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INTRODUCTION

I.1 OBJET ET OBJECTIF DU TRAVAIL

            Cette étude s’intitule le rôle des particuliers dans la production des services publics : une analyse des facteurs motivant la création des écoles privées dans la ville de Bukavu. Cas des écoles secondaire de la commune d’Ibanda. Généralement, cette étude s’assigne l’objectif d’évaluer les facteurs qui motivent la création des écoles privées dans le milieu sous étude, celles-ci étant reconnues non seulement comme un secteur socio-éducatif mais aussi comme un secteur socio-économique .Pour ce faire, il poursuit les objectifs spécifiques ci-après :

Circonscrire les motivations qui guident la création des écoles privées à Bukavu et plus particulièrement dans la commune d’Ibanda.

Etablir la différence entre les écoles du secteur privé et celles du secteur public du point de vue organisation et fonctionnement.

Prélever les défis aux quels  sont confronter les écoles privées dans la ville de Bukavu et plus particulièrement dans la commune d’Ibanda.

Proposer en rapport avec nos résultats, des pistes de solution en terme des remèdes pour renforcer ce secteur privé de l’éducation afin de promouvoir et d’améliorer la qualité de l’enseignement dans le milieu portant sur notre étude.

I.2.  CHOIX ET INTERET DU SUJET       

Le choix porté à cette thématique est motivé par notre curiosité personnelle de vouloir mener une recherche scientifique sur les rôles des privés dans la production des services publics : une analyse des facteurs motivant la création des écoles à Bukavu, cas des écoles secondaires. Cette curiosité est justement le fruit de nos observations sur le problèm des écoles privées à Bukavu ; les raisons de ce sujet sont liées à la naissance spontanée des écoles privées dans la ville de Bukavu.

En outre, François Depelteau considère le choix d’un sujet de recherche comme étant un acte tellement subjectif, il va de soi que ce sujet demande de l’enseignement et de l’environnement social dans lesquels évolue le chercheur[1].

Les écoles privées nous ont intéressé au regard de la place qu’elles ont progressivement prise depuis de décennie partout en RDC, particulièrement à  Bukavu, compte tenu du rôle important qu’elles jouent dans l’éducation des enfants et l’intégration économique aux jeunes diplômés de la ville de Bukavu. Certaines de ces écoles sont situées au long des routes, sur les sites impropres, dans les quartiers et avenues de la ville.

Trois intérêts ont motivé notre attention en tant que chercheuse :

D’abord, l’intérêt personnel : ce phénomène nous a beaucoup intéressé en vue d’examiner sa motivation sur la société, en général, et sur la ville de Bukavu en particulier, car depuis plus d’une décennie s’observent des écoles qui poussent partout dans la ville de Bukavu et dans ses périphéries. Dans ce sens les questions de la gestion de l’administration et de qualité de formation des enfants congolais paraissent déjà importants et nécessitent une étude stricte afin de comprendre le pourquoi de ce phénomène. 

Ensuite, l’intérêt collectif ou social : les analyses développées dans ce travail aideront les autorités politico-administratives et les acteurs des différentes écoles notamment les promoteurs ; les directeurs, les inspecteurs pour ne citer que cela, d’un outil de formation caractérisées par la privatisation du secteur éducatif et qui laissent passage à ces dernières en tant que lieux où se régularisent le problème du développement de la société.

Enfin l’intérêt  scientifique : ce travail sert à toute personne intéressée à une étude similaire comme document d’appui afin de dégager les particularités des écoles privées dans la ville de Bukavu.

 I.3. ETAT DE LA QUESTION

La recherche n’étant pas l’œuvre d’une seule personne nous avons parcouru certains travaux de nos prédécesseurs en vue de relever la démarcation entre notre étude et les leurs. A ce point de vue, nous nous referons à :     

Martin Ekwa Bis Asal[2] centre son ouvrage essentiellement sur la période qui a suivi l’indépendance du pays, il se lança dans « la politique scolaire », bousculant avec tact et savoir-faire, le système scolaire hérité de la colonisation inadéquate au Congo indépendant.

L’auteur constate malheureusement que ces acquis ont été galvaudés avec légèreté par une étatisation mal étudiée et mal appliquée. L’édifice s’est lézardé, fissuré au point de tomber en ruine. C’est le déclin.

