Table de matières
Il s’agit en effet de présenter les résultats de la régression économétrique de notre modèle de base. Ces résultats sont obtenus avec le logiciel E-views et concernent les données collectées au sein des 11 IFSD de la ville de Bukavu, saisies dans SPSS, et compilées en un fichier Excel.
Nos attentes sont que les résultats de ces estimations corroborent nos développements théoriques.
Avant toute chose, nous avons voulu vérifier le respect des hypothèses classiques de Gauss et Markov dans le but ultime de nous rassurer que le modèle pouvait être estimé par la méthode de Moindre Carré Ordinaire. Ainsi, nous avons testé le problème de normalité des résidus.
Ce test nous a permis à faire un choix du modèle à utiliser. Tester la normalité d’une distribution revient à savoir si cette distribution répond aux critères de normalité.
En effet, le test de Jarque et Bera, fondé sur la notion de coefficient d’asymétrie « Skewness » et d’aplatissement « Kurtosis » permet de vérifier la normalité d’une distribution statistique (Bourbonnais, R., 1998). Si le nombre d’observations est grand (n > 30), la statistique de ce test peut être construite comme suit:
Avec : s : la quantité de la statistique de Jarque et Bera
β1 et β2 : le coefficient de Skewness et de Kurtosis respectivement
n : la taille de l’échantillon
Cette statistique suit une loi de Khi-deux à deux degrés de liberté et les hypothèses formulées à ce test sont les suivantes:
H0 : Les résidus sont normalement distribués, S=0 et K=3
H1 : Les résidus ne sont pas normalement distribués, S≠0 et K ≠ 3
Figure n° : Test de normalité de résidus
Source : Nos traitements des données sur Eviews
En effet, les résidus de ce graphique, nous constatons que notre Jarque-Bera est inferieur à 5,99. D’autre part, le Skewness en valeur absolue est égale à 0 et Kurtosis est égale à 3.
En nous appuyant sur les critères de Kurtosis, et de Skewnes et de jarque-Bera et sur base des résultats de cette figure, nous acceptons l’hypothèse nulle selon laquelle les résidus suivent une distribution normale et rejetons l’hypothèse alternative.
Résultat de la Première régression
|
Dependent Variable: ROA |
||||
|
Method: Least Squares |
||||
|
Date: 07/19/17 Time: 12:00 |
||||
|
Sample: 1 33 |
||||
|
Included observations: 33 |
||||
|
Variable |
Coefficient |
Std. Error |
t-Statistic |
Prob. |
|
C |
-19.35585 |
36.08321 |
-0.536423 |
0.5966 |
|
PAR |
0.119113 |
0.122026 |
0.976128 |
0.3387 |
|
MC |
8.848348 |
2.581842 |
3.427146 |
0.0022 |
|
TI |
13.20427 |
10.27696 |
1.284842 |
0.2111 |
|
CM |
-7.844449 |
4.989281 |
-1.572260 |
0.1290 |
|
SC |
0.922692 |
6.008341 |
0.153569 |
0.8792 |
|
GAR |
-0.926542 |
2.982063 |
-0.310705 |
0.7587 |
|
ECH |
-1.380708 |
3.843508 |
-0.359231 |
0.7226 |
|
POR |
-13.60117 |
5.137480 |
-2.647439 |
0.0141 |
|
R-squared |
0.475525 |
Mean dependent var |
2.615091 |
|
|
Adjusted R-squared |
0.300701 |
S.D. dependent var |
13.75919 |
|
|
S.E. of regression |
11.50600 |
Akaike info criterion |
7.950616 |
|
|
Sum squared resid |
3177.314 |
Schwarz criterion |
8.358754 |
|
|
Log likelihood |
-122.1852 |
F-statistic |
2.720010 |
|
|
Durbin-Watson stat |
1.818062 |
Prob(F-statistic) |
0.027502 |
|
Source : Nos traitements sur base du logiciel Eviews version 3.1
Il sied d’abord de faire l’analyse des signes de coefficient de toutes les variables :
Cependant, l’examen de T-student de significativité des variables révèlent que les variables Montant de crédit et politique de recouvrement sont statistiquement significatives au seuil de 5%. D’autres variables, telles que le portefeuille à risque (PAR), la garantie (Gar), sélection client (Sc), Echéance (Ech), Catégorie des membres et le taux d’intérêt (ti) ne sont pas statiquement significatives. Nos investigations montrent qu’en majeure partie les variables pour lesquelles on attendait un signe à priori a été retrouvé à l’exception de la variable garantie.
Dans ces conditions, Régis Bourbonnais, propose la solution de Backward elimination ou élimination progressive. Cette méthode, consiste sur le modèle complet à k variables exogènes, à procéder par une élimination progressive (dite élimination de proche en proche) des variables non significatives et à ré estimer le modèle après chaque élimination jusqu’à l’obtention d’un modèle où toutes les variables sont significatives. En plus, il montre que lorsqu’une variable n’est pas statiquement significative mais elle l’est économiquement, la variable en question doit être maintenue.
Après élimination progressive des variables : à la première régression où nous avons éliminé la variable Sélection Client (1), la deuxième régression nous avons éliminé la variable Echéance qui présentait une probabilité de 0,67 alors que la variable Garantie présentait une probabilité de 0,68. Cela s’explique par le fait que la garantie à une signification économique assez considérable. Dans le cadre de notre champ d’investigation, le crédit est octroyé sur base d’une garantie et non de la confiance(2), et la troisième régression nous avons éliminé la variable PAR (3) et la quatrième régression nous a permis d’aboutir aux résultats suivants.
