le suivant : Une banque aimerait se couvrir du risque qu’elle court sur une contrepartie. Elle émet alors des obligations d’un montant identique au montant de la créance et offre une rémunération. A maturité, cette banque rembourse la totalité du principal aux investisseurs si la contrepartie n’a pas fait défaut, et une fraction de ce nominal dans le cas contraire.

Cependant, la gestion dynamique comprend les méthodes modernes de gestion de portefeuille. Ces méthodes bien qu’elles offrent plusieurs avantages, ne sont pas usitées à cause notamment des difficultés de leur mise en place.

La gestion des risques a gagné du terrain dans les établissements financiers. La forte croissance des différentes activités (crédits aux entreprises et aux particuliers, crédit interbancaires, etc.) a incité les banques à mettre en place des moyens pour pouvoir gérer leur risque de contrepartie. Ces moyens de gestion permettent de maintenir ce risque dans une enveloppe acceptable ; et par conséquent de limiter les pertes en cas de défaut.

[1] La gestion de risque crédit ou le Risk management sous-entend le processus de gestion du risque crédit avant, pendant et après octroi de crédit.

[2] La défaisance est une technique financière d’origine américaine « la defeasance » qui permet de faire sortir d’un bilan tant des créances que de dettes en les transmettant à un titre. Les établissements de crédit utilisent la défaisance pour faire sortir de leurs créances à haut risque : celles assorties d’un fort risque souverain ou des créances compromises telles que celle de l’immobiler.

[3] Fonds propres réglementaires = Fonds propres de base + Fonds propres complémentaires – éléments à déduire.

[4] Michel ROUX, MASTER banque de détail, Ed. ESKA, 2011, p.82

[5] Document soumis à la consultation, vue d’ensemble du nouvel accord de Bâle sur les fonds propres, avril 2003, p.9

[6] F. LOBEZ, Banque et marchés du crédit, PUF, Paris, 1997, p.5

[7] Sylvie de Coussergues, Gestion bancaire : du diagnostic à la gestion, 4ème Ed. DUNOD, 2005, p.176

[8] In Michel ROUX, Op.cit., p.85

[9] MARTEAU D., Les enjeux du développement du marché des dérivés de crédit, Revue Banque Stratégie, n°186, octobre, 2001, p.2

[10]  Arnaud de Servigny, Le risque crédit : nouveaux enjeux bancaires, 2ème Ed. DUNOD, 2003, pp 152-155

[11] Arnaud de Servigny, Idem., p.152

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