Sur base des données puisées de bonne source, il montre que le déclin se manifeste notamment par le recul du taux de alloué à l’éducation par la baisse des salaires des enseignants, par le délabrement des infrastructures, le déclin se manifeste plus particulièrement par les antivaleurs, caractéristiques de la société globale qui y provoquent des dégâts ravageurs, la corruption en particulier a atteint même le milieu des éducateurs.

Il dit que la cause de ce déclin n’est pas l’école mais l’Etat qui semble avoir démissionné de ses responsabilités, les efforts des partenaires de l’Etat (parents, confessions religieuses,  coopération internationale, privées et ONG) ont maintenu le système scolaire sans combler les carences laissées par les pouvoirs publiques.

Pour Pascal Mukene[3] l’école prend donc le relais de la famille dans la tâche de l’éducation et de la scolarisation des enfants et ce relais tend à être de plus en plus précoce, notamment avec le développement du gardiennage.

Par ailleurs, de multiplication rapide des connaissances que la société transmet aux jeunes générations comme patrimoine, l’école joue un rôle spécifique que la famille n’a pas la possibilité de remplir. Les connaissances à acquérir sont diversifiées qu’il faut pour cela des services compétents pour les dispenser. Il dit que l’école s’acquitte de cette tâche en prenant en charge le développement intellectuel des enfants, mais elle n’assume pas la responsabilité de toutes les dimensions de l’éducation. Le relais est donc cédé à d’autres institutions extérieurs les tâches d’éducation qui lui revenait antérieurement avant l’impact de la révolution industrielle et technique qui a bouleversé ses structures. La famille et l’école doivent travailler ensemble.

Dans le monde moderne, la famille toute seule ne saurait éduquer complètement ses enfants ; elle a besoin de l’école, relais de son côté ne saurait atteindre son but qui est non seulement d’instruire mais d’éduquer si elle ne peut compter sur l’aide et le soutien de la famille. L’école cherche à former l’intelligence de l’enfant  à en faire un homme cultivé.

Dans sa famille, l’enfant trouve un milieu où l’on ne parle que d’argent ou de choses terre à terre, sans souci de culture intellectuelle.

L’école s’efforce d’inculquer à l’enfant le service du prochain, le souci de la pureté, le sens de la probité et surtout l’amour de la prière.

Hélas, les parents n’ont aucun souci de ces vertus, ils vivent comme si elles étaient sans importance. Dans ces circonstances, il faudrait un vrai miracle pour que l’école parvienne à former le cœur de l’enfant.

La plupart du temps, elle n’y réussira pas sans le savoir, peut-être, les parents, détruiront ce que l’école aura essayé de construire.[4]

Kanefu Bampa[5]fixe son regard sur les conditions logistiques des écoles à Shabunda. Son hypothèse est que la construction, l’équipement et les divers aménagements des écoles uniquement avec les frais scolaires servent un travail sans fin. Faisant allusion à la situation matérielle des infrastructures scolaires (bancs, armoires, chaises), l’auteur aboutit aux résultats selon lesquels les écoles de Shabunda sont caractérisées par les infrastructures incommodes, insuffisantes et vétustes.

 De plus, il pense que l’organisation par ces écoles des activités génératrices de revenus (cantines scolaires) serait un atout indispensable dans le financement supplémentaire des activités de viabilisation des infrastructures scolaires.

Pour Maurice Reuctlin[6], pense que pour comprendre l’orientation scolaire et professionnelle, il faut remplacer les problèmes qu’elle pose dans l’ensemble de leurs conditions économiques, sociales, pédagogiques et psychologiques. Il soutient que ces problèmes peuvent être envisagés en un sens étroit ou en un sens large.

Gilles Ferréol[7] parle de rôle des écoles dans les pays développés et soutient que l’école est perçue comme un instrument de développement socio-économique, un lieu d’égalisation des chances, l’école pour lui serait un voie pour la réussite sociale selon les mérites personnels

Pierre Bourdieu et Jean Claude Passeron8 affirment que l’école est un instrument pour produire la structure sociale. Elle assure une sélection au profit de bourgeoisie. Il ya des différences dans l’accès et dans la réussite aux différents niveaux de la scolarité selon l’origine sociale des élèves. Ils ne soutiennent que les élèves provenant des milieux pauvres.

A coup sûre, c’est la véritable force de l’école. Les concepts abstraits et les outils verbaux sont indispensables pour rendre les jeunes capables d’être intellectuellement et techniquement à la hauteur du monde qui les entourent.

