Table de matières
L’étude sémiotique de quelques mémoriaux de la ville de Bukavuest menée à la lumière de l’approche greimassienne et courtesienne du texte. Elle va consister à analyse le mémorial sur le point de la narrativité. Car pour les sémioticiens, tout texte à un point de départ, un système d’avancement et un point final. Il seraquestion de présenter le mémorial, puis d’en faire une analyse dénotative et connotation avant de schématiser et présenter les relations de jonction et de position à travers ces signes mémoriaux.
La plupart des informations ci-dessous nous ont été fournies par nos informateurs, dont la liste est inscrite à l’annexe du travail.
Le dictionnaire Larousse définit l’indépendance comme « une autonomie politique, souveraineté nationale ». (1999 : 544) De ce fait, le monument de l’indépendance était érigé en mémoire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo dont la ville de Bukavu est l’une des villes de ladite République. Le mémorial est situé dans la commune d’Ibanda, quartier Ndendere, sur avenue P. E. Lumumba. Il est le carrefour des quatre routes, l’une qui mène vers Bagira, l’autre vers le Lycée Wima, la troisième vers avenue Industrielle et la quatrième est celle qui va jusqu’à Nguba.
Ce monument date de l’acquisition de l’indépendance du pays avec le même nom, mais ce nom a été changé en place du 24 novembre par le Président Mobutu, car cette même date était la date de la prise de son pouvoir en 1965. Quant à celui-ci, il se disait être le libérateur du peuple congolais de la situation anarchique (crise politique) dans laquelle le pays était plongé, durant les 5 premières années de l’indépendance. C’est pourquoi, il y avait fait ériger vers les années 73-74 une grande stèle du MPR, ce Parti-Etat qu’on définissait comme la grande famille de la nation zaïroise organisée politiquement,au-dessusduquel il y avait le flambeau pour signifier que Mobutu a libéré le peuple zaïroisduténèbres.
A la réification du pays, après la période post conflictuelle (1998-2003), ce même monument débaptisé, démobutisé, c’est-à-dire qu’on y a détruit et effacé tout ce qui était comme élément de souvenir du régime de Mobutu pour y installer des éléments nouveaux comme symbole d’une nouvelle libération de la République.C’est après que l’actuel Président, Joseph KABILA, en 2010, y ajoute l’image où à trois personnes dont deux soldats, l’un soulève l’arme en haut et l’autre le flambeau et une femme à genoux aux yeux tournées vers le ciel et les mains en haut, dont une porte la colombe. Le tout est sur un piler au milieu d’une flaque d’eau ronde, entourée par une clôture sans entrée. Après cette clôture, une enceinte où nous trouvons la présence de l’animal entouré par les petits arbres, tout ceci entouré par une autre clôture qui a quatre portes d’entrée. De l’autre côté de la tribune, on trouve deux statues, l’une de L. D. Kabila et l’autre de Lumumba.
Situé dans la Commune d’Ibanda dans le Quartier Ndendere, sur avenue P.E Lumumba, en face de la Rowbank, construit en matériaux sous forme d’un béton (un pilier) sur lequel se posent cinq mains de couleur différentes qui se réunissent et forment un cercle, au milieu desquelles une colombe blanche descend.Sur ce béton (pilier) l’on dessine tous les continents du monde. Le monument a une enceinte pleine de gazon, les touts entourés par une clôture qui a une seule porte d’entrée. Dans l’enceinte de ladite place, se trouvent également trois paillottes pour se reposer.
Erigé en 2000 après la guerre de 1998 de la RCD, où tous les continents se sont réunis pour qu’il y ait la paix dans le monde entier en général et au Congo en particulier. Il se comprend donc que le monument a étéérigé pour se rappeler cette paix qui est entrée en RDC en 2000 après un long moment de guerres.
Ce monument était érigé en mémoire du Major Vangu qui avait réalisé beaucoup d’exploits parmi lesquels, celui de chasser les Rebelles dans La pleine de la Ruzizi en 1964. Mort sur le champ de bataille, lors de la guerre de 1967 où le président Mobutu a décidé de réaliser un mémorial pour garder le souvenir de ce Major mort sur le champ de bataille pour protéger le peuple congolais.
