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TROISIEME CHAPITRE : LES SCHOLANYMES DES LOCALITES DU SUD ET DE L’OUEST

Ce chapitre porte sur l’analyse morphologique et interprétation des scholanymes tirés   de dix localités. Les noms des  écoles sont regroupés selon l’ordre alphabétique   

3.1. Les scholanymes de la localité de Bugegwa

Cette localité est située à l’Ouest du groupement d’Itara/Luvungi. Elle compte trois écoles. 

  1. Huruma (swahili) est analysable en °ø-huruma

°-ø : Morphème zéro de  PN de cl9a

°-huruma : TN signifiant « pitié »

S1 : pitié

S2 : Les habitants de cette localité avaient l’habitude  de passer des journées en train de danser pour plaire au chef de localité (notable). Les gardiens du chef de localité ne donnaient que de la nourriture à ces danseurs ; c’est le notable  qui donnait l’ordre de servir ces danseurs étant donné qu’il était un homme généreux et affable ; il s’apitoyait sur le sort de ses sujets. L’école primaire Huruma est implantée dans le village dont elle porte le nom. De ce fait, comme dans toute école primaire, les écoliers aiment les jeux et quand ils jouent, les enseignants leur inculquent l’esprit de tolérance et de pardon mutuel si bien qu’ils sont devenus toujours tolérants et pitoyables les uns envers les autres.

  1. Kibúngù (fuliiru) est analysable en °ki-búngù

ºki- : PN cl7

°-búngù : TN signifiant «brouillard »

S1 : brouillard

S2 : Kibúngù est le nom d’une école située à l’Ouest du groupement. Cette école fonctionne  dans le village de  Mugunga. Par manque d’élèves, elle a été transférée dans la localité Bugegwa. Dans cette partie, il y avait toujours des brouillards pendant la saison sèche surtout au mois de juin et dans la saison de pluie aux mois de septembre et octobre. Ces brouillards causaient des retards répétitifs des élèves. C’est pour cette raison que le nom du village s’est imposé pour designer  l’école.

Actuellement, la même école porte ce nom bien que  le climat se soit adouci, et  les élèves arrivent à temps.

  1. Tusome (swahili) est analysable en °tu-som-e

°tu : participant 1ère personne du pluriel

°-som- : RV signifiant « étudier »

°-e : finale de l’impératif

S1 : Etudions

S2 : Tusome est une école située au nord-ouest de cette localité dans les hauts-plateaux à côté d’un village appelé Lushali  où il y avait beaucoup de carrières minières. Les enfants de ce village n’avaient pas d’autre occupation à part l’extraction  des minerais. Les enfants passaient leurs journées dans les carrières. Les études étaient peu considérées dans ces milieux.

C’est dans ce cadre  qu’on avait créé  une école  dénommée « tusome » signifiant « étudions »

L’école est un lieu où l’on apprend beaucoup de choses. On peut avoir des biens et les gérer mal. Les habitants de ce village avaient vite compris que les richesses tirées de l’extraction des minerais était passagère et que l’école donnait des biens inépuisables d’où l’interpellation mutuelle  d’étudier

3.2. Les scholanymes de la localité de Busulira

C’est une localité montagneuse située dans les hauts-plateaux vers la partie Ouest. Elle comprend aussi quatre écoles.

  1. Búlàmbo (fuliiru) est analysable en ºBú-làmbo

ºbú- : PN cl14

º-làmbo : TN signifiant « montagne »

S1 : montagne

S2 : Est une école qui se trouve dans un village montagneux situé dans les hauts-plateaux, chefferie des Bafuliiru. Cette montagne est  entourée  d’habitations. Les bergers et les sages du village  allaient prendre pause au sommet de ladite montagne. Etant donné que ce sommet était devenu  un lieu des rencontres de  tous les sages de ce village, ils  avaient eu l’idée d’y créer une école portant le même nom.  L’école est un lieu de sociabilité où se réunissent les élèves dans l’objectif d’apprendre.

  1. Cíbanda (mashi) est analysable en °Cí-banda

°cí- : PN cl7

°-banda : TN signifiant « vallée » 

S1 : la vallée

S2 : C’est une école située au Nord-Ouest de la localité. Elle se trouve à la limite entre la chefferie de Kaziba et celle des Bafuliiru. La vallée est un milieu réservé aux travaux champêtres. C’est donc un lieu de travail et les paresseux n’y trouvent pas de place. Aussi, dans cet endroit, la moisson est abondante. De même, l’école n’est pas un lieu d’oisiveté. L’on est parti de l’idée selon laquelle l’école est un lieu d’apprentissage, un endroit silencieux qui a comme mission la formation intégrale. 

