Arrow Table de matières
3177706

Chapitre premier : NOTIONS SUR LES PME, CROISSANCE DES ENTREPRISES ET CAPITAL HUMAIN

L’objet de ce chapitre est d’expliquer brièvement certaines notions liées au PME et le capital humain. Il comprend 3 sections. La première section donne les généralités sur les PME ; la seconde concerne les théories sur la croissance des entreprises (PME) et  la troisième parle du capital humain.

I.1.  LES PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES

Il  n’y a pas de définition unique de PME. Les critères retenus différent selon le texte législatif ou réglementaire .En règle générale, ce type d’entreprise est caractérisé par deux critères principaux : l’indépendance juridique et la taille de l’effectif est compris entre 10 et 499 employés.

L’INSEE précise qu’en France il n’existe pas de définition officielle unique mais on utilise le plus souvent dans les statistiques soit le seuil de 250 salariés soit celui de 500 salaries.[1]

Les petites et moyennes entreprises(PME) sont des entreprises dont la taille, définie par un ensemble de critères dont essentiellement le nombre de salariés, ne dépasse pas certains seuils .Les autres critères de taille utilisés sont le chiffre d’affaire annuel ou le total du bilan, et on utilise parfois de plus un critère d’indépendance s’exprimant sous la forme de non-appartenance à un groupe trop important.

L’union européenne a, des avril 1996, adopte une recommandation sur la décision des petites et moyennes entreprises .Actualisée en mai 2003, cette recommandation (n 2003/361) stipule, en ce qui concerne le seuil d’effectif et les seuils financiers, que les PME sont constituées des entreprises qui occupent moins de 250 personnes est dont : 

  • Soit le chiffre d’affaire n’excède pas 5 millions d’euros,
  • Soit le total du bilan annuel n’excède pas 43 millions d’euros[2]

Le ministère de l’économie et des finances françaises retient la répartition suivante :

Types d’entreprise                                                                           Effectif

Micro-entreprises                                                                            0 à 9

Très petites entreprises(TPE)                                                          10  à 19 ou  0 à 19

Petites entreprises                                                                           20 à  49 ou 0 à  49

Moyennes entreprises                                                                      50 à 249

Petites et moyennes entreprises                                                      0 à  249[3]

Pierres salles définit les PME comme celles qui sont exploitées par des patrons qui risquent dans leurs affaires, leurs propres capitaux, qui exercent sur  ces affaires une direction administrative et technique effective et qui ont des contacts permanents  avec leur personnel.[4]

En RDC, on oppose souvent les PME qui relèvent de secteur moderne (c’est-à-dire respectant la législation officielle) et celle du secteur informel (vivant en marge de  la législation)

1.      LES PME du secteur formel

Ces petites et moyennes entreprises se trouvent dans un secteur qui comprend toutes les catégories des entreprises  privées, parapubliques ayant la personnalité juridique et disposant des outils moderne de gestion.

En fonctionnant, ces entreprises doivent remplir les formalités officielles selon le droit commercial. L’entrepreneur, propriétaire des PME joue un rôle prépondérant de manière   ce que l’entreprise dépende de sa personnalité et de sa capacité innovatrice.

En RDC, elle est rangée dans la 3 catégorie et les dispositions dites réduites ou simplifiées lui sont appliquées : à  cet effet pendant l’exercice de ses activités, la PME soit tenir ses livres de commerce qui sont les documents relatifs  à une comptabilité pouvant permettre la prise d’une décision de gestion.

Dans la foulée de la nouvelle politique économique du gouvernement, le pays s’est doté  depuis 2002 d’un nouveau code des investissements destiné  à favoriser à et  sécuriser les investissements, ainsi que d’autres textes légaux dont légaux dont l’esprit est de favoriser le développement des affaires.

Le code des investissements instaure l’égalité absolue de traitement entre tous les investisseurs nationaux et étrangers et simplifie par ailleurs la procédure d’agrément qui outil  l’octroi des avantages douaniers et fiscaux.

