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CHAPITRE DEUXIEME. PRESENTATION DU CHAMP D’INVESTIGATION ET METHODOLOGIE

Ce chapitre aborde deux sections, en l’occurrence la section portant sur la présentation du champ d’investigation et la deuxième aborde la question de l’approche méthologique.

SECTION 1. PRESENTATION DU CHAMP D’INVESTIGATION

Dans cette section, D’une manière générale, nous allons présenter le milieu d’étude sur tous les plans ainsi que le secteur de la microfinance et des coopératives en particulier.

  1. Présentation de la ville de Bukavu

Dans ce sous point, nous présentons la ville de Bukavu sous les aspects géographique, administratif, démographique, économique, socioculturel, éducatif et sanitaire.  Nous allons présenter la carte administrative de la ville de Bukavu dans les annexes.

  1. Aspect géographique

La ville de Bukavu est le chef-lieu de la province du sud Kivu, elle est située dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo à l’extrémité sud du lac Kivu, elle s’entend entre 2° 25’ et 2° 33’ de la latitude sud et entre 28° 44’ et 28° 53’ de longitude Est, elle est à une altitude moyenne de 1600m, elle est la plus élevée du Congo. Elle est limitée:

- Au nord : le lac Kivu ;

- Au sud et à l’Ouest : le territoire de KABARE

- A l’Est : la rivière Ruzizi

  • Le relief de la ville de Bukavu est fort accidenté et accroit au fur et à mesure qu’on s’éloigne du lac, avec une pente de l’ordre de 75 % ; il y a des petites modifications qui surgissent progressivement avec des mouvements technologues et d’autres catastrophes naturelles. La ville de Bukavu présente plusieurs unités de relief à cause de son caractère accidenté. Le climat y est humide, tempéré par l’altitude. L’hydrographie est constituée par des sources et d’autres cours d’eaux tels que : le lac Kivu, MUKUKWE, KAHWA, WESHA, BWINDI, etc.

D’une manière spécifique, nous allons faire la présentation géographique des ISFD de la ville de Bukavu étant donné que notre étude se focalise dans ce secteur.

Tableau n° 2. Situation géographique des ISFD de la ville de Bukavu

N°

Dénomination

                                   Adresse physique

Avenue

Commune

1

COOPEC MALI FEZA

188, av P.E LUMUMBA

IBANDA

2

COOPEC CAHI

242, Quartier Major Vangu, commune d’Ibanda

3

COOPEC KAWA

3, avenue centrale industrielle

4

COOPEC MOCC/BUKAVU

180, Av PE LUMUBA

5

COOPEC NYAWERA BUKAVU

181, AV PE LUMUBA

6

COOPEC PILOTE

5, AV KASONGO

7

MECREBU/COOPEC

213,  AV PE LUMUMBA

8

MUTEC/COOPEC

15, AV de la Cathédrale

9

MECRE IBANDA/COOPEC

30, av PE LUMUMBA

10

COOPEC IMARA/BUKAVU

13, AV PE LUMUMBA

11

COOCEC-KIVU

5 AV kasongo

12

COOPEC NYAWERA BEACH MUHAZI

Avenue Michombero

13

COOPEC AXE SUR LES RESULTAS

32, AV. VAMARO

14

COOPEC TULINDE HAZINA

13, Av. De la Poste, Q. NDENDERE

15

SMF PAIDEK

6, Av. Pilote

16

IMF SOFIGL (entreprise de microcrédit)

32, Av. VAMARO

17

HEKIMA

18

IMF SMICO (société de Microfinance)

276, av. PE LUMUBA

19

COOPEC BAGIRA

20, PATRICE LUMUMBA

BAGIRA

20

COOPEC BURIBA-KASHA

55, Av. Michombero

21

MECRE KADUTU

78, AV Nyamugo Biasi, Q. Biasi

KADUTU

         

Source : BCC, Direction de la surveillance des Intermédiaires Financiers

  1. Aspect administrative

La ville de Bukavu jadis appelée constermansville a été créée par le colon Belge sur l’ordonnance n° 12/357 du 16 septembre 1956, elle subdivisée en trois communes dont chacune est subdivisée en quartiers, avenues, sentiers, etc.