Le mémorial est une œuvre de l’architecture, c’est-à-dire construit en briques et ciments. Le mémorial se repose sur un escalier, il a la forme longue, et a trois couleurs dont la couleur jaune, la couleur bleu et la couleur rouge. Situé dans le Quartier Panzi, le mémorial Major Vangu est une place ou un carrefour reliant quatre routes, celle qui va vers Panzi, l’autre vers la frontière Ruzizi premier, une vers ISP-BUKAVU et l’autre vers l’avenue Route d’Uvira. Sur le monument on peut lire : « en mémoire du Major Vangu, mort sur le champ de bataille en 1967 ». La cour de ce mémorial est un marché pour le public, aménagée par la poussière ou du sable avec des aires de jeu pour les enfants.
Communément appelé « Place Mulamba », érigé en mémoire d’un d’un général congolais qui avait libéré la ville de Bukavu, alors occupée par les rebelles Simba en 1964, il s’appelait Léonard MULAMBA. Celui-ci les avait mis en déroute lors de la guerre des « Muleles » et était mort sur le champ de bataille en 1965. Ce mémorial a été réhabilité vers les années 1990-2000, la période de la reconstruction et des travaux de réhabilitation de la route dite km témoin, au cours du mandat du gouverneur L. CIRIMWAMI MUDERHWA, pendant lequel on a aussi réaménagé ce rond-point reliant cinq routes dont l’avenue Hippodrome, Nguba, Muhumba, Nyofu et Nyawera.
Ladite place est constituée d’une flaque d’eau au milieu de laquelle il y a une image analogue à la porte-bougie (lamper) sur laquelle une autre image ressemblant à la bougie allumée s’y trouve.
Le monument est situé dans la Commune d’Ibanda. Quartier Ndendere à la botte, en face du palais de justice de Bukavu et du gouvernorat.C’est un monument érigé en 1960 pour la mémoire de tous les Congolais ou combattants congolais morts le 4 Janvier 1960 et lors de la deuxième guerre mondiale en 1945, partout en République Démocratique du Congo.
Tel qu’il est construit, le mémorial Mulamba est analogue à la partie inferieure d’une lampe à pétrole allumée. C’est –à dire nous y trouvons un flambeau rouge au faîte du mémorial, et la partie inférieur est analogue à celle de la lampe à pétrole, aux couleurs bleu-ciel et jaune.
Cette démarche va consister à analyser l’ensemble des images et des textes qui s’offrent de prime abord au destinataire du Mémorial. En effet, la dénotation est le sens référentiel d’une unité lexicale, son signifié stable, celui qui permet d’établir la relation entre le signe et le référent. La dénotation livre donc un aspect objectif. De ce fait, dans le Mémorial, nous pouvons aisément parlé de signes iconiques c’est-à-dire des signes issus d’une relation de ressemblance entre une expression et son contenu. Il y a une représentation plus ou moins parfaite entre le signifiant et l’objet référentiel. C’est pourquoi, l’on dit que le signe iconique fonctionne par analogie.
Ce mémorial nous présente les images suivantes :
Le monument présente des images suivantes :
Pour ce mémorial, nous sommes en présence de l’image iconique semblable à une coupe. Symbole de récompense. D’autres signes significatifs sont les couleurs du drapeau national qui y sont colorées. La couleur jaune qui symbolise les richesses du pays
Le mémorial étant une image qui présente aussi les couleurs nationales, ainsi nous observons sur ce mémorial:
Cette analyse dénotative s’est limitée aux signes visuels producteurs de sens. Ces éléments de la dénotation expriment une réalité donnée etmettent au jour le contenu explicite de cette réalité exprimée. Cependant, derrière cette réalité explicite est caché un sens implicite quirévèled’autres réalités : il s’agit là de la connotation.
La connotation représente les valeurs sémantiques secondes qui viennent se greffer sur le sens dénotatif. Il s’agit d’une touche affective, culturelle ou idéologique qui colore le sens d’une unité lexicale. Ainsi, la connotation nous plonge dans le domaine du subjectif. Elle varie selon les individus, c’est -à-dire selon la signification que peut leur suggérer telle ou telle image. Dans cette ligne de conduite, nous pouvons dire que le mémorial a un sens connoté. Autrement dit, ses différentes composantes révèlent un contenu implicite, un sens second. Alors toute l’efficacité du Mémorial ou la réussite du message qu’il véhicule repose sur les connotations qui vont générer des éléments de la dénotation. Mais,comment la connotation se manifeste-t-elle dans le mémorial ? Elle est manifestée d’une part par les figures de rhétorique, plus principalement la métaphorisation, qu’elle exploite pour véhiculer le message et d’autre part par l’utilisation des couleurs qui traduisent certaines réalités. Dans notre étude, nous allons analyser les valeurs connotatives des éléments figuratifs du Mémorial.