Les PME/PMI bénéficient de :

  • L’exonération totale des droits de taxes à l’importation pour les machines et matériels, l’outillage même de seconde main,
  • La possibilité de calculer leur amortissement selon un mode dégressif ;
  • La déduction de leur bénéfice imposable de la somme dépensée au titre de formation ou perfectionnement du personnel, de protection et conservation de la nature ;
  • L’exonération des droits d’enregistrement au nouveau Registre de commerce.[5]

Tous ces avantages sont octroyés pour une durée de 3 à 5 ans selon la région économique de localisation de l’investissement, qui court dés la mise sur le marché par entreprise agrée des biens  et services qu’elle produit.

2.      Les PME  du secteur informel

Particulièrement dans les pays du tiers monde et même ceux du monde moderne, on rencontre une bipolarisation d’économie surtout dans le secteur traditionnel ou informel. Le secteur est caractérisé  par l’économie non structurée, non officielle, souterraine, petite économie marchande, de production, économie populaire.

Le secteur informel regroupe les activités qui évoluent en marge de la législation fiscale ,économique et sociale .Outre les avantages différents que présente le développement de l’entreprise informelle pour son propriétaire (profit élevé ,faible cout de production, absence d’impôt ,sauf le pot de vin ,etc.), cette forme d’entreprise résiste mieux face  à la crise ,voire se développe dans un environnement pourtant hostile sans l’aide de l’Etat, alors que les entreprises évoluant dans le secteur formel connaissent de sérieuses difficultés qui entrainent souvent leur disparition.

Actuellement, ce secteur est devenu la principale source d’emplois pour la population locale .En plus de cela, il présente un intérêt que les acteurs économiques témoignent en termes d’opportunité de création des richesses.

3.      Les PME et les PMI

Les PME représentent un type d’entreprise, alors que les PMI représentent un type activité. Les PMI sont des PME dans le domaine industriel, dans des activités  à faible efficient de capital ou l’investissement est plus faible qu’ailleurs. De ce fait les activités des PMI sont souvent gérées par des PME.

Ainsi, les PME sont représentées dans le secteur de la distribution (comme de proximité), des transports, des services, marchands, des biens de consommation courante et alimentaire, le secteur du bâtiment.

4.      Les poids des PME dans l’économie

Depuis une vingtaine d’années les politiques de lutte contre le chômage encouragent la création d’emplois dans le secteur des services, en raison notamment de la tertiairisation croissant de nos économies .Réputé  insuffisamment développé, ce secteur peut constituer  un réservoir significatif d’emplois et de croissance du revenu par habitant. Cette création de richesse s’opérait notamment grâce aux PME.

5.      Les spécificités des PME

On distinguera ici les particularités structurelles des PME, des spécificités qui en découlent.

Les PME se distinguent essentiellement par trois caractéristiques :

  • Juridiques : Hormis le statut de commerçant (personne physique), les PME sont souvent des sociétés de personnes ou des sociétés de capitaux de type SARL. De ce fait la dissolution entre propriétaire et exploitant n’existe pas dans les petites PME, le propriétaire étant aussi le plus souvent directeur ou gérant .Par ailleurs, les seuils du droit du travail expliquent l’absence de bilan social. La seule structure représentative permanente est souvent constituée par le délégué du personnel. Enfin, compte tenu de l’effectif, les élections syndicales d’entreprises sont rares dans les PME.
  • Organisationnelles : Du fait de sa taille, l’organisation de la PME est souvent informelle, et plus souple que celle des grandes entreprises. De la provient une capacité d’adaptation meilleure que celle des grands groupes, et une part des frais de structure plus faible.
  • Fiscales :Les PME sont soumises soit à l’impôt sur le bénéfice, soit au régime de la patente… en fonction de leur statut juridique.

Les caractéristiques entrainent trois conséquences essentielles :

  1. Le financement des investissements : Les PME ne bénéficient pas de conditions d’emprunt avantageuses auprès des banques (absences de garanties financières, cautions ou garanties personnelles exigées sur le patrimoine de propriétaire)
  2. Les couts salariaux : Compte tenu du niveau de qualification moyen, plus faible que dans les grands groupes à haute intensité capitalistique, le niveau des salaires moyens est généralement moins élevé dans les PME , particulièrement dans les activités qui emploient souvent du personnel féminin .Enfin, la faiblesse de la structure administrative amplifie ce phénomène.
  3. Les performances économiques : La productivité du travail (valeur ajoutée par salaries) est inferieure dans les PME a celle des grandes entreprises, en raison de la faiblesse du capital productif.

