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DEUXIEME CHAPITRE: LES SCHOLANYMES DES LOCALITES DU NORD ET DE L’EST

Les scholanymes que nous analysons et interprétons dans ce chapitre nous proviennent d’une enquête menée dans certaines écoles qui se  situent dans six localités. Ensuite, les localités sont groupées suivant l’ordre alphabétique et les scholanymes de chaque localité sont également classés selon l’ordre alphabétique. Vingt huit scholanymes ont été ciblés dans ce chapitre.

2.1. Les scholanymes de la localité de Gombaniro

Gombaniro est l’une des grandes localités de ce groupement. Elle se situe au Nord. Elle compte à son sein six écoles.

  1. Lubarika (swahili) est analysable en °lu-bar-ik-a

°lu- : PN cl11

°-bar- : RV signifiant « bénir »

°-ik- : suffixe impositif

°-a : finale de l’action

S1 : Qui bénit, le bénisseur 

S2 : Ecole située au Nord-Ouest de Gombaniro. Cette dernière porte le nom du notable de cette localité. Elle est le grenier de la localité entière. Aujourd’hui, certains estiment que  Lubarika est une localité, étant donné que c’est le nom le plus connu de ce village grâce à la bravoure et à la prouesse de ce notable. En effet, sa localité était solidaire et personne ne pouvait l’envahir.  De ce fait, en nommant ainsi cette école, l’on s’est rendu compte que la bénédiction est une grâce dans la vie des êtres humains bien que certains l’ignorent.

  1. Lútolà (fuliiru) est analysable en °lú-tol-à

°lú- : PN cl11

°-tol- : RV signifiant « ramasser »

°-à : finale de l’action

S1 : qui ramasse, le ramasseur

S2 : Ecole qui porte le nom du village situé au sud de la localité de Gombaniro.   La plupart des habitants sont des cultivateurs. Il y avait à côté de ce village une rivière qui, pendant la période pluvieuse, était très poissonneuse. Chaque fois que cette dernière était à cru, les habitants allaient ramasser des poissons sur ses rives. Cette activité prenait tellement d’envergure que les travaux champêtres étaient quasiment abandonnés pendant toute la période pluvieuse.

En attribuant le nom Lútolà à une école, l’on s’est référé à cette rivière où l’on ramassait les poissons. L’école reste un endroit où l’on acquiert les connaissances. Cette acquisition dépend de la manière dont chacun se mobilise pour apprendre. L’enfant vient en classe avec des connaissances vagues, limitées, qu’il faut alors façonner afin de les transformer en donnant une bonne forme reconnue par la société. Ce scholanyme a donc une fonction publicitaire. En effet, la référence à cette rivière passe un message selon lequel quiconque vient à Lútolà en viendra plein de connaissances comme on venait de la rivière qui portait ce nom plein des poissons.

  1. Lupango (swahili) est analysable en °lu-pango

°lu- : PN cl 11

°-pango : TN signifiant « clôture»

S1 : enclos ou clôture

S2 : Ecole qui porte aussi le nom d’un village situé à l’Est  de la localité où tous les habitants étaient éleveurs des vaches. Ceci revient à dire que  personne ne pouvait habiter ce village sans qu’il n’ait  au moins une vache. Pendant la nuit, ces vaches erraient partout et ravageaient les champs. Pour éviter ce fléau, les habitants s’étaient décidés de construire chacun un enclos. Vu l’importance de ce dernier, la population avait résolu de créer un établissement scolaire qui porte le nom «  Lupango » pour dire « enclos ».  Eu égard à ce qui précède, le donneur de ce nom considère que l’école est un enclos où l’on garde les élèves, c’est-à-dire tout simplement un lieu de protection.

  1. Utukufu (swahili) est analysable en °u-tukufu

ºu- : PN cl14

º-tukufu : TN signifiant « gloire »

S1 : Gloire

S2 : Ecole située au nord-ouest de la localité de Gombaniro, à côté du marché. Auparavant, vivaient dans le village où se situe l’école, des animaux très dangereux ou féroces, des léopards.