Considérons le tableau ci-après reprenant les trois communes avec leurs quartiers respectifs.

Tableau n° 3. Subdivision administrative de BUKAVU

Commune d’IBANDA

Commune de KADUTU

Commune de BAGIRA

Quartier

Quartier

Quartier

NDENDERE

CIMPUNDA

KASHA

NYALUKEMBA

KAJANGU

LUMUMBA

PANZI

KASALI

NYAKAVOGO

MOSALA

NKAFU

NYAKALIBA

NYAMUGO

Source : la mairie de Bukavu

  1. Aspect démographique

La ville de Bukavu comptait une population de l’ordre de 226.431 habitants en 2006 avec une densité de 3757,2 habitants/km. Voici le tableau qui retrace la statistique de la population de Bukavu de 2010 à 2016 reparties en communes respectivement : IBANDA, KADUTU, BAGIRA:

Tableau n° 4: Statistique de la population de Bukavu de 2010 à 2015 

COMMUNE

2010

2011

2012

2013

2014

2015

BAGIRA

173643

199357

221507

221357

221297

242450

IBANDA

242288

249247

283119

295467

316601

357465

KADUTU

268724

294349

307596

356567

377322

422343

TOTAL

682329

717328

812222

873391

915220

1022258

Source: Mairie de Bukavu, rapport 2015

Sur une période de 5ans, la population de Bukavu est passée de 530 902 à 717 328 habitants soit un écart de 186 426, constituée par la majeure partie de la population de KADUTU (268 724 habitants) suivie de la population d’IBANDA (249 247 habitants) et en fin celle de BAGIRA (199 357 habitants).

  1. Aspect économique

4.1. Agriculture, élevage, pêche

Le phénomène de rivalisassions de la ville de Bukavu a fait que les espaces verts réservés par les colons Belges soient mis en valeur avec les cultures vivrières. IL en est de même pour les allés situer le long des routes et des rues. Suite à l’insuffisance de la production, une grande partie de produits vivriers consommés à Bukavu provient des autres régions voisines.  L’élevage est pratiqué par certaines personnes et porte sur les volailles (poules, canards, pintades), les petits batailles (porcs, chèvres, moutons, etc.) et même sur des gros bétails. La pêche se pratique aussi d’une façon artisanale sur le lac Kivu, sur la rivière Ruzizi et dans des piscines.

4.2. Commerce, artisanat, industrie

La ville de Bukavu renferme une concentration des professions libérales, des banques, des coopératives et imprimeries surtout dans le centre-ville. Elle dispose aujourd’hui un nombre négligeable mais insuffisant d’entreprises et industries, parmi lesquelles on a : la Bralima, la Pharmakina, Kotecha, etc. Le commerce constitue l’activité principale de survie à la population de Bukavu, dominée par le secteur informel. Le lieu du négoce le plus actif reste le marché central de Kadutu, situé dans la commune de Kadutu, anis que plusieurs boutiques, quincailleries, librairies, situé dans différentes communes de la ville.

4.3. Transport et communication

Les produits vivriers sont souvent importés des régions voisines de la ville par voies lacustre, aérienne et terrestre. Pour la voie lacustre, les bateaux de la SNCC (société nationale des chemins de fer du Congo) et d’autres appartenant aux privées assurant le transport des personnes et des biens entre Goma et Bukavu. Aussi on trouve actuellement dans la ville de Bukavu un flux de compagnies aériennes comme : Air line, CCA, etc. Toutes ces compagnies d’aviations se servent d’un seul aéroport situé à 35km de la ville ; c’est l’aéroport de Kavumu.

  1. Aspect socio-cultural

En voyant la situation socioculturel actuelle tant la RD Congo en générale que la ville de Bukavu en particulier, il s’avère que l’Etat congolais a renoncé à ses responsabilités socioculturelles à l’égard de son peuple.