6.      L’évolution des PME

L’évolution du nombre de PME est liée à deux mouvements :

  • Une forte haute démographie des PME est expliqué notamment par la reconversion de certains chômeurs.
  • une forte mortalité infantile des PME est due à l’absence de formation des dirigeants, aux problèmes de financement, à des choix stratégiques malheureux. Certains PME n’atteignent pas leur anniversaire et d’autres disparaissent avant 5 ans.

7.      Financement des PME

DAYAN indique que les petites entreprises sont plus de fonds propre et moins de ressources externes. Il continue à indiquer qu’en ce qui concerne les ressources externes, les parties entreprises détiennent plus de ressources à court terme que les grandes firmes .Ces ressources externes proviennent soit de financement formel, soit de financement informel.

  1. Financement formel : Le financement formel se caractérise par un financement reçu des institutions financières bancaires ou des institutions financières non bancaires. Il peut s’agir d’une banque de dépôt, d’une banque d’affaire ou d’une banque d’émission.
  2. Le financement informel : Le financement informel se caractérise par la prépondérance des relations personnelles entre les préteurs et les emprunteurs, ce qui exclut la présence d’un intermédiaire. Les prêts et les emprunteurs, ce qui exclut la présence d’un intermédiaire .Les prêts et les emprunts sont recueillis au prés des acteurs en relation avec l’un ou l’autre de membres de la famille, des amis…

I.2. CROISSANCE DES PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES

Pour qu’une entreprise se développe il lui faut accumuler des moyens de production que nous appellerons ici le capital productif.

I.2.1. Le capital productif 

Le capital productif est constitué de l’ensemble des moyens de production. Il comprend :

  • le capital physique : les biens d’équipement et les bâtiments industriels ;
  • le capital humain
  • le capital technique

Le capital est donc par nature très hétérogène. Il ne peut être mesuré en tant qu’agrégat. L’on peut toutefois tenter de mesurer la part de la valeur ajoutée qui permet l’augmentation de ce capital. Cette part , appelée formation brute de capital diffère toutefois de la formation brute de capital fixe qui est constitué de l’ensemble des biens et services non détruits pendant l’année à l’exception de l’augmentation des stocks et des biens durables consommés par les ménages. Nous devons y ajouter les dépenses de formation qui augmentent la valeur du capital humain ainsi que les dépenses de recherche et de développement qui augmentent la valeur du capital technique.

Une première estimation de l’effort consenti par une entreprise pour augmenter sa capacité de production est donc :

Formation brute de capital fixe (au sens de la comptabilité générale)

- amortissements 

 + dépenses de recherche développement.

I.2.2 L’accumulation du capital et la croissance

La croissance, mot clef de l’économie actuelle, peut être mise en parallèle avec une multitude de facteurs plus ou moins distincts. Dans la présente analyse, nous établirons la relation existante entre accumulation du capital et croissance.

Une approche historique et l’étude de cas concrets nous fournirons le cadre de notre développement. Les principales théories de la croissance par le capital, le cas des entreprises évoluées  ainsi que des Nouvelles entreprises en croissance puis le cas des entreprises en légère croissances seront les principaux fils conducteurs pour tenter d’expliciter la relation entre croissance et accumulation du capital.

1/ Karl MARX (1818-1883) : Dans la continuité des classiques

Dans la lignée de la vision pessimiste du capitalisme de David Ricardo, considérant que l’accroissement des gains de productivité ne peut se faire qu’au niveau de l’industrie mais ayant peur d’une flambée des prix agricoles, Karl Marx est sans doute l’économiste classique qui a réalisé l’analyse la plus complète du capitalisme.

Il a reconnu et mis au devant de la scène le rôle de la puissance productive en usine et le rôle de l’accumulation du capital fixe dans le progrès économique. Le progrès technique est également perçu comme facteur de la croissance économique. L’accumulation du capital et le progrès technique sont donc deux sources de la croissance chez Marx.

