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CHAPITRE DEUXIEME : GENERALITES SUR LE SYSTEME EDUCATIF CONGOLAIS

Dans le chapitre précédent, nous avons essayé de passer en revue les cadres conceptuel, théorique et méthodologique de ce présent travail. Dans ce présent chapitre, il est question de passer en revue quelques traits relatifs au système éducatif congolais, notamment son évolution au cours des époques, l’organisation de l’enseignement en RDC.  Pour plus d’évidences, nous allons nous inspirer à des sources préexistantes.

II.1 INTRODUCTION

 Comme il est défini[1], le système éducatif est compris comme la combinaison de différentes formes d’éducation, d’agents, de toutes les procédures d’organisation, ainsi que le système d’enseignement.

Il n’est pas donc à confondre avec le système d’enseignement car ce dernier concerne seulement tout ce qui est en rapport avec l’école tout en considérant les éléments suivants : les objectifs caractérisant la politique d’éducation, les élèves, les différents niveaux et types d’enseignement, le programme, la direction et la gestion de différentes unités d’enseignement, les méthodes pédagogiques qui caractérisent la technique de l’enseignement et impliquent une activité de recherche pédagogique, le personnel enseignant et administratif, et les équipements de recherche et tout appui logistique. Toutes ces composantes sont liées entre elles.

II.2.  EVOLUTION DU SYSTEME EDUCATIF CONGOLAIS

Le système éducatif congolais a connu des modifications au cours de différentes époques qui ont marqué l’histoire de la République Démocratique du Congo.

II.2.1 Le système d’enseignement colonial belge

Il est très bien connu que la Belgique avait comme colonies le Burundi, le Rwanda et la RDC actuelle. Dans le système d’enseignement belge, il ya eu quatre étapes de développement de l’enseignement dans toutes les colonies, correspondant même au statut de ces territoires[2]. Cependant, nous remarquons quatre étapes de l’évolution du système d’enseignement en République Démocratique du Congo.

D’abord la période de l’Etat indépendant du Congo de 1885-1909    

C’est la période où le Congo était la propriété privée du roi belge LéopoldII. A cette époque, il ya eu tentative d’éducation des enfants mais qui n’a pas fait tâche  d’huile ; l’idée atourné cours à la mort de son initiateur. C’est ce qui a amené l’idée de la création d’écoles des colonies à partir des 1890. Il eut des colonies où on récupérait les enfants libres, les enfants abandonnés par les parents pour les placer sous tutelle de l’Etat jusqu’ à l’âge de 25 ans pour subir une formation militaire. On y enseignait la religion, la lecture, les langues locales, la langue française, l’écriture et le calcul. Plus tard, il ya eu des écoles créées en fonction de certains besoins. Dans le réseau missionnaire, on donnait un programme religieux pour former les catéchistes Le but était de préparer les prosélytes et par la suite dans un but économique, il ya eu création des écoles professionnelles.

Vers la fin du 19em siècle, il ya eu tentative d’ingérence car l’Etat commençait à s’intéresser de ces écoles missionnaires. En 1906, il ya eu le Concordat c’est-à-dire le premier document qui stipule l’accord entre l’Etat et l’Eglise. Dans ce document dégageait une orientation agricole et professionnelle  donnée à l’école officielle et une inspection était prévue. Il fallait enseignait en langue française et l’Etat accordait aux missionnaires des terrains et d’autres facilités pour l’installation et la création des écoles.

En suite la période de la colonie du Congo-belge (1909-1914)

  A cette époque deux réseaux d’enseignement étaient crées. Il s’agit des écoles subventionnées et des écoles non subventionnées. Ce dernier réseau était constitué des écoles qui formaient les catéchistes religieux, les prêtres. Cette situation a prévalu jusqu’en 1914. A cette époque, Il y avait la différence du niveau d’enseignement entre les villes et les campagnes. En 1920, dans les campagnes, le programme prévoyait comme matières la rédaction, le calcul, l’arithmétique, les travaux manuels, et l’écriture. Dans les villes, on prévoyait en plus de ces disciplines, l’histoire, la géographie, l’hygiène, les sciences naturelles et la morale.

