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INTRODUCTION

       0.1. PROBLEMATIQUE

L'amélioration de l'accès des PME aux financements en général et au crédit bancaire en particulier fait l'objet de nombreuses préoccupations qui touchent tant les établissements de crédit que les instances réglementaires. Dans un marché du crédit devenu globalement offreur, les petites et moyennes entreprises congolaises rencontrent encore des difficultés pour trouver les ressources financières dont elles ont besoin pour mener à bien leur stratégie de croissance et d'investissement. Mais la satisfaction du besoin de ressources à long terme n'est pas le seul point qui pose problème à ces entreprises. Le cycle d'exploitation est également soumis à une contrainte de financement, les difficultés relatives au financement du compte demeurant encore nombreuses et intenses pour bon nombre des PME congolaises.

De manière unanime, recherche académique et rapports opérationnels s'accordent à considérer que la résolution de ces difficultés passe par l'établissement d'une relation de confiance durable entre les dirigeants d'entreprises et les établissements de crédit, la constitution d'un tel capital relationnel étant conditionnée par un repositionnement de l'évaluation du risque au cœur de l'étude bancaire.

La banque est une institution qui a pour mission le financement de l’économie. Son rôle d’intermédiaire signifie l’allocation des moyens financiers aux agents économiques à besoin de financement au moyen des capitaux mis à leur disposition par les agents économiques à capacité de financement.

L'activité d'octroi de crédit met la banque en risque de contrepartie (ou risque de crédit) car le risque ne peut être perçu de façon intégrale. L'acte de crédit étant au cœur du métier de banquier, il exige toujours un réflexe sécuritaire : l'examen attentif et objectif de la contrepartie. Ceci explique largement l'approche risque au sein des banques. Selon Joël BESIS[1], le risque de crédit se définit comme la probabilité de pertes consécutives au défaut d'un emprunteur face à ses obligations ou à la détérioration de sa solidité financière.

La posture adoptée par les banques aujourd'hui et c’est, dans un souci de stabilité bancaire, a conduit celles-ci à s'intéresser à la dimension risque. Leurs décisions d'octroi de crédit se fondent alors sur l'optimisation du couple Risque/rentabilité. Ainsi, l'un des facteurs déterminant dans la décision de crédit est la minimisation du risque de crédit et particulièrement le risque de contrepartie. En effet, la préoccupation du banquier est celle d'éviter un défaut de la part de la contrepartie. Ce risque peut conduire au non remboursement de l’emprunt, à la perte partielle, voire totale des capitaux engagés, … la banque, pour se prévenir de tous ces risques et aléas, doit se montrer performante en matière de gestion de risque, surtout celui de contrepartie.

De nouvelles techniques de gestion des risques de crédit ont été initiées dans l'industrie bancaire afin d'éviter les défauts de contrepartie que le secteur a subi lors des crises bancaires de la fin des années 1980 et du début des années 1990 et d’autres continuent à faire surface après le drame de 2008.

Les crises bancaires ci-dessus mentionnées se sont étendues aux pays en voie de développement, notamment en Afrique. Les lourdes pertes occasionnées à ces périodes, par des mécanismes de contagion, ont même atteint les institutions financières les mieux nanties en terme de capitalisation. Ces crises ont soulevé la problématique de la gestion de portefeuille de crédit. Car selon Godlewski[2], un excès de risque de crédit et une mauvaise gouvernance d'entreprise dans la banque sont les principaux facteurs de défaut interne.

Il revient donc à chaque établissement de crédit de développer sa propre stratégie de gestion des risques. Cette gestion de risque est conditionnée par l’acquisition et l’utilisation des moyens très pertinents permettant la prévention, la gestion et la maîtrise des risques.

Pour prévenir le dégât que peut causer une mauvaise gestion de risque, la banque d’aujourd’hui se voit devant un nombre important d’outils de prise de décision pour l’octroi de crédit, de suivi de crédit et comportement de l’emprunteur, de maîtrise de risque qui, avec une bonne efficacité, permettent l’allocation de moyen de prévention et de gestion de risque.

Nombreuses sont les banques qui ont tombé en faillite (plus de 13 banques de 1909 à 2012 en RDC)[3], d’autres ont été rachetés suite au risque de contrepartie. Le grand problème étant la gestion du risque de contrepartie, la banque est confrontée à l’aire actuelle à une contrainte. Cette contrainte établit que la gestion efficace de crédit est une condition indispensable à la survie et la pérennité des activités de la banque. De ce fait, chaque institution bancaire doit à tout prix s’investir dans ce domaine pour éviter le pire qui peut plonger l’institution dans le chaos et l’insolvabilité.

