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CHAPITRE PREMIER : CADRE THEORIQUE ET PRESENTATION DU CORPUS

Pour mieux appréhender le contenu de ce travail, il nous paraît nécessaire d’élucider les concepts clés qui le constituent.    

1.1 LES SCHOLANYMES

Le terme scholanyme a été proposé au monde scientifique par le Professeur BAPOLISI Bahuga Paulin en 2010  pp 33-42 dans son article intitulé De la « scholanymie » dans la ville de Bukavu afin de designer l’étude des noms propres des écoles.

Ce mot est un néologisme qui vient à la fois du latin et grec « schola » signifiant « école ». Le scholanyme n’est alors rien d’autres que le nom propre  d’une école. La scholanymie cherche ainsi à analyser les noms propres des écoles en tant que signes linguistiques dont la dation n’est pas hasardeuse.

L’Encyclopaedia Universalis définit le nom propre comme «  partie du discours qui sert à désigner un individu, à l’interpeller, à faire référence à lui, à l’identifier, bref, à le nommer. Il est considéré comme le corrélat singulier d’une entité individuelle » (1976 :385).

Selon les Anthropologues dans Encyclopaedia Universalis, « le nom concerne les individus comme l’occupant d’une place singularisée dans le système parental et social, dans l’état civil ». (1976-386)

Jean Mill et alii affirment que «  les noms propres permettent de désigner un individu sans rien dire de lui et sans le décrire ». (1976 :386).

Frege Zonabend dira que « les noms propres ont d’abord essentiellement un sens, et seulement de manière contingente, une référence » (1976 :387). Ils ont une référence à la condition qu’un seul et unique objet satisfasse  leur sens. Levis-Straus dans The theory of proper names ajoute qu’un « nom propre est un mot ou groupe de mots dont on reconnait qu’ils ont l’identification pour but spécifique, et qui atteignent ou tendent à atteindre le but au seul moyen de leurs sonorités distinctives, sans tenir compte du sens qui a pu être possédé primitivement par ces sonorités, ou a pu être acquis par elles du fait de son association avec l’objet ou les objets identifiés ». (1976-387)

1.2. DE L’ATTRIBUTION DU NOM  A UNE ECOLE

            Ce volet consistera à répondre à la question du type « Qui attribue le nom à une école ? ». Avant de répondre à cette question, nous allons d’abord montrer qu’on ne donne pas le nom à une école au hasard. Celui qui le donne, le choisit, non seulement en fonction de sa vision, mais aussi selon « l’image acceptable » qu’il veut proposer à la communauté, car il en va de la crédibilité, de la sociabilité et de la visibilité  de son œuvre ; c’est pourquoi nous soulignons que le nom ne se donne pas au hasard.

Chaque promoteur fait une prospection pour trouver un site où il érigera son école, en tenant compte de plusieurs paramètres. En même temps, il réfléchit déjà sur le nom qu’il lui attribuera, à la fois pour la différencier des autres, annoncer sa vocation spécifique, affermir son identité, lui attirer une certaine considération et lui garantir un pouvoir d’attraction.

  Le promoteur est généralement une autorité physique ou morale dont on reconnaît le pouvoir de donner le nom à l’école : un évêque, une communauté, un homme opulent (très riche) ou idéaliste… Le nom à attribuer trouve son origine dans l’idéologie, les circonstances et bien d’autres facteurs en amont.

Dans tous les cas, chaque nom est un message revêtant des facettes : la facette officielle ou manifeste et la facette informelle ou « non visible » qui traduit la vie réelle et quotidienne de l’école.

  Ainsi, par exemple à l’institut USALAMA qui signifie « la paix », le vœu déclaré est d’apporter la paix sans distinction de ceux qui le fréquentent. Mais, entre l’intention et la réalité qui est vécue, il y a un fossé évident.

Des exemples de ce genre sont nombreux chez les Bafuliiru et ailleurs.