Une discrimination volontaire était aussi manifeste entre les missions nationales et les missions catholiques, entre l’enseignement donné aux Belges et aux colonisés. Il y a eu des écoles         pour indigènes et des écoles adaptées aux besoins africains.

Aussi la période entre les deux guerres

Des changements se font remarquer entre 1922 à la suite des travaux de la commission FRANK qui entreprend d’étudier la situation de l’enseignement Congo-belge et se propose d’émette des suggestions en vue d’une reforme. Le document qui parait en cette date c’est le rapport de la commission FRANK qui réorganise l’enseignement dans le but de permettre aux pouvoirs publics de mieux contrôler le système éducatif. Voici quelques principes et recommandation des travaux de la commission :

  • adapter le programme et les méthodes au milieu indigène
  • L’enseignement doit se dérouler en langue indigène
  • Organiser l’enseignement de masse.
  • Créer des nombreuses écoles normales et multiplier des nombreuses petites écoles pour garçons et filles.
  • Solliciter la collaboration des missions nationales belges (missions religieuses) pour répandre à l’aide de l’évangile l’amour des Belges, l’influence belge jusque dans les coins les plus reculés de l’Afrique.

En 1929, un autre document portait « organisation de l’enseignement libre au Congo et Rwanda Urundi ». Dans les  nouvelles organisations, trois types d’écoles étaient prévues :

  • Les écoles primaires du premier degré : situées soit en milieu rural soit en milieu urbain. L’enseignement littéraire y était réduit, la scolarité était de deux ans. Les enseignants étaient constitués des moniteurs locaux. 
  • Les écoles primaires de deuxième degré : genre d’écoles situées dans les centres européanisés. L’enseignement littéraire y était très développé. La scolarité était de trois ans.
  • Les écoles spéciales : où on formait les instituteurs (écoles normales) , les commis (écoles professionnelles), etc.

Enfin, la période après la deuxième guerre mondiale    

Durant cette  période, il n’y a pas eu de changements important jusqu’à la fin des années 50. Il convient plutôt de signaler qu’en 1948 intervient une reforme qui sera appliquée dix ans  plus tard. C’est une reforme mise au point pour européaniser le système pour introduire des programmes belges dans les colonies (tendance à l’assimilation), pour améliorer l’enseignement et élever le niveau des enseignants. Avant 1948, l’enseignement était adapté au niveau des colonies.

A l’indépendance,  contrairement aux autres pays, où il y avait une élite formée, il n’y avait pas d’universitaires ni des cadres diplômés pour prendre la relève des Belges. En fait, les universités (comme Lovanium et celle de Elizabethville) ouverte en 1954et 1956 n’étaient pas ouvertes aux indigènes sauf quelques rares cas des évolués.

II.2.2 La période postcoloniale et contemporaine

Cette seconde période est caractérisée par la mise en place des systèmes nationaux et des reformes scolaires. Au cours de cette période, l’UNESCO a joué une grande influence sur le développement de politique de l’éducation non seulement en RDC mais aussi en Afrique en général, et dans le monde entier.

II.2.2.1 L’influence de l’UNESCO dans l’amélioration des systèmes éducatifs

D’après le rapport de la conférence de Lagos[3], il s’avère que l’UNESCO a joué un grand role de partenariat dans le système éducatif des Etats africains en général et en particulier la RDC.  En mai 1961, trente-neuf Etats africains indépendants se sont rencontrés à Addis-Abeba, à la première conférence des Etats africains  sur le développement de l’enseignement en Afrique. La conférence était organisée conjointement par l’UNESCO  et la CEA (Commission Economique des Nations Unies En Afrique). Le premier objectif de la conférence était de fournir un forum aux Etats africains pour qu’ils pissent décider de leurs besoins en matière d’éducation en vue de promouvoir le développement social et économique. Le second objectif était d’établir une tentative de plan à court et long termes pour le développement de l’éducation, un plan incluant  des priorités en relation avec des potentialités économiques et sociales.

La conférence avait mis l’accent sur les réformes scolaires, le contenu des programmes, l’importance de répondre aux besoins de main- d’œuvre qualifiées et des cadres pour remplacer les Blancs ; d’où la nécessité d’augmenter les écoles secondaires et le développement des structures postsecondaires.

