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III.3. DISCUSSION DES RESULTATS DES DIFFERENTES ANALYSES FAITES

Après avoir effectué les différentes analyses sur le comportement du banquier face à l’évaluation et la gestion du risque de contrepartie, cette partie du travail s’accorde le privilège d’interpréter les résultats obtenus.

Premièrement, nous allons parler de l’apport de la notation interne pour la banque. Cet outil de mesure du risque de contrepartie qui semble n’être pas beaucoup rependu dans le milieu bancaire congolais, trouve néanmoins beaucoup plus de considération à la Rawbank. Les résultats qu’il fait ressortir facilitent la banque à construire une relation de crédit avec des PME jugées performantes. C’est ainsi que, avec son concours, la Rawbank s’est vu octroyée, en 2014, une note B3 jugée de « perspectives stables » par l’agence de notation externe Moody’s, qui est une note maximale qu’on peut octroyer à une institution financière œuvrant en RDC. Cette note a permis à la Rawbank de bénéficier d’un apport des fonds de 10 millions de USD de l’organisation « Proparco Shelter Afrique », dont 7 millions furent orienter vers le marché PME et d’un apport en management et organisation de l’institut « Frankfurt School of Finance and management ». Cette réussite est due à une longue période de maîtrise du risque de contrepartie. Le portefeuille à risque était de 16,83% des crédits des PME en 2005 et qui avait rechuté jusqu’à 8,67% en 2014 suite aux différentes décisions de la banque de le maintenir à moins de 15%.  Les pertes sur créances présentent un maximum de 2,3% en 2005 pour rechuter à 1,9% en 2014 avec une moyenne de 1,65%. Ces résultats font montre des méritent qu’on attribuent à la banque et surtout de l’apport de l’outil de notation interne dans l’évaluation et la gestion du risque de contrepartie en dépit des distorsions informationnelles et des multiples aléas dont est victime la banque.

Deuxièmement, nous allons tout droit sur ce que nous rapporte l’application de la Value at Risk sur les 5 contreparties composant le portefeuille étudié et remarquons que pour une enveloppe de crédit de 230, 161, 71,76, 782 et 299 millions de CDF respectivement pour les entreprises A, B, C, D et E, la perte espérée par la Rawbank en incluant tous les facteurs de risque était de 5, 4464 ; 4,05076 ; 1,32756 ; 23,72588 et 6,6378 millions de CDF respectivement à ces entreprises. Les pertes minimales au-delà de la moyenne sont estimées à 2,81152 ; 2,091068 ; 0,685308 ; 12,247684 et 3,42654 millions de CDF. La VaR comme outil de mesure et d’allocation des fonds propres instaurée par le Comité de Bâle, son application sur les crédits de ces contreparties nous a renseigné sur les pertes maximales que pourraient enregistrer la Rawbank sur une période d’une année avec une probabilité de 99%. Ainsi, les pire pertes étaient évaluer à 20,47138 ; 14,329966 ; 6,3870705 ; 69,602692 et 26,612794 millions de CDF tandis que les pertes maximales diminuées des pertes attendues, qui forment le capital économique ou le capital à risque, étaient de 15,02498 ; 10,279206 ; 5,059511 ; 45,876812 et 19,974994 respectivement pour les entreprises A, B, C, D et E.

Néanmoins, pour l’octroi de crédit, l’estimation des pertes n’est pas la seule prérogative. La méthode RAROC était appliquée pour mesurer la pertinence des opérations, évaluer ce qu’une opération rapporte à la banque et trouver si l’opération est rentable en comparant le risque qu’elle fait courir à la banque et sa marge d’intérêt. C’est ainsi que les opérations de crédit des entreprises B, C, D et E se sont fait remarquées comme créant de la valeur pour la banque avec un ratio RAROC supérieur au coût des capitaux propres représenté par le ROE avec 23,93 ; 35,29 ; 14,97 et 12,31% respectivement. L’entreprise A a présenté une ROROC de 9,58%, proche du ROE (11,06%) mais inférieur aux exigences de la banque.

La décision retenue pour cette entreprise était soit de rationner le crédit en application de la méthode de simulation et en gardant les autres inputs intact. Cette pratique a abouti à un rationnement de crédit de cette entreprise de 10 millions de CDF ce qui a eu de l’impact sur les garanties (réduction de 1 million de CDF), sur revenu net (réduction de 0,29957), sur les pertes minimales au-delà de la moyenne de perte (réduction de 0,34380003 millions de CDF), sur la perte maximale au-delà de la moyenne (réduction de 0,22406). Ces réductions ont permis d’atteindre un ratio RAROC de 12,20% avec une augmentation de 2,62%.