De nos jours, la maîtrise du risque de contrepartie est l’une des principales préoccupations pour la plupart des organismes bancaires, notamment via les créances qu’elles accordent à leurs clients, qui sont pour la plupart des formes de prêt à court terme, et pour cette raison, de nombreuses banques sont aujourd’hui amenées à l’intégrer dans leur gestion afin de le minimiser. Ce risque est en effet lourd de conséquences pour la banque, car toute dette non remboursée est économiquement une perte sèche que supporte le créancier. Comptablement parlant, les créances et emprunts accordés à des tiers constituent ainsi un poste spécifique dans le bilan de l’entreprise et toute évolution négative obère d’autant la survie de l’entreprise à moyen ou long terme. Très tôt, les établissements bancaires ont donc cherché à s’immuniser contre ce risque de crédit.

Dans le contexte actuel de relation banque-PME, il est vraisemblable que la problématique de l’évaluation du risque de contrepartie connaisse un regain d’intérêt compte tenu des multiples sollicitations de crédit auxquelles fait face les banques congolaises. Les créances douteuses ont pesé assez lourdes sur le résultat net qu’ont connu certaines banques congolaises[4]. Il s’avère dès lors indispensable de mettre en place des moyens efficaces qui puissent permettre autant qu’il est possible de réduire les risques liés aux crédits accordés par les banques congolaises, faute de pouvoir les éviter complètement. C’est la raison pour laquelle l’un des défis économiques majeurs pour les institutions bancaires est de réduire de manière considérable ces impayés.

Compte tenu des distorsions informationnelles dans la relation banque-PME, la Rawbank est exposée particulièrement aux risques d’anti sélection, d’aléa moral et d’opportunisme. En effet, les emprunteurs notamment les PME, ne transmettent pas toutes les informations nécessaires dans leurs dossiers de crédit. Face à cette problématique informationnelle et les risques encourus par les banques, la Rawbank peut donc mettre en place des procédures et des mécanismes incitatifs et de contrôle permettant de limiter ces déficits en termes d’information pour mieux maîtriser les risques associés.

Dans ce contexte, nous allons dans le cadre de notre recherche essayer d’apporter des éléments de réponse aux questionnements suivants :

  • Quels sont les problèmes d’ordre informationnel rencontrés par la Rawbank lors de l’évaluation du risque de crédit des PME ? Et quels sont les mécanismes mobilisés pour réduire ce risque crédit dans le cadre de la relation banque-PME ?
  • Les outils de gestion du risque de contrepartie utilisés par la Rawbank sont-ils pertinents/efficace pour l’amélioration de la relation entre Banque et entreprise ? Conduisent –ils à la prise de décisions pertinentes de la part des dirigeants ?
  • A quel taux d’intérêt la banque pourrait charger le crédit pour faire face au risque et rémunérer les capitaux investis ?

Dans ce travail de recherche, il est question de présenter les méthodes que la Rawbank utilise et le contexte dans lequel elle évolue suivant l’environnement et la conjoncture pour faire face au risque que présente l’activité d’octroi de crédit d’une part et d’autre part d’évaluer le risque que l’activité d’octroi de crédit fait subir à la banque dans sa relation avec les PME et la manière dont elle le gère.

0.2. HYPOTHESES DU TRAVAIL

En guise de réponses provisoires aux questions précédemment posées, réponses qui à la fin de ce travail seront confirmées, infirmées ou nuancées, proposons les hypothèses suivantes :

  • La Rawbank souffre d’un déficit en termes d’informations lors de l’évaluation du risque crédit des PME. Ce déficit informationnel qui croit la perception du banquier du risque élevé à l’égard des PME, d’où la représentation du risque est au cœur de la prise de décision. Pour réduire le risque de contrepartie, la Rawbank passe par l’analyse de la situation financière et économique de la PME.
  • La mesure du risque de crédit sur les emprunteurs est un enjeu important, surtout lorsqu’il s’agit des besoins traditionnels tel que le crédit bancaire. La nécessité pour les banques de disposer d’outils fiables est encore plus forte dans la période actuelle de montée du risque de crédit et de doutes sur les comptes de la clientèle. Les outils de gestion du risque de contrepartie que la Rawbank utilise seraient moins pertinents et ne favoriseraient pas la relation banque-PME, ce qui entrainerait par ricochet une faible représentativité des PME dans le portefeuille de la banque.
  • Tout octroi de crédit doit être subordonné à un retour des capitaux plus les intérêts. Le taux d’intérêt à appliquer serait conforme au coût des capitaux.

