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2.4.Analyse sémio - narrative du Mémorial

L’analyse dénotative et connotative du Mémorial nous a permis de déceler les  différentes  significations  implicites  qu’il  implique.  Cet  examen  a  révélé les différentes idéologies de l’Etat congolais.

Outre cette analyse, nous remarquons que le Mémorial répond aux critères du texte. Autrement dit, le Mémorial fonctionne  et peut être lu comme un texte du fait qu’il inclut des signes qui sont porteurs d’un message.

La  narrativité  est  l’agencement  du  récit.  Elle  est,  selon  le  Groupe d’Entrevernes :

« Le  phénomène  de  succession  d’états  et  de  transformations,  inscrit  dans  le discours  et  qui est responsable  de  la  production  du  sens.  L’analyse  narrative  est  le repérage  des  états  et  des  transformations  et  la  représentation  rigoureuse  des écarts, des  différences qu’ils font apparaître sous le mode de la succession. Tout texte  présente  une  composante  narrative  et  peut  faire  l’objet  d’une  analyse narrative » (1985 :14)

De ce point de vue, la narrativité est le principe de l’organisation de tout discours.  Toute  histoire  ou  tout  récit  a  un  début  et  une  fin.  C’est  pourquoi Greimas  a  proposé  de  considérer  qu’il  y  a  narrativité  lorsqu’un  texte  décrit  le passage  d’un  état  de  possession  ou  de  manque,  d’un  état  valorisé  à  un  état inverse.  Ainsi,  le  Mémorial  constitue  un  texte  véhiculant  un  message.  Ce message étant une description d’actions enchaînées, nous pouvons déduire que le Mémorial est un récit.

Voici les différents récits pour nos mémoriaux.

1. Mémorial de l’Indépendance

Le 30 Juin 1960, journée connue officiellementcomme de l’accession du pays à l’indépendance. Ainsi, le 30 Juin de chaque année, les Congolais commémorent cette indépendance pour laquelle les autorités ont jugé de réaliser un mémorial en son souvenir et en signe de gratitude envers les héros  de l’indépendance. Ensuite, le mémorial nous présente une étape que l’Etat congolais a traversée avant et après l’acquisition de cette indépendance, celle de la guerre qui a entrainé une sorte d’obscurité et de dépendance au pays, et la manière dont le pays a procédé pour surmonter cette étape, la force de l’armée et la prière des femmes qui lui ont permis de retrouver encore cette indépendance, cette paix.

Conscient de tous ces troubles, l’Etat promet à son peuple un changement au pays, le pays entre dans un état de lumière, d’une bonne indépendance. Il se comprend donc que le monument a été érigé pour aussi effacer toute mauvaise image du pays dans les têtes des gens.

2. Mémorial de la Paix

La République Démocratique du Congo, après avoir traversé un moment de trouble, de guerres, fournit ses efforts pour rechercher la paix, qu’elle  retrouve ainsi grâce à la participation de tous les continents du monde.  Dans ce sens, le mémorial de la Paix transmet un message de paix et de gratitude au peuple congolais, à toutes les autres Nations qui l’ont soutenu ou aidé. C’est un mémorial quinous est utile.

3. Mémorial de la Flamme

Après la guerre de 1945 dans le pays, les autorités du pays décident d’ériger un monument pour tous les combattants congolais qui étaient morts lors de ladite guerre,en vue de leur rendre hommage et informer lesgénérations futures de cette histoire. L’Etat les considère comme les « lumières » qui ont éclairé le peuple congolais.

4. Mémorial Major Vangu

Pour transmettre au peuple congolais l’existence du Major mort sur le champ de bataille et qui a  combattu pour le bien dudit peuple en 1967, l’Etatérige un mémorial en son souvenir, mais aussi pour une gratitude de sa part. Car,  grâce à son sang, le peuple a retrouvé la paix, la libération et même la protection des richesses.

5. Mémorial Mulamba

En 1964, les rebelles Simba occupent la ville de Bukavu, celle-ci sera libérée grâce au général Mulamba qui les chassa de la ville et meurt après. A cet effet, l’Etat congolais érige un monument en son souvenir en l’immortalisant dans les têtes des congolais. Le mémorial est une expression de gratitude envers lui.