Nous pouvons considérer que la clôture conçue sous forme d’un cercle ou sous forme ronde, renvoie à cette « tableronde » qui a eu lieu avant l’acquisition de l’indépendance, le mémorial est donc considéré comme le fruit de cette table qui est symbolisé par cette forme ronde. C’est-à-dire, il y a eu « table ronde» pour que le peuple congolais accède à l’indépendance.
Par ailleurs, les quatre entrées sont aussi significatives. Elles révèlent que l’enceinte n’est pas un espace clos. C’est un espace ouvert à tous les quatre coins du monde, c’est-à-dire, une ouverture sur le monde extérieur en général et au congolais en particulier. C’est une libre ouverture au monde extérieur pour les congolais.
La présence des quatre entrées trouve aussi sa justisse dans l’idéologie de la période actuelle du pays, celle de l’indépendance. Elle fait le Congo un Etat libre, un Etat de droit, contrairement aux autres périodes (La période de la colonisation de la part des portugais ; la période de l’E.I.C par Léopold II de Belgique ; la période du Congo-Belge) que le pays a connues. (Ma Patrie 2, 2012 p 51). Conscient que sous ces périodes d’exception, le peuple congolais n’avait pas la liberté, le droit de s’exprimer de façon libre ; le Gouvernement de la quatrième période veut restituer à tout le peuple son droit de citoyen. Ainsi, l’ouverture qui rime avec la démocratie semble être l’idéologie prônée par cette nouvelle période.
Cette image dénotative est sans doute porteuse d’un message. Son étude connotative nous permet de mieux trouver ce message. Il peut traduire cette richesse du pays de la faune et de la flore. Il traduit donc un message, montrer, souligner que cette liberté du peuple congolais, n’est pas seulement celle d’expression ou de diriger, mais aussi celle d’exploiter leur richesse naturelles indépendamment. Ce signe iconiqueapparaît aussi comme un communiqué, une information aux étrangers de cette richesse qui constitue même des sites touristiques ; c’est aussi un appel au peuple congolais à contribuer à la protection de ces biens nationaux.
Elle symbolise la protection les autorités suscitent l’attention des congolais à la protection de cette indépendance accordée, que personne n’y arrive pour nous l’arracher, elle doit être protégée.
Ce bassin qui contient l’eau symbolise la vie. Les autorités veulent ressusciter les héros nationaux afin de leur siffler une vie éternelle. En effet, l’eau est source de vie,dit-on. Sa présence ici revêt cette même signification de vie. D’autre part, on peut supposer que l’Etat dans son fonctionnement a fait une déviation idéologique, qui a porté préjudice à son peuple, faire des plaies ouvertes et avivé du feu au sein de la société.Par conséquent, l’Etat, à travers l’eau, cherche à éteindre ce feu, à apaiser les cours meurtris pour aboutir à l’objet de sa quête qui est l’indépendance.
Loin d’être l’être humain du sexe féminin, la femme est la mère nourricière, la source de vie. Elle est la soucieuse de bien pour ses enfants, elle protège ses enfants et même sa maison. Elle est une voie pour la vie humaine. Il s’ajoute à ce signe de la femme cette image d’éducatrice des enfants, source d’une toute première éducation de l’homme. Lorsqu’une mère faillit à cette mission, non seulement elle éduque mal son enfant, mais aussi toute la société est hypothétiquée. Ce n’est donc pas pour rien que cette image iconique apparaît à ce mémorial, c’est un signe que l’Etat congolais reconnaît ce rôle prépondérant que joue la femme dans le maintien de l’équilibre social. Les autorités lui donnent de l’estime, car elle a une part pour l’indépendance du pays, celle d’éduquer les enfants qui, de loin,sont parvenus à réclamer et à accéder à l’indépendance.
Par ailleurs, cette position dont est présentée la femme, celle d’à genoux les mains en haut, dont une porte la colombe (ne reste pas) n’est pas à négliger, elle est porteuse de sens. En effet, elle met en cause l’autre statue de la femme, pas seulement celui d’éducatrice, source de vie etc.Elle est aussi spirituellement un moteur pour le vécu de la famille en particulier et de toute la société en général. Donc, cette position revoie à la prière que la femme adressait à Dieu pour qu’il ait cette paix ou cette indépendance. Cette position traduit non seulement la reconnaissance de l’Etat à la femme qui prie, suivant la thèse selon laquelle on dit « nous ne pouvons rien sans la femme ». Mais aussi, cette position transmet un message aux étrangers, que la société congolaise est une société chrétienne, qui croit en Dieu et lui fait recourt lorsqu’elle est devant tout obstacle. Cette position se traduit aussi comme signe de remerciement adressé à Dieu pour cette paix ou liberté retrouvée ; aussi merci à Dieu car moi femme j’ai été l’objet de plusieurs sortes de violences que j’espère qu’elles ne reviendront plus. Cette position est donc l’espérance à Dieu pour une libération accordée et une expression de gratitude. En outre, cette position à genoux traduit aussi cette qualité d’une digne femme, ce caractère de sa soumission. (selon un agent de la division de culture et des arts, un Pasteur et un commerçant).