Ces bêtes avaient rendu le lieu inhabitable. Mais lorsque la population avait réussi à les chasser, elle était très contente et chantait «  utukufu », c’est-à-dire « la gloire ». C’est ainsi qu’on y avait créé une école portant cette dénomination. En fait, l’école constitue une gloire pour la communauté bénéficiaire. Elle reflète l’image de la société vaillante.

  1. Nàkábindi (fuliiru) est analysable en ° nà-ká-bindi

°nà- : TN signifiant « mère de, propriétaire de »

°-ká- : PN cl12

°-bindi : TN  signifiant « cruche »

S1 : propriétaire de la cruche

S2 : C’est un village situé au Sud- Est de la localité, à côté de l’église protestante YESU NI JIBU. Auparavant, il  y était  une femme spécialiste en poterie. Souvent les gens provenaient de différents villages pour s’y approvisionner en cruches. La potière était devenue riche. Lorsque cette femme avait abandonné ce métier, une école a été créée à cet endroit sous le nom de « nàkábindi ». Comparativement aux cruches pour la potière, l’école constitue une grande richesse pour la communauté. Elle apprend aux gens à additionner leur avoir pour qu’ils deviennent des hommes utiles à la société.

  1. Saint Paul

Ce scholanyme est inanalysable morphologiquement. Saint Paul est une école située dans la localité de Gombaniro. Elle porte le nom d’un Saint qui, au départ ne connaissait pas Dieu. C’était un Juriste turbulent qui, après avoir été converti, est devenu un grand chantre de la foi chrétienne au moyen de ses prédications dont l’essentiel se trouve regroupé dans la Bible et s’est livré à la sainte écriture de la Bible. Ainsi, parcourant la Bible, on trouve beaucoup d’écritures de l’apôtre Paul. L’école qui porte ce nom appartient au Diocèse catholique. Il en va de soi que ses fondateurs lui ont donné ce nom pour la recommander à la protection de ce grand saint de l’Eglise.

2.2. Les scholanymes de la localité de Kahùngwé

Kahùngwé est une localité située au Nord du groupement. Elle est montagneuse et compte deux établissements scolaires.

  1. Kahùngwé (fuliiru) est analysable en ºka-hùngwé

ºka- : PNcl12

º-hùngwé : TN signifiant « corbeau »

S1 : (petit lieu) des corbeaux

S2 : Ecole située au Nord de la localité de Kahùngwé, un village limitrophe à la chefferie de Kaziba, dans le groupement d’Itara/Luvungi. Dans ce village, il y avait beaucoup de corbeaux. Les gens les voyaient régulièrement là-bas sur ou sous les arbres. Les passagers leur jeter des pierres, mais ils n’y quittaient jamais. Ils semblaient se moquer de l’attaque de ces derniers. Ce qui faisait penser à la magie ou à un fait surnaturel. Ainsi, l’endroit était craint. Après le déboisement, tous se sont enfuis. On ne pouvait plus y voir même un.  L’on y avait construit alors une école dénommée Kahùngwé. Cette école compte aujourd’hui beaucoup d’élèves et les parents ne cessent d’y apporter leurs contributions.

  1. Kigàbiro (fuliiru) est analysable en °ki-gàb-ir-o

°ki- : PN cl7

°-gàb- : RV signifiant « partager »

°-ir- : suffixe applicatif

°-o : suffixe du résultat de l’action

S1 : le grand partage

S2 : Ecole située au Nord-Ouest de la localité de Kàhungwé, vers la limite entre la chefferie de Kaziba et celle des Bafuliiru. Auparavant, les chasseurs vivaient dans ce village. Ceux-ci avaient un endroit approprié où ils se partageaient leurs gibiers. Ils ne pouvaient diviser l’animal attrapé tant qu’ils ne soient arrivés à ce lieu. C’était le lieu propice et accoutumé à toutes formes d’échanges relatives à leur tournoi de chasse. Et tout le village savait cela. L’école est un endroit où l’on partage les connaissances et expériences de la vie. Beaucoup de bonnes et longues amitiés se sont nouées entre des personnes qui ont découvert qu’elles partageaient le même repas ou le même lit.