  1. Kàlimbi (fuliiru) est analysable en ºkà- limbi

ºkà- : PN cl12

º-limbi : TN signifiant « piquet »

S1 : Piquet

S2 : Kàlimbi est une école située à l’Ouest de la localité. Dans l’ancien temps, il existait dans le village un endroit où l’on attachait les chèvres sur des piquets. C’est ainsi qu’on avait créé une école à ce lieu qui porte ce nom.

L’école dans cet angle est considérée comme un endroit où l’on garde les élèves pendant quelques heures en train de les surveiller, les éduquer et leur apprendre des métiers.

  1. Lulugè (fuliiru) est analysable en °lu-lug-è

°lu- : PN cl 11 (avec nuance augmentative)

°-lug- : RV signifiant « se multiplier »

°è : suffixe du résultat de l’action 

S1 : grande multiplication

S2 : L’école primaire Lulugè est située dans les hauts plateaux dans la localité de Busulira. Le promoteur avait l’intention de voir les élèves se multiplier massivement au sein de son établissement. C’est en quelque sorte un appel lancé aux parents pour qu’ils viennent en masse y inscrire leurs enfants.

3.3. Les scholanymes de la localité d’Itara

Itara est la plus grande localité du groupement qui porte presque son nom. Elle se trouve au Sud du groupement et compte six écoles.

  1. Káwizi (fuliiru) est analysable en°ka-wizi

°ká- : PN cl12

°-wizi : TN  signifiant « petit imnotrissa miodon »

S1 : petit limotissa, mijodon (sambaza) 

S2 : Káwizi est une école située au Sud- Ouest de la localité. Cette école est considérée comme une rivière où il y a beaucoup de petits  imnotrissa miodons qui servent pour l’alimentation des enfants. La science est ainsi une nourriture pour les élèves tant que ceux-ci n’ont pas des connaissances suffisantes, ils restent toujours confus.

Un enfant a droit à l’éducation sans distinction de sexe. L’école reste un lieu de production scientifique, surtout du point de vue connaissance. Il n’y a pas de connaissances scientifiques sans éducation.

  1. Urafiki (swahili) est analysable en°u-rafiki

°u- : PN cl14

°-rafiki : TN signifiant « ami »

S1 : L’amitié

S2 : Etablissement situé au Sud de cette localité. Jadis, à côté de cette école, il y avait deux enfants qui s’aimaient beaucoup. Chaque matin, ces enfants devaient se rencontrer et planifier la journée. Tant que l’un est encore absent, les parents de l’autre étaient dérangés par cette absence.

Un jour, les parents de ces deux jeunes gens s’étaient mis ensemble pour créer une école qu’ils ont baptisée nommée l’Amitié. La mort d’un de ces parents n’a pas empêché la réalisation de ce projet. Voilà comment le nom amitié est apparu pour cette école. L’école est un endroit d’apprentissage social, moral et intellectuel. Elle ne forme pas seulement l’élève sur le plan scientifique, intellectuel mais aussi sur le plan moral. L’école apprend comment se comporter au sein de la société. On y apprend aux jeunes élèves à être de vrais et bons amis.

  1. Ushirika (swahili) est analysable en°u-shir-ik-a

ºu- : PN cl14

°-shir- : RV signifiant « collaborer »

°-ik- : suffixe formel

°-a : finale de l’action

S1 : Collaboration (cohabitation)

S2 : C’est une école située au Sud de la localité. C’est un nom qui a été attribué à cette école après avoir remarqué que les enfants des notables ne s’entendaient pas. Chaque mois, le chef de groupement devait venir réconcilier ces derniers. Le notable était polygame de quatre femmes dont deux burundaises et deux congolaises. Ces dernières appartenaient au clan de Balizi.

Ces deux burundaises provoquaient chaque fois des conflits contre leur coépouses. Progressivement, le chef a constaté que les enfants imitaient les mauvaises habitudes de leurs mères. Etant donné que le coutumier était toujours décisif, il ne pouvait pas tolérer ces désordres ; il est parvenu à unir ses femmes et ses enfants. L’école est un lieu de socialibilité où l’on apprend le social, la tolérance, la collaboration, etc. C’est en souvenir de cette réunification que cette école avait été ainsi dénommée.