0.3. CHOIX ET INTERET DU SUJET

Notre travail porte sur la gestion du risque de contrepartie dans la relation des banques commerciales avec les PME. Le choix de ce sujet, qui va dans le cadre de la Rawbank, serait inutile s'il n'y avait pas de problèmes, bien évidemment car toute recherche naît de l'existence d'une question qu'il faut élucider ou contribuer à sa résolution par des approches de solutions.

La mondialisation qui occasionne une forte concurrence est source de risques et d’aléas accrus pour les entreprises, les profits attendus des investissements sont nettement plus incertains et les erreurs dans les décisions plus globales. Le risque apparait alors pour le banquier une priorité absolue pour la réflexion et le choix stratégique. Les dirigeants procèdent à la connaissance de la situation de l’emprunteur plus précise sur la réalité de son patrimoine et ses capacités à faire face aux exigibilités, des informations que la comptabilité n’est pas toujours à mesure de leur procurer. Dans un tel contexte, les financiers et les gestionnaires ne peuvent se restreindre à simplement constater les écarts des mouvements ni les analyses des ratios mais ils doivent en comprendre la dynamique et les moyens d’améliorer la gestion du risque. D’où, la gestion du risque de contrepartie est l’une des raisons qui nous ont motivés étant donné qu’elle occupe une place de choix dans toute organisation bancaire visant la réalisation des profits et la pérennité des activités.

Ce choix se justifie encore par le fait que le métier du banquier est un métier intéressant mais présentant beaucoup de risques compte tenu de la complexité des opérations bancaires mais aussi de l’environnement dans lequel il évolue.

Ainsi, ce travail présente un intérêt réel au point qu’en plus d’apporter des éclaircissements sur le rôle d’une institution bancaire auprès des PME, il s’attèle à l’analyse du risque de contrepartie que court cette dernière dans l’exercice de ces fonctions. De même ce travail se veut de montrer l’intérêt que présente la gestion du risque de contrepartie des PME par les banques commerciales en RDC, particulièrement la Rawbank dans la mesure où le non-remboursement peut être prélude à la disparition de ces entreprises autant vital pour la circulation des actifs de financement des investissements.

A travers ce travail, les dirigeants de la Rawbank trouveront ici un outil pour le pilotage de la banque dans l’hostilité que présente l’environnement, outil pour la mise au point des stratégies pour la maîtrise de leurs activités d’octroi de crédit.

En ce qui nous concerne, nous  nous autoriserons de considérer cet essai comme une contribution réelle à cet effort d’explication globale.  En analysant une phase de la conjoncture économique face au comportement des banques congolaises.

Les futurs chercheurs dans le même angle d’idée que nous, trouveront une base de recherche imprégnée de la conjoncture d’entreprise bancaire de la place. Ainsi, ce travail sera pour eux un précurseur et un guide solide dans le cadre de l’amélioration de la recherche en cette thématique ;

0.4. ETAT DE LA QUESTION

Selon R. QUIVY et L. V. CAMPENHOUDT, lorsqu’un chercheur entame son œuvre, il est peu probable que le sujet de sa recherche n’ait jamais été traité par d’autres chercheurs, en partie ou indirectement. Ils continuent en disant que toute œuvre scientifique s’inscrit inéluctablement dans un continuum et peut être située par rapport à des courants de pensées qui précèdent et influencent par ailleurs[5].

D’où, il est normal et important que le chercheur prenne connaissance des travaux précédents qui portent sur tout ou partie de l’objet qu’il étudie. Cela permet justement de préciser ce qui rapproche d’une part et ce qui distingue d’autre part son propre travail de ceux des autres.

Le rôle de la gestion du risque de contrepartie des petites et moyennes entreprises demeure très important et a fait l’objet des recherches depuis des années. Dans la littérature existante ayant trait à notre sujet, nous avons réalisé qu’il y avait certains auteurs qui ont essayé d’aborder tel ou tel aspect de notre objet d’étude au travers des Mémoires, thèses, Articles et ouvrages mais leurs travaux, poursuivis sans discipline commune, aboutissent à des conclusions qui ne reflètent que les images et les opinions de leurs époques respectives sur ce sujet.