Il existe malheureusement une tendance à faire à l’exercice verbo-abstraits en fin en soi celui exacerbe encore le ritualisme des côtes et des examens. Celui qui réussit à maitriser le rituel et récompenser au contraire de celui qui est capable d’appliquer ce qu’il a appris.

Promouvoir l’éducation, c’est améliorer les conditions et la capacité des enfants dans le monde, vu que l’école constitue le milieu par excellence pour l’enfant doit se  scolariser, apprendre à s’intégrer réellement dans une société plurale, car il y rencontre les enfants d’autres origines[8]

  1. Bourdieu et Passeron9 fixent leurs idées sur  « école et la reproduction sociale » affirment que l’école est un instrument pour produire la structure sociale. Elle assure une sélection au profit de la bourgeoise. Il y a des différences dans l’accès et dans la réussite aux différents niveaux de la scolarité selon l’origine sociale des élèves. Ils soutiennent que les élèves provenant des milieux de vie aisée réussissent mieux que ceux provenant des milieux pauvres[9].

Mbona Mighion[10], montre que le maitre d’une classe perturbée par des comportements sociaux difficiles, peut en s’appuyant sur une information et formation psychologique par une intervention structurée, améliorer ou modifier les comportements des élèves de manière positive pourvue que l’enseignant ait au préalable clairement de sa mission de formation, de conseil, d’encadrement et d’intervention. 

Cet ouvrage   qui s’intéresse aux mécanismes pour modifier les comportements sociaux difficiles en milieux scolaires, les parents, les encadreurs, les enseignants et les élèves comme meneurs et victimes de conflits. Il a le mérite de rappeler de façon pratique comment améliorer les comportements par une approche systématique et par la formation à la communication thérapeutique

Adrien Ntabona[11]quant à lui nous montre que l’éducation a été dans la traduction, les principes d’intégration à toute la vie sociale. Mais, aujourd’hui, celle-ci rencontre les obstacles insurmontables. Le système éducatif se retrouve présentement dans une impasse complète et la population jeune, au Burundi est devenue nombreuse et paupérisée au point qu’elle se méfie de tous les projets de l’éducation de l’intégration. L’auteur ajoute que la détérioration de la relation  parent-enfant se radicalise de plus en plus et reste à la base de cette crise de l’éducation. Il estime qu’il est devenu difficile aux éducateurs d’aujourd’hui de savoir en formation de quel type d’homme et de quel model culturel éduquer.

Comme on peut le constater, certains travaux touchent directement aux préoccupations de notre travail. Ces auteurs ont insisté sur l’aspect éducatif. Nous nous intéressons de comprendre dans une approche fonctionnaliste les rôles de particuliers dans la production des services publics : une analyse des facteurs motivant la création des écoles privées.

Pascal Blanchini[12]a eu le mérite d’étudier le système d’enseignement de l’Afrique avec comme cas type le système d’enseignement sénégalais et Burkinabais dès (1960-200) en montrant avec une grande pertinence que l’école de l’époque coloniale a été connue et réalisée en fonction des intérêts de la métropole. Il s’agissant de forme ou niveau et plus tard niveau secondaire des idées aptes à collaborer avec l’administration et les entreprises françaises. C’est ainsi que dans son ouvrage il voulait évaluer le greffe des institutions d’enseignement modernes sur des pratiques culturelles antérieures.

            Nous avons intérêt  à nous intéresser du système éducatif dans les écoles privées qui pousse les parents d’envoyer ses enfants et de savoir l’intérêt de ces investissements  de créer des écoles privées à Bukavu. Car l’auteur a observé le système éducatif à tous les niveaux de formation.

A ,M Impe[13], pense que fondamentalement la sociale a besoin de créateurs et d’intellectuels pour  imaginer des réponses éclairées aux dilemmes qui nous accablent et aux impasses qui nous menacent. Pour défendre les valeurs les plus fondamentales de liberté et de dignité, justice sociale et solidarité. Cet auteur a le mérite d’avoir soulevée que la société a besoin des créateurs et intellectuelles pour remédier à ses dilemmes et impasses qui menacent la société et pourtant ces problèmes n’épargnent pas la ville de Bukavu comme notre champ d’étude.