  1. Shujaa (swahili) est analysable en°ø-shujaa

ºø- : Morphème zéro, PN cl1a

º-shujaa : TN signifiant « brave, courageux »

S1 : Brave, courageux

S2 : Ecole située au Nord de cette localité.

Dans cette localité, il y avait des vieux qui étaient prêts à servir la communauté chaque fois qu’il y avait des menaces contre la population. Un groupe de malfaiteurs venait de la chefferie de Kaziba pour attaquer le village. Les habitants de ce dernier avaient proposé aux vieux de passer la nuit à la belle étoile afin de protéger la communauté et ses biens. Parmi eux, il y avait eu un groupe de vieux volontaires qui avaient accepté. Chaque fois, ces vieux étaient prêts et ils sauvaient la population. C’est ainsi qu’on avait créé une école primaire portant le nom de « Shujaa » en faisant allusion à cette époque où ces vieux avaient sauvé la communauté. Ceci montre que l’école n’est pas faite pour les paresseux, mais plutôt pour les élèves audacieux et  braves. Ainsi, constatons-nous que  la vie est un combat.

  1. Sainte Famille

Sainte famille est une école située dans la localité d’Itara. Cette école porte le nom de la paroisse qui l’organise et  l’inauguration de cette paroisse avait eu lieu le jour de la Sainte Famille. 

L’école est considérée comme un lieu de transformation et de changement total vis-à-vis des formations qu’acquiert la jeunesse au sein de l’établissement scolaire. Ainsi, il y a un parallélisme entre l’Eglise et cette école étant donné que la même Eglise porte le même nom que l’Ecole. Toutes deux constituent une famille de piété (attachement tendre et respectueux envers Dieu).

  • Bethesda

Bethesda est une école située dans la localité d’Itara, groupement d’Itara/Luvungi, Chefferie des Bafuliiru vers la partie Sud de ce groupement. Bethesda est une piscine où Jésus Christ guérit le malade de trente-huit ans. Les malades qui étaient à coté de cette piscine attendaient le mouvement de l’eau et lorsqu’un ange y descendait de temps en temps pour l’agiter.

L’école est considérée comme cette piscine de Bethesda, l’élève y vient en étant malade, mais il en sort déjà guéri. L’enseignant est aussi considéré comme le médecin qui soigne ce malade.

3.4. Les scholanymes de la localité de Kanenge

Kanenge est une localité située à l’Ouest du groupement . Elle comprend trois écoles. 

  1. Kibúmbíkìro (fuliiru) est analysable en ºki-búmb-ík-ìr-o

ºki- : PN cl7

º-bímb- : RV signifiant « cacher »

º-ík- : suffixe formel  

º-ìr- : suffixe formel

º-o : finale du  résultat de l’action

S1 : Endroit où l’on garde le manioc ou banane surtout dans la brousse(la cachette)

S2 : Ecole située au Nord de cette localité, dans ce village, existait spécialement un endroit  où l’on conservait les maniocs et les bananes pendant un temps avant la consommation. Chaque fois que les élèves sortaient de l’école, tout le monde était mobilisé pour aller y chercher des maniocs ou bananes. Au bout de quelque temps, un bienfaiteur créa à ce lieu une école dénommée « Kibúmbíkìro », comme qui dirait, cette école est  un endroit où l’on héberge des enfants dans le cadre d’acquérir des connaissances.

  1. Kirènga (fuliiru) est analysable en °ki-rèng-a

°ki- : PN cl7

°-rèng- : RV signifiant « passer »

°-a : finale d’action

S1 : qui passe

S2 : Est une école  située à l’est de cette localité.  

Kirenga était une personne courageuse  chargée de collectionner les vivres dans la localité. Kirenga fut très courageux ; il ne pouvait pas rentrer sans qu’il ait trouvé ce que lui était demandé par le chef du village. Kirenga était beaucoup aimé par les  villageois, car sa tolérance,  sa patience et sa politesse attiraient toute la communauté. A partir de cette attitude, le notable  avait créé une école dans le but de l’honorer bien qu’il ne fût  plus vivant.  Dans cette optique, l’école est un lieu de passage où on doit afficher un bon comportement.

  1. Nuru (swahili) est analysable en °ø-nuru

° ø - : Morphème  zéro du  PN cl 9a

°-nuru : TN signifiant « éclairage 

S1: éclairages

S2: Nuru est une école située au sud de cette localité.

