Table de matières
Ce chapitre se focalise sur la présentation du milieu d’étude qui est la ville de Goma, son organisation économique et sociale
La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu est située à l’Est de la RDC, centre touristique de l’Est. Elle est située au sud de l’Equateur entre 141° de latitude Sud et 24° de longitude Est.
Elle est limitée au Nord par la commune rurale de Nyiragongo, au Sud par le lac Kivu, à l’Est par la République du Rwanda et l’Ouest par le territoire de Masisi[1]. Sa superficie est estimée actuellement à 75 344 Km²[2].
Traditionnellement, Goma est la déformation du mot ‘‘Ngoma’’ qui signifie en langues environnantes tambour. Ce concept signifierait en Kinyarwanda le règne, la dynastie. Il semble que les anciens rois conquérant de la monarchie du Rwanda logeaient au sommet des collines à façades multiples selon la position de l’observateur. C’est de là que toutes les communications se passaient au moyen de tambour[3].
En 1930, un camp des travailleurs de la compagnie de Chemin de Fer des grands Africains (CFL) était établi au bord du coté Est du lac Kivu. Goma était aussi le point d’aboutissement du réseau routier VICI CONGO (une société de transport) et servait de lieu de transit des produits alimentaires et matériels de construction en provenance d’autres villes[4]. Outre son existence comme caps des travailleurs du CFL, le site de Goma fonctionnait comme un poste administratif dépendant du territoire de Rutshuru, d’où il sera détaché en 1945 pour devenir une entité autonome.
Cette mesure a facilité l’épanouissement de la ville car dès lors que se sont sentis les premiers échanges économiques vers les années 1948, la population de Goma atteignait 1 000 habitants et son organisation fut de plus en plus manifestée.
En 1957, Goma bénéficiera des statuts extra coutumiers par le décret du 28 septembre 1957. A cette époque, elle regorgeait une population estimée à 8 600 alors qu’en 1948 elle ne comptait 1000 habitants.
Le 02 juillet 1988, une ordonnance présidentielle a créé la province du Nord-Kivu et Goma comme chef-lieu. Le 22 mai 1989, l’ordonnance loi N°89-127 portant fixation des limites et reconnaissant l’existence de deux communes de la ville de Goma qui sont : la commune de Goma et la commune de Karisimbi.
Goma comme toutes les autres villes de la RDC, est une entité administrative décentralisée, elle est subdivisée en deux communes, la commune de Goma et la commune de Karisimbi séparée par la route Goma-Sake, et compte 20 quartiers. La ville de Goma est dirigée par un maire de la ville et secondé par deux adjoints. Les communes quant à elles sont dirigées par les bourgmestres et leurs assistants, les quartiers par les chefs de quartiers.
Elle occupe la partie Sud de la ville et s’étend sur une superficie totale de 3 307 Km², avec une population estimée à 179 912 habitants. Elle abrite presque la quasi-totalité des affaires politico administratives, les organismes internationaux, les institutions politiques, les institutions financières des autorités tant militaires qu’administrative, ce qui fait de cette partie de la ville de Goma une place de prestige, de luxe. Malheureusement plusieurs résidences ont été sinistrées par l’éruption volcanique du 17 janvier 2002 du volcan Nyiragongo.
Cette commune comprend huit quartiers : les volcans, Katindo, Himbi 1, Himbi 2, Kyeshero, Mikeno, Katindo, Les volcans et Lac vert.
Du point de vue économique, la ville de Goma est un carrefour qui facilite la communication de sa population avec le reste du monde. Cette communication est à l’origine des nombreux échanges économiques, politiques et sociaux. Ceux-ci se manifestent grâce aux infrastructures que manifeste Goma.
Nous citons par exemple l’aéroport, les ports, les agences des compagnies aériennes, magasins, boutiques et marchés (Kituku, Birere, Alanine, Katindo et Katoyi et les autres minis marchés qui s’éparpillent à travers les quartiers,…),…
D’où ses activités sont regroupées en secteurs économiques, il s’agit ici de l’ensemble d’activités humaines relatives à la production et à la consommation des richesses.
La population de la ville de Goma est caractérisée par le chômage, la débrouillardise qui fait l’occupation de cette dernière car il faut reconnaître qu’il n’y a pas beaucoup d’industries dans la ville pour créer de l’emploi et les quelques entreprises qui fonctionnent ont été calcinées par les laves du volcan Nyiragongo du 17janvier 2002.