Le souci d’augmenter les effectifs de l’enseignement secondaire constituait un objectif primordial avant les structures de l’enseignement primaire dans le cas où les possibilités financières ne permettaient pas de recevoir les deux systèmes à la fois. Pour le niveau primaire, il était question d’aboutir à une alphabétisation généralisée et  une scolarisation de 100% en 1980

 Vers les années 1980, cette période est caractérisée par une série des reformes. Vers le milieu des années 70, les Etats africains ont cherché à réajuster ou à remplacer leurs systèmes éducatifs. Le but de ces reformes était de réduire le chômage des jeunes qui quittent l’école pour l’exode rural, pour les permettre de contribuer au développement national.

Au cours de cette période, notre pays n’avait pas réussi à construire des infrastructures scolaires ou dirait-on des écoles publiques capables de recevoir toute la population en âge scolaire. C’est dans ces circonstances qu’un accord fut signé entre l’Etat congolais, zaïrois de l’époque et les confessions religieuses dans les années 1977, d’où la dénomination « Ecoles Conventionnées ». Les confessions religieuses avaient reçu l’autorisation légale de créer des écoles et le gérer, et l’Etat à son tour devrait leur assurer le fonds pour leur fonctionnement et la prise en charge des enseignants. C’est dans les mêmes circonstances que furent également créées les écoles privées.

Voulant s’assurer le contrôle du système éducatif comme moyen politique dans le cadre du
projet de construction de la nation, le régime du Président Mobutu a procédé à la nationalisation des écoles en 1974, mesure connue sous le nom de l’Étatisation des écoles.  

Trois années plus tard, c’est-à-dire en 1977, les écoles ont été rétrocédées à leurs fondateurs (Églises). Pour cela, une convention a été signée entre l’État et ces dernières. Dans cette convention, il est clairement stipulé que le premier est le pouvoir organisateur des écoles, les secondes jouissant simplement du statut des gestionnaires.

 En vertu de cet accord, désormais toutes les écoles catholiques, protestantes et kimbanguistes sont devenu conventionnées. A partir de 1977 donc, le système éducatif de la RDC comprend deux grandes catégories d’écoles : les écoles publiques et les écoles privées.

II.2.2 Objectifs et principes du système éducatif congolais

Les objectifs et principes du système éducatifs congolais ne s’éloignent pas de ceux d’autres Etats de l’Afrique subsaharienne sauf dans leur mise en pratique[4]

  1. objectifs

Le système éducatif congolais se dote les objectifs de favoriser l’épanouissement physique, mental, et moral de la personne, faire acquérir un sens de créativité compatible avec un sens pratique,  aider les enfants à acquérir les capacités de base qui leur permettent de parler, de lire, de calculer et de développer chez eux les facultés de raisonnement de la capacité de s’adapter à l’évolution du monde et promouvoir les sentiments civiques et patriotiques.

  1. Principes :

Par son caractère public l’enseignement doit être laïc, obligatoire et partiellement gratuit, l’école doit être démocratique, le système doit être adapté aux réalités et besoins locaux, le système doit favoriser d’effectuer des recherches qui puissent contribuer au développement national et enfin, le système doit encourager le travail communautaire, collectif et assurer un avenir prospère pour les citoyens

Quant en ce qui concernent l’administration et gestion du système éducatif, celui-ci est régi par le ministère de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel ; actuellement dénommé ministère de l’enseignement primaire secondaire et initiation à la nouvelle citoyenneté et celui de l’enseignement supérieur et universitaire.

II.3.  LA LEGISLATION DE L’ENSEIGNEMENT EN RDC

En RDC[5], La gestion des établissements se trouve régie par les lois et une règlementation spécifique. Celles-ci sont rendues possibles en vue d’assurer l’éducation de qualité aux élèves et une bonne administration des services centraux comme ceux décentralisés du sous-secteur de l’enseignement, des conditions du travail du sous-secteur  de l’enseignement primaire secondaire et professionnel. Ces dispositions légales visent l’amélioration de conditions de travail du sous-secteur de l’enseignement primaire secondaire et professionnel. Les textes régissant la législation du système éducatif congolais s’inscrivent à la loi-cadre  n°14/004 du 11 Février 2014.