La colombe qui se pose sur la main de la femme, se connote ici comme la suite favorable accordée à la femme, réponse accordée à la demande de la femme ; ceci donne la place à l’expression qui dit que « ce que femme veut, Dieu le veut ». La femme est traduite comme outil, un bon outil à utiliser pour accéder à la quête.
Cette image traduit cet état de victoire du soldat après une période traversée pour la défense de la communauté du pays ou de la société congolaise. Il est connoté encore qu’après indépendance, il ya eu guerre, il ya eu un moment ou le sang coulait, un moment de pertes de vies humaines, un temps de toute forme de violence humaine dans le pays.
Ce signe montre aussi la force de l’armée congolaise, une armée puissante, forte, une armée capable d’éliminer toute sorte d’ennemi. L’Etat nous présente donc non seulement cet état de joie ou de victoire mais aussi l’état ou nous présente la force qu’elle détient. C’est aussi une manière d’informer comment l’Etat congolais est parvenu à accéder à l’indépendance ; une indépendance qui n’a pas été accordée librement, c’était par force, sans cette force nous ne pouvions pas, nous Etat congolais, accéder à l’indépendance. (Selon un Policier et tous les informateurs)
Ici le soldat ou l’homme détient le flambeau, symbole de lumière. Une lumière qui désormais éclaire le peuple congolais et guide ses pas vers un avenir meilleur. A travers cette symbolique, le Gouvernement appelle son peuple à un changement radical. L’Etat est conscient des dégâts et des torts causéspar les colonisateurs, mais il cherche à effacertout cela par la lumière symbolisée par ce flambeau. Donc, chasser les ténèbres, vaincre les mauvaises idées afin de se frayer un passage. Le flambeau est d’ailleurs utilisé pour représenter la lumière, la lanterne qui guide et éclaire le peuple.
Cette idée de changement, de renouvellement susdite est illustrée par Gaston Bachelard cité par Arouna en ces termes : « Le feu est pour l’homme qui le contemple un exemple prompt de devenir circonstancié. Moins monotone et moins abstrait que l’eau qui coule, plus prompt même à croître et à changer que l’oiseau au nid surveillé chaque jour dans le buisson, le feu suggère le désir de changer, de brusquer le temps, de porter toute la vie à son terme, à son au-delà ».
En outre, le flambeau traduit la volonté manifeste du Gouvernement, Il interpelle donc le peuple à sortir des ténèbres et jouir de la lumière des héros nationaux. Le flambeau qui est d’une couleur rouge est loin d’être dénué de signification. Nous savons tout naturellement que le rouge est la couleur du sang, couleur de la vie. La couleur rouge jouit donc de la polysémie parce qu’il exprime à la fois la vie et la mort. Il est aussi la couleur du soleil, de la force et de la puissance, autrement dit de la guerre. Le rouge, c’est le symbole des braves et valeureux gens qui ont sacrifié leur vie, qui ont versé leur sang pour la cause du pays. Cette vision est illustrée par l’article II de la constitution de la RDC :
« Il symbolise le sang versé hier, aujourd’hui et demain par les martyrs de la Révolution pour en assurer la victoire. Par extension, il représente tous les sacrifices du peuple congolais ».
La position spatiale du flambeau symbolise ainsi le savoir, la supériorité. Car le savoir se situe toujours en haut.En outre, nous constatons que tous sont en tenue militaire, qui signifie que tout le monde a été combattant et patriote de la liberté, de la paix.
Ces deux statues représentent les deux héros nationaux congolais, il s’agit de Lumumba et de Kabila. L’apparition de leurs statues sur ce mémorial est significative chez les Congolais. Lumumba, pour sa revendication et sa lutte en vue de l’indépendance et l’unité nationale et Désiré Kabila pour avoir refusé l’ingérence des étrangers au Congo. On comprend donc que les images nous représentent cet état de lutte pour une indépendance du peuple congolais, une succession dans la lutte de la chose. C’est-à-dire, ils se sont succédé pour cette lutte.