Aussi, peut-on considérer sans exagérer que certains noms apparaissent comme des « masques » utilisés pour dissimuler ou cacher la réalité. Ils ne sont donc pas à prendre au pied de la lettre, dans une espèce de naïve  transparence, mais bien comme le résultat d’une stratégie, d’un marketing dont un promoteur peut faire usage pour forger une image de son établissement sur l’échiquier scolaire, et pour en assurer une publicité attachante. Ainsi, il s’avère indispensable qu’en attribuant le nom à une école, le donneur de ce dernier le fait en fonction d’un objectif bien précis   que ce nom ne reflète pas la même réalité dans toutes les sociétés.

 1.3. L’ECOLE

  Pour des raisons de commodité, nous utiliserons le terme « école » pour designer toutes les catégories d’établissements scolaires, qu’ils soient primaires ou secondaires, laïcs ou religieux, publics ou privés, mixtes ou non. Ceci évitera au lecteur la fastidieuse tâche de distinguer les multiples appellations (collège, institut, lycée, complexe scolaire,…) qui, parfois, ne reflètent nécessairement pas la réalité de terrain.

Le Dictionnaire Encyclopédique de Pédagogie moderne montre que le « terme école  dérive du latin schola et désigne l’établissement livrant des enseignements. Il permet également de faire allusion à l’enseignement que l’on donne ou reçoit, à l’ensemble des enseignants et des élèves d’un établissement scolaire, à la méthode, au style particulier de chaque professeur (maître ou maîtresse) d’enseigner, à la doctrine, aux principes et au système d’un auteur ». (1973 :406)

En art, l’école concerne « l’ensemble des disciplines d’un maître, des adeptes ou imitateurs d’une personne ou de sa doctrine. Le concept permet de distinguer les œuvres d’une époque ou région. L’Etat doit assurer l’éducation de son peuple. Ceci dit, il a pour rôle d’inspecter et de piloter les écoles de sorte qu’elles fonctionnent correctement tout en offrant un service éducatif de qualité aux élèves ». (1973 :405)

Suivant les nombreuses conceptions de l’enseignement, il y a lieu de mentionner différents modèles d’écoles : « l’école sélective (qui considère qu’il y a une culture dominante ayant des valeurs qui doivent être transmises), l’école compensatoire (les valeurs de la culture dominante sont les « normales » et elle tente de compenser les déficits afin de les atteindre), l’école compréhensive (elle met en lumière les valeurs positives et négatives de chaque culture), l’école inclusive (elle a pour base les capacités de chacun pour transformer le milieu et en finit avec l’inégalité) et l’école moderne (qui a pour but d’éduquer d’une manière rationaliste, séculaire et non coercitive) ». (http://www.les definitions.fr.école)

De nos jours, les écoles se divisent entre les publiques et les privées. Les premières se trouvent sous le contrôle de l’Etat et sont gratuites tandis que les écoles privées sont administrées par des particuliers ou des entreprises qui perçoivent une certaine somme pour les services  éducatifs apportés. (http://www.les definitions.fr.école)

D’après le Dictionnaire Encyclopédique de Pédagogique moderne, « l’école est une institution où les élèves, souvent répartis en sous groupes selon des critères d’âges, de niveau ou de spécialités, reçoivent un enseignement donné par un ou plusieurs maîtres » (1973 : 406).

« Les types d’écoles sont désignés par l’indication du niveau (école élémentaire, secondaire...), de la finalité spéciale (école technique, école d’architecture, école clinique...), des périodes d’ouverture (école à temps plein, à temps partiel, école d’Etat » (1973 :106)

Georges MIALARET, dans son Vocabulaire de l’éducation (1979), définit aussi l’école comme établissement où un enseignement est dispensé par un ou plusieurs éducateurs à une collectivité d’élèves.

Un arrêt de la cour de Cassation en date du 26 novembre 1903 a en effet fixé comme suit les critères d’une école :

               -Donner un enseignement habituellement en commun,

              - à trois enfants au moins appartenant à deux familles différentes au moins... 