 Cette loi cadre de l’enseignement portant sur la gestion et la  réglementation de l’EPSP répartit les compétences entre l’Etat et les entités décentralisées pour ce qui est de l’organisation de l’enseignement national.  Le personnel enseignant est scindé en deux catégories :

- le personnel administratif : comprend l’ensemble des enseignants du commandement  de collaboration et d’exécution.

- le personnel enseignant : englobe le maitre, l’instituteur,  le moniteur  des travaux, des chefs d’ateliers et le  professeur. 

Pour ce qui est de l’organisation du système éducatif congolais, trois ministères clés se partagent la charge du secteur de l’éducation. Il s’agit du ministère de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP), le ministère de l’enseignement supérieur et recherche scientifique (ESURS) et le ministère des affaires sociales (MAS). Chacun de’ ces ministères est dirigé au niveau central par un Ministre nommé par ordonnance présidentielle. Au niveau provincial, par un Ministère nommé par le gouverneur et responsable devant le parlement provincial.

. L’ensemble des services administratifs et pédagogiques de chaque Ministère est placé sous la direction d’un Secrétaire général (SG) qui exécute la politique du Gouvernement et assure la pérennité de l’action administrative. Le Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (EPSP), comprend trois niveaux : maternel, primaire et secondaire

2.5 : Des critères définis pour la création  d’une école privée

Vu la prolifération des écoles privées de le milieu sous étude, nous avons cherché au cours de notre investigation à nous rassurer s’ils existent réellement des critères bien définis pour la création d’une école privée. C’est ainsi que nous avons contacté différentes parties prenantes en cette matière d’éducation, notamment les promoteurs et les présidents des associations des écoles privées. Lors de notre entretien avec ces différentes personnalités, nous avons réussi à dégager certains critères définis par la loi pour la création des écoles privées. Ces critères concernent à la foi  la personnalité de l’initiateur (promoteur) ainsi que la procédure à suivre pour créer l’école. Ces critères sont développés dans les points ci-après.

  1. La personnalité du promoteur

Le promoteur doit être une personne morale ou physique ayant dans ses attributions les garanties civiques et juridiques, financières et matérielles, environnementales et celles d’encadrement moral, pédagogique, andragogique, académique, et administratif.

Pour ce qui est de la personne physique, elle doit être de la nationalité congolaise ou étrangère présentant ces garanties précitées réjouit de droit de créer un établissement privé d’enseignement maternel ; primaire,  secondaire et professionnel. Ces critères restent les mêmes pour la personne morale.

Par garanties juridiques et civiques, il faut entendre un certains nombre des critères pour la personne morale et la personne physique. Pour la personne morale, celle-ci doit avoir une personnalité juridique, n’avoir pas été condamnée pour crimes économiques les dix dernières années, se conformer aux lois de la République, disposer d’un personnel de gestion qualifié ayant une expérience d’au moins cinq ans dans le domaine de l’éducation. Pour la personne physique, celle-ci doit être âgée d’au moins trente ans, présenter une attestation de bonne conduite, vie et mœurs, se conformer aux lois de la République, disposer d’un personnel de gestion qualifié ayant une expérience d’au moins cinq dans le domaine de l’éducation, n’avoir pas été condamnée pour crimes économiques ou pour toute autre infraction intentionnelle.

Pour ce concernent les garanties financières et matérielles, le promoteur doit remplir les critères ci-après :

  • l’existence des infrastructures viables ainsi que des matériels propres st appropriés
  • Le dépôt à terme de six mois dans une institution bancaire ou financière de la République Démocratique du Congo de la somme nécessaire au fonctionnement de l’établissement de l’enseignement, ainsi que la paie du personnel enseignant et administratif pendant une année au moins.
  • La détention du titre de propriété du site et des bâtiments destinés à accueillir l’établissement d’enseignement ou le cas échéant, d’un contrat de bail d’immeuble dument légalisé d’une durée minimum de six ans.
  • L’attestation indiquant la superficie du site conforme à la norme de 5m carrés au moins par élève.

Pour ce qui est des garanties environnementales, il faut entendre la détention de l’attestation de l’étude de l’impact environnemental et social du lieu de l’implantation de l’établissement.