2. 4.1 Le programme narratif de base de ces récits

 C’est l’enchaînement hiérarchisé des états et des transformations. C’est aussi le socle, la clé de voûte de tous les programmes narratifs d’un texte. Le Mémorial a pour destinateur l’Etat congolais qui veut faire conjoindre son peuple  qui est le destinataire à un objet de valeur qui est la paix dont il est disjoint. Ce  programme  narratif  (P.N)  de  base  peut  être  schématisé  de  la  façon suivante :

F (S2)    (S1 U  O)    (S1 O)

Cet énoncé narratif se lit comme suit ; Un sujet opérateur l’Etat (S2) par son faire (F) fait de tel sorte qu’un sujet d’état (S1) le peuple disjoint ( ) d’un objet de valeur (O), en situation initiale, en soit conjoint ( ) en situation finale.

2. 4.2. L’acquisition des modalités

La  réalisation  de  toute  performance  présuppose  la  compétence  d’un  sujet opérateur. Pour le Groupe d’Entrevernes :

« On  appellera  compétence  les  conditions  nécessaires  à  la  réalisation  de  la performance […] On peut ramener la compétence du sujet opérateur à quatre éléments :  le  devoir  faire,  le  vouloir-faire,  le  pouvoir-faire  et  le  savoir-faire ». (Op.cit. :24)

Ces  quatre  éléments  qui  incluent  des  verbes  modaux  comme  devoir, vouloir,  pouvoir,  savoir  sont  appelés  des  modalités.  Ainsi,  les  deux  premiers sont appelés modalités virtualisantes (le devoir  -faire et le vouloir  -  faire) et les deux derniers, les modalités actualisantes (le pouvoir  -  faire et le savoir  -faire). Ce sont donc ces quatre modalités qui sont quasi-présentes dans le processus de réalisation du Mémorial. Elles seront analysées distinctement comme suit :

  1. 4.2-1-Le vouloir - faire

La  compétence  de  l’Etat  se  manifeste  par  une  volonté délibérée de reconnaître les actes élogieux, louables et constructeurs posés par les héros et martyrs nationaux. Il cherche à   hisser leurs actions vers le sommet  de  l’excellence. Nous retenons que l’Etat est animé d’un vouloir faire entrant ainsi dans sa  ligne de conduite politique. Cette compétence est illustrée par certains éléments des mémoriaux à savoir :

  1. a) Pour le Mémorial de l’Indépendance

La présence des statues de Lumumba et Kabila illustre bien cela

  1. b) Pour le Mémorial de la Paix

Nous trouvons cette union de tous les continents, représentée par les mains

  1. c) Pour le Mémorial de la Flamme

Le nom du mémorial qui reste plaqué dans la mémoire collective

  1. d) Pour le Mémorial Major Vangu

La forme même de ce monument et le nom traduisent cet acte de remerciement.

  1. e) Monument Mulamba

Le nom du monument est un signe de rendre hommage à Mulamba.

Cette compétence peut être schématisée comme suit :

P.N. 1 = F [S2=Etat     ( S1=Etat      O= devoir-faire)]

              Etat           Etat         conjoint  àl’objet=vouloir faire

A  travers  le  récit  du  Mémorial, l’Etat  est  non seulement  animé  d’un  vouloir  -faire mais aussi d’un devoir - faire.

2- 4.2-2- Le devoir – faire

L’Etat, dans  l’accomplissement de  ses  missions, doit penser  le  drame  de son  peuple, pénétrer au  cœur de  ses préoccupations. En  effet,  il  doit  répondre aux aspirations de son peuple, autrement dit se faire l’écho de la grande masse. Ainsi, l’Etat devait répondre urgemment suite aux différentes tensions qui rendaient l’atmosphère congolaisetendre. Il  s’agit  des  troubles de guerres qui ont endeuillé le peuple congolais. Et comme en Afrique, l’idéal veut qu’une faute commise soitréparée,  l’Etat  avait  donc  le  devoir  d’apaiser  les  cœurs  meurtris.  Il  choisit volontiers d’ériger un Mémorial. Cet édifice inclut les éléments nécessaires d’effacer toute mauvaise image du pays. Cetteaction relève  de la compétence  de l’Etat. Cette compétence est illustrée par certains éléments des mémoriaux à savoir :

  1. a) Pour le Mémorial de l’indépendance

Cette compétence est ici illustrée par le flambeau, la combe et l’eau

  1. b) Pour le Mémorial de la paix

La colombe est ici comme signe illustrant cette idée

  1. c) Pour le Mémorial de la flamme

Le flambeau et la couleur bleu-ciel qui sont des symbole de la lumière et de paix mis à ce mémorial pour apaiser le peuple

  1. d) Pour le Mémorial major Vangu

La couleur bleu-ciel qui est un signe de paix

  1. e) Pour le Mémorial Mulamba

L’eau pour apaiser les cœurs et la couleur bleu-ciel signe de paix illustrent bien ce savoir de l’Etat.