Le fait de faire apparaître ces images traduisent l’expression de gratitude du gouvernement envers nos héros. C’est une autre manière de dire que si le Congo a eu l’indépendance sous différentes formes, c’est grâce à ces personnalités.
En effet, les deux analyses pour ces mémoriaux nous permettent de nous rendre compte que le mémorial de l’indépendance nous présente un détail de l’acquisition de cette indépendance, c’est-à-dire, quels sont les moyens utilisés pour y arriver. Ensuite, il nous présente cette période que le pays a traversé, celle de guerres successives après son acquisition de l’indépendance et nous présente enfin une promesse, celle du changement dans la perception des choses dans le pays : le peuple quitte un état de guerre vers un état de paix, un état d’obscurité, vers un moment d’éclairage.
Outre cette promesse, le mémorial présente une gratitude envers les héros nationaux, Lumumba et Kabila.
Sur ce mémorial, nous avons les éléments connotatifs suivants :
D’une forme rectangulaire, cette clôture du monument de la paix renvoie au bateau. C’est-à-dire, cette clôture se connote comme un bateau qui nous a fait arriver vers le lieu de rencontre pour prendre cette paix. Avec une seule entrée, cela signifie que pour parvenir à cette paix, nous n’avons utiliséqu’une seule voie ou un seul moyen, par conséquent, nous n’ouvrons pas les portes à tout le monde pour en bénéficier, c’est juste pour les congolais.
La clôture se connote aussi en idée de protection, un lancement à laprotection de cette paix qui est déjà au milieu des Congolais, mais c’est nous même qui sommes responsables de sa protection.
Au-delà de leur aspect esthétique, les espaces verts traduisent d’autres réalités. Le vert est la couleur de l’espérance, de la prospérité. Cette prospérité est matérialisée par la saison des pluies, la végétation. Cela se comprend en ce sens que le Congo est un pays potentiellement agricole. C’est le symbole des richesses du peuple congolais.
La couleur verte symbolise la verdure et traduit de ce fait l’aspect d’un environnement qui vit . Elle traduit également l’idée de la renaissance.
On peut enfin lire, à travers ces espaces verts, le Congo qui renaît lentement mais sûrement. Il apparaît donc sous ses beaux jours.
L’escalier se connote comme l’ensemble d’étapes de vie traversées. On éprouve des difficultés lorsqu’on traverse une étape de la vie, mais lorsqu’on les surmonte, on se retrouve à un certain niveau supérieur à celui qu’on a traversé. Mais il n’est du tout pas facile de traverser ou surmonter un moment, une période de la vie, soit on perd le temps, soit la vie, de l’argent, etc. et puis on arrive à un niveau supérieur.
Les cinq mains représentent toutes les races du monde qui se réunissent pour avoir la paix au monde en général et au Congo en particulier, cette union se perçoit par cette forme ronde que les mains forment. Et la paix est symbolisée par la colombe.
Cette image peut aussi traduit comme un appel lancé à toutes les races du monde pour qu’il y ait paix au Congo, de réunir toutes les races afin que cette paix qui est recherchée au Congo soit retrouvée. Ceci signifie donc qu’il n’ya pas de paix au Congo, non pas parce que les Congolais ne s’entendent pas entre eux, mais suite au faitqu’il ya une part peut être des autres races.
En outre, cette image connote aussi qu’il y a eu besoin de la paix chez toutes les races et que chacune l’a eu de sa manière, ceci s’explique par la manière dont les mains ne sont pas ensemble c’est-à-dire que la paix n’est pas la même paix pour tout le monde, la paix qui est chez les blancs n’est pas la même chez les noirs. Ce qui est paix chez les blancs n’est pas paix peut être chez les noirs.
La position des mains, toutes en haut,connote qu’elles sont à la recherche de la paix. Car, aussi, les doigts sont ensembles, ce qui traduit un signe de la prière, de la demande, car celui qui fait signe de demander rassemble ses bras. Donc, on est à la recherche de cette paix,
Le pilier, à son tour, symbolise la base même, c’est-à-dire que tous les continents du monde sont la base de cette paix et assurent la stabilité. Ceci est soit une information, soit une demande de paix que l’Etat congolais a adressée à tous les continents.
Bref, le mémorial relate la manière dont la paix est entrée au Congo dans son peuple et à tout le monde, il informe qu’au Congo il ya une paix.