Pour ce qui est des garanties d’encadrement moral, pédagogique, andragogique, académique et administratif, elles se rapportent aux critères ci-après :

  • A la possibilité d’offrir aux élèves et au personnel, un milieu éducatif susceptible de promouvoir la formation de l’esprit familial et démocratique, la science nationale, la fierté de leur identité culturelle et la dignité humaine.
  • Au dossier du personnel enseignant, andragogue, et administratif permanent, qualifié et compétent.
  • A la conformité aux structures et au programme de l’enseignement national.

Au respect des minima et maxima des effectifs d’élèves, et au personnel administratif répondant aux normes pédagogiques, andragogiques fixées par voie règlementaire.

  1. Procédures pour créer une école privée

Après l’analyse des résultats de notre recherche, nous avons dégagé deux principales procédures auxquelles est soumis l’agrément d’un établissement d’enseignement maternel, primaire, secondaire et professionnel. Ces procédures sont détaillées dans les points ci-après :

  1. une demande écrite adressée au Ministère du gouvernement provincial et/ou national ayant dans ses attributions l’enseignement maternel, primaire, secondaire et professionnel. Cette demande doit comprendre la dénomination et les structures sollicitées, les objectifs et les buts poursuivis par l’établissement, la désignation de l’endroit où l’école est implantée, la description succincte des locaux, la note sur la personne du promoteur, la note sur la personne chargée de la direction de l’établissement, la liste des membres du personnel, les programmes des cours, l’estimation du nombre d’élèves qui vont fréquenter l’école dans tous les cycles, les montants de la participation des parents, une copie des statuts de l’établissement, la liste des matériels didactiques nécessaires à l’exécution du programme, le compte en banque, la et la note démontrant que l’établissement répond aux nécessités géographiques, pédagogiques et économiques.
  2. une enquête dont les conditions sont définies par les lois du fonctionnement d’un établissement d’enseignement, sanctionnée par un arrêté du Ministère du Gouvernement Provincial et/ou central ayant dans ses attributions, l’enseignement maternel, primaire, secondaire et professionnel.

Ces établissements privés sont soumis au contrôle  pédagogique administratif, financier, et sanitaire suivant les  modalités déterminées par voie règlementaire. L’agrément est retiré lorsque les conditions d’ouverture et de fonctionnement ne répondent plus aux normes définies par l’Etat ou s’il est établi qu’il a été obtenu de façon irrégulière. Le retrait de l’agrément entraine la fermeture de l’établissement.

Comme on peut l’observer, ces critères précédemment définis sont fiables et contribuables à l’éducation de qualité. Fort malheureusement, la plupart des écoles privées de la commune d’Ibanda ne remplissent pas ces critères. Non plus, malgré cette déviation des normes, ces écoles ne subissent pas le retrait de l’agrément.

  1. 4 ORGANISATION FINANCIERE DU SYSTEME EDUCATIF CONGOLAIS

Le système éducatif congolais comprend différentes sources de financement pour son bon fonctionnement.  Cependant, le financement du système éducatif congolais émane du haut patronage de l’Etat tel que régi par les textes. Néanmoins, Cette affirmation parait être un paradoxe aux yeux des citoyens congolais. Un très petit budget est alloué dans le secteur éducatif et par conséquent l’organisation financière devient très faible. Au cours de dix années passées, le budget alloué dans le secteur éducatif n’est pas allé au delà de 5%[6]

Ceci montre que l’Etat congolais n’a pas reçu  à ses attributions de prendre en charge d’une manière intégrale l’organisation financière du système éducatif. Il n’existe aucune publication indiquant la ventilation par poste du budget  de l’éducation. Les documents et rapports budgétaires détaillés sur les dépenses ne sont accessibles à personne en dehors du ministère, ce qui rend impossible de connaître les sources et les objets du financement ou d’évaluer dans quelle mesure les dépenses suivent réellement les priorités fiées dans le processus de planification de l’éducation.

En effet, les privés jouent un grand rôle dans le financement du système éducatif congolais. En ce qui concerne la paie des enseignants, ceux des écoles privées ne reçoivent aucune part de la part de l’Etat. Non plus l’Etat ne s’implique pas  dans l’achat des fournitures scolaires, ou le fonctionnement voire même’ la construction des établissements privés. On constaterait donc qu’en quelque sorte l’Etat encourage les secteurs privés de l’éducation en ce sens que ceux-ci minimisent les dépenses publiques.

