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INTRODUCTION

La dégénérescence des variétés cultivées, la baisse de rendement, la diminution de fertilité des sols, la suppression de jachères et la non maitrise des techniques culturales incitatrices de rendement sont les conséquences qui méritent une attention particulière, pour faire face à la baisse du rendement des cultures. Les paysans utilisent  des pratiques culturales telles que les buttes, les billons, les planchettes, les haies vives, l’enfouissement des résidus  organiques qui sont souvent très avantagées et adaptées aux conditions locales (Ngezi, 2000).

Selon les projections, la population mondiale atteindrait 8,5 milliards d’ici 2025. Cette poussée démographique  serait plus forte dans les pays en voies de développement où il faudra accroitre la production agricole d’environ 60 pourcents pour répondre à la hausse de la demande alimentaire. Le problème que pose la croissance agricole est aggravé par la pauvreté  qui est connu comme l’une des principales  causes de la dégradation de terres, un obstacle à la production agricole. Là où les possibilités de croissance agricole sont limitées, l’apport supplémentaire d’aliments requis pour faire face à la croissance démographique réside dans l’intensification de la production (IITA, 2006).

Les exploitations agricoles africaines font face à des  nombreuses contraintes telles que l’inaccessibilité à des  variétés améliorées et à  rendement stable, la difficulté d’acquisition des intrants, le recours important à l’énergie humaine, le changement climatique, les pratiques agricoles inadaptées (Marine, 2011). L’accroissement de rendements  des plantes cultivées est le résultat de la sélection et de la diffusion des nouvelles variétés, du perfectionnement de système de culture ainsi que de la protection des plantes (Bisimwa, 2013). La production agricole est devenue faible  malgré que la majorité de  la population habite la campagne et vit de l’agriculture sans contrôler certains facteurs qui sont à la base de la baisse de la production, ce qui entraine une faible rentabilité de l’activité agricole (Kasoki, 2004).

 Les  plantes à racines et à tubercules  représentent les denrées alimentaires de base de plus de deux milliards d’habitants, ils sont le deuxième groupe de plantes vivrières après les céréales (Nyabyenda, 2005). Les principales plantes à racines et tubercules tropicales sont le manioc, la patate douce, l’igname et le taro. La plupart d’entre elles sont cultivées sur de petites surfaces dans des zones défavorisées où les statistiques de production sont inexistantes ou peu fiables (Cirad, 2008). Malgré  l’importance alimentaire, elles ont jusqu’à présent très peu  bénéficié de travaux d’amélioration génétique, l’agriculteur est obligé de gérer et de réutiliser  son propre matériel, ce qu’il fait depuis toujours et cela par des pratiques agricoles incitatrices d’un niveau favorable du rendement (Cirad, 2008).                 

La patate douce, le manioc et la banane constituent des cultures de sécurité alimentaire dans plusieurs pays des régions tropicales d’altitudes. Ils se récoltent au fur et à mesure que les besoins du producteur se font sentir et ils jouent ainsi un grand rôle pendant les périodes de soudures et de sécheresse (Nyabyenda, 2005). Elle est l’une des cultures vivrières très importantes dans l’alimentation de la population du Sud Kivu. Cette culture occupe la deuxième place parmi les plantes à racines et à tubercules cultivées au Congo (Mutombo et al. 1996).

 En R.D.C, la patate douce est consommée bouillie, frite ou braisée. Elle se prête aussi à de nombreux usages industriels, notamment la fabrication d’amidon, de glucose, sirop ou d’alcool. Elle peut également servir à l’alimentation du bétail. Les feuilles sont consommées comme légume (Inera/milungu, 2009). Pour cet effet, la culture de patate douce fait face aux multiples  problèmes parmi les quels celui relatif à la baisse de rendement qui résulte des divers facteurs d’ordre  technique, édaphique et climatique (Mutombo, 1996).

Dans le cas de notre étude, la culture de patate douce dans le groupement de Bugorhe  connaît des sérieux problèmes de  manque de  matériels de plantation à rendement élevé et stable, la dégénérescence variétale des boutures de patate douce qui constitue un majeur obstacle dans la production de la patate douce, le manque d’entretien (sans sarclage, le non emploi de  produits phytosanitaires en cas d’attaque des maladies et ravageurs de patate douce notamment les chenilles défoliantes « acraea acerata », les charançons de patate douce, les rats, les taupes)  qui occasionnent une perte importante de récolte et surtout, la non maitrise de diverses techniques culturales comme le billonnage, le buttage qui favorisent plus la tubérisation, l’insuffisance de centre de multiplication de semence, le manque de variétés améliorées, le non-respect de densité de plantation, l’association excessive de culture favorisant  ainsi l’encombrement au champ.  Les faibles récoltes enregistrées ne permettant pas aux  agriculteurs d’accéder aux  nouvelles variétés pourtant la culture de la patate douce étant une plante annuelle au cours de laquelle on peut avoir deux à trois récoltes par an,  occupe une place de choix dans le groupement de Bugorhe compte tenu de son aptitude à  résister aux maladies, la tolérance face à la sécheresse, sa façon de s’adapter à une large gamme de sol mais aussi sa valeur nutritive qu’elle renferme  surtout en vitamine A pour les variété à chair orange(Muuma, 2OO8  et Diollo, 2009).