  • Les scholanymes de la localité de Katogota

Katogota est une localité située au Nord du groupement d’Itara/Luvungi. Elle est limitée au Nord par le territoire de Walungu, au Sud par la rivière Ruzizi. Elle compte deux écoles.

  1. Furaha (swahili) est analysable en °ø-furaha

°ø- : Morphème Zéro de cl9a.

°-furaha : TN signifiant « Joie »

S1 : joie

S2 : Furaha est une école située au Sud de cette localité. Tous les habitants de cette localité y compris leurs notables vivaient dans un climat de joie et les villages voisins commencèrent à appeler ce dernier, village de joie. Lorsqu’on y avait créé une école, elle porta aussi ce nom « Furaha » signifiant la joie.

L’école constitue un grand facteur de développement sur le plan social, intellectuel, moral  et physique. Elle doit être un milieu de joie pour les élèves et non, un lieu pouvant frustrer ces derniers. Ainsi, sommes-nous d’accord que l’école serait un milieu éducatif où nos élèves apprendront sans peur.

  1. Katogota (swahili) est analysable en°Ka-tog-ut-a

°ka- : PN cl12

°-tog- : RV signifiant « bouillir »

°- ut-: suffixe formel

°-a : finale d’action

S1 : (Lieu) qui bout

S2 : C’est une école qui porte le nom d’un toponyme situé au nord de cette localité. Ce village est limité à l’ouest par le territoire de Walungu, au sud par la République du Burundi. Cette école a été créée par les missionnaires xavériens, étant donné qu’ils aimaient beaucoup ce village. 

Le toponyme Katogota contient deux petites rivières toujours en eau thermale. Les missionnaires avaient attribué ce nom à leur école vu la renommée de ces deux petites rivières en question. L’école est un endroit où il fait bouillir. Lors  des examens, beaucoup d’élèves se sentent malades car leurs mémoires chauffent. On ne peut prétendre obtenir un titre scolaire sans qu’on ait bouilli la mémoire. Donc, il faut faire travailler la capacité intellectuelle ; beaucoup supporter afin d’obtenir un titre scolaire.

  • Les scholanymes de la localité de Luvungi-Centre

Luvungi-centre est la localité la plus peuplée du groupement d’Itara/Luvungi. Elle est située à l’Est du groupement. Elle organise huit écoles.

  1. Iyombè (fuliiru) est analysable en°i-yombè

ºi- : PN cl5

º-yombè : TN signifiant « marché »

S1 : marché de samedi.

S2 : Iyombè est le nom d’un marché qui était situé dans cette localité. C’était même le plus grand marché parmi tous les autres marchés du groupement d’Itara/Luvungi. Ce nom a été attribué à ce milieu à cause d’une clientèle extraordinaire des boissons des bananiers. Ce marché était fréquenté chaque samedi. Les vendeurs de ces boissons étaient tous mobilisés pour y vendre étant donné qu’ils recevaient beaucoup d’argent.

A la chute de ce marché, on implanta à ce même lieu une école qui prit le nom de  « Iyombè ». On est parti de l’idée selon laquelle l’école sera un lieu très bénéfique pour la formation exigeante des enfants.