Ainsi, les travaux ci-après ont retenu notre attention et requiert d’être cités :

ZIGABE KASIGWA Fabien[6], dans « l’analyse des facteurs déterminants le risque de crédit dans une institution de microfinance cas du PLD », évoque dans sa problématique la question de la politique de crédit des institutions de microfinance et estime que cette dernière doit être adaptée aux réalités sociologiques de la population, car la mission d’une IMF est entre autre de permettre l’accès à une population exclue du système bancaire classique d’accéder à l’appui financier de façon performante et pérenne. Cette dernière doit donc s’appuyer sur des fondements qui favorisent la maîtrise des risques liés à ces activités, notamment celles d’octroi des microcrédits à la population à faible revenu.

S’appuyant aux méthodes statistique et analytique, il aboutit aux résultats selon lesquels le risque de crédit au sein du PLD est rattaché à l’ensemble des conditions d’octroi de crédit et à la non applicabilité des procédures reprises dans sa politique de crédit. Avec un taux de remboursement moyen de 87,8%, le non remboursement ne représente que 12,8% de crédit qui n’est pas plus significatif et justifie le risque de crédit. La faible diversification du crédit est source de risque et celle-ci pourrait en amont être le fait du choix de la segmentation du marché. Pour couvrir moins le risque, le distributeur de crédit doit pouvoir faire preuve d’honnêteté. Il doit diviser et sélectionner les risques et connaître les différentes formes des secteurs productifs à financer en même temps que les garanties qui y sont afférentes ; leurs avantages et inconvénients. Grâce à un service de gestion des risques bien informé, le chargé des prêts peut prévoir l’avenir et savoir ainsi les chances de réussite de son engagement.

A cet effet, la forte diversification du portefeuille de crédit et l’amélioration des conditions d’octroi de crédit sont les éléments essentiels pour réduire le risque global des crédits consentis par une institution de microfinance. Il faut diversifier les produits (crédit) et améliorer les conditions de leur octroi.

Hicham LAMHARTI[7], de son côté consacre son étude sur « l’analyse et gestion des risques du crédit bancaire ». Il part de l’hypothèse selon laquelle l’optimisation de la gestion des risques notamment celui de crédit à travers l’analyse financière aurait un impact positif sur le rendement de la banque.

Dans son travail, l’auteur a soutenu que la gestion du risque de crédit une condition sine qua non que toutes les institutions financières bancaires cherchant à se démarquer et à acquérir un avantage concurrentiel sur le marché doivent améliorer. Les crédits attribués aux entreprises nécessitent une attention particulière de la part de la banque surtout que le comité de Bâle II a introduit une proportionnalité positive entre la gestion saine des risques et la compétitivité de la banque face à ses concurrents.

Il affirme de ce fait que la mise en place d’une gestion efficace des engagements bancaires n’est pas une mission aisée car elle dépasse le cadre purement théorique du domaine de la gestion. La gestion des engagements est une réflexion perpétuelle sur la maîtrise et l’adaptation à l’environnement direct de la banque.

Avec la méthode analytique il aboutit aux résultats selon lesquels 31% des engagements de la banque auprès des entreprises présentent un risque de non remboursement auquel la banque serait prudente de demander des nouvelles garanties pour couvrir toutes pertes éventuelles. L’inclusion des techniques discriminatoires permettra à la banque de tarifier le risque selon le risque que présente l’entreprise.

Il conclut en disant que la gestion des risques de crédit passe par trois phases : la première consiste à l’étude de la demande de crédit pour savoir simplement de quoi s’agit-il. Ce qui revient à identifier le besoin réel du demandeur et préciser soigneusement la nature de l’encours financier à envisager.

La seconde phase est la prise de garanties qui s’aperçoit comme une phase lourde su côté de l’emprunteur et décourage même le processus.

Après cette phase, vient alors la troisième et dernière phase, celle qui consiste à contrôler la gestion des engagements, ce qui est un travail de grande sensibilité. Tous les effets d’un engagement contracté se font ressentir au niveau de cette phase : suivie des échéances, gestion et mesure du risque de non remboursement, alerte des clients douteux,… un travail d’une éminente importance que toute erreur pourrait déboucher sur des répercussions néfastes (montée des créances en souffrances, …).

Ibrahim SAGARA[8] de sa part introduit la problématique de la gestion du portefeuille de crédit par la méthode RAROC. Partant de la question de savoir dans quelle mesure l’utilisation d’un modèle de gestion d’un portefeuille de crédit pourrait permettre à une institution bancaire de mieux mesurer les risques sur ses engagements vis-à-vis de sa clientèle et les gérer au mieux.