Par la suite, Schumpeter (1883-1950) met plus l’accent sur le développement du progrès technique au sein des entreprises plutôt que sur le rôle d’une accumulation de capital.

2/ Les théories modernes de la croissance[6]

Les théories contemporaines de la croissance sont nées dans les années 1940 d’une reformulation dynamique de la théorie keynésienne centrée sur l’accumulation du capital. Cette théorie est ainsi définie par Keynes (1883-1946) : « L’investissement correspond à l’accroissement de l’équipement en capital, que cet accroissement porte sur le capital fixe (immeubles, outillages…), le capital circulant (marchandises en cours de fabrication) ou le capital liquide (produits achevés prêts à être vendus). »  Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie ».

Le modèle keynésien de base est tout d’abord repris par Harrod (1939) et Domar (1946) qui ont mis l’accent sur l’instabilité du système capitaliste du fait du contexte historique (Grande dépression des années 1930). En fait, Harrod étend le modèle keynésien en y incluant la dynamique du capital (l’investissement) et de l’emploi (la population active).

Les deux articles publiés par Robert Solow en 1956 dans Quaterly Journal of Economics marquent vraiment le regain d’intérêt pour les théories de la croissance. Le modèle de Solow, faisant part d’une vision rigide du capitalisme, est une riposte au modèle d’Harrod. En effet, c’est un modèle simple qui met l’accent sur l’accumulation du capital physique tout en faisant de la technologie un facteur exogène.

Ce modèle sera remis au goût du jour dans les années 1980, après une interruption due aux chocs pétroliers, sous une forme plus complète incluant le capital humain (l’enseignement ou l’apprentissage est perçu comme un investissement qui accroît la productivité et les revenus escomptés à l’avenir) suite aux travaux de P. Romer et R. Lucas.

I.2.3  Le cas des entreprises en croissance

 1/ Croissance et investissement : une relation étroite

  Facteurs explicatifs

La croissance de la production demeurent souhaitable dans des entreprises en croissance  ne serait ce que pour maintenir un certain niveau de vie ou assurer des services et/ou besoins encore inexistants. Cette croissance est facilitée par une accumulation ancienne de capitaux et par des traditions intellectuelles.

La croissance de ces entreprises n’en est pas pour autant à l’abri de crises et, pour poursuivre leurs progressions sans ralentissement, les entreprises en croissance doivent sans cessent investir dans des domaines nouveaux influencés par le progrès technique ou la naissance de marchés. Notons que l’investissement est indissociable du capital. En effet, le capital et donc le niveau de production d’une entreprise augmentent toujours grâce à l’investissement.

I.2.4  Le cas des pays en développement

Une croissance rapide du produit par habitant est difficile à réaliser dans les pays pauvres. Dans la plupart d’entre eux, la population augmente très vite. De plus, la pauvreté sans cesse en évolution limite étroitement les épargnes possibles à la base de la formation du capital et donc de l’investissement.

            Ces pays ont donc besoin de l’aide des pays riches sous forme de techniciens ou de capitaux pour réussir le décollage de leur économie c’est à dire pour élever leurs activités productrices à un niveau qui servira de base à leur propre développement.

            Par ailleurs, les investissements doivent être en mesure de tirer le meilleur parti de l’abondance de la main d’œuvre de ce pays. Certains investissements très utiles dans des pays développés et permettant d’économiser du travail humain s’avèrent totalement contre indiqués dans des pays surpeuplés. En effet, ces investissements seraient faits au détriment d’autres qui créeraient beaucoup plus d’emploi.

            La croissance de la production et donc du capital est limitée par l’ampleur des investissements possibles. Ils peuvent être d’autant plus grands que le produit national est important et l’épargne abondante.

            Notons que l’un des éléments fondamental dans la réalisation d’une croissance favorable est certainement la position du gouvernement d’un pays par rapport aux entrepreneurs et donc aux investissements. En effet, un gouvernement qui minimise le coût d’installation de l’investissement et maximise la valeur actualisée des profits futurs encourage nécessairement l’investissement dans le pays et donc la croissance.