L’enfant non scolarisé se retrouve dans l’obscurité ; dans une si grande ignorance de sorte qu’il nécessite des études pour le faire sortir de cette ignorance.   Les études sont un processus qui exige le courage et l’endurance. En attribuant le nom « Nuru » à cette école, on s’est rendu compte que l’école est une institution qui a comme mission de faire sortir l’élève de l’ignorance vers la connaissance, de l’obscurité vers la lumière ;bref, les études éclairent la communauté.

Le donneur de ce nom souhaitait que cette école puisse former les élèves capables d’apporter une lumière à la société et qu’ils soient utiles à eux-mêmes et à la société.

3.5. Les scholanymes de la localité de Kanguli

C’est une localité située à l’ouest du groupement d’Itara /Luvungi. Elle comprend deux scholanymes notamment Kàmótó et Namuziba.

  1. Kàmótó (fuliiru) est analysable en ºkà-mótó

ºkà- : PN cl12

º-mótó : TN signifiant « poisson »

S1 : petit poisson

S2 : c’est une école située à l’ouest du groupement d’Itara/Luvungi, dans la chefferie des Bafuliiru.

Dans cette école, il y avait un enseignant qui s’appelait « Kashama ». Chaque fois que cet enseignant arrivait en classe, la 1ère phrase qu’il prononçait  était : « chacun va ramasser aujourd’hui », pour dire que dans le lac il y a beaucoup de poissons pour tout le monde. Chaque pêcheur reçoit des poissons proportionnellement aux techniques et méthodes appliquées.

Dans le même ordre d’idées, l’école est un  lieu où il y a beaucoup de connaissances en ce sens que chacun y vient tirer l’essentiel sans discrimination. Les élèves quittent la maison avec des connaissances très limitées. Au fur et à mesure qu’ils avancent, ils deviennent des hommes cultivés c’est-à-dire qu’ils quittent le stade de petits poissons vers le stade de gros poissons ; de l’ignorance vers la connaissance.

  1. Námuziba (fuliiru) est analysable en ºná-mu-zib-a

ºná -: TN « mère de, propriétaire »

º-mu- : PN cl3

º-zib- : RV signifiant « fermer »

º-a : finale d’action

S1 : mère de celui qui ferme

S2 : Námuziba est une école située au centre de cette localité. Jadis vivait dans ce village la femme du chef de localité qui était très méchante. Chaque fois que les visiteurs venaient, cette femme se mettait en colère en fermant automatiquement les yeux.

Comme cela était devenu une habitude, les gens se réservaient d’aller rendre visite au chef. En amenant l’école dans ce village, le chef de localité s’était imposé  pour attribuer  à  cette école  le nom de Namuziba.  C’était dans le but de cacher l’image de sa femme étant donné qu’elle était connue par tout le monde.  Son  comportement n’était pas bon envers la communauté. 

3.6. Les scholanymes de la localité de Katembo

Katembo est une localité située à l’ouest, . Elle comprend quatre écoles.

  1. Bùhóló (fuliiru) est analysable en °bù-hóló

°bù- : PN cl 14

°-hól- : RV signifiant   «devenir doux »

°-o : finale d’action

S1 : la douceur 

S2 : Ecole d’un village situé à l’Ouest du groupement où la plupart des habitants  sont protestants.  Ce nom est emprunt au  Kirundi « Bùhóró signifiant aussi « douceur ».

Dans ce village, il y avait un homme  qui s’appelait Ndizeye (Burundais). Chaque matin, il passait chez le pasteur responsable en le saluant « Bùhóró » ; et le pasteur  lui répondait « Bùhóló » pour lui montrer qu’on ne dit pas Bùhóró mais Bùhóló en Kifuliiru. Dans la société fuliiru le mot Bùhóló se dit pour savoir si ça va. Après la mort de ce  Burundais, le pasteur responsable  avait créé une école  dénommée Bùhóló. Cette école est plus orientée vers les enseignants d’autant plus que sa mission première est de stimuler l’élève sur le plan scientifique et moral, signe d’amour.

L’enfant vient en classe avec des connaissances vagues et superficielles, l’enseignant l’aide en lui transmettant des connaissances acceptables par la société qui lui a confié l’enfant. Dans ce cas, l’enseignant transmet des connaissances dans un climat doux en écoutant les suggestions de l’apprenant.

  1. Lùbúnga (fuliiru) est analysable en°lù-búnga

ºlù- : PN cl11

º-búngá : TN signifiant « mutualité »

S1 : la  mutualité

S2 : Ecole située  dans le  quartier muteremuko au nord de la localité. Lùbúnga est une mutualité qui réunit les sages pour siéger sur les  problèmes qui se posent  au sein de la  communauté. Ainsi dans ce village existait un lieu où les sages se rencontraient pour chercher  des solutions aux divers problèmes communautaires. L’école est un lieu où différentes couches sociales se réunissent et forment une seule famille.