Il part de l’analyse théorique de la modélisation du risque de crédit et la gestion du portefeuille de crédit puis l’analyse pratique de l’Ecobank en matière de gestion de risque de crédit qui se prêterait bien à la mise en œuvre de la méthode RAROC et enfin la présentation d’un modèle simplifié de gestion.

Selon lui, dans un environnement où la concurrence est rude, les banques se doivent adopter des outils qui leur permettent de définir les stratégies les mieux adaptées pour faire face à des contraintes aussi contradictoires les unes par rapport aux autres. Le RAROC comme outil semble être une alternative appropriée dans le pilotage de la rentabilité et des risques.

Après analyse des données et utilisation du modèle de simulation de Monte Carlo, suivant les normes de perte du portefeuille, il aboutit à une perte moyenne du portefeuille qui se situe à 36,756 millions de F CFA et qui doit être contenues dans la tarification du crédit. Le rapport entre la marge nette et le fonds propre économique ainsi évalué, au seuil de 1% le capital économique du portefeuille se situe à 60 millions de francs CFA. Pour un seuil de 2%, le capital économique a mobilisé est de 167 millions F CFA au lieu de 259 millions de F CFA comme le prévoyait le capital réglementaire.

Afin qu’ils aient une bonne visibilité de leur résultat en fonction des risques qu’ils en prennent, les dirigeants des banques doivent se trouver dans l’obligation d’orienter leur système de gestion des risques pour les actionnaires.

ASSUMANI MULONDA P.[9] dans son étude consacrée sur « la maîtrise du risque de crédit et son impact sur la performance financière d’une banque, cas de la TMB » l’auteur cherche à établir une relation entre la gestion du risque et la performance financière.

Partant de la question de savoir comment la maîtrise du risque de crédit pourrait conduire l’entreprise à la performance financière souhaitée, l’auteur pense que l’établissement d’un mécanisme de gestion du risque de crédit au sein de la banque aurait un impact positif et significatif sur la rentabilité financière. L’application des méthodes statistiques, analytique lui a permis d’estimer la valeur à risque. Ce dernier se chiffre à un montant de 69 753,62$ que la TMB devrait  se prévenir du risque de crédit entre les années 2008 et 2013.

En recourant à la méthode économétrique, la régression multiple par le MCO fait remarquer que, le modèle était significatif à 94,86%. Le test global de Fisher fait ressortir un, le modèle étant globalement explicatif. Le test individuel de Student lui a indiqué que pour les intérêts et commissions perçus sur les créances  , les intérêts et commission expliquent avaient un impact sur le résultat brut d’exploitation. Pour les pertes sur créances, il avait trouvé  qui signifie que les pertes sur créances n’avaient pas d’impact sur le résultat brut d’exploitation.

Ainsi, il a été établi que la gestion du risque de crédit impacte à 94,86% sur la performance financière de l’entreprise.

KASINDE [10] consacre une étude sommaire sur  les sources de financement des PME de la ville des Bukavu. En utilisant un échantillon de 112 PME et recourant à la statistique descriptive et au test du Khi-Deux, ses résultats révèlent que 67 % des PME  enquêtées  font recours exclusif aux fonds propres contre 24 % de financement mixte et 9 % de dons et héritage. Ses résultats montrent aussi que les PME ne recourent pas au crédit pour quatre raisons principales : garanties exigées par les institutions financières (55%), crainte de perdre le capital emprunté et son propre capital (28%) taux d’intérêt défavorable et décourageant (11 %) et enfin, l’ignorance de l’existence des structures financières pour les petits entrepreneurs de Bukavu (6 %).

De même MUSEMA[11] a consacré son étude sur la problématique de financement des PME à Bukavu. En mobilisant un échantillon réduit de  74 PME et recourant à la statistique descriptive, ses résultats montrent que 51% de PME recourent aux fonds propres (autofinancement et fonds propres) pour financer leur activité ; 24 % adhérent à un circuit informel de financement pour la résolution de leurs problèmes financiers ; 14 % recourent à l’emprunt auprès des particuliers et 11 % sont sans moyens de financement. La prépondérance remarquée du recours à l’autofinancement, l’intervention des ressources familiales et héritages sont expliquées par la faible accessibilité au crédit des IMF et banques compte tenu du risque que les PME représentent.

Kwan et Eisenbeis, Altunbas et  Gollewski  mettent en évidence une influence simultanée, mais négative entre le niveau de  risque et la performance de la banque.  Ce résultat indique qu’une hausse du niveau de risque de la banque conduit à une baisse de la performance et réciproquement. Ce résultat s’inscrit dans la filiation de préconisation du comité de Bâle et souligne l’intérêt d’une réduction de la prise de risque en vue d’améliorer la performance de la banque[12].