Le schéma suivant illustre bien cela :

P.N. 2 = F [S2=Etat( S1=Etat   O= devoir-faire)]

Etat           Etat         conjoint àl’objet=devoir faire

A l’issue de ces modalités virtualisantes, qu’en est-il de celles actualisantes ?

2.4-2-3- Le savoir-faire

  Dans la quête de son idéal l’Etat a su bien faire. Nous lisons pour preuve les différents éléments qu’incorporent les Mémoriaux en  leur sein. En effet, toute personne imbue des valeurs culturelles et soucieuse de la promotion desdites  valeurs  ne  peut  rester  indifférente,  en  marge  du  principe,  de  l’idéal  que cherche à atteindre l’Etat. Cette compétence cognitive est illustrée par certains éléments du Mémorial à savoir principalement :

Pour le mémorial de l’indépendance :le flaque d’eau.

En  effet,  l’eau  dans  la  calebasse  est  nécessaire  pour   la  paix, pour  calmer ou apaiser  les  ardeurs,  les  tensions  entre  un  ou  plusieurs  groupes  etc.

Au regard de tout ce qui précède nous pouvons dire que l’Etat est conjoint d’un savoir-faire et cetterelation peut être écrite de la façon suivante :

P.N. 3 = F [ S2=Etat      ( S1=Etat  O=savoir-faire)]

               Etat             Etatconjointà l’ objet=savoir faire

La  compétence  du savoir-faire  étant  la  première  modalité  actualisante,  portons  un regard maintenant sur la dernière, c’est-à-dire la compétence du pouvoir-faire.

2.4-2-4- Le pouvoir – faire

Elle  est  une  épreuve  qualifiante.  En  effet,  elle  qualifie  ici  la  capacité matérielle de l’Etat dans la quête de son idéal. N-a-t-on pas coutume de dire que vouloir c’est pouvoir. Cet adage a toute son importance et sa pertinence dans le processus d’édification du Mémorial. L’Etat, animé  d’un  vouloir  faire  dispose tout naturellement d’un pouvoir - faire.Au  demeurant,  la  volonté,  la  détermination  de  l’Etat  à  atteindre  son  objectif témoigne de son pouvoir faire. Cette compétence se manifeste aussi à travers certaines icônes des monuments comme suit :

  1. a) Monument de l’Indépendance 

Le soldat avec arme, la femme à genouxavec la colombe à la main ;

  1. b) Monument de la Paix

La présence de toutes les mains qui symbolisent tous les continents ;

  1. c) Monument Major Vangu

La couleur rouge qui symbolise le sang du Major Vangu qui a été versé ;

  1. d) Monument Mulamba

C’est aussi cette couleur rouge, la couleur traduisant le sang du colonel Mulamba ;

  1. e) Monument de la Flamme

Le sang des martyrs qui est symbolisé par la couleur rouge. Tous ces signes traduisent la performance de l’Etat.En somme, l’Etat disposant de tout le nécessaire pouvant conclure le Mémorial jouit d’aventure d’une performance conjonctive qui se présente comme suit :

P.N. 4 = F [ S2=Etat ( S1=Etat   O=pouvoir-faire)]

               Etat         Etat     conjoint  à l’objet=pouvoir faire

A  la  lumière  des  différentes  compétences  sus  -  analysées,  nous  postulons  les types de transformations qu’elles incluent.

2.4.3.  Les types de transformations

L’énoncé de faire ou encore transformation est le passage d’un état à un autre  état.  Dans  la  grammaire  narrative, il  n’existe  seulement  que  deux  forme d’énoncés de faire :

-  Un  énoncé  de  faire  conjonctif.  Il  est  le  passage  d’un  état  initial  de disjonction à un état final de conjonction. Il s’écrit:

(SU O)    (S  O) cette formule se lit, un sujet est disjoint à l’objet à l’état initial, finit par être conjoint à l’état final.