  1. Múlwá (fuliiru) est analysable en ºmú -lu-á

º-mú : PNcl3

°-lu- : RV signifiant « se battre »

°-á : finale d’action

S1 : Terrain de bataille

S2 : Múlwá est une école située au Nord-ouest de la localité. Les sages de ce village étaient en conflit avec le chef de cette localité. Chaque fois,  ce notable se bagarrait avec eux, étant donné que les sages étaient plus aimés que le chef.

Toutefois la population était du côté de chez les sages. Le chef de groupement finit alors par                                                                          diviser cette localité en parties. Múlwá est devenu une localité à part. L’un de ces sages était nommé chef de localité.

Après deux ans d’exercice, on avait créé une école primaire dénommée « múlwá » signifiant terrain des guerres.

L’école est un combat, pensons-nous. Il faut lutter pour y réussir. Le contexte dans lequel on veut placer múlwá ne signifie pas qu’on doit se battre afin de construire cette dernière. Mais on doit utiliser la force de l’intelligence et des moyens, pour que l’école ait lieu. Voilà le contexte dans lequel múlwá est devenu aujourd’hui une école et une localité.

  1. Nákihingá (fuliiru) est analysable en °ná-ki-hing-á

ºná- : TN signifiant « mère de, propriétaire de »

º-ki- : PN cl7

º-hing- : RV signifiant « cultiver »

º-á : finale d’action

S1 : mère du cultivateur

S2 : C’est une école située au sud-ouest dans la même localité. Kihinga est un toponyme signifiant « cultivateur ». Il y avait dans ce village un chef de localité qui s’appelait « Kitema » c’est-à-dire « qui coupe ». Un jour, ce notable était allé chercher sa femme au champ. Heureusement, cette dernière cultivait encore. Son mari lui demanda : « Tu es la mère des cultivateurs ?. » Et il partit dire au village que son épouse était en train de cultiver encore. L’école est un lieu où ne réussissent que les travailleurs et non les paresseux. C’est ainsi qu’on créa l’école en dénomination avec la même appellation « Nákihingá » voulant montrer que le travail est un trésor.

  1. Ufunuo (swahili) est analysable en°u-fun-ul-o

°u- : PN cl14              

°-fun- : RV « révéler »           

°-ul- : Suffixe formel              

°-o : finale du résultat d’action

S1 : Révélation

S2 : Ufunuo est une école située au centre de cette localité.

Il y avait une église dans ce village qui portait le nom « Ufunuo ». Cette dernière avait beaucoup de fidèles. Les pasteurs étaient devenus célèbres grâce à cette fréquentation massive. C’est ainsi qu’on avait créé une école qui porte  le même nom de l’église. L’école est un milieu où on découvre beaucoup de connaissances. C’est pourquoi l’enseignant doit être un révélateur des connaissances  auprès de l’élève c’est-à-dire que l’élève découvre; l’inconnu devient connu.

  1. Shauri (swahili) est analysable en°ø-shauri

°ø- : Morphème Zéro du PN cl9a

°-shauri : TN signifiant « conseil »

S1 : le conseil

S2 : Shauri est une école situéee à l’est de la localité. Dans l’ancien temps, il y avait dans ce village, une famille qui ne suivait pas de conseils.

Chaque fois, cette famille était en conflit entre les voisins et les amis. Et personne ne pouvait aborder l’un des membres de la famille. Un jour, elle avait eu des difficultés en perdant son grand père. Lors des funérailles, elle se retrouva seule et non accompagnée. En revenant aux funérailles, ceux-ci se bagarraient, ainsi, elle perda cinq membres de la famille à la fois. Depuis ce jour, il se fit créer, dans ce village, une école portant le nom de « Shauri » « le conseil ».

L’école est un lieu endroit où l’on prodigue des conseils, l’on essaye de montrer les conduites à suivre pour surmonter quelques défis de la vie. Souvent à l’école, il y a beaucoup de problèmes qui dépassent notre capacité, c’est ainsi que nous devons toujours être à côté de ceux qui peuvent nous aider, en écoutant leurs conseils.

  • Les scholanymes de la localité de Mbunga

Mbunga est une localité montagneuse située dans les hauts plateaux, à l’ouest du groupement d’Itara/Luvungi. Elle comprend une seule école.