I.2.5. Accumulation du capital, progrès technique et croissance[7]

Innovation et investissement

  • L’innovation désigne l’introduction de nouveautés dans le domaine de la production, grâce à l’application d’une ou de plusieurs inventions. L’innovation de procédé consiste à mettre en œuvre de nouvelles méthodes de production (capital technique plus performant, moyen de transport plus rapide, utilisation de nouvelles consommations intermédiaires). L’innovation de produit porte sur la qualité, les performances, l’emballage, l’image des produits. Elle entraîne l’apparition de nouveaux produits ou la transformation de produits existants. Les innovations organisationnelles concernent l’organisation de la production, et du travail, les relations humaines, la distribution et la commercialisation des produits.

La recherche-développement est l’ensemble des activités qui visent à utiliser les résultats de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée dans le domaine de la production. Une invention est le résultat de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée tandis que l’innovation est une application dans le domaine de la production.

Le progrès technique au sens strict désigne l’accumulation des innovations. Au sens large, il désigne l’accumulation de tous les facteurs permettant d’accroître la productivité (recherche/développement, savoir-faire…)

La mise en œuvre des innovations nécessite d’investir. L’investissement peut être matériel ou immatériel.

  • L’investissement d’une entreprise peut répondre à plusieurs objectifs, on distingue :
    • Les investissements de capacité (ou d’extension) qui permettent d’accroître la production.
    • Les investissements de remplacement (ou de renouvellement) qui sont destinés à remplacer des biens d’équipement usagés ou obsolètes (= dépassés technologiquement).
    • Les investissements de productivité, (de modernisation ou de rationalisation) qui ont pour objectif de réaliser des gains de productivité, en économisant les facteurs de production afin de réduire les coûts unitaires. Ils permettent de mettre en œuvre des innovations de procédé et des innovations organisationnelles.

L’accumulation du capital est le processus d’accroissement du stock de capital fixe (capital technique durable utilisé pendant plusieurs cycles de production) résultant des investissements accumulés nets (c’est-à-dire déduction faite de l’investissement de remplacement).

Selon la Comptabilité Nationale, l’investissement de la nation comprend l’investissement productif réalisé essentiellement par les entreprises, l’investissement public réalisé par l’ensemble des administrations publiques (de l’Etat central, des administrations sociales et des collectivités territoriales), et l’investissement des ménages en logement.

Au niveau de l’économie des entreprises, le taux d’investissement est le rapport, exprimé en %, entre la  FBCF et la VA.

Investissement et croissance

Globalement il y a une corrélation entre l’investissement et la croissance des entreprises. Pendant les « Trente Glorieuses », il y a eu une forte croissance des investissements et de la valeur ajoutée dans les entreprises en croissance. La période actuelle est marquée par une évolution parallèle mais plus faible et irrégulière des deux taux.

Depuis les années 1970 on constate une augmentation de la part des investissements de productivité et de remplacement, et  aussi une augmentation de la part des investissements immatériels.

  • Effets de l’investissement sur l’offre de biens et services
    • Effet direct sur le volume de la production :

Les investissements de capacité augmentent la capacité de production, ce qui permet d’accroître la quantité produite.

  • Effet par le biais des gains de productivité :

 Les investissements de productivité, qu’ils soient matériels ou immatériels (notamment en Recherche-développement, achat de logiciels et formation)  entraînent principalement une augmentation de la productivité du travail.

Les gains de productivité se traduisent par une baisse du coût unitaire (pour une même quantité de production, la quantité de facteurs de production nécessaires est moindre). Cette baisse des coûts unitaires permet de baisser les prix et/ou d’augmenter les salaires et/ou d’augmenter le profit … ce qui est source de croissance.

  • Effet sur la variété et la qualité des produits :

La R&D débouche aussi sur des innovations de produits, accompagnées de dépenses de publicité, cela permet aux entreprises d’améliorer et de diversifier leur gamme de produits et de mieux affronter la concurrence.