  1. Maendeleo (swahili) est analysable en°ma-end-ilil-o

°ma- : PN cl

°-end- : RV signifiant « aller »

°-ilil- : suffixe répétitif

°-o : suffixes du résultat de  l’action 

S1 : Progrès, la continuation

S2 : L’école Maendeleo est située dans la localité de Luvungi-centre. Cette dernière donne des cadeaux surtout aux élèves qui réussissent avec soixante-dix pour cent et plus. Ces cadeaux offerts les stimulent à s’efforcer davantage afin de gagner des récompenses.

Le directeur organisait un concours pour vérifier si ceux qui sont dans le degré terminal ne pouvaient pas causer la honte lors des dernières proclamations. En d’autres termes, l’établissement les préparait à une victorieuse proclamation en leur soumettant à bien d’épreuves. Chaque société veut le développement, c’est à elle de se mettre au travail.

Le donneur de ce nom présupposait qu’il n’existe pas de développement sans travail, sans amour, sans union, et que l’école ne peut fonctionner que si chacun y apporte son soutien. Les parents, les élèves et l’Etat, tous ont une responsabilité dans le cadre du développement. Ceci ne cadre-t-il pas d’ailleurs avec cette proposition de Bernard Dadier : « Le travail assure l’indépendance ».

  1. Mapendo (swahili) est analysable en°ma-pend-o

ºma- : PN cl6

º-pend- : TN signifiant « Aimer »

°-o : suffixe  du résultat de l’action

S1 : Amour

S2 : Mapendo est une école située à l’Est de  la localité.  Vu que l’amour régnait  dans cette école, tout le monde avait intérêt d’y envoyer son enfant. Ainsi, l’école avait eu trop de succès.

L’école est un milieu de sociabilité comme nous l’avons évoqué bien avant. Beaucoup d’élèves sont devenus des frères, des amis intimes par le simple fait d’étudier dans une même classe. Ce  qui justifie la dation de  ce  nom à cette école.

  1. Mwanamboka (lingala) est analysable en °mu-ana-N-boka

°mu- : PN cl1

°-ana- : TN signifiant « enfant »

°-N- : PN cl9

°-boka : TN signifiant « village »

S1 : l’enfant du village

S2 : Est une école située au sud de  la  même localité. Dans ce village, il existait un camp militaire. Chaque fois que ces militaires arrivaient, ils pouvaient s’installer automatiquement dans le même camp. Les frères qui venaient leur rendre visite,  n’y avaient pas  d’accès. Ainsi  pouvaient – ils  rester chez les voisins du camp. C’est sous cet angle  que les habitants de ce village avaient créé une école qui portait un  nom en  Lingala. Etant donné que ce village était dominé par les militaires qui s’exprimaient dans cette langue. L’école est un bien public, c’est un don de tout le monde. Chaque personne doit être consciente que l’école n’est pas un bien d’autrui mais un bien de nous tous. Nous devons la garder et bien la protéger.

  1. Usalama (swahili) est analysable enºu-salama

°u- : PN cl14

°-salama : « bien »

S1 : Calme, sécurité

S2 : Cette école se situe au Nord de la localité. Le soir, les élèves quittaient d’autres écoles pour aller y étudier. Les enfants ne voulaient pas quitter ce lieu étant donné que seuls les élèves pouvaient y accéder. Tout le monde aime ce lieu car il fait beau d’y rester. L’école qui s’appelait « Tulinde » « protégeons » avait changé automatiquement la dénomination de « Usalama». Aujourd’hui cette école continue à exister.

  1. Shahidi (swahili) est analysable en ºø-shahidi

ºø- : Morphème Zéro de cl 5a

º-shahidi : TN signifiant « témoin »

S1 : Témoin

S2 : Est une école située au Sud- Ouest dans la localité de Luvungi- centre.