Pour être plus précise, le financement du système éducatif congolais provient d’une part de l’Etat congolais et d’autre part des initiatives  des parents d’élèves. L’Etat intervient uniquement dans le financement des écoles publiques. D’autre part, les parents interviennent dans le financement des écoles publiques et privées. Ils payent la prime, le frais de construction, et d’autres frais de fonctionnement pour ne citer que cela.

II.5.STRUCTURES DU SYSTEME EDUCATIF CONGOLAIS

 En  République Démocratique du Congo l’enseignement s’organise selon des cycles prescrits. On peut alors citer le cycle maternel, primaire, secondaire, etc. Outre les différents cycles, il sied de signaler que les écoles appartiennent à différents réseaux de gestion entre autres les confessions religieuses (catholiques, protestantes, kimbaguistes, musulmans), les écoles officielles et les écoles privées.

II.5.1. cycle maternel      

A Bukavu, les écoles maternelles font partie du secteur privé. Ces écoles ne sont pas souvent objet de contrôle de la part de l’EPSP, ce qui fait qu’il y ait débordement de programme, les écoles apprennent des matières prévues le primaire, mais le cas le plus fréquent est de 3 niveaux. Le cycle maternel est subdivisé en différents niveau par rapports à l’âge des apprenants. Cela pour adapter l’enseignement à chaque enfant.  Ce milieu vise non seulement l’éducation intellectuelle mais aussi l’encadrement des enfants. C’est pourquoi certaines écoles organisent même le niveau de la crèche pour encadrer les enfants de bas âges. Dans ce cycle, différents jeux sont prévus pour le développement psychomoteur des enfants. Le cycle maternel est facultatif. Les enfants peuvent embrasser les études primaires sans toute fois avoir passé par l’école maternelle.

II.5.2 cycle primaire

 Ce cycle, regroupe des  écoles appartenant dans différents le réseaux : officiel, catholique, protestant, kimbanguiste et islamique. Le secteur privé regroupe également un grand nombre  écoles primaires. Le cycle primaire reçoit non seulement les enfants qui viennent fraichement du cycle maternel mais aussi ceux-là qui viennent fraichement de la maison.  La fin du cycle primaire est sanctionnée par un certificat d’étude primaire pour permettre au récipiendaire d’entreprendre ses études dans le cycle secondaire. C’est à cet insu le test national est prévu pour les élèves de classes de 6e année primaire. En RDC, ce test a connu plusieurs dénominations au cours des années, mais l’objectif reste toujours le même : celui d’évaluer les élèves en vue d’affronter le cycle secondaire. Actuellement, ce test es dénommé TENAFEP, ce qui veut dire « Test National pour la Fin des Etudes primaires »

II.5.3. cycle secondaire

Les ordonnances no 63 du 17 juillet et no 110 du 24 juillet 1962 avaient fait l’objet de l’organisation d’un cycle d’orientation qui débouchera sur les cycles supérieurs des secondaires repartis en cycle court et cycle long. Le cycle court a pour finalité la formation professionnelle. Il est composé de différentes sections et s’étend sur deux ou quatre années d’études. Par contre, le cycle n’est pas seulement obtenir un diplôme d’Etat, mais aussi d’entreprendre les études supérieures et universitaires. L’Examen d’Etat crée en 1966-1967 instaure en plus des épreuves de culture générale établies en ce qui les concerne. Une épreuve ordre pour tous les candidats. Les écoles secondaires organisent différentes section selon les arrêtées à leur disposition. La structure de l’enseignement à Bukavu ne se diffère pas d’autres provinces de la république Démocratique du Congo.