  • Effets de l’investissement sur la demande de biens et services
    • L’investissement est une composante de la demande.
    • Un supplément d’investissement accroît la demande en direction des entreprises produisant des biens et services de production. L’augmentation de la production de ces entreprises engendre des revenus supplémentaires. Une partie de ces revenus est dépensée pour l’achat de produits de consommation ce qui accroît la production des entreprises, d’où un accroissement des revenus qui alimente un nouveau flux de dépenses et de production.
    • L’offre de biens nouveaux et/ou moins chers engendre de nouveaux besoins. Pour répondre à cette demande les entreprises augmentent leur production.
  • L’impact de l’investissement sur la croissance peut être favorisé par l’intervention de l’Etat : création d’infrastructures, formation, recherche, politiques d’aménagement du territoire…

Progrès technique et croissance

  1. Schumpeter (1883-1950) a montré le rôle majeur de l’innovation dans l’évolution économique.Les innovations créent une dynamique de croissance et de transformation de la production. Le progrès technique entraîne un processus de destruction créatrice: les innovations provoquent la disparition de certaines activités et le développement de nouvelles activités.

Les innovations surviennent par « grappes ». Le phénomène de « grappes d’innovations », c’est-à-dire, d’apparition de plusieurs innovations en un court laps de temps, s’explique par plusieurs raisons. Les entrepreneurs innovateurs exercent des effets d’entraînement les uns sur les autres. Les innovations entraînent d’autres innovations : une innovation dans une activité suscite des innovations dans lesactivités complémentaires. Enfin, une même innovation est utilisée dans diverses applications. Au bout d’un certain temps, de nouvelles grappes d’innovations se diffusent, rendant les précédentes obsolètes.

Progrès technique et changement social[8]

D’une part, la croissance économique et le développement résultent de l’interaction de phénomènes économiques, politiques et sociaux, et d’autre part, produisent du changement social.

On peut l’illustrer par l’exemple suivant : les mutations sectorielles des activités et de la population active, liées à l’accroissement de la productivité résultant du progrès technique et à l’évolution de la demande, sont source de changement social : transformation durable de la structure et de l’organisation sociale, augmentation du niveau de vie et transformation de la structure de consommation.

Ces changements économiques et sociaux ont été soutenus par l’action des pouvoirs publics : par ex. la baisse de la durée légale de travail favorise le développement des loisirs. Ces changements sont une conséquence des mutations sectorielles mais aussi contribuent à ces transformations.

Les déterminants de l’investissement[9]

Une entreprise ne sera incitée à investir que si l’environnement est favorable.

  • Les conditions financières
    • Les capacités financières de l’entreprise

L’entreprise peut financer ses investissements grâce à son épargne (profit mis en réserve) ce qui constitue l’autofinancement. Elle peut recourir à un financement externe par emprunts bancaires ou par le marché financier (émission d’actions, d’obligations). Donc :

  • L’épargne des entreprises favorise l’autofinancement (financement interne des investissements grâce à l’épargne).
  • Un niveau élevé d’endettement freine l’investissement

-           Le rôle des profits anticipés et du taux d’intérêt (prix du capital prêté ou emprunté).

Si l’entreprise anticipe qu’une dépense d’investissement va engendrer des profits importants, elle est incitée à réaliser cet investissement. La rentabilité est l’aptitude d’une opération économique ou financière à produire un flux de revenus supérieur aux dépenses engagées. Le taux de rentabilité économique est le rapport entre l’EBE et les capitaux engagés pour réaliser un investissement. Pour fonder sa décision d’investir, l’entreprise compare donc, d’une part, ce que lui rapporte l’investissement avec ce qu’il lui coûte et, d’autre part, ce que lui rapporte l’investissement avec ce que lui rapporteraient des placements. Donc :

  • Des taux d’intérêt réels faibles stimulent l’investissement en allégeant le coût des emprunts, tandis que des taux d’intérêt réels élevés freinent l’investissement en augmentant le coût des emprunts.
  • Une entreprise n’est incitée à investir que si la rentabilité de l’investissement est supérieure à celle des placements.
  • Le rôle de la demande

La demande anticipée est, selon JM Keynes (1883-1946), la demande de consommation et d’investissement, prévue par les entreprises. Elle joue un rôle considérable dans la décision d’investir car les entreprises ne seront incitées à accroître leurs capacités de production ou à améliorer leur productivité que si elles anticipent des débouchés.