Ainsi, à Bukavu on voit facilement les maux sociaux suivants :

- Le chômage et le non-paiement ;

- L’inaccessibilité à l’eau, l’électricité par la grande partie de la population d’une part de la pauvreté et d’autre part les réseaux de distribution ;

- A paupérisation de la population ne permet pas l’accès aux soins de santé, certains maladies meurent à leurs domiciles ; etc.

Sur le plan culturel, il convient de souligner qu’il existe une diversification culturelle dans la ville de Bukavu suite à la présence de plusieurs tribus ainsi qu’ethnies.

La langue parlée localement est le swahili pour la grande majorité, mais la langue française demeure la langue officielle.

  1. Aspect éducatif

La demande de l’éducation apparait comme le penchant de l’offre de cette dernière : à la base comme aux différents niveaux du système, la première semble conditionnée par la seconde.[1]

La demande de l’éducation s’intensifie dans la quasi-totalité des pays, vu l’importance que les parents accordent à cette dernière en vue d’offrir à leurs enfants une vie heureuse. L’éducation est donc considérée comme un chemin vers le bonheur car rend les individus libres. Il est de ce fait admis qu’en moyenne les personnes les mieux formées gagnent davantage que celles qui les sont moins. Il ressort alors un rapport gain-formation, aller à l’école garantit des meilleurs revenus au sujet. La demande d’éducation fait ainsi ressortir deux hypothèses :

  • Les personnes ne travaillent pas pendant leur période de scolarisation et ne reçoivent donc aucun revenu ;
  • La décision de rester à l’école s’accompagne également des coûts. C’est-à-dire, tout revenu non perçu est sacrifié en raison de la présence de l’intéressé(e) à l’école.

C’est ainsi que l’éducation entraine donc des coûts et des avantages.

Cependant, Gary Becker remet en cause le choix de l’éducation en ces termes « comment les choix de l’éducation sont-ils influencés par les coûts et bénéfices qui leurs sont associés? ». La réponse à cette question revient à : Construire une théorie économique de la demande de l’éducation de la part des individus ou des  familles.

L’offre de l’éducation renvoie aux capacités institutionnelles, aux moyens humains et matériel offert et à leur répartition quantitative et qualitative sur le territoire national et entre les différents groupes sociaux. Elle dépend étroitement des politiques d’éducation et de l’environnement politique global (qu’il soit national ou international), mais aussi du dynamisme de certains groupes de la société civile (confédération religieuse, mouvements associatifs ou syndicaux, communautés villageoises ou des cartiers urbains), ou de l’initiative des individus.

Cependant, l’analyse économique de l’offre de l’éducation à pour point de départ une analogie entre l’enseignement et le processus de production d’une entreprise : les écoles sont assimilées à des unités de production ou des employés (les professeurs) transforment des ressources (les dépenses d’éducation traduite en poste, formation et salaires des enseignants, matériels d’enseignement, bâtiments etc.) en capital humain(les résultats des élèves). Cette analogie n’est pas déduite d’une  théorie du comportement des professeurs ou des élèves, elles amènent à postuler à l’existence d’une  relation technique entre  ressources  des écoles  et résultat scolaire, appelé «  fonction de production éducative ».

Les économistes de l’éducation cherchent à mesurer  les paramètres  de cette fonction c’est-à- dire l’impact de chaque ressource sur le résultat, afin d’orienter la politique éducative en répondant à des questions comme celle-ci.

  1. Aspect sanitaire

La ville de Bukavu comporte trois zones de santé suivant qu’elle a des communes: la zone de santé d’Ibanda, de Bagira et la zone de santé de Kadutu.