La présence de ces vérandas n’est pas à négliger ni à laisser passer sous silence, c’est très significatif. La véranda est un lieu qui sert de repos. En effet, sa présence à ce mémorial connote que l’Etat invite et dit au peuple congolais qu’il y ait un temps de repos après toutes sortes de guerres qui ont eu lieu au Congo, c’est un bon moment un moment de se reposer, un moment de paix, ce n’est plus un moment de fuir, mais plutôt de se reposer, de se réinstaller.
Au clair, l’état congolais dit à son peuple et à tout le monde qu’il ya une paix au Congo.
La République Démocratique du Congo est un pays comme tant d’autres, elle a concrétisé les valeurs qu’elle définit par les emblèmes officiels dans le but de renforcer l’unité nationale. Son drapeau est coloré de trois couleurs dont le rouge, le bleu et le jaune ; et chacune de ces couleurs perte une signification.
En regardant notre monument, ce sont les mêmes couleurs du drapeau national Congolais qui y sont colorées. Les couleurs dites nationales congolaises. Ainsi, le mémorial puise ses racines dans la culture nationale, dans l’identité même du pays. Cela se comprend aisément d’autant plus que ce monument ne peut s’opérer sans une référence au pays où il est édifié, ceci parce que ce pays s’identifie par ses couleurs propres à lui.
Par ailleurs, quelles valeurs ces signes, que sont les couleurs nationales, revêtent-ils ? Pourquoi le choix de ces couleurs ? Que symbolisent-elles ?
Les couleurs qui colorent ce monument sont celles que nous appelons nationales. Chacune d’elles est porteuse de sens.Ainsi, la couleur rouge est un symbole de sang.Il symbolise le sang versé hier, aujourd’hui et demain par les martyrs de la Révolution pour en assurer la victoire. Par extension, il représente tous les sacrifices du peuple congolais.
La coloration de cette couleur sur ce monument signifie donc que Major Vangu, la personne illustre pour qui on a érigé ce monument est un martyr, il est mort pour défendre la cause du peuple congolais ou du territoire national, qui en est sorti victorieux. Le rouge ici c’est son sang versé pour ladite cause.La couleur bleu-ciel Symbolise la paix. Cette paix est pour les congolais et leur pays. En effet, on ne peut pas parler de la paix s’il n’ya pas de troubles, des guerres et lorsqu’il ya ces derniers, on doit y avoir des sacrifices, le sang coule, c’est le cas de notre « Major Vangu » qui est mort pour une stabilité dans le pays.
La couleur jaune à son tour symbolise les richesses du pays. Ces richesses doivent être protégées par les citoyens congolais. Sa présence ici se connote comme une gratitude de l’Etat congolais à Vangu pour sa victoire dans cette révolution et grâce à elle nos richesses nationales ont été protégées.Il se comprend donc aisément que la présence de ces couleurs sur ce monument est d’une signification capitale.Ce major est mort pour amener la paix dans le pays mais aussi pour protéger les richesses de ce pays. Ainsi ce monument lui rend hommage pour ce qu’il a fait, les actes louables, le sens donc de ce monument se trouve à travers ces couleurs.
Nous comprenons donc que le monument est significatif car il véhicule un message. Qu’en-est-il de sa forme ?
Le mémorial a la forme d’uncalice, où avant d’y arriver on monte sur un escalier. Ainsi, lecalice est un objet liturgique, utilisé pour la conservation du vin considéré comme le sang de Jésus Christ. Ce sang de Jésus a été coulé pour acheter ceux qui souffrent dans le péché, les libérer de Satan, ce sang est le signe d’alliance avec le Christ. Ce calice est une coupe, un signe de victoire de Jésus. Cette forme se comprend donc comme un signe de victoire pour Vangu qui a versé son sang pour le peuple congolais.
Il s’en déclenche cette idée d’inhumer « Vangu », il est en communion avec le peuple congolais. Il reste symboliquement immortalisé, nous cohabitons harmonieusement avec les morts. Ils restent parmi les siens qui sont sur terre, comme Jésus cohabite avec les chrétiens. A ce sujet, Birago Diop cité par Théodose MUHASANYA dans son cours d’Histoire de la littérature africaine d’expression française II(2012, cfr. Annexes), leur rend hommage en ces termes :
« […] Ceux qui sont morts ne sont jamais partis
Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit
Les morts ne sont pas sous la terre :
Ils sont dans l’arbre qui frémit ;
Ils sont dans le bois qui gémit,
Ils sont dans l’eau qui coule
Ils sont dans l’eau qui dort
Ils ne sont pas dans la case, ils sont dans la foule :
Les morts ne sont pas morts.