Pour ce faire, le faible revenu de la population de Goma, entraine une grande partie des personnes actives vers le secteur informel et au niveau des ménages, il entraine les jeunes gens à l’oisiveté par manque des frais scolaires, ce qui augmente davantage les risques des bandes des inciviques appelés ‘‘Maibobo’’.
Le revenu moyen mensuel du ménage est 134,58$, le revenu moyen par personne par jour est 0,66$ US, et le revenu par personne par an est 237,6$ US. Vu ce revenu moyen par personne par jour, on peut dire que la population de Goma vit en dessous de seuil de pauvreté fixé par la banque mondiale à 1$ par jours par personne[5].
Le nombre moyen de personne par ménage non travailleur est de 5,5 le nombre de travailleurs est 1,3 et l’indice de la dépendance est 4,2.
Comme l’éducation est l’un de moyen de développement le plus incontestable, la ville de Goma possède des écoles maternelles, primaires, secondaires, instituts supérieurs et universités.
Les installations sanitaires sont en quelques sortes très pauvres, la ville dispose d’une inspection de la santé qui chapeaute toutes les zones de santés de la contrée.
Du point de vue économique, la ville de Goma est fondée essentiellement de produits vivriers et de produits d’élevage. Les activités industrielles et artisanales y sont peu développées.
La majorité d’emplois se trouve dans le secteur de commerce et informel. Les emplois modernes recensés sont le fait de quelques entreprises commerciales, de transport, de l’administration publique et des organismes paraétatiques.
La localisation de la ville de Goma est très favorable aux échanges commerciaux avec les pays des grands lacs[7].L’économie de la ville de Goma est constituée par trois secteurs économiques dont toute économie en progrès dispose pour une évolution normale.
Ces secteurs sont :
Ce secteur englobe les richesses du sol (arbres, plantes,…) et du sous-sol (minerais). Il comprend les entreprises agricoles, la pêche, l’extraction minière, la sylviculture ainsi que la traite des produits agricoles[8].Le secteur primaire de la ville de Goma est constitué des différentes activités caractérisées par l’exploitation de certains éléments tels que :
L’agriculture vivrière traditionnelle est peu pratiquée. Elle est trop extensive et négligée. Ce qui explique que l’essentiel des produits agricoles proviennent des centres ruraux cités ci-haut.
A part ces activités ci haut cités, les activités comme la télécommunication, l’activité hôtelière, le transport,… sont aussi des activités faisant partie du secteur primaire.
Toutes ces activités n’étant pas exploitées au maximum au niveau de la ville, le secteur primaire en ville de Goma est essentiellement exploité pour l’autosubsistance de la population et ses produits sont insuffisants pour améliorer les conditions de vie de la population de Goma et aussi pour contribuer au PIB national.
Quant aux activités minières à Goma, à partir de l’année 1989 la ville a été caractérisée par l’ouverture massive des comptoirs d’achat. Les activités minières à cette période ont connu une grande expansion et ont été essentiellement concentrés sur l’exploitation de la combo-tantalite (coltant) et de l’or dont le service artisanal primait sur l’exploitation industrielle.
Cependant, suite à la baisse du cout de ces matières sur le marché mondial et la législation de plus en plus contraignante dans ce secteur, plusieurs comptoirs sont tombés en faillites.
Ainsi, suite à une expansion minière informelle et la fraude des minerais, ce secteur n’a pas eu un grand impact sur les ressources locales et nationales comparativement à la réalité de production. D’une façon générale, les potentiels miniers de la ville de Goma se présentent de la manière suivante[9] :
Tous ces potentiels sont encore sous exploités.
Le secteur secondaire en tant que secteur qui s’occupe de la transformation des matières premières en produits finis, il comporte ainsi les industries chimiques, alimentaires, textiles, les constructions, les fabrications mécaniques, les services d’eau et l’électricité et diverses autres industries[10] comme le NYIRAGONGO CIMENT qui venait de naitre dans la ville.
Dans la ville de Goma, le secteur secondaire est constitué de :
Quelques autres petites usines sont éparpillées à travers la ville de Goma à savoir : fabrique des chaussures en plastique, des mousses, traitement du café(ONC), et la SOTRAKI. L’installation des quelques moulins ou broyeurs de petite capacité qui aide la population à s’approvisionner en farine de manioc, de mais, communément appelé semoule de mais, de sorgho, du blé…, nous avons aussi de moulin qui sont spécialisés pour la transformation du riz et rares, nous trouvons aussi quelques machins pour la transformation des arachides en huile.