  • La zone de santé de Bagira: elle compte un seul hôpital avec comme HGR de Bagira, celui-ci compte 6 médecins et 21 infirmières. Cet hôpital organise en plus de quatre services de base du ministère de la santé, le service spécialisé comme le labo, l’imagerie et le CTA. L’HGR de Bagira a 65 lits installés pour une capacité d’accueil.
  • La zone de santé d’Ibanda: elle compte 5 hôpitaux avec comme HGR de Panzi, celui compte 42 médecins et 79 infirmières. En plus de quatre services de base ministère de la santé, le service spécialisé, comme la prise en charge des violences sexuelles, le service de psychologie, l’imagerie, le labo, etc. l’HGR de Panzi a 450 lits installés pour une capacité d’accueil.
  • La zone de santé de Kadutu: elle compte 5 hôpitaux avec comme l’HGR de Ciriri du Docteur Rau, cet hôpital a 200 lits installés pour une capacité d’accueil.

Toutes ces zones de santé sont regroupées autour de l’hôpital provincial général de référence de Bukavu, HGPRB en sigle.  La ville de Bukavu compte deux centres spécialisés: la zone de santé SOSAM et HERI KWETU.[2]

  1. Présentation du secteur de la microfinance et des COOPEC
  2. Cadre légal et règlementaire de l’activité
  3. Lois

Il existe plusieurs lois sur la microfinance et les COOPEC, cependant celles qui nous paraissent récentes sont :

Loi n° 002/2002 du 2 février  2002 portant  dispositions applicables aux COOPEC, les coopératives d’épargne et des crédits sont des groupements de personnes dotés de la personnalité juridique, qui poursuivent principalement un objectif social à travers les services rendus à leurs membres. Cet aspect les distingue des sociétés commerciales dont les activités ont pour but premier la réalisation du profit.

Loi n° 11/020 du 15 septembre 2011 fixant les règles relatives à l’activité de microfinance en RDC, entrée en vigueur en 2013. La présente loi traite de l’activité de la microfinance en RDC. Par microfinance, on entend une offre habituelle de services financiers incluant des personnes n’ayant pas accès au système bancaire classique. Cette loi, présente une particularité quant à la nature juridique, du capital minimum et des opérations autorisées.

  1. Règlementation

Instruction n° 003 du 14 avril 2012 aux Coopératives d’Epargne et de Crédit ainsi qu’aux institutions de Microfinance

Les créances sont classifiées en crédits saints et litigieux. Les crédits sains sont ceux qui n’ont aucune échéance en retard de paiement. Par contre, les crédits litigieux sont ceux dont le recouvrement ne peut pas se réaliser conformément aux conditions contractuelles initiales du fait de la défaillance certaine des bénéficiaires et  même assortis de garanties. Ils comprennent : les crédits prorogés, les crédits impayés, les crédits douteux, les crédits contentieux, les crédits irrécupérables. Les crédits litigieux  font l’objet de provisions à constituer chaque mois.

Cette instruction assigne à toute institution de constituer mensuellement des provisions pour créances litigieuses de la manière suivante :

PAR                                                                           Provisions

1 à 30 jours de retard 

5% du capital restant dû

31 à 60 jours de retard 

25% du capital restant dû

61 à 90 jours de retard 

50% du capital restant dû

91 à 180 jours de retard 

75% du capital restant dû

Plus de 180 jours de retard 

100% du capital restant dû

Source : BCC, rapport d’activité de la microfinance

  1. Plan comptable spécifique au secteur

Le référentiel comptable spécifique appelé « plan comptable des coopératives d’Epargne et de Crédit et des Institutions de Microfinance », PCCI en sigle est applicable au secteur des ISFD. Elaboré par la BCC avec l’appui du conseil permanent  de la comptabilité au Congo en sigle CPCC, et quelques Institutions du Système Financier Décentralisé, ce document s’est inspiré des directives du CGAP et des normes comptables universellement reconnues.[3]

Les principales caractéristiques que présente le PCCI sont les suivantes :

  • Intégration des innovations intervenues en matière de mobilisation de l’épargne et de distribution de crédit
  • L’ouverture des comptes selon la nature des opérations financières
  • La distinction entre opérations financières et non financières
  • L’utilisation des attributs ou des critères d’identification compte tenu du volume et de la diversité des besoins de tous les utilisateurs
  • La distinction entre les états périodiques règlementaires destinés à la Banque centrale et les états financiers annuels
  • L’énumération des comptes qui répond aux particularités et à la logique ci-après :
  • La classification des comptes du bilan et hors bilan selon l’octroi de microcrédits entant que critère essentiel de l’activité financière, l’origine des épargnes et de dépôts ou la nature de la contrepartie et la liquidité des fonds concernés ;
  • La classification des comptes de résultats selon la correspondance avec le découpage des comptes du bilan, les agents économiques et la nature de la charge ou du produit.

