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INTRODUCTION

0.1.   Etat de la question

L’explication du taux de change a fait l’objet d’analyses beaucoup fouillées dans la littérature économique. Deux auteurs ont particulièrement attiré notre attention sur les déterminants du taux de change.

Abdelhamid El BOUHADI, Abdelkader ELKHIDER et Mustapha KCHIRID (2008)[1], dans leur article intitulé « les déterminants du taux de change au Maroc : Une étude empirique », voulaient analyser les déterminants du taux de change au Maroc d’autant plus que le Maroc voulait adopter ou instaurer un régime de change flottant. Et la grande question était de savoir quel type de flottement le Maroc doit-il adopter ? Cela a été matérialisé par l’identification des certains déterminants comme instruments. Le modèle qu’ils ont utilisé a été développé par Clark et Macdonald appelé « modèle de taux de change comportemental d’équilibre » (Behavioural Equilibrium Exchange Rate).

A l’issu de leurs  investigations, ils ont démontré que la dynamique du taux de change est déterminée (à long terme) par trois variables essentielles : le taux de couverture des importations par les exportations, les réserves de change et la dette extérieure. Quant au court terme, la dynamique du taux de change au Maroc n’est pas déterminée principalement par son évolution passée et ce, quelle que soit la période, ceci prouve d’une part que l’efficience du cours de change, sous sa forme faible, est plus ou moins assurée.

La vérification empirique de Romain BAYLE[2] (2007), dans son travail intitulé « déterminants du taux de change », publié dans le bulletin de finance internationale en 2007 nous renseigne que les déterminants du taux de change sont : la balance de paiement, la parité du pouvoir d’achat (PPA), le taux d’intérêt.

0.2. Problématique

La question du taux de change est l’un des éléments qui fait la spécificité de l’économie internationale, qu’il s’agisse de comprendre les causes et les conséquences des variations de la valeur d’une monnaie par  rapport à une autre ou bien d’expliquer le fait que plusieurs pays puissent décider, comme l’ont fait les quinze pays de la zone euro, de partager la même monnaie[3].

Au fait, les déséquilibres macroéconomiques ont  une place prédominante dans le débat économique international depuis la crise financière de 2007. Au niveau mondial, le groupe des 20 (G20) a établi un cadre permettant aux pays membres d’identifier et d’adopter les réformes nécessaires au rééquilibrage mondial, afin d’assurer une croissance forte, durable et équilibrée. Au niveau européen, la commission européenne, en mettant en place un ensemble de six mesures législatives, le six pack, s’est dotée d’une nouvelle procédure  d’identifier les déséquilibres excessifs au sein de la zone euro et d’agir afin de les corriger.[4]

Dans les deux cas, le taux de change est considéré comme une des variables clés à suivre car c’est à la fois une variable de rééquilibrage international et un indicateur de compétitivité.

La surveillance des taux de change, et donc l’estimation des taux de change, a toujours été au cœur des responsabilités du Fonds monétaire international (FMI). Afin de pallier à l’absence d’une définition unique du taux de change, le FMI a développé une méthodologie qui tient compte des différentes interprétations de cette notion. Cependant, les concepts fondamentaux inhérents à la notion du taux de change, et l’analyse du FMI qui en résulte, restent l’objet de discussions au sein de la communauté internationale.

L’un des instruments les plus indéniables de la politique économique d’un pays, ouvert sur l’extérieur, est le taux de change. Ce dernier est considéré à la fois comme un moyen de régulation monétaire (une courroie de transmission « tampon ») et un outil par excellence de compétitivité extérieure d’un pays.

Du fait de l’internalisation de plus en plus affirmée de différentes économies nationales, le taux de change est une variable qui ne cesse de prendre de l’importance.[5]

La RDC est dotée d’importantes ressources naturelles (agricoles, minières, énergétiques, halieutiques, touristiques…), dont l’exploitation devrait être le gage de son développement économique et social.[6]

A l’indépendance (1960), le pays disposait d’un tissu économique intégré qui s’est, à la suite des troubles, pillages, guerres et mesures politico-économiques inconséquentes, totalement disloqué compromettant ainsi les bonnes perspectives de développement.

Au cours de la décennie passée, la RDC a exécuté un programme de réformes axé sur la croissance économique et appuyé par les institutions  de Brettons Wood et les bailleurs de fond. Au niveau du taux de change, la politique du ciblage de change a consisté à ajuster périodiquement le taux de change nominal pour maintenir le taux de change effectif réel constant. Mais comme le signale la littérature économique, cette politique s’avère efficace si et seulement si celui qui l’adopte évite le sur-ajustement du taux de change.

Cinquante ans après, l’économie du pays se trouve dans un état de marasme et de déliquescence tel qu’un diagnostic sans complaisance doit être posé de façon à relever les problèmes à la base et proposer des pistes de solutions susceptibles d’engager l’économie sur une relance soutenue et durable.

Mais malgré toutes ces interventions, il s’est toujours observé des instabilités du taux de change sur l’ensemble de l’économie congolaise, alors que le taux de change s’avère jouer le rôle prépondérant dans la régulation économique.

La question de la détermination du taux de change a pris progressivement une part grandissante dans les analyses de l’économie internationale. De nos jours, la valeur des monnaies les plus importantes connaît des fluctuations continues, et le rôle des variations de change est au centre d’un grand nombre de problèmes économiques[7].