Dans ce sens, le mot « école » s’utilise aussi bien pour des établissements groupant des jeunes enfants (école maternelle, école primaire, école secondaire...). C’est également un ensemble d’élèves et d’enseignants d’un même établissement ; travail réalisé dans un établissement ; doctrine artistique, philosophique qui a ses maîtres, ses adeptes, ses œuvres : (Ecole italienne, école cartésienne, école classique).

1.3.1. Rôle de l’école

Les écoles jouent un rôle très important dans le groupement d’Itara/ Luvungi. Les gens considéraient les écoles comme des corvées. C’est ainsi que l’accès à la culture se réalise en premier lieu par l’éducation et la formation. Dans ce cadre, l’école à une place importante dans la communauté.

D’une part, elle est un lieu d’apprentissage pour les jeunes ; d’autre part, elle est un lieu de sociabilité et d’échanges.

           A travers ses objectifs éducatifs, l’école est l’un des canaux de transmission culturelle auxquels tout le monde est confronté. Lorsque l’on parle de la culture transmise par l’école, on évoque surtout les savoirs théoriques que tout le monde apprend. Pourtant, l’école transmet également le savoir-faire, le savoir-être et  les attitudes.

Voilà divers exemples montrant que l’école joue un grand rôle dans la société et permet même la rencontre avec de nombreux éléments culturels. Au-delà de tout ce que peut apporter l’éducation, l’école est aussi un lieu de rencontre entre élèves. C’est même le premier lieu de sociabilité pour les jeunes, les enseignants et quelquefois les parents. C’est un lieu où s’affichent les styles, la façon de parler, les pratiques de consommation, les pratiques d’initiation, les références médiatiques, etc. Il est aussi possible d’y rencontrer des jeunes appartenant à des groupes différents. Ceux-ci choisissent de partager des références culturelles avec certains ou d’enrichir des différences rencontrées chez d’autres. Ainsi l’école devient un milieu de partage et de diffusion des modèles culturels. Et bien d’autres lieux permettent cette sociabilisation des jeunes entre eux : le terrain de sport, le café, le cinéma, le cyber café, les boîtes, etc. Ainsi, l’école a une grande importance dans les sociétés modernes qui lui accordent un rôle d’agent de socialisation.

 Elle est le partenaire majeur de la préparation des auteurs de demain ; mais les attentes très nombreuses que la société entretient vis-à-vis d’elle sont souvent déçues : trop de  jeunes échouent, l’école n’arrive pas à intégrer tout le monde de façon satisfaisante, impression que les diplômes ne savent rien faire, les jeunes n’apprennent pas  à se mobiliser, à se prendre en charge.

            Les parents savent à quel point la réussite scolaire est importante pour l’avenir de leurs enfants, mais ils ne s’engagent pas toujours suffisamment dans la prévision du processus  éducatif de leurs jeunes et ils ont tendance à renvoyer la balle des responsabilités. L’école est la principale communauté extra-familiale. L’univers social qu’offre la communauté scolaire influence sur la socialisation des enfants et plus tard des adolescents.

Il est important de signaler que la réussite ou l’échec de nombreux élèves est liée au laisser-aller de certains parents et pourtant l’on est en mesure de repérer quelques pistes de précautions de ces échecs. Il ne manque que la volonté d’agir sérieusement pour offrir aux jeunes un environnement mieux adapté à leurs besoins. La famille exerce aussi un considérable cheminement scolaire. Nous disons que le degré de participation des parents dans le projet éducatif de leur enfant fait de plus en plus sa différence entre la réussite et l’échec. En se référant à l’interaction famille-école, trois principaux agents sont à la base de cette réussite du jeune notamment : l’élève lui-même, ses parents et l’école.