C’est dans cette localité que nous trouvons les premiers habitants de ce groupement. Ceux qui vivaient dans ce quartier jouissaient d’une  paix incontestable au point que  personne  ne pouvait l’abandonner. Les autres ayant appris cette  bonne nouvelle de leurs confrères, tous eurent l’ambition où l’intention de venir y  habiter. C’est grâce à ces bons témoignages que l’on avait créé une école dans cette localité dénommée « Shahidi », étant donné qu’il y avait une paix et une sécurité admirées par toute la société

  1. Bethlehem

C’est une école qui se situe dans la localité de Luvungi-centre.  Bethlehem, scholanyme d’emprunt désignant un endroit sacré, de paix par où Jésus  passa  avant d’entrer à Jérusalem. Il est aussi la ville native de Jésus Christ. L’école est endroit digne d’un respect absolu. On y apprend aussi le savoir vivre en privilégiant la paix.                                                                                                                                                                        

  1. Saint Pierre Claver

Cette école est située dans la localité de Luvungi-cent.  Le nom de cette école relève de l’emprunt. Cet anthroponyme signifie  le renouvellement de la foi au modèle de l’apôtre Pierre. C’est sur toi que je bâtirai mon église, déclara le seigneur. Après cet acte de renouvellement de la foi, il avait été enterré à Jérusalem.

Sa tombe a constitué un mausolée  et ses os sont appliqués à l’image des reliques c’est-à-dire que chaque Eglise Catholique, avant d’être inaugurée, l’on doit placer cette relique à l’Autel. Une Relique est un ensemble des restes du corps ou objet lié à la vie terrestre des saints conservés pieusement et vénérés.

L’école constitue une éducation morale, intellectuelle et physique. Tout cela témoigne de  la qualité de l’être humain. Les donneurs de ce scholanyme pensent que le Saint Patron peut intercéder pour eux.

  • Les scolanymes de la localité Munanira

Munanira est une localité située au Nord du groupement d’Itara/Luvungi. Elle est limitée au nord par le territoire de Walungu. Elle compte trois écoles.

  1. Lúhùkula (fuliiru) est analysable en °lú-hùk-ul-a

°-lú : PN cl11

°-hùk- : RV signifiant « battre »

°-ul- : suffixe formel

°-a : finale

S1 : Qui bat

S2 : C’est une école située au Nord-Ouest de ladite  localité. Jadis, il existait dans cette localité une personne qui aimait provoquer les autres. Lorsqu’elle échouait, elle courait  se cacher dans une touffe.  Après quelques  années, une école    portant  son nom avait été construite à cet endroit. 

L’école est un  lieu où l’on se bat avant d’arracher la victoire. L’élève ne peut réussir qu’après avoir mené un combat.

  1. Kàfizi (fuliiru) est analysable en°kà-fizi

°-kà :-PN cl 12 (avec nuance diminutive)

°-fizi : TN  signifiant « taurillon »

S1 : petit taurillon

S2 : Ecole située au Nord-Ouest de cette localité. La localité de Munanira était habitée par la majorité des éleveurs. Ils construisaient des clôtures dans leur concession où ils gardaient ces petits taurillons. Ces taurillons beuglaient à la longueur de la journée si bien que tous  les habitants s’émerveillaient pour leur beuglement. Même les habitants de milieux environnants visitaient ce village  afin d’assister à ce spectacle amusant. Au sein de cette localité, existe une école Kàfizi, un taurillon susceptible de provoquer un spectacle amusant auquel tout le monde aime assister.

L’école Kàfizi, avait comme mission de recevoir n’importe quel élève (visiteur) qui affiche l’intérêt d’apprendre. L’école est comprise ainsi comme un lieu attrayant où les élèves doivent se sentir à l’aise.

  1. Makimbilio (fuliiru) est analysable en °ma-kimb-ilil-o

°ma- : PN cl6

°-kimb- : RV signifiant « courir, fuire » 

°-ilil- : suffixe répétitif   

°-o : suffixe du résultat de l’action

S1 : la fuite, la course

S2 : Ecole située au centre  de cette  localité  de Munanira. Lors des conflits de 1964, les habitants de ce village étaient en danger  heureusement, il y avait une caverne qui était et qui est encore actuellement dans ce milieu. La  population se cachait dans cette caverne et tout le monde qui c’était caché dans cette dernière avait échappé à la mort.