C’est sur ce problème du déséquilibre macroéconomique occasionné  par des fluctuations du taux de change que nos préoccupations se focalisent. Ce travail se  propose alors d’identifier les déterminants ou variables économiques qui sont à la base de l’instabilité du taux de change en République Démocratique. De façon plus succincte, il s’agit de répondre aux préoccupations suivantes :

  • Quels sont les déterminants du taux de change en République Démocratique du Congo ?

0.3.   Hypothèses

L’hypothèse  est définie comme étant une explication provisoire de la nature des relations entre deux ou plusieurs phénomènes. L’hypothèse scientifique doit être confirmée ou infirmée par les faits[8].

Eu égard du questionnement formulé à ce sujet, les réponses suivantes ont été proposées :

  • Les déterminants du taux de change seraient les réserves de change, la dette extérieure, indice du prix à la consommation, masse monétaire au sens large (M2), le taux d’intérêt et le terme de l’échange.

0.4.  Choix et intérêt du sujet

Le choix de cette étude est  motivé par  le souci de comprendre les variables économiques  qui  sont  à l’origine du taux de change en République Démocratique du Congo.

Sur le plan théorique, elle vient en complément aux travaux abordant la même thématique de recherche, celle de taux de change et pourra à travers nos investigations être un point de départ pour d’autres recherches. Pour la communauté scientifique, les théories et les résultats de cette étude constitueront un guide et/ou une source d’information pouvant permettre aux autres chercheurs d’approfondir la notion de taux de change et ouvrant ainsi d’autres facettes  de recherche.

Sur le plan  pratique, les résultats qui vont découler de cette étude pourront permettre à la République Démocratique du Congo d’identifier les variables qui sont à la base des fluctuations du taux de change et in fine, mettre en œuvre une politique pouvant permettre de lutter contre les fluctuations de ce dernier.

0.5.  Méthodes et techniques utilisées

Pour être traité scientifiquement, tout travail doit adopter une certaine méthodologie qui lui confère son authenticité et sa valeur. Ceci justifie la finalité objective d’un travail scientifique, aide aux chercheurs à trouver les données fiables qui lui mèneront à bon port.[9] Dans cette sphère axée sur la démarche méthodologique, il nous sera question de montrer comment nous avons procédé pour récolter et traiter les données.

Il a été question dans notre démarche de déduire nos hypothèses qui seront ensuite testées de la littérature. Les tests sont faits dans le but de confirmer ou de rejeter les hypothèses de notre recherche. Pour mener à bon port cette recherche, nous utilisons dans le cadre théorique des articles et des ouvrages concernant le domaine de l’économie monétaire internationale. La méthode économétrique est celle retenue pour l'analyse de nos données.

Nous utilisons le modèle développé par Clark et Macdonald (1997) appelé « Modèle de taux de change comportemental d’équilibre » (Behavioural Equilibrium Exachange Rate) et appliqué pour le cas du Maroc par Abdelhamid El BOUHADI, Abd-el-Kader ELKHIDER et Mustapha KCHIRID (2008), dans leur article intitulé « les déterminants du taux de change au Maroc : Une étude empirique ».

Pour la variable endogène retenue, c’est-à-dire le taux de change, nous allons essayer de pouvoir l’expliquer à travers certaines variables exogènes ou explicatives dont   les réserves de change, la dette extérieure, indice du prix à la consommation, masse monétaire au sens large (M2), le taux d’intérêt et le terme de l’échange.

La technique utilisée est documentaire qui nous a permis de consulter les différents rapports de la Banque Centrale du Congo (BCC), du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale pour y soutirer les données utiles au modèle adopté dans notre travail.

Quant au traitement des données, nous avons procédé  dans un premier temps au réaménagement statistique des données, par la suite les logiciels Ms Office Word et Excel 2010 nous ont servis pour l’encodage et le logiciel de traitement des données économétriques Eviews 3.1 nous a été utile pour le traitement de ces données.

0.6.  Délimitation du sujet

Tout travail scientifique doit être limité dans le temps et dans l’espace. Ce travail s’étend sur la période allant de 1975 à 2010, période au cours de laquelle il y a eu différentes réformes monétaires et sera menée en République Démocratique du Congo.

0.7. Canevas du travail                                                                             

En plus de l’introduction et la conclusion, ce travail s’articule autour de trois principaux chapitres. Nous aborderons dans un premier temps les généralités sur le taux de change avant de faire la présentation des variables du modèle à tester et au troisième chapitre nous parlerons des déterminants du taux de change en nous basant sur les études empiriques et en utilisant la méthode des moindres carrés ordinaires pour avoir des résultats après interprétation des données.

[1]El BOUHAI A. et Al., les déterminants du taux de change au Maroc : Une étude empirique, MPRA 2008.

[2] Bulletin de finance internationale, 2007                          

[3]P.  Krugman et M. Obstfeld, Economie Internationale, Pearson Education Paris, 2008, p8.

[4]Bulletin de la Banque de France, N°190, 4ème trimestre 2012, p126.

[5]B. BENIER et Y. SIMON, introduction à la macroéconomie, 9e édition DUNOD, Paris 2007, p387

[6]FEC, Etat de lieux de l’économie congolaise : Problèmes et pistes de solution pour la relance économique en RDC, mars 2007.

[7]P. Krugman et Maurice Obstfeld, op.cit., p8                    

[8]M. GRAWITZ, Lexique des sciences sociales, 7è éd. Dalloz, Paris 2000, P11

[9]GRAWITZ M., Méthode sociale¸ 10e Ed. Dalloz, Paris 1996, p.36

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