On remarque que l’élève est l’acteur principal, la famille l’auteur de soutien et l’école est le metteur en scène. La façon dont elle s’acquitte de ce rôle est souvent déterminante dans le succès ou l’échec scolaire. Cette contribution n’aura d’effet que dans la mesure où le potentiel d’apprentissage de l’élève sera mobilisé dans cette entreprise et où les parents auront été amenés à assurer leur rôle de soutien. Aujourd’hui, dans certaines sociétés démocratiques, l’école, l’une des principales instances d’intégration, a comme but de donner un enseignement de qualité à tous les individus quelle que soit leur origine sociale et culturelle en donnant à tous des chances égales de réussite. Ainsi, l’école va alors enseigner une culture commune à tous les enfants et notamment la langue française comme langue officielle en République Démocratique du Congo.

1.3.2. La valeur sociale des écoles dans le groupement d’Itara-Luvungi

Jadis, les habitants de ce groupement considéraient l’école comme une corvée, une prison, établissement clos aménagé pour recevoir des délinquants condamnés à une peine. Quand les gens voyaient un blanc qui animait et sensibilisait, ils devraient automatiquement se cacher ou prendre fuite. Au fur et à mesure que les sensibilisations continuaient, les gens comprenaient le rôle de l’école en reconnaissant que celle-ci n’est autre qu’un lieu d’apprentissage. Pendant cette période, les habitants du groupement  faisaient scolariser seulement les garçons.

Par contre, les filles n’avaient pas droit à la scolarisation en ce sens que les parents considéraient ces dernières comme biens d’autrui (considération rétrograde). Mais aussi cela était à la base des inégalités  sociales de genre. « Scolariser une fille, c’est arroser une fleur qui est dans le jardin d’autrui », dit-on.

Il importe de noter que nous  avons reconnu  que l’école nait de la société  comme l’enfant naît de  la famille. Ainsi, actuellement chez les Bafuliiru, l’école constitue un facteur très important dans les secteurs de développement et de production. Nous pouvons dire que, dans ce groupement, l’éducation  a une triple finalité :

  • Adopter et intégrer l’individu dans la société. Ceci veut dire que la socialisation constitue la fonction première de l’éducation consiste à intégrer l’individu dans son milieu ;
  • Apprendre aux individus les responsabilités ;
  • Transmettre également la culture.

Cependant, la population souhaite que les individus puissent remplir les fonctions de producteur (fonction économique), de citoyen et la fonction morale comme dans d’autres sociétés congolaises.

            En définitive, les écoles, dans ce groupement, représentent socialement aujourd’hui un facteur de développement, étant donné que tout le monde se bat pour scolariser ses enfants sans distinction de sexe, et les organisations se sont battues pour qu’il n’y ait plus ces inégalités liées au genre.           

1.4. LA MORPHOSEMANTIQUE

La morphosémantique est un adjectif invariant (linguistique) relatif à la forme et à la signification des mots. Pour bien appréhender ce concept, nous allons d’abord définir la morphologie et   ensuite la sémantique.

1.4.1. La morphologie

La morphologie est une étude qui s’intéresse au morphème (unité minimale significative). Ici, le linguiste se propose d’étudier les formes des mots en vue de présenter leur signification particulière.  

En linguistique moderne, Dubois (2007 :311) signale que le terme de « morphologie a  deux acceptions : ou bien la morphologie est la description des règles qui régissent la structure interne des mots, c’est-à-dire les règles de combinaison entre les morphèmes racines pour constituer des mots, (règles de formation des mots préfixation et suffixation) et la description des formes diverses que prennent ces mots selon la catégorie de nombres, de genres, de temps, de personnes, etc. »

La morphosémantique, dans le cadre de notre travail,  va alors s’intéresser à l’étude des formes et des significations des mots. Elle cherche à analyser le nom propre de chacune des écoles de notre corpus dans l’objectif de déceler  le sens qu’il véhicule au sein de la société qui dénomme l’école comme tel.