-  Un  énoncé  de  faire  disjonctif.  Il  est  le  passage  d’un  état  initial  de conjonction  à  un  état  final  de  disjonction.  Nous  allons  à  l’écriture suivante :

(S  O) (S  O) cette formule se lit, un sujet est conjoint à l’objet à l’état initial, finit par être disjoint à l’état final

Aussi, il faut retenir que le sujet de l’énoncé de faire s’appelle sujet opérateur ou sujet du faire qui fait l’action. Il se manifeste de la manière suivante :

F    (S2=sujet opérateur) (S1=sujet d’état  =disjoint O=objet) (S1=sujet d’état O=objet )]

Cependant, comment ces différentes transformations se manifestent-elles dansnos mémoriaux ?

2.4-3-1- La première transformation : La quête de la gratitude

La  gratitude  peut  être  définie  comme  le  sentiment  que  l’on  ressent  pour quelqu’un,  qui  est  digne.  Au  plus  bas  mot,  c’est  un  signe  de  reconnaissance. L’Etat cherche ainsi à faire reconnaître à son peuple la bravoure, le sacrifice,…des martyrs et héros nationaux, et de toute catégorie de personne. L’Etat fait donc sien ce dicton :« Même si l’on aime pas le lièvre  reconnaissons qu’il  court  très vite ». A  cet  effet, l’Etat congolais  invite son  peuple  à  faire  abstraction  des  mauvais actes pour reconnaître  les  meilleurs  posés  par  les  héros et martyrs  dans  leurs  parcours  politiques.  En somme, nous retenons que l’Etat cherche à clamer  les actes louables, magnifiques  perpétrés  par  les  suscités   et  qui  méritent  une  reconnaissance  sans complaisance.  La  visée  de  l’Etat  qui  est  ici  la  gratitude  est matérialisée  par :les statues de nos héros nationaux (pour le Mémorial de l’indépendance), les noms même que portent les mémoriaux (Mulamba, Major Vangu et de la Flamme) et la présence des continents du monde (pour le mémorial de la Paix).  Cettepremière transformation peut être schématisée ainsi :

P.N.U1 = F (S2= Etat) [(S1=peuple U O=gratitude)(S1=peuple O = gratitude)] A la lumière de ce schéma, l’Etat Congolais constate à l’état initial que le peuple est disjoint à l’objet qui est la « Gratitude », il finit par le joindre à l’état final.

A cette quête de la gratitude se greffe celle de l’union.

2.4-3-2- La deuxième transformation : La quête de l’union

L’union  est  une  relation  qui  existe  entre  deux  ou  plusieurs  personnes formant  un  ensemble,  un  tout  unifié.  Autrement,  c’est  une  relation  réciproque entre  deux  ou  plusieurs  personnes.  En  résumé,  c’est  une  vie  en  commun,  une harmonie,  voire  une  fraternité.  L’union  est  dérivée  du  verbe  unir  qui  signifie mettre avec ou mettre ensemble de manière à former un tout. Dans cette logique, on  comprend  aisément  l’intention  de  l’Etat  à  travers  les enclos, (pour le mémorial de l’Indépendance et celui de la Paix) mais à celui-ci s’ajoute la forme ronde que forment les mains.

  Il  est  une  sorte  d’invitation  en  une  fusion,  en  un  mariage.  Cela  sous-entend  que  le  peuple  congolais  était  disjoint  d’une  quelconque  union  et  que l’Etat dans le respect de son idéologie tente de combler. L’orientation centrale de l’Etat se résume en une quête d’unité,  de cohésion sociale et de cohabitation harmonieuse sans lesquelles on ne peut ou pouvait parler de progrès ou de paix.

Cet énoncé de faire s’effectue de la sorte :

P.N.U2 = F (S2=Etat) [(S1=peuple U O=union)    (S1=peuple   O=union)]

L’Etat congolais constate que le peuple est disjoint à l’objet qui est « l’union », ilfinit par le joindre à l’état final.

Cette quête d’union engendra le fuit qui est la victoire en toute chose.