Notons que ces entreprises sont de faible taille ainsi donc sont loin de satisfaire la demande locale.A toutes ces entreprises du secteur secondaire, nous pouvons ajouter l’industrie de transformation du plastic dont Alpha Shoes Est, … ; l’industrie Master Mind Tobacco Congo « MTC » pour la fabrication des cigarettes de marques super match ; des studios pour le développement des photos ;…
C’est le secteur le plus dominant dans la ville de Goma. Il est connu sous le nom de secteur des services. Il s’occupe des services tant privés (le commerce, le transport, les banques, les hôtels,…) que publics (administration, enseignement, télécommunication,…)[11].
Dans la ville de Goma, le secteur tertiaire est dominé par le commerce, le tourisme, les banques et les institutions de micro finance, les entreprises de télécommunication, l’enseignement et les hôtels.
A propos des transactions commerciales, nous avons : le centre de commerce de Birere, les magasins en ville, les boutiques un peu partout dans les quartiers de la ville et surtout à Katindo et essentiellement en face de l’hôpital général de référence de Goma(HGRG), le marché de Virunga, de Kahembe, Alanine et le centre d’approvisionnement de Kituku. Signalons qu’à travers la ville, nous notons également la présence d’une diversité des marchés de tailles diverses permettant à la population de s’approvisionner en produits divers ainsi que des nombreuses boutiques dont la plupart se trouve dans le secteur informel. C’est ici où il faut présenter les différentes activités commerciales :
Dans ce chapitre deuxième, notre objectif était de présenter la ville de Goma, qui est considéré comme notre cadre de recherche, nous l’avons épinglé en deux sections qui sont respectivement : la présentation de la ville de Goma et l’organisation économique et sociale de cette dernière.
La ville de Goma est une ville cosmopolite c’est donc un carrefour qui regorge presque la diversité de toutes les tribus nationales, mais aussi elle héberge les étrangers, et les réfugiés. La population locale vit harmonieusement avec d’autres tribus qui viennent de différentes régions.
Dans cette diversité on y trouve de Hunde, Hutu, Shi, Nande, Havu, Nyanga, Pygmées, la liste est très longue car les gens viennent de toutes les régions.
Voici la répartition de la population de la ville de Goma par commune et quartier.
Tableau II.1. SYNOPTIQUE DE RECENSEMENT DE LA POPULATION CONGOLAISE, ETRANGERE, NON REFUGIEE ET ETRANGERE REFUGIEE PAR COMMUNE ET QUARTIER DE LA VILLE DE GOMA ANNEE 2012 1er TRIMESTRE
|
SUBDIVISION ADMINISTRATIVE |
POPULATION CONGOLAISE |
POPULATION ETRANGERE NON REFUGIE |
POPULATION ETRANGERE REFUGIE |
POPULATION TOTAL |
||||||||||||||||
|
COMMUNE/GOMA |
HOMMES |
FEMMES |
GARCONS |
FILLES |
TOTAL |
H |
F |
GA |
FI |
T |
H |
F |
GA |
FI |
TOT |
HOMME |
FEMME |
GARCON |
FILLE |
TOTAL |
|
Q. LES VOLCANS Q. MIKENO Q. MAPENDO Q. KATINDO Q. HIMBI Q. KESHERO Q. LAC VERT |
4268 8283 5572 7008 12315 14797 16542 |
4052 8391 5688 6664 13575 16288 18462 |
3364 9558 10299 8270 12508 25214 21907 |
3364 9441 10454 8591 13430 28057 21020 |
15048 35673 32013 30538 51828 84356 77931 |
538 7 15 15 7 35 14 |
108 7 16 20 9 13 2 |
66 4 27 9 - - - |