1.4.2. La sémantique

La sémantique est la discipline scientifique qui étudie le sens et les significations des mots.            Le mot sémantique dérive du grec « semantikos » (signifié) ou sema « signe, marque. » Il a été repris en 1897 par le linguiste français Michel Bréal, auteur du premier traité de sémantique dont le titre est Essai de sémantique (science des significations).

Selon  ……….. , « la sémantique désigne aussi l’étude du langage du point de vue du sens, que celui-ci soit analysé au niveau des morphèmes ; des mots, des phrases » (2010 : 225). Elle vise aussi à rendre compte des phénomènes signifiants du langage.

Pour lui, la théorie cherche à étudier les faits linguistiques tels que les relations du signifiant au signifié ; causes et formes des changements de sens : extension, restriction, spécialisation.

Quant à ALAIN REY, (1973 :286-287), la sémantique est « l’étude des significations de tout système de communication. Dans le domaine linguistique, ajoute-t- il, la sémantique (…) désigne l’étude des phénomènes signifiants, opposée à celle d’autres composantes des langues ».

JACQUES JAYEZ, (2009 : 4), montre que la « sémantique est cette discipline qui étudie la signification conventionnellement attachée aux formes et expressions des langues naturelles, plus généralement des référents (ce à quoi renvoie) des formes ou des mots ».

Pour Balyon-Fabre, cité par Peter Mihalovics, la sémantique est la science ou la théorie de significations linguistiques ; il lui appartient d’étudier l’identité des signifiés ainsi que leurs variantes. » (1978 :8)

Nous pouvons conclure que les quatre auteurs cités ci-dessus (pour l’étude sémantique) se complètent et touchent tous l’aspect de l’étude des significations des mots et leurs sens.

1.5. INTERPRETATION SOCIOCULTURELLE

Pour mieux expliquer ce concept, il serait nécessaire  de le décomposer en deux mots.

1.4.1. Interprétation

Dans le Grand Dictionnaire de linguistique et sciences du langage, on appelle interprétation, « l’attribution d’un sens à une structure profonde (interprétation sémantique) ou l’attribution des traits phonologiques et phonétiques à une structure de surface (interprétation phonétique) : la première de ces deux opérations consiste à appliquer des règles sémantiques à une structure profonde donnée ; la seconde consiste à réaliser par la parole une structure grammaticale interprétée sémantiquement. » (2007 : 311)

D’après Le Petit Robert, « l’interprétation est l’action d’expliquer, de donner une signification claire (à une chose obscure) ; son résultat. » (2012 : 1357)  

1.4.2. Socioculturelle

Selon le dictionnaire universel, le terme « socioculturel » est un adjectif qui concerne à la fois une société ou un groupe social et la culture qui lui est propre. (1995 : 485)

Il convient donc de signaler que l’interprétation socioculturelle visée ici n’est pas personnelle mais celle qui prend en compte les aspects culturels et historiques que les propos linguistiques impliquent.

Ainsi, cette interprétation socioculturelle cherche à expliquer le message que véhiculent ces scholanymes au sein de la société malgré que l’intention de celui qui les crée ne reflète pas toujours les mêmes réalités culturelles.   

1.6. PRESENTATION DU CORPUS

         Ce point porte sur la présentation de soixante cinq noms d’écoles sur lesquels porte notre recherche. Ce sont donc ces noms qui constituent notre corpus. Ils sont regroupés en quatre thématiques : les scholanymes liés aux relations familiales, ceux relatifs aux croyances, d’autres en rapport avec les relations chrétiennes ou morales, enfin ceux qui sont d’origine toponymique. Il convient de signaler, ici, que chaque appellation initiale s’accompagne d’une  traduction.

1.6.1. SCHOLANYMES LIES AUX RELATIONS FAMILIALES

No

Ecoles

Langues

Réseau

Sens

1.

2.

3.

4.

5.

6.

7.

8.

9.