II.6. COMPARAISON ENTRE LES SECTEURS PRTIVE ET PUBLIC DE L’ENSEIGNEMENT

Etablir la différence ainsi que la ressemblance entre les écoles de deux réseaux :privé et public reste toujours une question qui n’a pas encore trouvé la vraie réponse. Dans la plupart des sociétés, on se demande quelle est la vraie différence.  Dans cet angle, un sondage a été effectué au sein de certaines écoles de l’Occident (la Grande Bretagne et la France). Le résultat du sondage révèle que la différence n’est pas significative du point de vue formatif. Cependant, il existe des différences à quelque niveau sur le plan administratif. Le résultat retient cinq caractères essentiels ci-après[7]

  1. Une même formation. Les candidats aux concours de l’enseignement privé subissent les mêmes épreuves que les candidats des concours correspondants de l’enseignement public. Leur niveau de formation est donc le même
  2. Un statut différent. Les enseignants des établissements privés sous contrat, et bien qu’étant rémunérés par l’État, n’ont pas le statut de fonctionnaire. Ce sont des agents contractuels de droit public. Un enseignant du privé perçoit le même salaire brut qu’un enseignant du public, mais son salaire net est inférieur d’environ 5 %, du fait de cotisations salariales plus élevées que dans le public. Dans le second degré public, le corps enseignant est essentiellement composé de certifiés (64,6 %), de professeurs de lycée professionnel (15,3 %) et d’agrégés (13 %). Dans le privé, les certifiés sont également majoritaires (61,6 %), devant les professeurs de lycée professionnel (11,5 %). En revanche, seuls 4 % des enseignants sont des agrégés.

    3. Les mêmes programmes. Les établissements privés associés à l’État participent à la mission de service public de l’Éducation nationale. L’enseignement y est donc dispensé conformément aux programmes en vigueur dans l’enseignement public, mais la vie scolaire, les méthodes pédagogiques et l’organisation générale de l’établissement lui sont propres.

    4. Des effectifs par classe quasi identiques. Contrairement à une idée reçue, les établissements privés n’ont pas moins d’élèves par classe. En 2010, selon une étude de l’OCDE, la taille moyenne des classes dans les établissements privés et publics du primaire était en France quasi identique (un peu moins de 25 élèves), voire un peu plus élevée dans le privé. À la rentrée 2014, selon le ministère de l’Éducation, le nombre moyen d’élèves par classe dans le premier degré était de 23,7 pour le public et 24,4 pour le privé. Dans les collèges privés, les classes comptent en moyenne deux élèves de plus que les collèges publics. En revanche, le nombre d’élèves est un peu moins élevé dans les classes des lycées privés que dans celles des lycées publics.

    5. Quels résultats ? Difficile de comparer la réussite des élèves du privé et du public tout au long d’une scolarité. Ce que l’on peut dire, c’est qu’au bac, en moyenne, le taux de réussite est plus élevé dans le secteur privé. Sur les 31 lycées d’enseignement général qui ont obtenu un taux de réussite d’au moins 98 % à la session de 2015 en Bretagne, 24 sont privés. Dans le Morbihan, les dix lycées publics d’enseignement général affichent un taux de réussite global de 92 %, tandis que les onze privés sont à 97 %. Dans les Côtes-d’Armor, les dix lycées publics ont un taux de réussite global de 91 %, contre 95 % pour les onze du privé. Dans le Finistère, les vingt lycées publics ont obtenu un taux de réussite global de 93,6 %, contre 96,78 pour les dix-neuf du réseau privé.
  3. Le privé n’est pas plus sélectif. Les meilleurs résultats au bac du privé s’expliqueraient-ils par le fait que ses établissements ne garderaient pas leurs mauvais élèves ? En clair, seraient-ils sélectifs ? Si certains lycées privés ont tendance, effectivement, à sélectionner leurs élèves pour s’assurer de bons taux de réussite, on ne peut pas dire que c’est le cas dans l’Académie de Rennes. On en veut pour preuve la valeur ajoutée du taux d’accès qui mesure en quelque sorte la volonté des établissements à accompagner tous leurs élèves jusqu’au bac. Selon d’autres sources,[8]entre le public et le privé sous contrat c’est les mêmes programmes qui doivent être suivis et la formation des enseignants est la même : ils passent par l’IUFM tous sauf les remplaçants que ce soit public ou privé.

 Après il y a une question de prix, mais le privé applique aussi le quotient familial donc on trouve tous les niveaux sociaux dans les écoles privées sauf dans les très réputées qui sont tellement demandées qu’elles trient par le prix.

