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Au terme de ce travail portant sur La politique de crédit et son incidence sur la performance financière des IFSD de la ville de Bukavu. Cette étude menée au cours de 2013 à 2015 a soulevé un objet pertinent dont les objectifs lui assignés étaient conformes aux problèmes posés dans son contexte ; la préoccupation majeure était d’évaluer l’incidence de la politique de crédit sur la performance financière des IFSD de la ville de Bukavu.
Les questions suivantes ont fait l’objet de notre problématique :
Nous sommes partis avec les hypothèses selon lesquelles :
Nous nous sommes servis des méthodes et techniques pour atteindre nos objectifs ; en effet, nous avons utilisé la méthode analytique et la méthode statistique couplées des techniques d’entretien, documentaire, d’observation directe, d’interview structurée ainsi que le questionnaire d’enquête, ceci dans l’objectif d’interpréter la théorie appliquée à la réalité du terrain.
Pour ce faire, hormis l’introduction et la conclusion générale, ce travail est subdivisé en trois chapitres dont le premier a porté sur les considérations générales sur le sujet (littérature tant théorique qu’empirique); le deuxième a abordé l’aspect présentation du champ d’investigation et méthodologie, et enfin le troisième s’est attelé à la présentation, à l’analyse et à la discussion des résultats.
En effet, dans le premier chapitre, dans la revue de la littérature, nous avons montré les deux courants de la microfinance, celui des welfaristes qui prônent le bien être social via l’octroi des crédits à un taux moins élevé et celui des institutionnalistes qui prônent la pérennité des institutions qui octroient des microcrédits, ainsi que les différents risques auxquels un établissement de crédit fait face lorsque les crédits octroyés demeurent en souffrance. Cela étant, nous avons appuyé les deux courants en ce sens que les institutionnalistes prônent que ces institutions appliquent le taux d’intérêt très élevé pour aboutir à une performance financière très significative mais s’écartent de l’idée du bien être social. Par contre, les welfaristes prônent qu’elles appliquent des taux d’intérêt moins élevé en vue de privilégier le bien être collectif alors que les IFSD poursuivent un objectif social c’est-à-dire le bien être mais cet objectif doit être pérenne via leurs performances financières.
Dans le deuxième chapitre, nous avons montré l’état de lieux des IFSD de la ville de Bukavu, nous avons dégagé les forces, les faiblesses, les menaces et les opportunités aux quelles elles sont confrontées, en plus dans l’approche méthodologique nous avons montré les étapes que nous avons utilisé dès la collecte des données, les procédures de traitement principalement par les statistiques descriptives, la statistique de Khi-deux et la Méthode des Moindres Carrés Ordinaires à données de panel. Les données utilisées ont été collectées en une seule étape. L’enquête nous a permis de dénicher la santé financière de ces institutions, de savoir tout d’abord le niveau d’appréciation, par les dirigeants des IFSD enquêtées, de leur politique d’octroie et de recouvrement de crédit ainsi que les défis majeurs aux quels elles font faces.
Enfin, le troisième chapitre a porté sur les analyses, discussions et interprétations des résultats.
Pour répondre aux hypothèses de notre recherche, les données ont été traitées en utilisant conjointement le logiciel SPSS pour déterminer les diverses statistiques descriptives (la moyenne, l’écart-type, le maximum et le minimum) et la statistique inférentielles via le test de Khi-deux ainsi que le logiciel Eviews, pour faire la régression de notre modèle à données de panel via le Moindre Carré Ordinaire qui nous a permis d’aboutir au modèle suivant : ROA = -13.14025051 + 8.633978567*MC + 12.10423248*TI - 7.584294719*CM - 2.968533128*GAR - 12.88419379*POR
Après analyse des données et interprétation des résultats, les constats suivants ont été établis : nous avons trouvé que la variable montant de crédit, influence positivement la performance financière. Ce résultat est en contradiction avec celui de Marie Godquin, qui en étudiant la performance de remboursement des groupes de crédit au Bangladesh a révélé que le montant de prêts avait un impact négatif sur la performance financière., pour la variable Taux d’intérêt nous avons constaté que 90,9% des IFSD de la ville de Bukavu appliquent un taux d’intérêt compris entre 1,6% et 2,5% ce qui nous a conduit à s’appuyer à la première école constituée en particulier des ONG du nord et de leur partenaires du sud, qui défend le principe que les pauvres ne peuvent pas payer des taux d’intérêts au prix du marché, et qu’en conséquence, il faut prêter à des taux d’intérêt très bas (de 1 à 3%, quel que soit l’inflation et ce résultat rejoint également l’approche des Welfaristes qui ont montré qu’un taux d’intérêt inutilement élevé pénaliserait ses clients, qu’elle pourrait perdre, ce qui pourrait remettre en cause sa mission sociale et sont en contradiction avec celui des institutionnalistes ainsi que de Najavas qui avaient montré que pour atteindre un niveau élevé de la performance financière, une IMF doit fixer des taux d’intérêts suffisamment élevés pour couvrir ses charges car un taux d’intérêt trop faible la condamnerait au déficit ; pour la variable catégorie des membres, elle influence négativement la performance financière des IFSD locales étant donné que la quasi-totalité des IFSD de la ville de Bukavu octroient des crédits individuels que des crédits aux groupes solidaires suite à une faible proportion de ces derniers. Ce résultat est corroboré par le travail de Bratton en 1986 qui s’était intéressé à la performance comparée des prêts individuels et des prêts groupés, à partir des données de Zimbabwe, et avait constaté que les prêts groupés enregistrent une meilleure performance que les prêts individuels, pour la variable Garantie, elle influence négativement la performance financière des IFSD locales. Ce résultat est en contradiction avec celui de tous les modèles théoriques qui montrent une relation positive entre la garantie et le niveau de la dette mais il avait été confirmé par des travaux empiriques tels que Titman, Wessels, Bourdieu, Stiglitz, Jensen et Mecking et pour la variable politique de recouvrement, elle influence négativement la performance financière des IFSD de la ville de Bukavu tout en s’appuyant à la théorie de Morduch qui avait préconisé que la politique de recouvrement peut avoir une influence positive ou négative sur la performance financière. Négative si, le recouvrement est effectué de manière forcée, alors que selon les résultats de nos enquêtes 34,6% recourent au recouvrement forcé.
Enfin, le champ d’investigation étant vaste, nous reconnaissons n’avoir pas saisi tous les aspects possibles et nécessaires à la politique de crédit, raison pour laquelle la dernière section du troisième chapitre présente les limites avérées pour cette étude. Mais néanmoins, cette étude constitue un apport significatif dans le domaine scientifique et ouvre les voies à tout chercheur qui souhaiterait poursuivre les recherches dans ce domaine. Toute œuvre humaine étant imparfaite, toute critique constructive de cette étude est la bienvenue.