Gervais Mendoze14S démontre que le village planétaire a besoin d’une école de la responsabilité. Celle-là qui ne se contente pas de donner des connaissances pour satisfaire la curiosité et l’orgueil des humains. Mais une école qui permet d’appliquer des correctifs aux déviations des sociétés modernes. Une école qui forme et prépare les apprenants à une insertion sociale réussie. Ces hommes auront, dès lors, la charge de gérer les villages planétaires aux niveaux des intérêts collectifs. Pour cet auteur l’aptitude à la gestion apparait ici comme une exigence fondamentale de cette école, c’est-à-dire la gestion des sociétés et des hommes[14].

            D’après Gérard  Meyrad[15], en examinant les regards contemporains sur le jeune enfant pouvait affirmer que le terme de socialisation  est le lieu d’une confrontation entre psychologique et sociologique et peut être appréhendée comme l’adaptation de l’individu à son environnement.

            Julius Kambarage Nyerere[16] estime que l’éducation qu’elle soit formelle ou non conduit à préparer activement à sa substance et à son développement. L’auteur propose que les efforts en matière d’éducation soient axés sur les besoins de la nation et de la majorité des élèves en s’identifiants à la communauté et aux luttes nationales.

            Emile Durkheim[17], soulève que l’époque actuelle a pris de plus en plus conscience de l’importance des phénomènes de socialisation dans tous les domaines de la vie même les plus individuels. Pour lui, c’est enfin le privilège des classiques de conserve l’intérêt toujours actuel, par des problèmes qu’ils ont abordés et qui n’ont pas cessé de nous préoccuper lorsqu’il écrit que les transformations correspondantes dans l’éducation coloniale.

Il finit par dire que la carrière de chaque enfant ne serait plus en grande partie prédéterminée par une aveugle hérédité. La diversité morale des professions ne laisserait pas entrainer à la suite une grande diversité pédagogique. L’auteur a les limites d’avoir analyser les dysfonctionnements d’enseignement en montrant l’importance et les conséquences des études. D’après lui l’éducation est une fonction collective.

D’après Paulo Freire[18]les idées qui ne reflètent nullement les circonstances de son époque et la situation historique du Brésil, en montrant que dans certaines sociétés du tiers monde, il y a le silence et la passivité que leur impose l’analphabétisme, des millions d’opprimés en sont venus à tolérer et même à justifier la domination dont ils sont victimes. Il sait que la conscience ne pourra s’éveiller que si on leur offre les moyens de prendre la parole et en rejetant l’enseignement autoritaire qui est la pédagogie de l’oppression.

D’après ses analyses il montre qu’une bonne éducation doit avoir le pratique de la liberté et cette dernière représente un chemin d’humanité nouvelle qui retirent de plus en plus l’attention dans les pays du tiers monde et partout où l’on cherche un avenir plus humain où les hommes s’instruisent eux-mêmes.

Max kupelesa[19]dans son étude sur le défis de la qualité de l’éducation scolaire en RDC montre que malgré  le désenchantement que suscitent bien, la persistance des maux qu’on doit s’efforcer d’éradiquer, l’école continue à mobiliser les populations congolaises autour d’une espérance majeure celle de sortir de la pauvreté, de l’ignorance et du sous-développement. Il reste que l’école congolaise va très mal et que la mise sur pied d’une école de qualité est un impératif qui exige des évolutions majeures, de la part de tous les acteurs et consommateurs de l’école congolaise. Il enrichit ses pensées en affirmant qu’il n’y a que le SIDA qui tue. Une mauvaise école est le venu le plus dommageable dans un contexte de sous-développement chronique et que les moyens utilisés contre le SIDA doivent être quadruplés pour réédifier l’école efficace par tout en RDC.

D’après Bourdieu et Passeron20, la reproduction est l’une des caractéristiques fondamentales de l’institution scolaire. Ils affirment que : « tout système d’enseignement doit les caractéristiques spécifiques  de sa structure et de son fonctionnement au fait qu’il faut produire et reproduire par les moyens propres de l’institution , les conditions institutionnelles dont l’existence et la persistance (auto reproduction  de l’institution) sont nécessaires tant à l’exercice de sa fonction propre d’inculcation qu’à l’accomplissement de fonction de reproduction d’un arbitraire culturel dont il n’est pas le producteur (reproduction culturelle) et dont la reproduction contribue à la reproduction des rapports entre reproduction contribue à la reproduction des rapports entre les groupes ou les classes (reproduction sociale).