Après avoir calculé les pertes maximales et les RAROC respectifs, la détermination de la prime de risque s’est avérée importante d’autant plus que, suite aux problèmes informationnels que rencontre la Rawbank, les PME sont considérées comme étant plus risquées. Avec ces allégations, l’intervention de la banque auprès des PME doit être très rentable. Les revenus attendus doivent être supérieurs aux revenus de ce même portefeuille à l’absence de risque. Ainsi, avec nos estimations, la prime de risque est de 0,66 ; 1,45 ; 2,40 ; 0,53 et 0,66% respectivement pour les entreprises A, B, C, D et E. La prime de risque étant positive, ça montre que toutes ces 5 opérations de crédit rapportent plus de revenus à la banque que lorsqu’il s’agirait d’un portefeuille sans risque.

Le calcul de l’EVA fait ressortir, quant à lui, l’excédent de la rentabilité de la Rawbank après rémunération de tous les apporteurs de capitaux financiers. Sa détermination était d’une grande importance pour savoir combien la banque gagne en termes de CDF avec ces opérations de crédit. C’est ainsi que l’EVA est de 0,16904925 ; 1,32319982 ; 1,22585813 ; 1,79214459 et 0,24896566 millions de CDF respectivement pour A, B, C, D et E. l’entreprise D semble beaucoup créer de la valeur pour l’entreprise.

Après tous ces calculs, la question du taux nécessaire pouvant être appliqué si les termes du contrant restent les mêmes et si la Rawbank veut garder les mêmes marges d’intérêts s’impose. Le calcul de ce taux est parmi les points essentiels d’une analyse de risque puisque le taux d’intérêt qui sera d’application doit être supérieur au taux préalablement fixé afin de couvrir les pertes attendues et rémunérer les capitaux investis. Et c’est dans cet angle que nous avons trouvé un taux de 9,91 ; 11,22 ; 11,95 ; 15,38 et 9,82% respectivement pour les entreprises A, B, C, D et E. En comparant ces taux avec ceux fixés d’avance, il s’est remarqué une majoration de 1,16 ; 0,72 ; 0,45 ; 9,38 et 0,82%. La forte majoration pour l’entreprise D étant lieu aux conditions du contrat. Signalons que les garanties que cette entreprise avait présenté couvrent 45% du montant de crédit ; alors avec l’hypothèse d’un défaut avant le premier remboursement du crédit et étant donné le niveau élevé du nominal de crédit, le taux d’intérêt doit être important pour couvrir les pertes attendues et rapporter un revenu à la banque, revenu qui doit être supérieur ou égale au coût des capitaux engagés. Cette situation nous laisse croire que, vu la durée du crédit (5ans) et le taux d’intérêt bas (6%), la banque aurait procédée à d’autres méthodes de minimisation de risque, soit elle avait demandé à l’entreprise des nouvelles garanties, soit l’entreprise aurait reçu de la banque une note mentionnant une probabilité de défaut inférieure à celle dont fait l’objet notre étude ou soit l’entreprise se trouve dans une zone où le risque n’est pas très élevé.

Le calcul de la value at Risk et du RAROC sur ce portefeuille de crédit de ces 5 contreparties nous rapporte une perte attendue de 40,5224 millions de CDF, un écart-type de 58,589632 millions de CDF, la pire perte à 99% sur une période d’une année à l’absence de l’effet diversification était estimée à 139,51384 millions de CDF et la perte maximale ou le capital économique nécessaire était de 95,99144 millions de CDF. Le RAROC, quant à lui, se chiffre à 16,02%

Le recours à des corrélations pour estimer les pertes maximales était important vu la diversification qui caractérise le portefeuille Commercial Banking de la Rawbank. Ainsi, comme toutes nos contreparties étaient assujetties à une même probabilité de défaut moyenne, la corrélation entre défaut était alors de 1, ce qui a rapporté la perte maximale à 133,32812 millions de CDF, un montant beaucoup important que la somme des pertes maximales de chacune des contreparties avec une augmentation de 37,33668 millions de CDF. La banque a intérêt à appliquer des mesures correctrices et cohérentes pour réduire le risque et permettre une allocation parfaite des capitaux propres. Le RAROC avec diversification est de 11,53%. Il a diminué de 4,49% et précisément expliqué par l’augmentation de la perte maximale en terme de CaR et du caractère statique des revenus.

La mesure de ce qui représente les pertes attendues  dans l’enveloppe de crédit de ces 5 contreparties nous a donné un rapport de 0,02642 soit 2,642%. Ce pourcentage est la part des pertes attendues dans ce portefeuille. Les pertes semblent n’être pas beaucoup élevées par rapport au montant de crédit. Rapporté ces pertes au portefeuille Commercial Banking, nous trouvons un coefficient de 0,0003842 soit 0,0384%.

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