10

11

Furaha

Kaana

Kígobe

Maendeleo

Mapatano

Mwanamboka

Ndóndèko

Tumaini

Ushindi

Ushirika

Uvumilivu

Swahili

Fuliiru

Fuliiru

Swahili

swahili

Lingala

Fuliiru

Swahili

Swahili

Swahili

Swahili     

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant 

Protestant

Protestant

Protestant

Joie

Petit enfant

Plantation

Développement, progrès

Convention, la trouvaille 

Enfant du village

Début, commencement

Espoir

Victoire

Cohabitation, collaboration

Persévérance, patience

Cette catégorie montre les relations entretenues par le donneur des noms et la famille ou la société dans laquelle il se trouve. Ces noms ne sont pas donnés au hasard, mais en fonction d’un message véhiculé au sein de la communauté. Etant donné que l’école a pour mission principale d’accorder à l’être humain une formation  scientifique adéquate pour sa transformation utile et de le mettre au service de la société qui le crée et le forme dans le but de s’en servir. Elle vise à promouvoir les modifications comportementales qui conduiront les élèves de l’état initial à l’état final.

1.6.2.  SCHOLANYMES RELATIFS AUX CROYANCES

No

Ecoles

Langues

Réseau

Sens

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

Bákàna

Búhérékó

Gálàma

Iyombè

Káfizi

Kálimbi

Kátoga

Kigábiro

Kirènga

Lúbúnga

Lúhúkùla

Lúshaka

Nákihinga

Shujaa

Tumaini

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Swahili

Swahili

Catholique

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant 

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant  

Veuves

Gris-gris, fétiche (ensorcellement)

Coucher

Marché de samedi

Petit taureau ayant un esprit dur

Piquet

Qui troue

Le grand partage

Qui passe

Où se rencontre les sages (mutualité)

Qui bat

Grand buisson

Mère de celui qui cultive

Courageux, brave

Espoir 

Ces scholanymes relèvent de la croyance. Les donneurs de ces noms étant coutumiers ou des hommes qui croient beaucoup à la coutume, ils les donnent avec intention en croyant que les noms de ces écoles vont refléter la même réalité. Hélas, d’une part, ces noms reflètent la même réalité et d’une autre part ils ne la reflètent plus ; ils étendent le sens sur d’autres réalités.

Le nom à attribuer à une école trouve son origine dans l’idéologie du promoteur. Le vœu déclaré est d’aider, sans restriction, ceux qui la fréquentent, mais entre l’intention et la réalité qui y est vécue, il y a un fossé évident. Des exemples de ces genres sont nombreux dans la société fuliiru et ailleurs. Aussi, peut-on considérer sans exagérer que certains noms apparaissent comme des  « masques » utilisés pour dissimuler ou cacher la réalité.

1.6.3. SCHOLANYMES EN RAPPORT AVEC LES RELATIONS CHRETIENNES OU MORALES

Ecoles

Langues

Réseau

Sens

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

Béthesda

Bethlehem

Heri

Huruma

Imani

Karibu

Makimbilio

Mapendo

Mútúla

Nuru

Saint Paul

Saint pierre Claver

Sainte famille                                                 

Shahidi

Shauri

Tumika

Tusome

Ufunuo

Usalama

Utukufu

Hébreux

Hébreux

Swahili Swahili

Swahili

Swahili

Swahili

Swahili

Fuliiru

Swahili

Français

Français

Français

Swahili

Swahili

Fuliiru

Swahili

Swahili

Swahili

Swahili

Protestant

Catholique

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Officiel

Protestant

Protestant

Catholique

Catholique

Catholique

Protestant

Protestant

Protestant

Officiel

Protestant

Protestant

Protestant

Lieu de miséricorde

Endroit sacré

Heureux, bienheureux

Pitié

Foi

Près de

La fuite, la course

Amour

La paix

Lumière, Eclairage

Le vertueux Paul

Le vertueux Pierre

Famille vertueuse

Témoin

Conseil

Travailler

Que nous étudions

Révélation

La paix

Gloire

Ces scholanymes évoquent des valeurs morales et chrétiennes ainsi que d’autres références toutes aussi positives. Souvent, les promoteurs qui choisissent ces noms espèrent que les saints patrons au cœur d’or peuvent intercéder auprès du très Haut  afin que les œuvres qui portent leurs noms soient prospères et fécondes. Il serait également possible de penser que ces noms qui évoquent les saints refléteraient l’image de ces Saints. Eu égard à ce qui précède, nous remarquons aussi que ce sont les écoles catholiques qui portent le plus souvent les noms des Saints.