Toutes les institutions de microfinance sont astreintes  à tenir leur comptabilité et à présenter l’information financière conformément au dit plan comptable et ce, en monnaie nationale.

  • Etats de lieux des ISFD de la province du Sud-Kivu

Il est difficile de se pencher uniquement au secteur des IFSD de la ville de Bukavu, bien qu’étant notre champ d’étude, sans pour autant le rapprocher à celui de la province du Sud-Kivu. Ceci s’explique par le fait que la Banque Centrale du Congo élabore des statistiques par province, lesquelles englobent également les villes y afférentes. Ces statistiques ne sont pas récentes étant donné que la BCC, via son rapport d’activité de Microfinance, n’a pas encore publié le rapport d’activité pour les années 2015 et 2016 faute de quoi nous nous sommes servi du rapport d’activité de microfinance pour l’exercice 2014.

  • Répartition des ISFD dans la province du Sud-Kivu

En 2014, la province du Sud-Kivu a dénombré 34 institutions financières de proximité agrées contre 33 une année plus tôt, faisant d’elle la principale province en terme de nombre d’institutions. Par ailleurs, cette progression a été induite par l’agrément d’une institution non mutualiste au courant de l’année en examen.

La ville de Bukavu, à l’instar des autres années, est restée le centre de concentration des IFSD de cette partie du pays. La répartition desdites institutions dans la province se présente comme suit :

Tableau n° 5.  Evolution de la répartition des ISFD dans la province du Sud-Kivu

VILLES

              2012

                  2013

                2014

Nbre ISFD

Part %

Nbre ISFD  

Part %

Nbre ISFD

Part %

BUKAVU

21

65,6

21

63,6

21

61,8

UVIRA

2

6,3

2

6,1

2

5,9

MINOVA

-

-

-

-

-

-

FIZI

3

9,4

3

9,1

3

8,8

KABARE

3

9,4

3

9,1

4

11,8

MWENGA

1

3,1

1

3,0

1

2,9

WALUNGU

1

3,1

1

3,0

1

2,9

KALEHE

1

3,1

1

3,0

1

2,9

IDJWI

-

-

1

3,0

1

2,9

Total

32

100

33

100

34

100

Source : BCC, Rapport d’activités de la microfinance 2014

En nous focalisant seulement dans la ville de Bukavu, notre champ d’investigation, il ressort de ce tableau que depuis 2012 à 2014, le nombre des ISFD ont resté statique, soit 21 ISFD.

  • Répartition du nombre des ISFD par catégorie au Sud-Kivu

Les ISFD dans la province du Sud-Kivu, peuvent être représentées selon les catégories dans le tableau suivant :

Tableau n° 6. Répartition du nombre des ISFD par catégorie au Sud-Kivu

CATEGORIES

2010

2011

2012

2013

2014

COOPEC

30

36

30

30

31

IMF

2

2

2

3

3

TOTAL

32

38

32

33

34

Source : BCC, Rapport d’activité de la microfinance 2014

Nous constatons qu’il y prééminence des COOPEC par rapport aux IMF.  Les COOPEC représentent plus de 90% des ISFD de la province du Sud-Kivu et le reste est occupé par les IMF.  Pour la ville de Bukavu, les COOPEC occupent 85,7% et les IMF, le reste.

  • Analyse de l’actif du Bilan

De même qu’en 2013, l’encours de crédit et les disponibles sont demeurés les emplois les plus prépondérants, se fixant respectivement à 43,5% et 35,7% l’ensemble du Bilan. Toutefois, l’encours de crédit en 214 est resté quasi stationnaire, se chiffrant à USD 28851192.