Par ailleurs, Ahmat Mahamat ABDELKERIM[13] dans « la Banque et les PME : cas de la société générale tchadienne des banques » souligne que l’identification et la couverture des risques portées par les entreprises font maintenant partie du quotidien des banquiers.

Dans son étude, il reconnait qu’au Tchad, comme dans beaucoup de pays d'Afrique sub-saharienne, les banques refusent la plupart des demandes émanant de petites et moyennes entreprises d'origine nationale.

Deux séries de raisons expliquent ce phénomène. Premièrement, les banques ne peuvent pas orienter toutes les ressources collectées en raison de ratios de liquidité et de solvabilité à respecter. Cette première raison s'explique aussi par l'importance des créances douteuses qui immobilisaient une part importante des liquidités, et du fait du refinancement de la Banque Centrale désormais accordé uniquement aux signatures de bonne qualité.

Deuxièmement, en prenant en compte la nature des demandes, les banques n'orientent pas toutes les ressources qui restent à leur disposition après la prise en compte de cette première série de contraintes. Elles écartent les demandes sur lesquelles elles ne peuvent évaluer le risque en raison du manque d'informations fiables, et de demandes trop risquées.

Il affirme que le rôle des banques commerciales dans le financement du développement reste toutefois limité, compte tenu du fait qu'elles n'ont ni les moyens, ni la volonté de s'attaquer au financement de certains secteurs stratégiques de l'économie tchadienne notamment le secteur des PME / PMI.

En soulevant la question de méfiance des banques vis-à-vis des PME, il explique que les PME présentent pour les banquiers des entreprises de haut risque avec un taux d’échec trop élevé.

Dans sa problématique, il soulève la question relative à l’octroi de crédit qui, avec les analyses des données, confirme que le crédit octroyé aux PME est moins important par rapport aux besoins de financement. Les banques ont tendance à prêter aux grandes entreprises selon leurs besoins alors que les PME en pleine expansion n’en profitent presque rien alors qu’elles constituent les gros bataillons du marché des entreprises avec une participation de plus de 85%, néanmoins seulement 30% ont accès au financement bancaire ; ce qui ralentit la croissance et freine le développement.

Il conclut en ses termes que les banques commerciales et particulièrement la SGTB sont dans l’incapacité de cerner correctement le risque et la performance des PME. Cette incapacité relève pour une part d’une analyse financière. En considérant un cas de l’entreprise HAMIDOU ; il trouve que la SGTB n’a pas tenu compte de certains ratios fondamentaux comme la rentabilité financière, la rentabilité économique et le taux de marge général dans la prise de décision visant l’octroi de crédit à cette entreprise.

Robert Cédric CHEMBOU[14] quant à lui, oriente son étude sur « Mesure du risque de contrepartie et outils pertinents d’analyse : cas du STARWEB à la SGBC » et  pense, de ce fait, qu’un examen attentif et objectif de la contrepartie doit être réalisé pour des raisons de sécurité pour déterminer la décision d’octroi de crédit et ainsi minimiser le risque particulièrement celui de contrepartie. La préoccupation du banquier devient alors celle d’éviter un défaut de la part de la contrepartie.

Partant de la question de départ, celle de savoir si le STARWEB est pertinent quant à l’appréciation et la mesure du risque de contrepartie au sein d’un établissement de crédit tel que la SGBC, en usant d’une méthodologie d’appréciation qualitative sur une étude de cas et en sélectionnant un échantillon composé des dossiers en défaut sur lequel il a travaillé en vue d’apprécier la pertinence des notes données par le STARWEB, il remarque que l’outil STARWEB est un outil de notation solide et pertinent dans son ensemble mais dans son application au sein de la filiale camerounaise, certains critères devraient être pris en compte du fait de la disparité des environnements sud-nord.

Il évoque comme critère la classification des entreprises en grandes, moyennes et petites comme limite à l’application de cet outil dans l’environnement camerounais. Il évoque également le seuil du chiffre d’affaires pour lequel l’entreprise doit faire l’objet d’une notation comme limite au système de mesure du risque de contrepartie su sein de la SGBC.

Après analyse, le constant est que l’outil est pertinent mais néanmoins ne permet pas à la banque d’appréhender la question relative à une bonne gestion du risque de contrepartie. Il s’est avéré que 59,6% des dossiers étaient enregistrés après défaut, 24% des dossiers était immatriculé et non noté mais noté en défaut par après et 2,2% des dossiers étaient noté une fois au moins avant la date de défaut.