[…] Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans le sein de la femme,
Ils sont dans l’enfant qui vagit
Et dans le tison qui s’enflamme
Les morts ne sont pas sous la terre :
Ils sont dans le feu qui s’éteint
Ils sont dans les herbes qui pleurent
Ils sont dans le rocher qui geint
Ils sont dans la forêt, ils sont dans la demeure,
Les morts ne sont pas morts, » (poème, souffle des ancêtres)
De même nous pouvons dire :
[…] Les martyrs ne sont pas morts
Ceux qui sont morts pour leur peuple ne sont pas morts
Ils sont dans la conscience de leurs bourreaux
Ils sont dans les larmes des veuves
Ils sont dans les cris des orphelins
Ils sont dans ces vers que j’écris
Ils sont dans la muse qui m’habite
Ils sont dans les lignes des romanciers
Ils sont dans l’ignorance de leurs détracteurs
Ils sont dans la sueur de ceux qui continuent la lutte
Ils sont dans le sang des futurs martyrs
Pense plus souvent aux morts qu’aux vivants
A ceux qui ont versé leur sang
A ceux qui ont donné leur vie
L’escalier
Ce calice se repose sur un escalier. Pourquoi ? L’escalier se connote comme l’ensemble d’étapes de vie traversées. On éprouve des difficultés lorsqu’on traverse une étape de la vie, mais lorsqu’on les surmonte, on se retrouve à un certain niveau supérieur à celui qu’on a traversé. Mais, il n’est du tout pas facile de traverser ou surmonter qu’un moment difficile de la vie, soit on perd le temps, soit on perd la vie.
Ceci se remarque par le pourquoi même de la couleur qu’à l’escalier dudit monument, la couleur rouge, symbole du sang, de difficulté, …
Ce mémorial est présenté sous forme de la partie inférieure de la lampe à pétrole qui brille ou qui fonctionne. En effet, le feu qui brûle (représenté par le flambeau) sous-entend cette guerre qui a eu lieu et qui a causé des morts des combattants congolais. De la couleur rouge de ce feu, comme nous le savons tous, la couleur qui symbolise le sang, le sang coulé, c’est donc la mort, il est donc symbole des braves et valeureux gens qui ont sacrifié leur vie, qui ont versé leur sang pour la cause du pays. Cette cause se marque par les autres couleurs le bleu-ciel qui est le symbole de la paix en RDC et le jaune qui symbolise la richesse du Congo. Il se révèle donc que ce sang des martyrs de 1945 et de 1960 a été versé pour la paix au pays et la protection des richesses du pays.
Cette flamme exprime aussi une lumière qui éclaire, comme la lampe nous sert d’éclairage pendant la nuit. C’est donc une information au peuple contemporain que le sang versé traduit un sacrifice pour notre lumière. Aussi on dit au peuple futur qu’il y a eu un moment où le sang a été versé afin que nous puissions avoir une certaine lumière dans notre pays. C’est une interpellation au peuple à jouir de la lumière apportée par les martyrs.
Le mémorial est constitué des éléments suivants:
Comme nous l’avons dit précédemment pour le mémorial de l’Indépendance, ce bassin qui contient l’eau symbolise la vie. C’est toujours ce vouloir des autoritéssiffler une vie éternelle à notre martyr, le cher combattant, le général Mulamba. En effet, l’eau est source de vie, dit-on. Sa présence ici revêt cette même signification de vie.
Rappelle cette personnification d’Ahmadou Kourouma, à travers « les soleils des indépendances »c’est-à-dire les figures qui ont éclairé les pays pour avoir l’indépendance, « leslumières » Ceci sous-entend donc que Mulamba est une lumière qui s’est manifesté au milieu du peuple bukavien, et congolaispour leur vie.
Est un symbole du sang versé de nos martyrs Congolais à qui nous devons du respect.La coloration de cette couleur sur ce monument traduit donc que Mulamba est la personne illustre, pour qui on a érigé ce monument, il est un martyr, il est mort pour défendre la cause du peuple congolais ou du territoire national.
Symbolise la paix des Congolais et leur pays.
En effet, on ne peut pas parler de la paix s’il n’y a pas eu des conflits, ou des guerres. Et lorsqu’il y en a, le sang doit couler, comme c’est le cas de notre « Léonard Mulamba» qui est mort pour la libération de la ville de Bukavu.
Il se comprend donc que la présence de ces couleurs sur ce monument est d’une signification capitale, le sens de ce monument se trouve aussi exprimé à travers ces couleurs.