 L’école reçoit des élèves provenant des milieux différents en dépit de différents comportements   mais elle parvient à les maitriser et à les garder. 

  1. Uvumilivu (swahili) est analysable en ºu-vum-il-iv-u

ºu- : PN cl14

°-vum- : RV signifiant« supporter, endurer »

°-il- : suffixe formel

°-iv- : suffixe passif

°-u : finale du résultat de l’action

S1 : la patience 

S2 : C’est une école située au Sud-Ouest de  la  localité.

Jadis, il y avait un notable qui vivait dans ce village. Chaque fois que les gens venaient se plaindre  de  leurs dettes que possédaient surtout leurs voisins, le notable avait l’habitude de  leur signifier « uvumilivu » signifiant « patience, persévérance ». Ainsi le notable avait créé une école portant sous le nom  Uvumilivu. L’école est un lieu où l’élève vient avec sa mentalité, ses caprices, … à l’enseignant de supporter d’abord son comportement  afin de  leur  rendre utile, étant donné que l’école est un endroit où réussissent les patients, les courageux ainsi que les audacieux

  • Les scholanymes de la localité de Rugobagoba

Rugobagoba est une localité située à l’Est du Groupement d’Itara /Luvungi, dans la chefferie de Bafuliiru. Elle est la plus peuplée parmi toutes les autres. Cette localité compte six écoles.

  1. Gàlamá (fuliiru) est analysable en°ø-gal-am-a

° ø- : Morphème zéro du  PV de l’impératif

º-gàl- : RV   signifie « coucher »

º-am- : suffixe formel

º-á : finale

S1 : coucher en observant dans l’air

S2 : Ecole située au centre de la  localité. Dans cette localité existait un camp militaire. Quand les troupes militaires étaient en « cross », les gens qui se rendaient au camp disaient que ces derniers couchaient alors que c’était un apprentissage. Ce camp est aujourd’hui une école portant sous le nom  Gàlamá  « signifiant » coucher

L’école est un milieu où l’on apprend aussi les exercices physiques, étant donné que les élèves ont besoin aussi des entrainements physiques, pour adapter  leurs organismes, afin d’éviter  certaines maladies comme la diabète, l’hypertension, etc. 

  1. Kigóbe: (fuliiru) est analysable en °ki – góbe

°ki : PN cl 7

°-góbe : TN signifiant « plantation »

S1 : la grande plantation

S2 : C’est une école implantée dans la localité de Rugobagoba, à l’Est de cette dernière. Jadis, cet endroit était réservé à la culture du coton, chaque saison culturale, les habitants étaient mobilisés pour cultiver le coton.

Au fur et à mesure qu’il y a eu une croissance démographique, le chef avait pris l’initiative d’y construction une école dénommée « Kigóbe », Car Kigóbe est un endroit productif. En attribuant ce nom à cette école, le donneur avait l’intention de faire  de celle-ci  le  reflet de la même  réalité. Il est vrai que l’école constitue un facteur de développement et de productivité. Actuellement, cette école est entourée de  champs où l’on cultive  l’ arachide,  le haricot, le  maïs, etc. Kigóbe est un lieu de production pour les élèves.  Ils en sortent avec un bagage non négligeable pour leur avenir,  car  l’école ne leur apprend pas seulement la science, mais elle vise  une formation intégrante.