Par ailleurs, le PAR30 de l’ensemble des IFSD de la province s’est fixé à 14,7%, largement au-dessus de la norme de 5,0% mais mieux qu’en 2013 où il avait été de 20,8%.

Tableau n°7. Ventilation des postes de l’actif en $

RUBRIQUES

2010

2011

2012

2013

2014

Montant

Montant

Var %

Montant

Var %

Montant

Var

%

Montant

Var %

Disponibles

1555056

17465869

12,23

23019201

31,7

21044921

8,5

23712505

12,7

Encours de crédit

22389 658

28167740

25,8

26716633

5,1

28671356

7,3

28851192

0,6

Autres emplois

1139897

2436608

113,7

2906055

19,2

3024300

4

7745730

11,7

Immobilisations

4699401

5491611

16,8

5982666

8,9

5989664

0,1

6050981

1,0

TOTAL ACTIF

43784012

53561828

22,3

58624555

9,4

58730241

0,2

66360408

13,0

Source : BCC, Rapport annuel des activités de Microfinance, 2014

Dans ce tableau, force est de constater la prééminence des encours de crédit par rapport aux disponibles, immobilisations et autres emplois.

En ce qui concerne les disponibles, la variation, bien qu’étant positive, est insignifiante et cela s’explique par le fait que certaines IFSD ne disposent pas des Fonds Propres et ne prêtent que sur base des épargnes de leurs membres. Ils se sont accrus de 12,7% d’une année à l’autre pour s’établir à USD 23712505 en 2014. Par ailleurs, la liquidité immédiate et le taux d’encaisses oisives des IFSD se sont respectivement situés à 33,5% et 35,7 %, indiquant ainsi la détention d’importantes liquidités au détriment de l’accroissement du portefeuille de crédit qui n’a représenté que 43,5 % des actifs.

En ce qui concerne les encours de crédit,  qui on un impact sur le PAR, plus la variation de l’encours de crédit est positif, plus la situation devient de plus en plus mauvaise étant donné que cette variation conduit à des crédits en souffrance.

En ce qui concerne les immobilisations, nous constatons une faible variation du fait que les immobilisations importent peu pour une IFSD avec un taux de  9,1 % au terme de l’exercice 2014 en dessous du plafond de 10,0 %.

Nous pouvons le présenter graphiquement de la manière suivante :

  • Analyse du passif des ISFD de la province du Sud-Kivu

Tableau n°8. Ventilation des postes du passif en $

RUBRIQUES

2010

2011

2012

2013

2014

Montant

Montant

Var %

Montant

Var%

Montant

Var%

Montant

var %

Epargne

39008802

47388820

21,4

52619190

11

53828584

2,3

60154836

11,7

Fonds propres

2456051

3142405

27,9

2991114

4,8

1042073

65,2

706670

-32,2

Opérations de trésorerie

366025

1130908

208,9

906105

19,9

349900

61,4

747241

113,6

Autres ressources

1953134

1899695

2,73

2108146

10,9

3499684

6

4751661

35,8

TOTAL PASSIF

43784012

53561828

22,3

58624555

9,5

58730241

0,18

66360408

13,0

                     

Source : BCC, Rapport annuel des activités de Microfinance, 2014

Nous constatons que tous les postes du passif ont connu des accroissements à des proportions différentes, à l’exception  des fonds propres qui se sont chiffrés à USD 706 670 en 2014 après s’être fixé à USD 1042073, dégageant ainsi une détérioration de 32,2%. Cette baisse est expliquée principalement par le redressement des écritures comptables et la restructuration de deux des plus grandes coopératives.

  • Analyse de l’encours de crédit comparé à l’épargne et aux fonds propres

L’examen du ratio de capitalisation a indiqué l’insuffisance des fonds propres des IFSD de la province. En effet, ce ratio est passé de 1,8 % à 1,1% d’une année à l’autre contre la norme minimale de 15,0%. Cependant, cette situation a occulté  les performances de quelques institutions.