Le problème serait que les entreprises sont rangées selon les normes occidentales mais pas en réalité camerounaises, ce qui laisse une part importante d’entreprises sans être prises en considération par la notation. Ce qui freine la mesure et la gestion du risque de contrepartie par cet outil à la SGBC.

A la lumière de cette revue empirique, nous ne pouvons certes pas dire que la variable spatiale est la seule différence entre notre étude et ces dernières.

Quant à notre travail, la force est cependant de reconnaître que peu d’entre les mémoires et thèses que nous avons consultés ont soulevé la question de la gestion du risque de contrepartie surtout dans le volet relationnel impliquant les banques commerciales et les PME congolaises.

Le présent travail s’inscrivant dans ce cadre, vise plus à ressortir l’apport d’une bonne gestion du risque de contrepartie pour éviter le défaut pouvant subvenir suite à la désorganisation ou au non applicabilité de principes prudentiels dans le pilotage du portefeuille crédit.

Le parcours de ces études antérieures dégage l’originalité de notre étude en ce qu’elle est axée sur l’analyse de la manière dont la Rawbank gère le risque de contrepartie, une étude prenant en considération les réalités de la Rawbank et le risque que cette dernière court lorsqu’elle octroie le crédit à une PME. Sa particularité vis-à-vis des études antérieures résulte du fait qu’elle prend en considération le contexte actuel de la gestion du risque à la Rawbank et propose des améliorations dans l’outil de prise de décision.

0.5. METHODELOGIE

Plusieurs chercheurs soutiennent que la méthode est à la recherche scientifique ce que la boussole est au navire. D’une manière simple, la méthode est un ensemble des démarches raisonnées et suivies pour parvenir à un but.

Pour ce qui est de la méthode, nous avons utilisé la méthode analytique qui nous a permis à faire différentes analyses et déterminer certaines variables qui ont servi des réponses au questionnement posé.

La statistique qui, par la méthode corrélative, nous a permis de vérifier et de discuter nos hypothèses de recherche. Nous avons aussi fait appel à la méthode descriptive pour expliquer nos résultats.

Pour ce qui est des techniques, une revue de littérature ainsi qu'une exploitation des publications et de la réglementation en matière de risque de crédit ont été employés. A ceci se sont ajoutés des discussions et explications auprès de l’analyste crédit de la Rawbank, ainsi qu'une exploitation des documents internes de la banque.

0.6. DELIMITATION DU TRAVAIL

Dans le but de circonscrire un bon cadre à notre travail, nous nous proposons comme limites :

  • Dans le cadre spatial, ce travail esquisse seulement la Rawbank. Toutes les études menées dans ce travail ne tiendront compte que de la réalité de la Rawbank ;
  • Dans le cadre temporel, ce travail considère la Rawbank au temps actuel tout en intégrant son parcours ayant conduit à sa pérennité. Ainsi, nous avons considérée l’exercice comptable 2014 comme année proprement-dite d’étude tout en considérant l’évolution de cette entreprise sur une période de 10 ans. Donc de 2005 à 2014 ;
  • Ce travail est fait exclusivement sur base de données obtenues auprès de la banque enquêtée en ce qui concerne la perception qu’elle a de l’organisation et la mise en place du système de gestion du risque de contrepartie.

0.7. OBJECTIF DU TRAVAIL

Ce travail se constitue en une documentation, un surplus de moyen de communication des enjeux et avantages tirés de la mise en place des moyens de  gestion du risque de contrepartie.

L'étude que nous menons a pour objectif principal de déterminer le degré de gestion du risque de contrepartie que les PME présentent, étant donné leur importance dans le portefeuille des clients des banques et si les outils utilisés sont pertinents.

Il est aussi question d’identifier les problèmes informationnels rencontrés par le banquier congolais lors de l’évaluation des dossiers de demande de crédit des PME. De vérifier l’expertise de la Rawbank dans l’évaluation,  le contrôle et la gestion du risque crédit des PME en référence aux solutions élaborées par la théorie financière des contrats.

