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Durant ces dernières années, notre pays, la République Démocratique du Congo a été dominé par la prolifération des écoles tant primaires que secondaires. La démographie très galopante et la libéralisation dans la création des écoles du secteur privé et public ont contribué à cette création. C’est pourquoi, en linguistique, les études suscitent depuis un temps un intérêt de plus en plus grandissant.
Ce travail s’inscrit dans le cadre d’onomastique, en linguistique africaine.
C’est sous cet angle qu’il trouve son fondement en contribuant à la promotion du patrimoine culturel du peuple congolais en général et Fuliiru en particulier. En effet, depuis l’œuvre de la création, Dieu a donné à l’homme la prérogative de dénommer les noms aux êtres, afin de mieux les dominer et les assujettir. A travers le temps et l’espace, il existe des anthroponymes, des zoonymes, des hydronymes et bien d’autres noms utilisés tous en vue de désigner et de distinguer les différents éléments dans leurs contextes multiples.
En outre, nous avons été intéressé par ce sujet après avoir remarqué que notre regard offre l’avantage d’éclairer la portée, les objectifs et les intentions, que les baptiseurs des écoles et, à travers eux la société Fuliiru, ont de l’enseignement, malgré la débâcle scolaire actuelle. Les noms des écoles dans le groupement d’Itara/Luvungi véhiculent un message, une réalité sociale, culturelle et même linguistique.
En effet, c’est la société qui fonde l’école, lui attribue le nom, les objectifs institutionnels et les ressources. Elle est en définitive bénéficiaire ou victime de ses résultats.
C’est pourquoi, nous avons trouvé un intérêt en mettant par écrit ces quelques scolanymes afin de permettre au monde scientifique d’avoir par accès par écrit à leur contenu, leur conservation des traces et la découverte de leurs motivations.
Rares sont les travaux qui portent sur les noms des écoles. Devant cette carence, il nous a paru indiqué d’entreprendre une modeste contribution à l’étude des scholanymes non encore explorés, étant donné que le groupement d’Itara /Luvungi compte plusieurs écoles primaires et secondaires, chacune d’elles porte un nom propre, élément de son identité et de sa démarcation vi à vis des autres. Ainsi, l’école est l’émanation, le miroir et le microcosme de la société.
Ce travail n’est pas le premier à voir le jour dans le domaine de la linguistique africaine spécialement en onomastique au département de Français-Langues africaines. Il existe d’autres travaux déjà effectués sur l’onomastique africaine à l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu. Nous pouvons citer à titre illustratif :
Se choisir une recherche sur les scholanymes suscite nécessairement diverses préoccupations. Les questions suivantes ont guidé notre réflexion :
L’hypothèse est une solution ou réponse anticipée à un problème donné. Compte tenu des questions soulevées dans notre problématique, notre pensée pourrait formuler les hypothèses suivantes :
Le groupement d’Itara/Luvungi est situé en République Démocratique du Congo, province du Sud-Kivu, territoire d’Uvira collectivité chefferie des Bafuliiru. Il est parmi les deux grands Groupements kigoma et Itara /Luvungi de cette collectivité chefferie des Bafuliiru.
Il est localisé dans la plaine de la Ruzizi, au Nord-Est du territoire d’Uvira, au sud de la collectivité chefferie des Bafuliiru où la langue qui prédomine est le kifuliiru.
Il est délimité :
Ce groupement compte vingt neuf (29) localités parmi lesquelles seize (16) font l’objet de notre étude étant donné que certaines sont inhabitées et d’autres ont déjà été traitées dans les études antérieures.
Fernand, dans son Dictionnaire encyclopédique de pédagogie moderne, définit la méthode comme une « voie suivie consciemment dans une activité tendant vers un but. Succession de grandes étapes par lesquelles on aide les élèves à acquérir une connaissance, où à maîtriser une capacité » (1973 : 198)
Pour mener à bon port ce travail, nous avons recouru à deux méthodes : la méthode d’enquête et celle d’analyse structurale.
Grâce à l’enquête, nous avons eu des informations relatives aux noms des écoles et beaucoup d’autres informations. Nous avons été à maintes reprises sur le terroir où nous avons récoltés ces noms d’écoles.
La technique d’interview nous a été utile à ce niveau. Elle nous a permis d’accéder aux connaissances relatives au monde des instituteurs, promoteurs, etc. Par cette technique, nous avons tiré des informations brutes pouvant nous aider à constituer notre corpus de soixante cinq scholanymes. Elle nous a permis également d’échanger avec la population fuliiru afin d’avoir accès à leur connaissance en rapport avec le sujet.
Ainsi deux possibilités se présentaient : ou bien les explications coïncidaient ou bien elles différaient. Dans le dernier cas, il pourrait s’agir d’une fausse explication ou d’une pluralité de sens ou encore de circonstance dont le fond étant cependant le même.
L’approche structuraliste considère la langue comme un ensemble autonome et structuré où les rapports définissent les termes à de différents niveaux à savoir phonologique et morphologique.
Comme l’indique l’intitulé de ce travail, nos analyses ont deux phases : la première et morphologique, en ce sens qu’elle consiste en un découpage des scholanymes en morphème constitutifs, la seconde est sémantique, dans la mesure où elle permet l’épinglage de deux sens du même nom- pour ceux qui s’y prêtent- : un sens littéral (S1) et un sens littéraire ou interprétation(S2).
Tout travail scientifique a des limites dans le temps et dans l’espace. Il est conscrit dans l’onomastique en linguistique en africaine. Il se situe dans le groupement d’Itara Luvungi, collectivité chefferie des Bafuliiru.
Les recherches sur terrain sont souvent marquées par des difficultés de plusieurs ordres. Ainsi, nous nous sommes heurté aux problèmes de différentes sortes.
En effet, certains informateurs nous considéraient comme espion des autorités et avaient des réserves à nous fournir des données. Il nous a fallu faire d’abord comprendre la portée scientifique de notre étude, et parler en langues fuliiru et swahili (étant nous-même locuteur) pour être plus authentique et plus proche de ces gens
L’autre difficulté était relative à l’accessibilité des lieux où il fallait récolter les données, car il fallait parcourir de longues distances où le seul moyen était parfois le pied.
Il serait important de signaler aussi le problème lié à la documentation. Les ouvrages ayant trait à l’onomastique en général et en particulier ceux du Kifuliiru sont rares et nous ne nous contentions que de quelques pages de certains ouvrages : Dictionnaire de linguistique et science du langage, Encyclopaedias Universalis, etc.
Ce travail porte sur trois chapitres hormis l’introduction générale et la conclusion générale.
Le premier est consacré au cadre théorique et à la présentation du corpus. Dans cette partie, nous définissons les concepts clés du sujet pouvant élucider sa compréhension. Dans le même ordre d’idées, nous présentons et nous analysons les noms du corpus selon les thèmes des scholanymes suivis de la traduction littérale. Le deuxième chapitre porte sur les scholanymes des localités du Nord et de l’Est dont six localités ont été ciblées. Le troisième chapitre est relatif aux scholanymes des localités du Sud et de l’Ouest. Ce chapitre compte donc 10 localités .Tous ces scholanymes sont segmentés en morphèmes.