  • La demande de consommation des ménages dépend de leur revenu et de leur propension à consommer.
  • La demande d’investissement se compose de l’investissement des entreprises et de l’investissement public
  • La demande extérieure correspond aux exportations

A long terme l’augmentation du niveau de vie s’accompagne d’une diversification de la demande, les entreprises doivent s’adapter aux mutations qualitatives de la demande ce qui nécessite des investissements (R&D, innovations de produits, innovations de procédés).

  • Le rôle des facteurs de production
    • Le coût des facteurs : dans les pays développés l’augmentation de la productivité, engendrée par le progrès technique, a permis d’accroître les salaires et la protection sociale, ce qui augmente le coût salarial. Ainsi lorsque le coût du travail s’élève par rapport à celui du capital, l’entreprise a intérêt à substituer du capital au travail et donc à procéder à des investissements.
    • Le degré d’obsolescence du capital : plus le capital est obsolète, plus les entreprises effectuent des investissements
    • Taux d’utilisation des capacités de production : une entreprise ne sera incitée à investir que si ses capacités de production sont pleinement utilisées

Sur le long terme : l’investissement, le progrès technique et la croissance sont en interaction, chacun agissant positivement sur les autres et formant un cercle vertueux.

I.2.6. Les étapes de la croissance selon ROSTOW[10]

Selon Rostow, le développement est un processus historique linéaire qui se déroule en suivant nécessairement cinq étapes. En fait, Walter Rostow a présenté un modèle de croissance unique qu’auraient emprunté toutes les entreprises qui se sont industrialisé.

Dans son ouvrage ‘‘The Stages Of EconomicGrawth’’ Rostow distingue cinq étapes dans la croissance économique.

  • La société traditionnelle

L’activité est surtout agricole, et s’effectue dans le cadre familiale avec des techniques traditionnelles et une faible productivité.

  • Les conditions préalables au décollage :

L’épargne et l’investissement se développent, ce qui permet une augmentation de la production dans l’agriculture et l’industrie naissante.

  • Le décollage ou le Tack-off

Il s’agit de la phase décisive d’une société où la croissance devient un phénomène normal. Le Tack-off est rendu possible par une augmentation du taux d’investissement de 5 à 10% du revenu national, qui permet aux industries nouvelles de jouer un rôle moteur.

  • La marche vers la maturité

Elle prolonge les effets du Tack-off, le taux d’investissement s’élevé à 20% du revenu national, alors les progrès techniques se généralisent.

  • L’ère de la consommation de masse

Les besoins fondamentaux de la consommation sont satisfaits, et l’industrie a atteint sa maturité. Le secteur des services se développe très rapidement.

Conclusion : L’analyse de Rostow a eu une portée très importante car elle mettait l’accent sur l’industrialisation, sur la relation entre innovation et croissance et sur le lien entre croissance économique et développement générale de la société.

Elle a de plus inspiré de nombreuses politiques des années 1950 et des années 60. Cependant, plusieurs critiques ont été formulées vis-à-vis de la théorie de Rostow.

I.3. LE CAPITAL HUMAIN

Les premières phases d’industrialisation ne nécessitent souvent qu’une main d’œuvre peu qualifiée qui n’a souvent qu’un rôle de substitut aux machines. Le problème fondamental est alors celui de l’acquisition de capital fixe, non celui de la qualification de la main d’œuvre. Au fur et à mesure du développement et du passage à l’industrie et aux activités de service le capital humain va prendre de plus en plus d’importance ;

Les ressources humaines productives d’une entreprise dépendent de deux facteurs : la population en âge de travailler et la qualification de cette population.[11]

La qualification du capital humain permet des gains économiques et extra – économiques

I.3.1 Les gains économiques

Ces gains dépendent de l’adéquation des besoins en qualification du marché du travail.  L’investissement éducatif peut ainsi s’avérer essentiel ou conduire à un gaspillage. Un des problèmes est que l’investissement en termes d’éducation  n’a des effets qu’au bout d’une décennie  alors que nous ne connaissons pas les besoins en qualification à long terme.

I.3.2 Les gains extra économiques

L’accès à l’école, au lycée et à l’Université peut être un véritable ascenseur social. Il peut également renforcer les inégalités sociales si l’accès aux études secondaires ou supérieures est réservé à une certaine partie de la population.