Comme objectif spécifique, ce travail :

  • Essaie de présenter la manière dont le risque est aperçu à la Rawbank et les mesures correctrices prises pour le minimiser.
  • Se propose d’apprécier l’intérêt que présente une gestion prudentielle du risque de contrepartie et essaye ainsi de mesurer son impact sur la pérennité des activités de la Rawbank.
  • Le risque étant un événement aléatoire, la mobilisation d’un capital consistant reste une priorité pour faire face aux risques qui pourront survenir. Ainsi, ce travail cherche aussi à déterminer le capital économique nécessaire que la Rawbank devra se munir en vue de la couverture des pertes maximales si elles se produisent.
  • DIFFICULTE RENCONTREE

L’accès aux données nécessaires pour mener cette étude reste la difficulté majeure à laquelle nous nous sommes heurtés. Nous n’avons pas eu, selon nos ambitions, les données nécessaires qui répertorient un nombre important des PME faisant recours à la Rawbank et surtout les facteurs des calculs du risque et certaines considérations propres à la banque.

  • SUBDIVISION DU TRAVAIL

L'orientation adoptée se décline autour d'une part, d'une approche théorique de la notion de risque de crédit ainsi que de la mesure du risque de contrepartie, d'autre part d'une approche empirique basée sur la manière dont le risque de contrepartie est géré à la Rawbank.

De ce fait, le premier chapitre se propose d'exposer les concepts clés de l’étude : une récession de la documentation du risque de crédit dans la relation banque-PME. Cela selon trois principaux axes, à savoir l’activité bancaire ; le crédit bancaires accordés aux entreprises et les risques associés ; et enfin la gestion du risque de contrepartie à la Rawbank.

Le deuxième chapitre quant à lui, porte sur une étude empirique du risque de contrepartie dans la relation banque-PME. Ce chapitre tente d’expliquer la gestion du risque de contrepartie des PME congolaises. Il nous permet de répertorier les problèmes que court la banque et présente les différentes méthodes utilisées par la Rawbank pour remédier et maîtriser la gestion de ce risque qui parait d’autant plus capital à la prise des décisions stratégiques de la Banque. Ce chapitre comporte trois sections à savoir : les problèmes informationnels que rencontre la Rawbank lors de l’évaluation du risque de contrepartie, l’analyse du risque de contrepartie à la Rawbank et  l’analyse du portefeuille à risque a la Rawbank.

Le troisième et dernier chapitre porte sur la gestion du risque de contrepartie, application de la Value at Risk VAR. Ce dernier est subdivisé en trois sections dont l’évaluation du risque de contrepartie, la VAR comme mesure de performance et enfin le modèle de régression multiple pour expliquer la relation entre la gestion du risque et l’efficacité de la banque.

[1] Joël BESSIS, Gestion des risques et gestion actif-passif des banques, Edition Dalloz, gestion financières, 1995  

[2] Christophe J. GODLEWSKI, Modélisation de la prévision de la défaillance bancaire et facteurs réglementaires : une application aux banques des pays émergents, Université Robert Schuman, Strasbourg III, LARGE, juillet 2003

[3] www.google.com/ les implications de l’essor du système bancaire en RDC sur l’économie congolaise.

[4] BCC, Rapports annuels 2010 – 2012.

[5] R. QUIVY et L. V. CAMPENHOUDT, Manuel de recherche en sciences sociales, Paris, Bordes, 1998, p. 30-38

[6] F. ZIGABE KASIGWA, l’analyse des facteurs déterminant les risques de crédit dans une institution de microfinance, cas du Pain pour les déshérités Sud-Kivu, mémoire inédit, UOB, 2009-2010.

[7] LAMHARTI H., Analyse et gestion des risques du crédit bancaire, mémoire inédit, Maroc, Université IBN ZOHR, 2008.

[8] SAGARA Ibrahim, Gestion de portefeuille de crédit par la méthode RAROC : présentation théorique et perspective de développement, cas d’ECOBANK, master en banque inédit, CESAG-DAKAR, 2004

[9] P. ASSUMANI MULONDA, La maîtrise du risque de crédit et son impact sur la performance financière d’une banque : cas de la TMB, mémoire, inédit, UOB, 2014

[10] KASINDE, Financement des PME à Bukavu, mémoire, Inédit, UCB, 2006.

[11] N. MUSEMA, Problématique du financement des PME à Bukavu, mémoire, Inédit, UCB, 1997.

[12] Silem A. et Albertini JM, lexique d’économie, éd. Dalloz, Paris, 2006, p.23-30

[13] Ahmat Mahamat ABDELKERIM, la Banque et les PME : cas de la société générale tchadienne des banques, mémoire IAEC-Togo, inédit, 2006

[14] Robert C. CHEMBOU, Mesure du risque de contrepartie et outils pertinents d’analyse : cas du STARWEB à la SGBC, maîtrise, université catholique d’Afrique centrale, Cameroun, 2010.

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