13 1 32 17 - - - |
725 19 90 61 16 48 16 |
- - - - - - - |
- - - 3 - - - |
- - - 9 - - - |
- - - 8 - - - |
- - - 20 - - - |
4806 8290 5587 7023 12322 14832 16556 |
4160 8398 5704 6692 13584 16301 18464 |
3430 9562 10336 8288 12508 25214 21907 |
3377 9442 10486 8616 13430 28057 21020 |
15773 55692 32103 30619 51844 84704 77947 |
|
TOTAL |
68785 |
73125 |
91120 |
94357 |
327387 |
631 |
175 |
106 |
63 |
975 |
- |
3 |
9 |
8 |
20 |
69416 |
73303 |
91535 |
94428 |
328682 |
|
COM/KARISIMBI |
HOMMES |
FEMMES |
GARCONS |
FILLES |
TOTAL |
H |
F |
GA |
FI |
T |
H |
F |
GA |
FI |
TOT |
HOMME |
FEMME |
GARCON |
FILLE |
TOTAL |
|
Q. MURARA Q. KAHEMBE Q. MAJENGO Q. VIRUNGA Q. MABANGA/N Q. MABANGA/S Q. KASIKA Q. NDOSHO Q. MUGUNGA Q. BUJOVU Q. KATOYI |
6975 4363 12152 3509 7291 19029 10505 10519 2703 5400 16568 |
7756 5311 13760 3687 9045 24140 11372 11693 3419 6190 19165 |
10126 6871 16833 4763 10162 7653 13943 21497 5510 10468 22031 |
11202 9275 18446 4882 13755 10464 14703 24497 6058 11122 24998 |
36059 25826 61191 16841 40253 61286 56528 68206 17690 33180 82762 |
3 3 2 - 7 5 - - - 1 13 |
2 2 1 - 5 2 1 - - 2 13 |
4 3 2 - 1 - 2 - - - 6 |
1 3 4 - - 1 1 - - - 1 |
10 11 9 - 13 8 4 - - 3 33 |
- - - - - - - - - - - |
- - - - - - - - - - - |
- - - - - - - - - - - |
- - - - - - - - - - - |
- - - - - - - - - - - |
6978 4366 12154 3509 7298 19034 10505 10519 2703 5401 16581 |
7758 5313 13761 3687 9050 24142 11373 11673 3419 6192 19178 |
10130 6874 16835 4763 10163 7653 13945 21497 5510 10468 22037 |
11203 9278 18450 4882 13755 10465 14704 24497 6058 11122 24999 |
36069 25831 61200 16841 40266 61294 50527 68206 17690 33183 82795 |
|
TOTAL/KARISIMBI |
99014 |
115538 |
129875 |
149402 |
493811 |
34 |
28 |
18 |
11 |
91 |
- |
- |
- |
- |
99048 |
115566 |
129875 |
149413 |
493902 |
|
|
TOTAL VILLE DE GOMA |
167799 |
188663 |
220977 |
243759 |
821198 |
665 |
203 |
124 |
74 |
1066 |
- |
3 |
9 |
8 |
20 |
168464 |
188864 |
221410 |
243841 |
822584 |
Source : rapport annuel de la mairie de la ville de Goma 2010.
Ce tableau, montre que la population totale de la ville de Goma est de 530.573 habitants dont 255 677 de sexe masculin soit 48,19% et 274 895 de sexe féminin soit 51,81%.
[1] Division provinciale du plan, Fiche technique provincial, 2000
[2] Mairie de Goma, Rapport annuel de l’urbanisation, 1998
[3] Idem, Rapport annuel, 2002, p. 01
[4] T. TAKULUKA, Etude de la commercialisation de viande de bœuf dans la ville de Goma, TFC inédit, ULPGL-Goma, FGA, 2003-2004, p.15
[5] MOVIB et IPS/Nord – Kivu, mars 2006, enquête socio-économique et l’accessibilité aux soins dans la province du Nord – Kivu réalisée par CIF – Santé
[6] Idem,enquête socio-économique et l’accessibilité aux soins dans la province du Nord – Kivu réalisée par CIF – Santé
[7] ISIG et MRWB, Etude globale sur la situation de ménages dans la ville de Goma après l’éruption du volcan de Nyiragongo le 17janvier 2002, P.133
[8] SIERGE J., Circuit économique, éd. LOYOLA, Kinshasa, 1989, P.19
[9] KALIS A., Profil économique de la province du Nord-Kivu, 2eme éd., Goma, juillet 2000, P.87
[10] DOULON F., Economie générale, éd. Dunod, Paris, 1988, P.276
[11] VAN LIERDE C.H., Economie politique, CRP, Kinshasa, 1983, P.8