2.4-3-2 La troisième transformation : La quête de la victoire

Le mot victoire signifie issue favorable d’une bataille, d’une guerre. Ou encore un succès remporté dans unelutte, une compétition.(Larousse 199 :1063)

Ainsi,l’Etat congolais proclame à son peuple la victoire après un moment de guerres où le sang des martyrs a été versé et qu’on a utilisé toutes les forces possibles pour enfin sortir vainqueur. Cette idée de victoire se manifeste dans les  Mémoriaux par la couleur rouge qui est signe de ce sang victorieux de nos martyrs, aussi pour les mémoriaux Major Vangu par la forme du mémorial érigé sous forme d’une coupe et de l’indépendance la présence de soldat qui lève l’arme en haut.

Toute cette idée développée peut se résumer ainsi :

P.N.U3 =F (S2=Etat) [(S1=peuple U  O= victoire) (S1=peuple  O victoire

L’Etat congolais constate que le peuple est disjoint à l’objet de quête qui est « victoire », il finit par le joindre à l’état final.

L’accès à la victoire fait suite à un changement.

2.4-3– 4- La quatrième transformation : La quête du changement

 La signification prosaïque du vocable changement révèle qu’elle est une modification, une transformation. En d’autres termes, sortir d’un point A pour un  point  B.  Ce  changement  se  symbolise  par la couleur bleu-ciel qui traduit la paix en RDC qui se trouve sur tous les mémoriaux et spécialement sur les monuments de l’Indépendance, de la Flamme  par  le  flambeau  qui,  à  son  tour symbolise  la  lumière. Aussi, cette idée de changement se manifeste sur le monument de la Paix par la colombe, signe de paix qui entre au Congo.  Cela  laisse  comprendre  que  le  peuple  congolais  étaitimmergé  dans  des  ténèbres,maintenant il  quitte  ce  point  A (ténèbres, obscurité) vers un point B (lumière, changement). L’Etat congolais,  à travers ces signes suscrits, veut que chaque congolaisinscrive ses actions dans la lumière. En somme,il cherche  à revivifier les cœurs refroidis. En fait, passer d’un état de mort à un état de vie ; d’où, l’idée de changement. Cet énoncé de changement s’écrit :

P.N.U4 =F (S2=Etat) (S1=peuple U O=changement) (S1   O changement)

L’Etat congolais constate que le peuple est disjoint à l’objet de quête qui est « le changement », il finit par le joindre à l’état final

Ceci se lit comme suit : l’Etat trouve que le peuple au départ était disjoint à l’objet qui le changement, enfin il le conjoint à ce changement.

L’idée de changement se comprend mieux comme celle de la renaissance.

2.4-3-5- La cinquième transformation : La quête de la renaissance

Si l’on comprend renaissance comme naître de nouveau, cela va sans dire que  les  autorités politiques  sont  animées  d’une  volonté  manifeste, d’un  besoin  de  repartir  sur  de  nouvelles  bases.  En  effet,  l’Etat  nous  invite  à tourner ensemble définitivement la page douloureuse de l’histoire de notre pays.

Ce  qui  sera  synonyme  d’un  nouveau  départ.  Cette  quête  de  renaissance  se matérialise  par  les  espaces  verts.  L’Etat  veut  que  le  peuple  congolais   soit  à l’image des espaces verts qui repoussent après la tondaison. Cette cinquième et dernière transformation peut être schématisée de la manière suivante :

P.N.U5 =F (S2=) [(S1=peuple U O=renaissance) (S1=peuple  O=renaissance)]

L’Etat congolais constate que le peuple est disjoint à l’objet de quête qui est « la renaissance », il finit par le joindre à l’état final

Tous  ces  énoncés  de  faire  ci-dessus,  dans  les  récits  sont  appelés  des  actants. L’actant est l’une des notions essentielles de la narrativité. Examinons-les pour en savoir plus.

2.5. Schéma actantiel

Elaboré par A. J. Greimas à partir des réflexions de Vladimir Propp, le schéma actantiel  a  pour  rôle  de  déterminer  les  relations  entre  les  actants.  Le  système actantiel de Greimas est plus général que celui de Propp, car prenant en compte d’autres champs que celui des contes. Par ce schéma, Greimas essaie de décrire la structure profonde des textes narratifs. Les actants sont des êtres ou des choses qui sont considérés du point de vue de leurs rôles narratifs, leurs fonctions et de relations qu’ils entretiennent entre  eux.  Le  concept  d’actant  va  alors  au-delà  du  personnage  dans  le  récit. Donc, il renferme des phénomènes abstraits. L’actant est reconnaissable dans le récit par ses prises de position, ses actions. Le concept est plus large et  renvoie aux rôles que jouent les personnages dans un récit. Les jeux d’interaction entre les actants sont au nombre de six et se résument en trois axes fondamentaux :

-  L’axe du désir, qui regroupe le sujet et l’objet. En effet, tout récit raconte la quête d’un objet par un sujet.