Résultat de la 4ème régression
|
Dependent Variable: ROA |
||||
|
Method: Least Squares |
||||
|
Date: 07/19/17 Time: 12:49 |
||||
|
Sample: 1 33 |
||||
|
Included observations: 33 |
||||
|
Variable |
Coefficient |
Std. Error |
t-Statistic |
Prob. |
|
C |
-13.14025 |
18.40510 |
-0.713946 |
0.4814 |
|
MC |
8.633979 |
2.491475 |
3.465409 |
0.0018 |
|
TI |
12.10423 |
7.264055 |
1.666319 |
0.1072 |
|
CM |
-7.584295 |
4.179748 |
-1.814534 |
0.0807 |
|
GAR |
-2.968533 |
2.126741 |
-1.395814 |
0.1741 |
|
POR |
-12.88419 |
3.931657 |
-3.277039 |
0.0029 |
|
R-squared |
0.446497 |
Mean dependent var |
2.615091 |
|
|
Adjusted R-squared |
0.343996 |
S.D. dependent var |
13.75919 |
|
|
S.E. of regression |
11.14413 |
Akaike info criterion |
7.822668 |
|
|
Sum squared resid |
3353.172 |
Schwarz criterion |
8.094760 |
|
|
Log likelihood |
-123.0740 |
F-statistic |
4.356043 |
|
|
Durbin-Watson stat |
1.944006 |
Prob(F-statistic) |
0.004904 |
|
Source: logiciel Eviews 3.11
La qualité globale de l’estimation semble être satisfaisante. La statistique de Fischer calculée par le logiciel est de 4,35 et la probabilité associée est de 0,0049 (inferieur à 5% seuil de signification)on rejette l’hypothèse nulle au profit de l’hypothèse alternative. Donc le modèle est globalement significatif et de bonne qualité. Comme R2 est égale à 0,45, ceci veut dire que 45 % de la performance financière est expliquée par la politique de crédit et comme R² ajusté est inferieur à Durbin Watson, selon GRANGER en 1983 et ENGEL en 1987 cité par Régis Bourbonnais, il est vrai à dire que notre régression n’est pas fallacieuse.
Pour se prononcer sur la significativité individuelle des variables, les résultats de l’estimation montrent que seulement trois variables sont statiquement significatives : Politique de recouvrement et Montant de crédit au seuil de 5% et la variable Catégorie des membres est significative au seuil de 10% et deux variables sont économiquement significatives mais elles ne les sont pas statiquement raison pour laquelle elles sont maintenues dans notre modèle.
Economiquement, à l’absence de la politique de recouvrement et du montant de crédit, la performance financière ne peut pas exister étant donné que le coefficient autonome est négatif et est de -13,14.
L’étude économétrique et économique ainsi achevée, il convient de passer à la discussion des résultats obtenus. Ainsi, notre modèle est ROA = -13.14025051 + 8.633978567*MC + 12.10423248*TI - 7.584294719*CM - 2.968533128*GAR - 12.88419379*POR
En revanche, conformément aux résultats issus de nos investigations, nous avons trouvé que 51,4% des ISFD octroient un montant de crédit supérieur à 10 000$ et que lorsque la variable montant de crédit, varie d’1% en termes d’augmentation, la performance financière augmente de 3,8%.
Ces résultats rejoignent également l’approche des Welfaristes qui ont montré qu’un taux d’intérêt inutilement élevé pénaliserait ses clients, qu’elle pourrait perdre, ce qui pourrait remettre en cause sa mission sociale et sont en contradiction avec ceux des institutionnalistes ainsi que des Najavas qui avait montré que pour atteindre un niveau élevé de la performance financière, une IMF doit fixer des taux d’intérêts suffisamment élevés pour couvrir ses charges car un taux d’intérêt trop faible la condamnerait au déficit ;
Lorsqu’une IFSD laisse la latitude aux emprunteurs de former des groupes avec les individus de leur choix, cette sélection permet de lutter contre la sélection adverse car les membres éviteront de s’associer avec ceux dont ils ne connaissent pas bien le profil de risque d’insolvabilité.
Pour Stiglitz et Weiss, la garantie peut être considérée comme un élément permettant au prêteur de faire face à un excès de demande de crédit. Pour ces auteurs, un accroissement de la valeur de la garantie exigée entraine dans une opération de crédit un accroissement du coût supporté par l’emprunteur ainsi qu’une baisse de son profit. Néanmoins, si l’accroissement du montant exigé de la garantie permet de sécuriser le crédit, il est important de noter qu’il est la cause des anti-sélections
Ce résultat est similaire à celui de Berger et Udell qui avaient étudié la relation entre la garantie et le risque de crédit sur un million de prêts effectués par des Banques américaines. ils testent l’hypothèse que l’antisélection exerce un rôle dans l’utilisation de la garantie en régressant la prime de risque sur un ensemble de caractéristiques du prêt qui comprennent une variable muette prenant en compte le fait que le prêt est sécurisé ou non. Leur conclusion ne corrobore pas l’argument d’antisélection comme motif d’utilisation de la garantie, puisqu’ils observent une relation positive et significative entre la garantie et la prime du risque ;
C’est ainsi, à travers ce travail, les chercheurs ultérieurs pourront aborder le thème relatif au déterminant de l’autosuffisance financière des IFSD ; la problématique de l’inclusion financière des ménages au Sud-Kivu, les déterminants de pérennité des IFSD de la ville de Bukavu.