Table de matières
Dans cette partie ultime de notre travail, nous aborderons les considérations méthodologiques, la commercialisation des cartes prépayées, l’analyse et l’interprétation des résultats obtenus de nos enquêtes.
La méthodologie dicte concrètement la manière d’envisager ou d’organiser la recherche, mais ceci de façon plus ou moins précise, complète et systématisée.
Nous nous sommes servis de la méthode d’analyse statistique qui consiste à décomposer tout en parties, à analyser, à collecter les données et en suite à interpréter les résultats d’enquêtes. Ainsi, elle nous a permis d’analyser systématiquement toutes les données recueillies auprès des revendeurs et d’y apporter un jugement de valeur.
Dans cette section, nous développons la procédure que nous avons adoptée pour la conduite de la présente recherche. Tour à tour nous présentons les techniques de récolte des données, la population et l’échantillon de l’étude ainsi que la technique de traitement de traitement des données.
La technique principale qui nous a permis de collecter les données est le questionnaire d’enquête. Ce questionnaire nous l’avons soumis à notre échantillon tiré des revendeurs des cartes prépayées de la ville de Goma.
La population est l’ensemble des personnes ou autres éléments auprès desquels on veut obtenir une information[1].
La population de cette étude est constituée des revendeurs des cartes prépayées vivant dans la ville de Goma, commune de Goma.
Un échantillon est un sous ensemble auquel on se limite éventuellement soit pour réduire le coût de l’ensemble et rendre plus rapide son exécution et son application soit, parce que la population toute-entière est inaccessible[2]. Comme il est difficile d’atteindre toute la population et en particulier tous les revendeurs de cartes prépayés dans la commune de Goma suite à l’insuffisance de moyens financiers et du temps, nous avons tiré un échantillon aléatoire de 61 revendeurs des cartes prépayées.
Pour atteindre nos enquêtés, un questionnaire leur a donc été administré et nous a permis d’obtenir les données présentées dans les pages qui suivent.
Le dépouillement des protocoles s’est fait en considérant les types des questions et la nature des réponses. les questions alternatives de type oui-non, ont fait l’objet d’une codification binaire de type 1 et 2, pour les questions fermées à réponses unique, chaque question avait reçu un codage groupé, ou bien des chiffres croissants allant de 1 à n chiffres en fonction du types des réponses fournis par l’enquête.
Le traitement des données a été facilité par le recours à l’outil informatique (ordinateur). A cette fin, deux logiciels ont été mis à profit : Microsoft Excel et SPSS (Statistical Package for Social Science). Pour une meilleure comparaison des résultats, les données brutes ont été transformées en pourcentages.
Jadis, les détaillants se comportaient comme des fournisseurs et se considéraient eux-mêmes comme des intermédiaires qui achetaient de la marchandise pour la revendre à une clientèle locale.
Pour arriver à déterminer comment le commerce des cartes prépayées s’effectue dans la ville de Goma, nous devons pouvoir faire l’analyse sur l’offre ainsi que sur la demande.
Nous disons ici l’offre sur un marché est l’œuvre de différents acteurs principalement des producteurs des biens ou services. Elle se réalise de façon à ramener les capitaux engagés dans les processus de production et de distribution. Sachant qu’il n’y a une quantité des cartes prépayées sur le marché à Goma, on peut citer les différentes entreprises de télécommunications à savoir : Airtel, Vodacom, Orange et Tigo.
Ces 4 entreprises se partagent donc le marché de téléphonie mobile à Goma, chacune appliquant diverses stratégies pour attirer le maximum des clients.
Il est clair que dans le cadre de l’offre, seul les producteurs et intermédiaires interviennent. Ici, il s’agit de cartes prépayées et ses intermédiaires c’est-à-dire ses supers dealers et revendeurs (détaillants).
Afin de réaliser leurs objectifs, ces entreprises fournissent ses services à travers la vente des différentes cartes pour approvisionner les portables en unités d’appel et en identification par l’obtention d’un numéro à savoir.
En marketing, il y a deux systèmes en place à savoir : le système marketing horizontal et le système marketing vertical.
Ainsi donc, la vente de cartes prépayées à Goma n’est pas un circuit direct. En effet, les offreurs sont séparés des consommateurs par un certain nombre d’intermédiaires dont l’action s’avère importante tant pour l’entrepreneur que pour ces derniers. Les revendeurs des cartes d’appel ont réduit les longs trajets qui les séparent des consommateurs de différents quartiers et coins de la ville de Goma.
Le circuit de distribution des cartes prépayées à Goma se présente donc comme suit :
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SUPER DEALERS |
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Entreprises de télécommunication |
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REVENDEURS |
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CONSOMMATEURS |
Source : nos enquêtes
Ce schéma nous pousse à confirmer notre première hypothèse de recherche.