-  L’axe de la communication, qui regroupe le destinateur et le destinataire.

A ce niveau, l’objet est communiqué par le destinateur au destinataire.

-  L’axe du pouvoir, qui regroupe l’adjuvant et l’opposant. L’adjuvant aide le sujet à atteindre son objet. C’est celui qui agit de sorte à favoriser le sujet de quête.

 Pour Greimas, l’adjuvant consiste : « à apporter l’aide en agissant dans le sens du désir ou en facilitant la communication »

Si l’adjuvant aide, l’opposant lui, constitue une entrave, un obstacle. C’est l’être qui rend difficile voire impossible la réalisation du désir du sujet de quête. Son rôle consiste « à  créer  des  obstacles,  en  s’opposant  soit  à  la  réalisation  du  désir,  soit  à  la communication de l’objet »

Cette notion théorique applicable à notre sujet peut être schématisé de la manière suivante :

  1. a) Mémorial de l’Indépendance

D1                                    O                                              D2

Etat                           Indépendance                        Peuple congolais

paix

Adj.                                     S                                          Opp.

Etat                                  Etat                                       certains partis                                                                                                      

Flambeau                                                                      politiques

Soldat avec arme

La femme

Les statues des héros

A  la  lumière  de  ce  tableau,  nous  rappelons  que  l’Etat  est  le  sujet destinateur. Son objet de quête est la paix. Le destinataire de cet objet de valeur est le peuple. Dans ce  tableau, l’Etat joue plusieurs rôles : il est à la fois sujet, destinateur et adjuvant. Aussi, dans la quête, est-il aidé par la femme à genoux, le soldat avec arme, les deux statues de Kabila et de Lumumba, l’espace vert, le  flambeau,  et  lui -même. Néanmoins,  les  opposants  ne  manquent  guère,  ils  sont :  certaines  familles  des victimes, certains partis politiques, etc.

  1. b) Mémorial de la Paix

D1                                                O                                                       D2

Etat congolais                             paix                                  peuple congolais

Adj.                                          S.                                               Opp.

Etat et toutes les                   Etat congolais                          Groupes armés

Races

Ce schéma nous relate toute l’histoire, où l’Etat  congolais cherche la paix que les différents groupes armées bloquaient, il la retrouve, et  toutes les races du monde et le peuple s’en réjouissent.

  1. c) Mémorial Major Vangu

D1                                           O                                               D2

Etat                             gratitude, victoire,paix                                peuple

Adj.                                          S                                        Opp.

Etat, Vangu                       Etat                                     les rebelles

  1. d) Mémorial Mulamba

D1                                     O                                                     D2

Etat  libération de la ville de Bukavu                   peuple

Adj.                                   S                                                 Opp.

Etat, Mulamba                   Etat                                     les rebelles Simba

A la lumière de ce schéma, nous constatons que l’Etat congolais (sujet et destinateur) était à la quête de la libération de la ville (objet) des mains des rebelles Simba (opposants), vient le général Mulamba (adjuvant) et aide l’Etat à libérer la ville, et le peuple en est bénéficiaire.

  1. e) Mémorial de la Flamme

D1                                         O                                                 D2

Etat                                  lumière, paix                                       peuple congolais

Adj.                                      S                                                      Opp.

Combattants                        Etat                                                Muleles

Etat

En clair, l’Etat congolais est le sujet, l’objet qu’il cherche est paix dans le pays, les opposants sont les Muleles, mais les combattants aident l’Etat à retrouver son objet et le peuple en bénéficie.

CONCLUSION PARTIELLE

Dans cette section qui portait sur l’analyse sémiotique des mémoriaux, nous  avons menél’analyse du mémorial comme texte. Son analyse a prouvé que ledit texte qu’est le mémorial, est un ensemble des signes narrant une histoire.D’où, la méthode greimassienne d’analyse des textes nous y a aidée. Grâce à elle,  nous avons trouvé les relations de jonction et disjonction pour enfin terminer par le schéma actanciel. Il se constate donc que le mémorial peut être analysé comme un texte, c’est un récit.

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