  1. Karibu (swahili) est inanalysable étant donné que c’est une particule locative (de lieu).

S1 : formule de politesse (approcher)

S2 : C’est une école située au nord de la localité de Mbunga. Jadis, il existait dans ce village une famille royale qui avait l’habitude d’accueillir des visiteurs. Un jour, un chef de localité arriva avec de l’or dans son sac. Cette fois-là, la famille rabroua ce chef. On refusa de l’acceuillir. Celui-ci avança jusqu’à la maison de ce dernier et le propriétaire de la maison demanda ce qu’il est venu faire là-bas? Ainsi lui répondit le visiteur : « Je suis venu vous rendre visite. ». Le chef de cette localité fut irrité et son visiteur partit avec cet or. Il le vendit et construisit une école appelée « Karibu ». Ici, l’on est parti dans l’angle que l’école est un lieu social ou l’on apprend aux gens à vivre sans discrimination de sexe, de race, de tribu… la première mission étant la formation intellectuelle, physique, morale, etc. Le terme Karibu est pris au sens d’un signe d’approchement de toute personne qui veut apprendre à lire et à écrire sans aucune discrimination. Tout le monde est cordialement invité en ce lieu sans aucune condition sine-qua-non. Mais approchement n’exclut pas une petite contribution dela part des parents pouvant permettre au bon fonctionnement de l’école.  

Les directeurs, les enseignants sont tous les parents des élèves sans tenir compte des lieux de provenance, des familles, des clans, tribus, et.

  • Les scholanymes de la localité de Mulwa

La localité Mulwa est située à l’ouest du groupement d’Itara/Luvungi. Elle est parmi les localités des hauts plateaux du groupement. Elle organise trois écoles.

  1. Kàtoga (fuliiru) est analysable en °kà-tog-a

ºkà- : PN cl12

º-tog- : RV signifiant « trouer »

º-a : finale de l’action

S1 : qui troue

S2 : Kàtoga est une école située au nord-est de la localité Mulwa, dans les hauts plateaux.

A cet endroit, il existait un homme qui passait son temps en train de racommoder les semelles des chaussures en trouant. Chaque fois que les gens observaient l’absence de cet homme, ils se disaient : « Où est ce « Katoga » ? C’est- à- dire « qui troue ».

A sa mort, on avait créé une école et on l’implanta à cet endroit en la nommant « Katoga ». Passer d’une classe à une autre demande toujours un effort personnel, car l’accès à la réussite n’est pas toujours un jeu d’hasard. Il faut toujours percer, conjuguer beaucoup d’efforts, quelle que soit l’imperméabilité du mur, forcer de le trouer pour aller dans la classe suivante.

  1. Kyúgamò (fuliiru) est analysable en°ki-úg-am-ò

°ki- : PN cl7

°-ug- : RV signifiant « abriter »

°-am- : suffixe formel

°-ò : finale résultative

S1 : l’abri

S2 : Cette école est située à l’ouest de la localité. Après l’indépendance de 1960, cette école se situait dans le groupement de Lemera. Vu que ce milieu était trop insécurisé et l’école n’étant plus fréquentée, les inspecteurs avaient jugé bon de la transférer dans le groupement d’Itara/Luvungi. Etant donné que le nom c’est la personne, le chef de la localité est obligé de céder une concession où pouvait fonctionner cet établissement scolaire. Il disait que les enfants ne devaient pas étudier dans le hangar tant qu’il était encore vivant.

Les connaissances qu’acquiert un enfant au sein d’un établissement sont un abri en ce sens que l’élève quitte la maison sans  connaissances suffisantes. C’est à l’enseignant de pouvoir donner un bagage pouvant l’aider  à se développer et à devenir des citoyens capables de servir la nation.  Il est aussi important de signaler que dans le passé, cette partie était couverte de beaucoup d’arbres et de bananiers. Lorsqu’il pleuvait ou quand le soleil était accablant, les habitants allaient s’abriter à cet endroit.

  1. Lúshàká (fuliiru) est analysable enºLú-shàka

ºlú - : PN cl11

º-shàka- : TN « buisson »

S1 : un buisson

S2 : Lúshàkà est une école située à l’ouest de la localité.  Jadis, il y avait plusieurs arbres à  cet endroit. Les animaux y mettaient bas et personne ne pouvait à ce moment y passer seule. Bon nombre des Bafuliiru vivaient  de  l’agriculture et de l’élevage. Cette forêt donnait l’engrais aux cultivateurs et aux éleveurs. C’est grâce à ces arbres que ces cultivateurs se retrouvaient et parvenaient à avoir un bon rendement. Les feuilles étaient aussi utilisées comme engrais naturels.