Après ça dépend si tu veux que ton enfant suive un enseignement religieux (obligatoire en école privée au moins en primaire) ou pas et si ça satisfait tes convictions, et puis ça dépend aussi de ton lieu de vie : bien souvent on scolarise aussi en privé pour éviter des zones sensibles quand on habite un quartier mixte.

En effet chaque communauté/individu apprécie tel ou tel autre réseau différemment de l’autre, cela étant car les écoles appartenant  dans le même réseau n’ont pas le même mode de fonctionnement. En d’autre terme certaines écoles privées sont bien réputées par rapport aux écoles publiques et vice-versa. Ce cas est plus fréquent dans la République Démocratique du Congo est plus particulièrement dans la ville de Bukavu. Selon les propos rendus publics[9], certains parents préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles privées que dans les écoles publiques pour minimiser le taux de l’échec qui entraine le gaspillage de l’argent. D’autres propos  sont illustrés dans les paragraphes qui suivent.

Dans le privé, les enseignants tiennent compte de la personnalité de chaque enfant, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, la pédagogie est exclusivement axée sur la réussite de chaque enfant. Dans le public, les enseignants quoiqu’ils disent ou qu’ils veuillent prouver, sont toujours entrain de se plaindre sur leurs conditions de travail, soit ils n’ont pas assez de matériel, soit les classes sont surchargées, soit les parents démissionnent, soit les enfants sont difficiles, bref, la réussite de leurs élèves n’est importante que pour 20 % des enseignants du public qui eux, effectivement prennent leur métier à cœur. Ils reconnaissent que les enfants sont les principales sources financière, contrairement dans les écoles publiques où seul l’Etat est le principal patron.

La grande différence : l’affection flagrante des enseignants pour nos enfants dans le privé, alors que dans le public, nos enfants sont leur outil de travail tout simplement. Ainsi, toutes les écoles privées et publiques  travaillent en fonction d’un même programme établi par le ministère de tutelle, malgré les irrégularités qui caractérisent certaines écoles privées à ‘égard des normes établies pour le fonctionnement d’un établissement scolaire.

Il ne revient donc pas nécessairement de dire que les écoles privées sont moins importantes que les écoles publiques ou vice-versa. En RDC , ces deux secteurs d’éducation ne se differencient pas du point de vue programme.

Conclusion partielle  

Ce chapitre vient de passer en revue la généralité sur le système éducatif en République Démocratique du Congo, Il se focalise sur six points saillants entre autres l’évolution du système éducatif congolais au cours des périodes, la revue sur l’organisation de l’enseignement en RDC, l’organisation financière du système éducatif, l’organisation administrative et scolaire de l’EPSP, la qualité et  le défis de l’enseignement en RDC,  la comparaison entre l’éducation du secteur privé et celle du secteur public et en fin l’enseignement dans la ville de Bukavu. Pour y parvenir, nous avons fait recours à différentes sources préexistantes. Le chapitre suivant va se focaliser sur la présentation et analyse des résultats de notre investigation.

[1] MURHEGA, M, cours d’éducation comparée, Inédit ; ISP/BUKAVU, 2016, p.27

[2] MURHEGA, M, cours d’histoire de la pédagogie, deuxième année de licence ; Inédit ISP/BUKAVU, 2017, p30

[3]  Rapport de la conférence de Lagos, 1976,pp 13-64

[4] MURHEGA M, notes de cours d’éducation comparée, première année de licence, Inédit, ISP/BUKAVU, 2015, p.52

[5] Ministère de l’EPSP, Loi-cadre n° 14/004, enseignement national, Kinshasa, 11 Février 2014

[6] G, MOKONZI, fourniture efficace des services dans le domaine d’enseignement public : une étude d’AfriMap, South Africa, open society initiative for South Africa, 2009, P148

[7]http://www.telegramme.fr/decriptage/effectifs scolaires- deux- fois -plus- élevés-bretons-dans-les-privés-10-09-2015-107691.php. site visité le 17 juin 2017

[8]https://fr. answers. Yahoo. Com/activity/questions, site visité le 23 juin 2017

[9] Radio Okapi, avis des parents sur l’état de lieux entre les écoles privées et publiques dans la ville de Bukavu, publié le 14, mai 2017

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