  1. Mapatano (swahili) est analysable en°ma-pat-an-o

° ma- : PN cl6

°-pat- : RV signifiant « trouver, avoir »

°-an- : Suffixe réciproque

°-o : finale marquant le résultat de l’action

S1 : trouvaille

S2 : Ecole située à l’Est de la localité , quartier Mukogabwe. Dans ce quartier vivait un vieil homme qui était très honnête et sage. Chaque fois qu’il  se déplaçait, le chef de quartier devrait être informé, quand le chef lui  donnait une injonction, il devrait nécessairement la respecter. Ainsi, ce  monsieur était devenu un honorable. L’école comme institution, est un lieu qui réunit  les enseignants, les élèves et les parents  après les vacances. Ils sont soumis à un règlement qui nécessite le respect. L’école ne peut évoluer que si seulement les précités respectent les lois, les conventions, etc. Et en se retrouvant, ils sont contents. 

  1. Mútùla (fuliiru) est analysable en° mú-tùla

° mú- : PN cl3

°-tùla : TN signifiant « paix »

S1 : la paix

S2 : Mútùla est une école située au sud  de  la localité de Rugobagoba.  Dans ce village, il y avait un terrain où les enfants  jouaient.  Chaque dimanche les enfants amenaient de la  nourriture et après le match, ils se la  partageaient en dialoguant même avec ceux qui avaient été battus. Ainsi, les gens qui participaient ou qui suivaient ce match, tous étaient contents et disaient que ces enfants s’aimaient. Après que ce terrain était  entouré  de  maisons, on  y  avait créé une école dénommée Mútùla « paix ».

On est parti de l’idée selon laquelle  l’école est un milieu où il y a une bonne entente entre les élèves, les enseignants et  les  parents.  Elle ne doit  être  un endroit de  querelles ni de bagarres. Il doit y avoir un bon climat de travail entre ses différentes couches sociales  qui  la constituent. La paix et le dialogue constituent le premier facteur de développement.

  1. Tumaini (swahili) est analysable enºø-tumaini

ºø : Morphème zéro de  PN cl 5a

º-tumaini : TN signifiant « espoir »

S1 : espoir

S2 : Une école située  au nord, dans la même localité.  Jadis,  il y  avait une église où  on priait quatre fois par semaine. Quelques fidèles venaient de différents milieux  pour prendre part à cette prière. Même les femmes enceintes venaient accoucher à cet endroit. Même les personnes qui avaient de  différents problèmes  y venaient pour la prière. Quand les gens ne fréquentaient plus cet endroit, on y  avait créé une école  qui a  comme dénomination école primaire « Tumanini »  étant donné que c’est un endroit où les gens avaient l’espoir de trouver la guérison.

  1. Rugombò (fuliiru) est analysable en º lu-gomb-ò

ºlu : PN cl11

º-gomb- : RV signifiant « succéder »

º-ò : finale du résultat de l’action

S1 : la succession

S2 : Est une école située, au sud-ouest de cette localité. Cette école porte le nom d’un toponyme d’origine Burundaise « Rugombo » étant donné que cette localité est très proche de Rugombo. La population qui habite ce lieu est en majorité des  musulmans et chaque fois elle    est en conflits de l’exercice  du pouvoir confessionnel.

Comme les musulmans de Luvungi étaient proches de  ceux de Lugombò, ils  ont hérité de  cette mauvaise habitude.  En créant l’école à Luvungi, ces musulmans l’avaient dénommée Rugombo dans le but  de se souvenir de périodes de conflits successoraux qui déchiraient la communauté musulmane. L’école est un lieu public où tout le monde peut exercer une  fonction sans distinction de race, de religion, ou de sa  famille d’origine. Donc,  chacun doit y  apporter sa contribution sans tenir compte des fonctions qu’il pourrait ensuite occuper.

Conclusion partielle

Ce  deuxième chapitre est  consacré à l’analyse morphologique et  à  l’interprétation socioculturelle des noms des écoles implantées dans six (6) localités. Les uns se situent au Nord et les autres à l’Est de ce groupement.

Après analyse, nous nous sommes  rendu compte que certains scholanymes proviennent des milieux où ils sont implantés et véhiculent des messages assez particuliers. D’autres scholanymes  relèvent de l’emprunt linguistique.    

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