Tableau n°9. Evolution de l’encours de crédit comparé à l’épargne et aux fonds propres

Rubriques

2010

2011

2012

2013

2014

Montant

Montant

Var %

Montant

Var %

Montant

Var %

Montant

Var %

Encours de crédit

22389658

28167740

25,8

26716633

-5,2

28671356

7,3

28851192

0,6

Epargnes

39008802

47388820

21,4

52619190

11

53838584

2,3

60154836

11,7

Fonds propres

2456051

3142405

27,9

2991114

-4,8

1042073

-65,2

706670

-32,2

                       

Source : BCC, Rapport annuel des activités de Microfinance, 2014

Dans ce tableau, nous constatons un accroissement de l’épargne et une stagnation de l’encours de crédit et les fonds propres qui sont supérieurs au premier agrégat. Cette bonne mobilisation de l’épargne aurait pu améliorer les performances des ISFD du Sud Kivu si ces dernières avaient alloué ces ressources à des emplois productifs (en octroyant des crédits). Contrairement à l’année 2012 où l’encours de crédit à un signe négatif, qui du reste est une bonne situation pour l’institution.

Analyse du compte d’exploitation

Le résultat consolidé des IFSD de cette province s’est soldé par un bénéfice d’USD 679239 en 2014, en nette amélioration par rapport à l’année précédente où il avait été négatif d’USD 1431448.

Tableau n° 10. Ventilation du résultat net en $

RUBRIQUES

2010

2011

2012

2013

2014

Montant

Montant

Var %

Montant

Var %

Montant

Var %

Montant

Var %

Produits

4923302

6791926

37,9

8869144

30,6

15259998

72,05

1333180

-91,3

charges

4938085

6814005

37,9

8755900

28,5

16691446

90,6

12653941

-24,2

Résultat net

-14783

-22079

49,3

113244

-612,9

-1431448

-1364

679239

-147,5

Source : BCC, Rapport annuel des activités de Microfinance, 2014

Dans ce tableau, nous constatons que la quasi-totalité des ISFD avaient des résultats nets négatifs à l’exception de l’année 2012 et 2014, ce qui expliquerait la mauvaise santé financière des quelques ISFD de la province du Sud-Kivu.

Pour ce faire, l’autosuffisance opérationnelle en 2010 et 2011 était de 0,99 soit  99%; en 2012, elle était de 1,01 soit 101%; en 2013 elle était de 0,91 soit 91% et enfin, en 2014 elle était de 0,1 soit 100%. Etant donné que, telle que préconisée par la Banque Centrale Via le comité de Bale 2, l’autosuffisance opérationnelle être supérieure à 119,29 % ce qui n’était pas le cas pour ces années passées et de ce fait, on peut déduire que toutes les ISFD de la province du Sud-Kivu n’avaient une bonne santé financière.

  • Analyse des produits

Tableau n°11. Ventilation des produits en $

RUBRIQUES

2010

2011

2012

2013

2014

Montant

Montant

Var

Montant

Var %

Montant

Var %

Montant

Part %

Var %

Produits sur opération avec la clientèle

3944516

5126027

29,9

5596482

9,2

7187149

28,2

8140174

61,1

13,3

Produits financiers divers

207440

730503

252,2

400736

-45,1

388086

-3,15

385060

2,9

-0,8

Produits accessoires

206898

285374

37,9

826584

189,6

698679

57,8

1008568

7,6

44,4

Produits accessoires avec les AIF

31027

298199

861

70256

-76,4

110908

57,8

49810

0,4

-55,1

Autres produits

533421

351823

-34

1975086

461,3

6875176

248,09

3749568

28,1

-45,5

TOTAL PRODUITS

4923302

6791926

37,95

8869144

30,58

15259998

72,05

13333180

100,0

-12,6

Source : BCC, Rapport annuel des activités de Microfinance, 2014

Les produits se sont chiffrés à USD 13 333 180 en 2014 contre USD 15259 998 à fin Décembre 2013, soit une baisse de 12,6%. Certes, l’essentiel des revenus a été tiré des produits sur opération avec la clientèle et des autres produits qui ont représenté respectivement 61,0% et 28,1% du total des produits.