L’école est considérée comme une graine semée dans un sol infertile qui a besoin d’engrais pour sa fertilisation. C’est à la communauté de  mettre l’engrais sur ces plantes que sont les élèves afin qu’elles donnent un bon rendement. Donc, il faut que les enseignants fertilisent leurs élèves pour les rendre productifs.

  • Les scholanymes de la localité de Nabwanda

Nabwanda est une localité située à l’ouest du groupement. Elle organise trois écoles.

  1. Heri (swahili) est analysable en °ø-heri

º-ø : Morphème zéro  du PN cl 9a

º-heri : TN signifiant « bienheureux »

S1 : Heureux,bienheureux

S2 : Heri  est une  école  située à l’est de la localité, à la limite entre la Chefferie des Bafuliiru et la collectivité des Bashi. Auparavant, il n’existait aucune école dans ce village. Les enfants  parcouraient de longues distances  pour arriver là où se trouvait l’établissement scolaire.

En voulant implanter une  école dans ce village, les pasteurs religieux l’avaient  dénommée « Heri » pour dire qu’ils sont  bienheureux maintenant. C’est ainsi que cette école était baptisée sous ce nom. L’école constitue un bien pour la société. Une communauté sans école est comparable à une société sans avenir et  sans histoire.

Actuellement, une famille sans enfant à l’école se sent comme un foyer sans enfant. Ainsi donc, l’école constitue un facteur de développement très important au sein d’une famille et au sein d’une  société.

  1. Kaana (fuliiru) est analysable enºka-ana

ºka- : PN cl12

º-ana : TN signifiant « enfant »

S1 : Petit enfant

S2 : Kaana est une école située  au sud  de la localité. Kaana est l’une des personnes qui habitaient dans cette localité. Cet homme  était de petite taille si bien que  tout le monde l’appelait « kaana » petit enfant. En mémoire de cet homme qui était devenu célèbre grâce à sa taille, la population avait décidé d’ériger une école portant son nom. 

L’école est l’une des institutions importantes pour la vie. Kaana est une école primaire considérée comme le point de départ de toute vie secondaire. « Les petits poissons deviendront grands » dit-on,  pour dire que les petits enfants deviendront aussi un jour des  hommes grandement cultivés.  Donc tout scientifique, de quelque niveau qu’il soit, doit passer par l’école primaire avant d’accéder à un niveau supérieur. C’est le fondement de toute éducation intégrale de l’homme.

  1. Ushindi (swahilki) est analysable en°u-shind-i

°u- : PN cl14

°-shind- : RV signifiant « gagner, vaincre »

°-i : suffixe du résultat de l’action

S1 : victoire

S2 : Ecole située  à l’est de la  localité.  L’école est un endroit où ne réussissent que les courageux. La réussite dans une école est un succès obtenu après une lutte.  Elle doit être un acte modèle pour la famille. Le donneur de ce nom avait l’intention de montrer que ce sont les victorieux qui méritent la réussite. 

  • Les scholanymes de la localité de Ndolera

Ndolera est une localité située à l’ouest du groupement.  Elle compte six écoles.

  1. Bákàná (fuliiru) est analysable en°bá-kàná

°Bá : PN cl2

°-Kàná : TN « veuve »

S1 : veuves

S2 : Bakana  est une école située à côté d’un ancien bureau de l’église catholique de Ndolera. A cet endroit vivaient des veuves qui étaient des prostituées, ces dernières affichaient un  très mauvais comportement. Les voisins et les autres disaient que ces veuves étaient maudites et que personne ne pouvait supporter leurs caprices. Quand on leur demandait   pourquoi  est – ces qu’elles affichaient un tel comportement, elles réagissaient toujours en disant qu’elles n’avaient plus de maris et qu’elles devaient alors faire ce que bon leur semblait.  Après, on avait construit une école en ce lieu portant le nom « Bakana », ces femmes n’y vivaient plus. Les élèves filles ne doivent pas se considérer comme des veuves qui pensent qu’elles sont libres de faire n’importe quoi à l’école.Ce nom a été attribué pour inviter les élèves-filles à s’inscrire en faux contre la pratique de ces  femmes qui choquaient la morale publique

  1. Búhéréko (fuliiru) est analysable en º bu-her-ik-o

ºbú : PN cl14

º-hér- : RV signifiant « ensorceler »

º-ik- : suffixe neutre

º-o : finale du résultat

S1 : ensorcèlement, fétiche.