Les cartes prépayées n’étant pas produites localement, le prix d’une carte inclue une marge bénéficiaire et un ensemble de coût relatifs non seulement à l’importation mais aussi à l’exportation. L’importation de ces cartes dépend des objectifs fixés par l’entreprise ainsi que du dynamisme du marché. Cette importation transite par Kinshasa qui fait la distribution dans les différentes régions du pays. C’est ce qui explique la difficulté qu’a certaines entreprises à fournir les cartes moins chères que celles qui sont sur le marché et dont les prix sont présentés dans le tableau ci-dessous :
Tableau 3.1. : Le prix des cartes prépayés
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Types de cartes prépayés |
Prix en $ |
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Appel |
50 unités 100 unités 300 unités 500 unités 1000 unités 2500 unités 5000 unités |
0,5 1,0 3,0 5,0 10,0 25,0 50,0 |
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SIM |
Le prix varie d’un réseau à un autre |
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Source : les Revendeurs.
Ces cartes sont appelées « PREPAYEES » pour dire que le client paye en avance pour être servis après.
A travers l’action d’investissement dans le commerce, nous voulons savoir si les commerçant ou détaillants des cartes c’est-à-dire les revendeurs atteignent leur but. Cette étude va nous permettre d’abord de faire l’analyse de coûts qu’ils supportent et enfin dégager leurs recettes. Cela nous permettra également de faire le calcul de la rentabilité de leurs activités.
En ce qui concerne la vente des cartes prépayés dans la commune de Goma, nous devons savoir ce qui suit :
Tableau 3.2 : Les coûts d’achat des cartes
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Désignation |
Prix unitaire |
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Appel |
50 unités 100 unités 300 unités 500 unités 1000 unités 2500 unités 5000 unités |
0,48 0,96 2,85 4,75 9,30 23,75 46,50 |
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SIM |
Le prix varie d’un réseau à un autre |
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Source : Shop et revendeurs
Les revendeurs ou détaillant réalisent les recettes suite à leur exploitation parce qu’ils vendent différemment des cartes et leur prix de vente est toujours stable, leurs recettes sont fonction des quantités vendues comme dit précédemment.La vente des cartes prépayées est à la base des recettes réalisées par les revendeurs mais ces recettes sont fonction des quantités vendues étant donné que les prix de ces cartes prépayées sont stables.
Pour ce faire, il conviendra de calculer la quantité moyenne des cartes prépayées vendues journellement par un revendeur mais étant donné que certains revendeurs vendent plus ou moins que les autres, la recette réalisée n’est donc pas la même.Pour le calcul de la rentabilité, un échantillon de 61 revendeurs a été tiré au hasard à travers la ville de Goma/commune de Goma et a permis d’obtenir les résultats suivants :
Tableau 3.3 : Analyse des recettes
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Types des cartes |
Quantités vendues |
Quantités Moyenne |
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Cartes de 0,5$ |
2701 |
33,95 |
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Cartes de 1$ |
913 |
14,97 |
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Cartes de 5$ |
17 |
0,28 |
Source : nous-mêmes après analyse
Il ressort de ce tableau que la quantité moyenne vendue journellement par un revendeur pour chaque type des cartes est de : 33,95 ; 14,97 ; et 0,28 respectivement pour les cartes de 0.5$ ; 1$ ; et de 5$.La théorie microéconomique nous renseigne sur les faits que les recettes totales de ventes sont obtenues en multipliant le prix par la quantité vendue (A. KIKANDI, 2011-2012). Nous obtenons ainsi la formule : RT = P.Q
Tableau 3.4 : Tableau des recettes
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Types de cartes |
Quantité moyenne vendue |
Prix de vente unitaire |
Recette totale |
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Cartes de 0,5$ |
33,95 |
0,45 |
15,27 |
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Cartes de 1$ |
14,97 |
0,96 |
14,37 |
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Cartes de 5$ |
0,28 |
4,75 |
1,33 |
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Total |
30,97 |
Source : Nos analyses
Il ressort de ce tableau qu’un revendeur réalise en moyenne des recettes de 30, 97$ par jour, ces données nous permettent de calculer la rentabilité du commerce des cartes prépayées. Comme nous le savons, la rentabilité exprime une certaine capacité à générer des bénéfices et il en existe plusieurs sortes à savoir : la rentabilité économique, la rentabilité financière, la rentabilité commerciale,…
Dans notre étude, nous nous intéresserons à la rentabilité commerciale ou au taux de marge nette qui est mesurée par le ratio bénéfice sur chiffre d’affaire donnée par la formule :
M = avec M : Taux de marge ; B : Bénéfice et CA : Chiffre d’affaires
Le bénéfice dont il est question ici n’est rien d’autre que la marge sur prix d’acquisition qui constitue souvent la seule information relative à la rentabilité des produits pour une entreprise de distribution (Luc BORAUZIMA, 2011-2012).
Cette marge est donnée par la différence entre le prix de vente des marchandises vendues et le prix de vente de celles-ci.
Marge sur prix d’acquisition : PV (mv) – PA (mv) avec PV : Prix de vente
PA : Prix d’achat
mv : Marchandise vendue
[1]B. Mongane, Cours d’initiation à la recherche scientifiques, ULPGL-Goma (inédit), 2011-2012, p. 70
[2] ISHUND’OLELA E.,Cours d’initiation à la recherche scientifique, G2 IG, ISP/Bukavu, 2007-2008.
[3] KOTLER & DUBOIS, op.cit., p. 470
[4] LAMBWA J.J. op.cit., p. 320