  • Analyse des charges

Les charges des institutions de la province ont connu une baisse de 24,2%, s’établissant à USD 12653941 en 2014 contre USD 16691446 une année auparavant.

Tableau n°12. Ventilation des charges

RUBRIQUES

2010

2011

2012

2013

2014

Montant

Montant

Montant

Montant

Montant

Par %

Var %

Charges sur opérations avec la clientèle ou membres

1430942

1341886

1110446

1674434

1469988

11,6

-12,2

Charges générales d’exploitation

1441546

2196887

2446519

3742479

3873651

30,6

3,5

Charge du personnel

1160123

1331655

1797545

2666001

3044452

24,1

14,2

Charges sur opération avec la clientèle

55956

121690

132402

119726

162252

1,3

35,5

Autres charges

849518

1824887

3268988

8488806

4103598

32,4

-51,7

TOTAL CHARGES

4938085

6814005

8755900

16691446

12653941

100,0

-24,2

Source : BCC, Rapport annuel des activités de Microfinance, 2014

Le taux d’autosuffisance opérationnelle s’est situé à 101,7% contre la norme admise de 119,2%. De manière générale, les institutions ont couvert leurs charges par les produits d’exploitation. Cependant, elles n’ont pas dégagé une marge suffisante pour respecter la norme.

  1. Analyse environnementale des ISFD de la ville de Bukavu

Nous allons faire cette analyse en se basant sur la matrice SWOT où nous allons ressortir les forces et faiblesses (facteurs internes) et les opportunités et menaces (facteurs externes).

Tableau n° 13. Matrice SWOT des ISFD de la ville de Bukavu

ANALYSE INTERNE

FORCES

FAIBLESSES

Ø  Les services internes sont informatisés ;

Ø  Des soubassements matériels favorables au service de crédit ;

Ø  En majorité, toutes les ISFD octroient des crédits à court terme.

Ø  Parfois, les crédits sont octroyés en se basant sur des familiarités et connaissances ce qui conduits à des crédits non remboursés ;

Ø  Le risque de crédit est significatif dans le portefeuille à risque ;

Ø  La politique de recrutement beaucoup plus interne et horizontale en termes de mobilité professionnelle ;

Ø  Un contrôle faible, c’est-à-dire absence de l’audit opérationnel efficace ;

Ø  Non respect des indicateurs prudentiels

Ø  Offre de produit non adapté

ANALYSE EXTERNE

OPPORTUNITES

MENACES

Ø  Une forte demande de crédit via les jeunes intellectuels dotés des capacités créatives ;

Ø  Besoins de plus en plus poussés de financement des différentes entités et agents économiques.

Ø  Instabilité du taux de change accompagné d’une stagflation ;

Ø  Les services bancaires des maisons de télécommunication (Airtel money, M-PESA) ;

Ø  La faillite d’une COOPEC handicape le bon fonctionnement de l’autre étant donné que certains de ses membres recourent à la thésaurisation par crainte d’une perte probable de leur épargne ;

Ø  Menaces de nouveaux entrants ;

Ø  Situation sécuritaire volatile.

Source : notre conception

  • En cas d’opportunités et faiblesses, l’institution doit chercher les solutions d’adaptation aux opportunités ;
  • En cas d’opportunités et force²s : elle doit exploiter les forces pour tirer parti des opportunités
  • En cas des forces et menaces : elle doit s’appuyer sur les forces afin de réduire les menaces
  • En cas des menaces et faiblesses : elle doit chercher à réduire simultanément les influences néfastes internes et externes

[1] PILON M. et YARO Y., La demande d’éducation en Afrique : état des connaissances et perspectives de recherche, Ed.UEPA, no1, 2001, p32

[2] Rapport annuel de la Mairie de Bukavu, 2013.

[3] BCC, op cit, P22

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