1.6.4. LES SCHOLANYMES D’ORIGINE TOPONYMIQUE

No

Ecoles

Langues

Réseau

Sens

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

16

17

18

Búhólo

Búlambo

Cíbanda

Káhúngwe

Kámòto

Kátóga

Katogota

Káwizi

Kíbúngu

Kyúgámo

Lubarika

Lupango

Múlwa

Nákábindi

Námúziba

Ndólera II

Rúgombo

Rútóla

Fuliiru

Fuliiru

Mashi

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Swahili

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Swahiliá

Swahili

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Fuliiru

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Protestant

Catholique

Musulman

Douceur

Montagne

Vallée 

Petit lieu des corbeaux

Petit poisson

Qui troue

Milieu qui bout

Petit mijondo (Sambaza)

Nuage, brouillard

Qui abrite

Grande bénédiction

Enclos, clôture

Terrain des batailles, guerres

Propriétaire de la cruche

Mère de qui ferme

Regardes/vois pour moi

Succession

Qui ramasse

Nous nous trouvons ici en présence d’une autre série de noms d’écoles, celle des établissements qui tirent leurs appellations essentiellement du milieu dans lesquels ils sont implantés. Ainsi, elle cherche à cerner les influences sociologiques et culturelles qui interviennent dans la dation d’un nom propre à un lieu qui, par la suite sera attribué à l’école érigée dans le même milieu. Le choix de cette catégorie a-t-elle été dicté par l’intention de l’initiateur, celle de voir son œuvre s’étendre au sein de la communauté et valoriser le milieu en montrant que cette école est le bien de la société et non son bien privé. Tout compte fait, de tels  scholanymes reflètent l’identité entre l’école et le milieu où celle-ci est implantée.

Conclusion partielle

            Dans ce chapitre, nous avons défini les concepts clés du sujet sur lequel porte nos investigations. Nous avons remarqué que le nom ne se donne jamais au hasard parce qu’il est un signe linguistique comme tout autre signe linguistique servant à la communication. Il se remarque quant aux considérations sociales, que dans la société fuliiru, l’école est un lieu d’apprentissage pour les individus, un lieu de sociabilité et d’échange. Elle contribue aux facteurs du développement et de production étant donné qu’elle est le partenaire majeur de la préparation des citoyens de demain. L’école est pour  la société ce que l’enfant est pour la famille car c’est la société qui fonde l’école à son image, lui donne le nom, ses objectifs institutionnels et les ressources, et est  en définitive bénéficiaire ou victime de ses résultats. C’est pourquoi l’on dit que l’école est le miroir de la société. 

Ensuite, nous avons présenté les scholanymes selon l’ordre alphabétique, lesquels sont groupés aussi suivant les différents thèmes. C’est par cet exercice que nous sommes arrivé aux thèmes suivants : les scholanymes liés aux relations familiales, les scholanymes relatifs aux croyances, les scholanymes relatifs aux liens chrétiens et moraux, enfin les scholanymes sur base de toponymes. Au cours de cette analyse, nous avons remarqué que chaque école est porteuse d’un sens suivant l’objectif même de l’école.

De façon surprenante, certains scholanymes portant le nom du village sont corrélatifs à l’intention du donneur du nom de ce même village. Ce qui prouve à suffisance que toute école est le reflet de la société qui la dénomme et la conçoit à son gré. Ensuite nous avons constaté que chaque thème est porteur d’un sens selon l’idéologie, le contexte et l’intention de son fondateur.

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