Face à cela, l’emploi de ces techniques est  important étant donné qu’il est moins couteux, il peut être effectué  avec des outils locaux par les agriculteurs sans beaucoup de peines mais aussi le fait qu’il favorise mieux le développement et une meilleure tubérisation tout en facilitant un bon entretien à l’intérieur de champ, il permet un bon contrôle de mauvaises herbes.

Le choix de ces variétés améliorées a été porté sur leur  précocité,  leur couleur de la chair (plus elle est  orange plus elle est riche en vitamine A), leur durée de cycle végétatif réduit (120 à 150 jours), leur type de croissance (semi-érigé, érigé ou dresse qui joue un rôle capital dans la lutte contre l’érosion), leur capacité à couvrir le sol, la présence de plusieurs entre-nœuds courts sur leurs tiges mais aussi leur résistance aux maladies.

Cela étant, nous avons circonscrit ce travail autour des hypothèses suivantes qui seront bien évidemment mises au test :

  • l’usage de ces techniques cultures (buttes, billon et labour à plat) permettrait l’augmentation du rendement de la patate douce puisque  en ce sens qu’elles assurent la  gestion des eaux et des sols.

Le buttage en soi favoriserait une multiplication des microclimats pour les cultures plantées dans ces buttes bénéficieront d’une certaine bonne croissance par rapport à celles situées ailleurs, ce qui nous conduirait à présumer un rendement élevé plus tard.

La butte permettrait en outre d’avoir une couche de terre meuble et plus épaisse, ce qui est très intéressant pour les sols minces, tout en apportant un maximum de terre autour des plants afin de permettre un bon développement de la plante.

Le billonnage quant à lui, faciliterait un contrôle mécanique de mauvaises herbes du fait que les rhizomes de la plupart de mauvaises herbes seraient situés à une surface peu profonde au dessus de billons ; favoriserait la conservation de sol en réduisant les pertes dues aux érosions (hydriques et éoliennes). Cette technique de billonnage consistant à cultiver en rangées sur de petites bandes aplanies permettrait aux cultures un bon ensoleillement équitable et une meilleure nutrition hydrique ce qui impliquerait un bon rendement par rapport aux buttes.

Le labour à plat étant une technique de travail du sol ou plus précisément de la couche arable d’un sol cultivé. La culture pour cette pratique bénéficierait  d’un rayonnement solaire équitable et d’une alimentation hydrique aussi uniforme, son rendement sera faible par rapport au buttage puisque la surface exploitée par les racines est fonction de la profondeur du sol.

 L’étude comparative des différentes variétés apporte comme avantage les possibilités de pouvoir mieux se décider sur le choix de l’une ou l’autre variété compte tenu des  potentialités agronomiques qu’elle renferme (exemple la précocité d’une variété par rapport à une autre, le nombre de tubercules par plant d’une variété qui offre une faisabilité de récolte échelonnée en milieu paysan, la résistance aux maladies qu‘ont certaines variétés par rapport aux autres).  Face à cela, la question revient importante de comparer les techniques culturales en vue d’avoir  une idée sur la quelle pourrait être utile pour une culture à l’égard du produit recherché, pour la patate douce le produit recherché étant un tubercule il est évident de mieux travail le sol pour une meilleure pénétration racinaire contrairement au haricot où le produit recherché est une graine.  L’objectif global de notre travail est de comparer l’influence de ces techniques culturales de la patate douce sur les rendements. A cet objectif global sont associés ceux spécifiques notamment de :

  • déterminer la technique qui favoriserait mieux la tubérisation 
  • tester les différentes variétés vis-à-vis de techniques culturales  appliquées 
  • analyser le rendement de chaque variété face à la technique culturale y relative

 Hormis l’introduction et la conclusion, ce travail s’articule autour de trois chapitres à savoir : la généralité sur la patate douce ; la généralité sur les techniques culturales ; le milieu, matériels et méthodologie et enfin la présentation et l’interprétation des résultats.

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