S2 : Buhereko est une école située au sud de la localité. Dans ce village, il y avait des arbres fruitiers notamment les orangiers et les manguiers. Pendant la pause, les élèves  y allaient  marauder les fruits. Les propriétaires étaient craints dans le village, car on supposait qu’ils avaient des fétiches. Vu qu’ils étaient dérangés par ces actes, ils finirent par vendre cette plantation à l’école. C’est ainsi qu’on y  avait construit une école secondaire dénommée Búhéréko.

  1. Imani (swahili) est analysable en °ø-imani,

°ø : Morphème zéro   du PN cl9a

°-imani : TN signifiant « foi »

S1 : la  Foi

S2 : Imani est une école située, au nord de la  localité. C’est une école créée par les missionnaires Suédois, vers les années quatre- vingt- cinq.

 Le donneur de ce nom est parti de l’idée selon laquelle, la foi est l’assurance d’un être fidèle à  sa parole  pour  accomplir exactement ce que l’on a promis. Ainsi, les enseignants prennent des engagements avec l’Etat et les parents qui  leur envoient les élèves afin de les encadrer, de les faire sortir du monde aveugle vers un monde ouvert.  

  1. Ndólerà II (fuliiru) est analysable en º ø -N-lol-ir-a

ºø : PV de l’impératif

°-N : infixe objet 1ère personne du singulier

°-lol : RV signifiant « voir, regarder »

°-ir : suffixe applicatif

º-a : finale de l’action

S1 : Vois pour moi ou regarde pour moi

S2 : C’est une école qui se situe au nord-ouest de cette localité. Elle tire son nom du  même village. Les élèves éprouvaient les difficultés de quitter ce village pour aller étudier ailleurs. Étant donné qu’avant d’arriver à cette école, les élèves pouvaient traverser une rivière qui causait toujours des morts d’hommes, les habitants de ce village avaient jugé bon de créer une autre école qui porterait le nom de ce même village Ndolera car les parents avaient toujours peur  quand leurs enfants n’étaient pas encore revenus. Ils avaient alors créé une école qui s’appelle aujourd’hui Ndolera II.

  1. Ndóndékò (fuliiru) est en analysable en°N-tond-ik-o

°N : PN cl9

°-tond- : RV signifiant « commencer »

²°-ik- : suffixe formel

°-o : finale du résultat de l’action

S1 : commencement, début

S2 : Située au sud-ouest de cette localité, quartier  Maendeleo  à côté du stade Mugunga. C’est un lieu où les Blancs qui venaient de Lemera passaient leur  nuit. Avant la guerre de Mulele, il existait une école qui s’appelait Mutula « la paix », mais cette école n’avait pas pu évoluer. Ces blancs avaient stimulé la population de  créer encore une autre école dans ce milieu, et les gens avaient jugé bon de recommencer. Ils avaient créé une nouvelle école nommée Ndondeko. Tout  le début est difficile mais, il faut toujours de patience et de persévérance pour que l’école aboutisse aux objectifs visés.

  1. Tumika (swahili) est analysable en°ø-tum-ik-a

ºø : PV de  l’impératif

°-tum- : RV signifiant « travailler »

º-ik- : suffixe formel

º-a : finale

S1 : travaille

S2 : située au Nord-Est de la localité.  Dans ce village existait un champ de café très fertile. Chaque fois qu’il y avait récolte, les parents pouvaient inviter  leurs enfants de les accompagner. En arrivant au champ, leurs  fils refusaient de travailler,  les  parents  incitaient leurs enfants au  travail par un mouvement de colère. Ils avaient alors l’habitude de dire « tumika mbiyo » en swahili, ce qui signifie « travaillez vite ». Ce champ avait été t malheureusement  brûlé par des inconnus. Apres ce dégât causé par le feu de brousse, on construisit à cet endroit une  école  dénommée « Tumika ». On est parti de l’idée selon laquelle l’école est un endroit de travail intense, où ne  réussissent  que les audacieux et les courageux. La devise de cette école est «  discipline et travail » afin de concrétiser le nom de cet établissement scolaire.

Conclusion partielle

Dans le parcours de ce chapitre qui a porté sur les scholanymes de dix  (10) localités, nous avons segmenté ces scholanymes en morphèmes afin de   savoir le sens que véhiculent ces noms et la réalité vécue à l’école ou dans la société où ils sont implantés. Nous avons également remarqué que ces scholanymes contiennent des messages sociaux ou les circonstances vécues par la société.

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