Nfundiko Musabende21 pour sa part montre comment la prise en charge des parents et la gestion de la prise scolaire entrainent des bouleversements au sein de l’administration scolaire. Ainsi souligne l’auteur que le désengagement de l’état dans le secteur de l’enseignement qui causa une année de grève en 1992 a laissé des traces conséquentes de cette démission de l’état qui sont entre autres les grèves des enseignants, ce délabrement, la destruction et la gaspillage des infrastructures scolaires, la dévalorisation de la fonction enseignante, la fuite des cerveaux vers d’autres  secteurs les plus rémunérateurs et vers l’extérieur du pays. Pour lui les parents n’avaient plus le choix après la grève de 1992, une année après cette ignoble situation. Ces derniers soucieux de trouver un palliatif aux revendications salariales des enseignants, se décidèrent de prendre en charge la paie  des enseignants avec l’évolution de cette charge, elle ne s’est plus limitées seulement à la prime mais aussi aux frais de fonctionnement voire à la prise en charge de l’ensemble du personnel constituant l’institution qui était jadis supporté de cette étude, nous constatons que l’auteur n’a pas insisté sur la précarité de cette situation sur le rendement scolaire des élèves.

Par l’article 29.1 de la conservation relative aux droits de l’enfant. Les états parties : se conviennent que l’éducation de l’enfant viser à :

Favoriser l’épanouissement de la personnalité de l’enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités.

Inculquer à l’enfant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales et des principes consacrés dans la chute des Nations Unies.

Inculquer à l’enfant le respect de ses parents de son identité, de sa langue et des ses valeurs culturelles, ainsi que le respect des valeurs nationales du pays dans lequel il vit, du pays dans lequel il peut être originaire et des civilisations différentes de la sienne.

Préparer l’enfant à assurer les responsabilités de la vie dans une société libre, dans un esprit de compréhension, de paix, de tolérance, d’égalité entre les sexes et éthiques nationaux et religieux et avec les personnes d’origine autochtone.

Inculquer à l’enfant le respect du milieu naturel.

Gasimba Balinda Jean Marie et Morisho Mwanabiningo Nene [20] dans leur article « analyse comparative de la rentabilité de l’éducation privée et publique dans la ville de Goma », ils signalent que le système éducatif congolais est en crise depuis plus de deux décennies. Le secteur de l’éducation a évolué au cours de ces 20 dernières années dans un contexte caractérisé par l’amenuisement des ressources financières. Cette situation a eu comme conséquence, l’insuffisance du budget de fonctionnement et l’investissement dans la construction et la réhabilitation des écoles, d’où la difficulté d’adapter la capacité d’accueil à la demande sociale et de donner un enseignement de proximité et qualité.

Balegamire Juvénal[21] souligne aussi le fait que pour la République Démocratique du Congo, les nouvelles écoles à infrastructures et équipements satisfaisants créés au cours de deux dernières décennies, sont essentiellement chrétiennes et privées. Cela a eu deux conséquences d’une part, la mauvaise condition de travail des enseignants et des élèves avec comme effet la baisse de la qualité de l’enseignement, d’autre part la non acceptation de certains élèves dans les établissements publics vus les effectifs pléthoriques. Il dit que les parents sont pris dans un véritable dilemme : payer les frais exigés par l’école et y envoyer leurs enfants ventre creux ou nourrir les enfants et les garder à la maison. En effet, comme les vrais salaires sont inexistants en RDC, les parents passent leur temps à chercher de quoi manger et si possible de quoi payer les primes des enseignants afin que les enfants passent plutôt leurs temps à l’école que dans la rue.

En effet, le phénomène de surpopulation des classes suite à une demande de plus en plus importante et une offre de plus en plus faible associée à un paiement précaire des enseignants des écoles publiques a conduit à une prolifération des écoles privées.

Selon le DSCRP[22] surtout le territoire congolais,  les établissements privés représentaient 14,6 % du total d’élèves inscrits en 1998-1999. Ce pourcentage est passé de 18,94% en 2003-2004, soit un accroissement de près de 30% dans 4 ans seulement. Ce qui montre que les écoles privées sont devenues plus attractives que les écoles publiques.

