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INTRODUCTION

En Afrique, on estime à 70 millions le nombre de personnes dont l’alimentation est tributaire du manioc, constituant leur denrée principale et contribuant à leur alimentation à raison de 500 kcal par jour et par personne (Anonyme, 2015).

En R.D.C, le manioc est la culture la plus importante parce qu’il constitue l’aliment de base pour 70 % de la population (Anonyme,  2015). Au Sud-Kivu, le manioc occupe la 1ère place dans la catégorie des plantes à racines et tubercules consommées, suivi de la patate douce puis de la pomme de terre (Bisimwa, 1997). Il est cultivé pour ses racines qui tubérisent au cours d’un cycle de six à plus de trente-six mois selon les variétés et le milieu (Anonyme, 1991). Toutefois depuis les années 1990, le manioc connait des problèmes dans la province du Sud Kivu dont le plus important est l’apparition de l’épidémie de la mosaïque africaine du manioc en plus des problèmes de changement climatique et de baisse de fertilité suite aux érosions et à la surexploitation des terres. Ce qui conduit à la chute de production  au niveau des exploitations paysannes. Ainsi on remarque une chute de production allant de 19.169.835,9 tonnes de manioc frais. Pour la période de 1995 à 2010, la production du manioc a connu une chute régulière avec des valeurs moyennes de 15.598.943,7 tonnes soit 47,7% de pertes (Mahungu, 2014). Cette chute a été essentiellement attribuée aux maladies de la mosaïque africaine de manioc et plus récemment à la striure brune du manioc. Ce qui est grave pour le Sud- Kivu une province dont le manioc constitue la deuxième culture en importance après la banane pour les agriculteurs et  qui compte 4,6 million habitants selon Hyawe-Hinyi 2010. Avec un taux de croissance annuelle estimé à 3%. En effet cette province est considérée comme l’une de plus pauvre du pays (Didier, 2000 et ANONYME, 2010).

La R.D.C était l’un des premiers producteurs du manioc au monde. En 2011, elle occupait la 2e place en Afrique et la cinquième au monde après le Nigeria, le Brésil, l’Indonésie et la Thaïlande, avec une production de 15,5 millions de tonnes par an (Mitima, 2014). Dans presque toutes les provinces de la R.D.C, la tendance de la production agricole est à la baisse, malgré l’accroissement continu de la population qui est de l’ordre de 3 % par an. Malgré que la superficie ait connu une forte augmentation à partir de l’année 2013, le manioc a connu une forte régression de production, comme quoi la productivité ne fait que baisser (Mitima, 2014). Les pertes importantes de production du manioc dans la partie Est de la R.D.C sont dues à des causes multiples (Bahindwa, 2006). Plusieurs facteurs influencent la baisse de production du manioc. En plus des attaques parasitaires, on peut citer également : l’humidité du sol et son évolution durant la vie de la plante malade, la sécheresse aux diverses périodes de la vie de la plante, l’inondation prolongée, le vent, les tornades, la grêle, la foudre,  l’ombre et la lumière à un moment précis du développement de la plante ou durant une longue période, l’empoisonnement des plantes par des produits toxiques (Dupriez, 1995). Au Sud-Kivu, il existe également un grand nombre de mouches blanches dans les champs de manioc favorisant ainsi l’infection secondaire pour la mosaïque (Dupriez, 1995).

La théorie préconise que la meilleure réponse à ce  problème est le recours à des variétés qui y sont adaptées (Anonyme, 1987). Le manioc est représenté à l’échelle de la province du Sud-Kivu par une très large diversité variétale. Néanmoins, selon les groupes d’agriculteurs et les multiples ethnies avec leurs diversités culturelles, il existe de fortes variations dans le nombre des variétés cultivées(Kosh-Komba et Duval, 2014). Au Sud-Kivu, de toutes les nouvelles variétés améliorées de manioc introduites dans la zone d’étude à travers l’INERA et les ONG de développement, seules deux variétés sont présentes dans les champs des ménages enquêtés dont mayombe et sawasawa. Les autres ont un taux d’adoption très insignifiant qui varie entre 3,1 % et 14,8 %, et d’autres encore ne sont pas du tout connues ni présentes dans la zone d’étude. C’est seulement la variété sawasawa qui a été adoptée ou utilisée à 42,2 % dans la zone d’étude (Mambo, 2014). Pour relever le défi de la présence de la mosaïque, depuis l’année 2000, en R.D.C comme dans beaucoup de pays voisins, plusieurs projets sont intervenus pour la création de variétés résistantes ou tolérantes à la mosaïque. Ainsi des boutures saines étaient obtenues et mises à la disposition des agriculteurs dans le but de remplacer les anciennes variétés sensibles et promouvoir ainsi la production (FAO, cité par Vuambale, 2009).

L’obtention d’une diversité de variétés adaptées, aussi plastiques que possible présentant une adaptation suffisante pourrait permettre de corriger cette tendance à la chute de production comme quoi au-delà de la performance, l’adaptation de ces variétés est aussi un facteur très important.

Ce travail a pour objectif d’inventorier les différentes variétés de manioc cultivées dans les milieux de  Kavimvira, Kawizi et Kiliba  et évaluer les différents modes de gestion de ces variétés.

L’importance de ce travail réside dans le fait que le Congo a besoin de la production des boutures qui répondent aux problèmes du moment et qui ne s’écartent aux critères de choix des utilisateurs. Ces besoins en boutures étant estimés à 5 milliards de mètre linéaire (Mahungu, 2014 cité par Irenge, 2016).

Hormis l’introduction, le présent travail comprend trois chapitres : le premier est une revue de la littérature, le second traite le milieu, le matériel et la méthode et le troisième est consacré aux résultats et discussion et une conclusion clôture ce dernier.

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