De nombreuses études ont montré que l’éducation des filles a des retombées très positives sur la santé familiale et réduit la mortalité infantile.

La fuite de la force de travail qualifiée

Les PVD importent des travailleurs et en exportent. Le solde peut être négatif quand une partie importante des travailleurs éduqués quittent leur pays d’origine, perte que ne compensent pas toujours les transferts monétaires.[12]

Quatre types d’explication peuvent être avancées : Les économies d’échelle, L’apprentissage, La diffusion des techniques, Les gains dans l’allocation des ressources

  • Les économies d’échelle : Au fur et à mesure de l’augmentation de la production la division du travail permet une meilleure spécialisation. Certains coûts de production deviennent divisés par des quantités plus élevées, réduisant le coût unitaire comme le coût des infrastructures ou celui de la recherche développement.
  • L’apprentissage : En produisant l’on apprend à mieux produire et à produire plus vite.

Les économies d’échelle et l’apprentissage par l’expérience permettent de créer les conditions d’une croissance endogène. Toute augmentation de la production entraîne des gains de productivité et donc une baisse des coûts de production qui créent une augmentation du pouvoir d’achat. Une augmentation de la demande crée les conditions d’une augmentation de la production.

  • Le rattrapage et la diffusion des techniques : Les nouvelles techniques sont coûteuses à produire. Le pays qui les copie ou qui achète un brevet ne supporte pas le même coût que le pays qui les a mises au point. De nombreuses techniques sont du reste diffusées gratuitement : techniques médicales, techniques juridiques, résultats de la recherche scientifique fondamentale…Le pays qui s’industrialise après les autres bénéficie donc de l’expérience des premiers pays industriels, peut sauter les techniques obsolètes et ne participer que marginalement au coût de la mise au point de ces techniques. Ces avantages lui permettent d’obtenir des taux de croissance importants dans les premières phases de l’industrialisation et d’effectuer une phase de rattrapage observable par exemple en Chine et en Inde.

Les gains dans l’allocation des ressources : Ces différentes explications n’offrent que des possibilités de croissance. Pour que celle-ci soit réalisable il faut mettre en œuvre des stratégies de développement  c’est-à-dire allouer les ressources disponibles afin d’obtenir les objectifs du développement. Le rôle des stratégies s’avère donc fondamental et l’on constate que des pays disposant des ressources pour créer les conditions du développement les ont gaspillé faute d’une  stratégie appropriée (Algérie, Congo, Brésil…)  alors qu’à l’opposé des pays ne disposant pas  a priori d’atouts favorables ont connu un réel développement par la mise en œuvre de stratégies efficaces.

[1]www.insee.fr/fr/nom def met/définitions/htmal/pétite-moyenne-entreprise.htm le 02/03/2016

[2]www.pme.gouv.fr/économie/chiffrecléfspme/introduction.pdf le 02/03/2016

[3]http//www.pme.gouv.fr/économie le 02/03/2016

[4] http//www.fmi.org/puf/entrprise.htm le 02/03/2016

[5]http:/www.anapi.org/proc entreprise.htm le 02/03/2016

[6]  G. TERRY et S. FRANKLING, Les principes du management, Economica, Paris, 1985, p 131

[6] K. KATINA, Gestion des investissements dans une PME de la ville de Goma en 2004 : « Cas de l’hôtel ISHANGO GUEST HOUSE », TFC, inédit, ULPGL/Goma, 2005

[7] K. KATINA, Gestion des PME de la ville de Goma en 2004 : « Cas de l’hôtel ISHANGO GUEST HOUSE », TFC, inédit, ULPGL/Goma, 2005

[8]La rousse, Dictionnaire de langue française nouvelle éditions entièrement mis à jour, France, 1980, P632.

[9] G. TERRY et S. FRANKLING, Op cit, p. 331

[10] G. TERRY et S. FRANKLING, Op cit, p. 332

[11] C. BUSSENAULT ET M. PRETET, Economie et Gestion de l’entreprise, Vuibert, Paris, 2003, p . 100

[12][12] W.D. GOSSELIN, Economie de développement, L’ Harmattan, Paris, 1999, p.4 26

Partager ce travail sur :