Dans son article « problématique des classes pléthorique dans les écoles de Bukavu »[23],a cherché à examiner dans les catégories d’écoles à classes pléthoriques , les causes des classes pléthoriques ainsi que les problèmes des classes pléthoriques. Dans son  résultat,  à travers un échantillon de 36 écoles, il montre que 56% concerne les écoles privées avec un effectif de plus de 60 élèves par classe. Ce qui viole les normes de l’UNESCO qui envisage 40 élèves par classe. Les causes des classes pléthoriques sont donc le manque de construction des infrastructures scolaires par l’Etat congolais, l’exode rural dû à la guerre à l’est du pays, l’instauration du système de paiement de la prime, la bonne réputation d’une école , le taux modéré de la prime demandée aux parents d’élèves… les problèmes étant l’indiscipline des classes, faible participation des élèves aux leçons, abondance du travail, suivi difficile du travail de chaque élève absence de morale, etc. Il suggère aux enseignants d’adopter des mesures correctives, appliques le règlement intérieur et d’avoir une compétence et conscience professionnelle.

En effet, ces auteurs ont tourné leur réflexion autour l’éducation à travers différentes thématiques abordées, telles que démontrées dans leurs travail. Néanmoins, aucun de ces auteurs n’a  abordé la thématique de motivation de création des écoles privées dans la ville de Bukavu. Ainsi, au cour de cette étude, nous allons chercher à identifier les facteurs de prolifération des écoles privées secondaires dans la ville de Bukavu, et plus particulièrement dans la commune d’Ibanda. En outre, nous allons chercher à prélever la qualité de l’éducation assurée au serin de ces écoles ainsi que ‘impact de ces dernières sur l’ensemble de la communauté de Bukavu en général, et en particulier sur les acteurs de l’éducation. Tels sont les aspects qui font la différence entre notre travail et ceux de nos prédécesseurs.

I.4.PROBLEMATIQUE

            Depuis plus de trois décennies, notre pays ; la République Démocratique du Congo a connu une situation de crise tant sur le plan social, économique, éducatif,  etc. l’Etat qui devrait jouer son rôle a défailli à sa mission, et cela eut comme conséquence le taux élevé de chômage, le salaire insuffisant difficilement acquis par le travailleurs et d’autres problèmes socioéconomiques apparentés. Pour se prendre en charge, la population a développé un mécanisme d’investissement dans le secteur informel.

             Dans le secteur de l’éducation, il est à noter que la population congolaise s’élève à plus de 70 millions, le recensement fiable devant encore atteindre longtemps, et qu’elle comprend environ 55% d’enfant âgés de moins de 18 ans, c’est-à-dire en âge scolaire.  Eu  égard à ce résultat, nous pouvons affirmer que la capacité des infrastructures scolaires se trouve largement en deçà des effectifs toujours galopants d’enfants en âge scolaire. En principe, pour ne pas déroger à son devoir d’assurer aux enfants un enseignement de qualité dans un apprentissage sain, l’Etat congolais se doit de concevoir un plan d’implantation d’écoles au regard de la démographie et en fonction d’une carte scolaire élaborée à cet effet ; ce dernier outil de planification de l’éducation permet d’implanter des écoles dans les milieux non encore desservis sur tout le territoire congolais. Au cas où l’Etat serait incapable de le faire, il devrait encourager les initiatives privées en instituant par exemple l’octroi  des fonds d’avance aux privés pour la construction de nouvelles écoles descentes. C’est ainsi que différents individus se sont lancés sur terrain pour créer des écoles privées sur toute l’étendue de la république[24]

Ainsi, l’origine des écoles privées en République Démocratique du Congo s’inscrit dans l’article n° 100 de la loi-cadre  1986. Cette loi stipule que seuls les parents sont les principales sources financières ; ils doivent eux-mêmes payer la scolarité de leurs enfants, construire des infrastructures scolaires, acheter des objets scolaires, et d’autres biens apparentés. Le gouvernement quant à lui doit prendre la relève d’agréer et de contrôler le fonctionnement et l’administration de ces écoles. Le gouvernement avait mis en place un certain nombre  des critères et conditions à remplir pour qu’une école soit agréée, notamment, elle doit posséder des infrastructures ou locaux favorisant un environnement de climat sain pour permettre le meilleur apprentissage. Le deuxième critère concerne l’équipement de la classe. La classe doit être bien aérée, elle doit en même temps posséder des matériels didactiques, des assises et d’autres objets nécessaires. Le troisième critère concerne la qualification des enseignants. C’est- à-dire au moins trois ans du niveau supérieur. L’école doit également avoir des laboratoires, des musées, des bibliothèques, et d’autres matériels didactiques. En 19945, neuf écoles privées secondaires étaient déjà ouvertes à Bukavu. Il s’agit des complexes/groupes scolaires Basheka, Espoir, Juhudi, Azma, Suka, Namango, La Relève, la Grace et Gracia. Malheureusement, aucune de ces écoles ne remplissait les conditions de l’ouverture d’un établissement scolaire.[25]Après cette année, la prolifération des écoles privées a élu domicile à Bukavu avec des classes pléthoriques. De 1960-1980, il existait peu de classes pléthoriques.