Le général est mort pour libérer la ville de Bukavu, amener la paix dans le pays et protéger les richesses de ce pays. Ainsi, ce monument lui rend hommage pour ce qu’il a fait, pour ses actes louables.
Comme les deux analyses nous permettent de mettre à nu nos mémoriaux, abordons alors un autre aspect, celui de présenter le mémorial comme objet fabriqué, une œuvre d’art.
Pour l’analyse du Mémorial en tant qu’objet fabriqué, nous nous situerons dans la perspective des signes et du sens dans le cadre narratif essentiellement, basé sur la méthode d’analyse de Louis Millogo intitulée : La narrativité du cycle de l’objet fabriqué. Cette méthode porte sur l’aventure du matériau, une suite syntagmatique de contenus qu’on peut résumer en langue de la façon suivante :
Un sujet a besoin de satisfaire un désir donné. Pour ce faire, il lui est nécessaire d’obtenir un objet fabriqué au moyen duquel il pourra atteindre son but. La réalisation de cet objet exige l’acquisition d’un matériau de fabrication qui sera extrait de la matière. De ce matériau obtenu, le sujet en fait un objet fabriqué. Ce dernier est utilisé selon les prévisions et le désir initial est satisfait.
Par la suite, l’objet peut être réutilisé tel que dans le but de satisfaire d’autres besoins pour lesquels il n’a pas été intentionnellement conçu. Abandonné, il peut aussi servir de matériau privilégié à la réalisation d’autres objets, destinés à la satisfaction d’autres objets.
On peut schématiser ce cycle de l’objet fabriqué de la façon suivante.
Schéma du cycle élémentaire de l’objet fabriqué
Sujet-----------›Matière---------------›Matériau-------------›Objet fabriqué
Pour appliquer cette thèse à nos Mémoriaux de la ville de Bukavu, il ressort que les étapes parcourues pour aboutir à l’objet fabriqué dans le domaine architectural se fonde essentiellement sur la matière première qui est le ciment.
Les procédures de mélange de ce dernier contribue enfin à la construction, à l’érection du Mémorial. Le monument ainsi obtenu, érigé est la manifestation de la gratitude de l’Etat burkinabè vis-à-vis de ses héros nationaux. Il est utilisé selon les prévisions, d’où la satisfaction du désir initial. Parallèlement, il peut aussi servir d’élément d’identification du peuple burkinabè. Le cycle élémentaire de l’objet fabriqué précédemment décrit se schématise de la manière suivante.
*Le système actantiel du cycle de l’objet fabriqué
Il retrace fidèlement tous les termes qui interviennent dans le processus du cycle de l’objet fabriqué.
1
Objet fabriqué
2 5
Matière Fonction
(ciment) (magnificence)
3 Matériau (ciment) 6Sujet utilisateur (Etat congolais)
4 Sujet opérateur
(Architecte)
Ces six (06) termes correspondent à des fonctions qui rentrent dans le cadre du système actantiel. Ces fonctions sont aussi au nombre de six qui sont :
Sujet, Objet, Destinateur, Destinataire, Adjuvant, Opposant. Elles peuvent être représentées en trois axes :
Axe de la communication
Destinateur Objet Destinataire
« sujet individu » - Matière (1) ciment Etat
Etat -Matériau (2) ciment
- Objet fabriqué (3)
- satisfaction du besoin (4)
Axe du désir
Opposant Sujet Adjuvant
Matériau Etat -Matériau eau, etc.-Outils
ciment, sable, gravier, fer,Axe du pouvoir
Quatre objets distincts pour l’Etat et il joue aussi trois fonction suivantes :
(Sujet, Destinateur, Destinataire) de même que le matériau (objet, opposant, adjuvant). On constate également que la fonction d’adjuvant est jouée par deux acteurs (Matériaux, outils). Enfin, nous constatons trois fois un acteur jouant une seule fonction :
Objet fabriqué = objet
Satisfaction = objet
Matière = objet
A l’issue de ce schéma actantiel, nous retenons que le processus du cycle de l’objet fabriqué est très significatif. En effet, les termes sont interdépendants c’est-à-dire en rapport syntagmatique.
Par ailleurs, nous retenons que tout gravite autour de l’Etat qui est le centre générateur. Il est le seul qui donne sens aux autres éléments. On constate aussi de ce schéma que l’Etat est à la fois le sujet opérateur et le sujet utilisateur. Ici l’objet fabriquant est un facteur valorisant les héros nationaux, les martyrs, et toutes les races du monde.Ainsi ces mémoriaux déterminent et définissent les différentes idéologies de l’Etat. Ceci s’explique plus clairement au point suivant.