Vu le chaos qui avait déjà élu domicile dans le pays au cours de cette période,  les individus ont pris l’initiative de créer des écoles privées ça et là soit pour se procurer une source de revenu, tout en sacrifiant la qualité de l’enseignement. Ainsi, vu la personnalité des promoteurs, la plupart de ces écoles n’ont pas pu respecter les normes et la qualité d’un établissement scolaire (qualité de l’enseignement, qualification des enseignant, environnement d’apprentissage, infrastructure pour ne citer que cela). Certains préfets des écoles ont inscrit les élèves à but lucratif. Ainsi l’organisation et le fonctionnement de ces écoles ont échappé au contrôle du gouvernement et chaque promoteur pouvait donc gérer son école de sa propre manière. Ce qui a occasionné l’anarchie et l’ingérence dans la plupart des écoles privées de la ville de Bukavu. De nos jours, nous observons sur toute l’étendue de la ville, plus de 120 écoles privées secondaires, et d’autres sont en train de pousser comme des champignons.

Pour être plus précise, l’incapacité du gouvernement congolais à créer des écoles officielles capables d’accueillir tous les enfants congolais tout en respectant les normes universelles garantissant l’éducation de l’enfant, a  occasionné progressivement la création des écoles privées. Après plus de 50 ans de l’indépendance de notre pays, il demeure que les meilleures infrastructures scolaires sont celles héritées de la colonisation, étant à leur tour incapable d’accueillir la population scolaire à l’égard de l’explosion démographique. Ces écoles implantées ici et là,  semblent heurter à une nette compétition entre elles-mêmes d’abord, en suite avec les écoles conventionnées et en fin avec les écoles officielles grâce à la recherche d’effectif et à la maximisation d’énergies (argents).

Ainsi, pour bien enrichir notre étude, trois questions constituent le fil conducteur de notre recherche, il s’agit :

  1. Comment pouvons-nous comprendre les motivations qui guident la création des écoles privées à Bukavu ?
  2. En quoi est-ce que les écoles privées se différencient-elles des écoles publiques du point de vue de leur organisation et fonctionnement ?
  3. Quels sont les défis aux quels sont confrontées les écoles privées à Bukavu ?

I.5. HYPOTHESES DU TRAVAIL

Pour Easton, l’hypothèse est une réponse provisoire à une question de la problématique ou la thématique d’une recherche donnée, elle peut soit être affirmée ou infirmée[26]

De leur part, R. QUIVY et L.V Kampenhout définissent l’hypothèse comme une proposition provisoire, une présomption qui demande à être vérifiée. C’est en fait une confirmation, affiliation sur laquelle porte des modifications dans le travail, elle sera confirmée ou niée par les résultats du travail[27]. Ainsi, les réponses provisoires ci-après relatives aux questions soulevées dans la problématique sont libellées   de la manière suivante :

  1. Les motivations qui guident la création des écoles privées à Bukavu seraient d’ordre économique, politique que social. Il s’agit entre autre de la création d’une source de revenu, la prise de la relève de l’Etat congolais ayant accusé une défaite à ses attributions de créer des écoles publiques, l’innovation dans le secteur éducatif visant la création de nouvelles sections et l’amélioration de la qualité de l’enseignement pour ne citer que cela. 
  2. La différence entre les écoles privées et les écoles publiques ne serait pas trop significative en ce sens qu’elles sont toutes régies par le même ministre de tutelle. Cependant, on remarquerait des différences sur le mode de fonctionnement des écoles privées et celles appartenant au réseau public. Cette différence concerne la rémunération salariale ; le recrutement du personnel, la discipline scolaires ; ainsi que les problèmes auxquels les écoles de se deux réseaux s’affrontent pour atteindre leurs objectifs. En bref, les écoles privées seraient plus adaptées par rapport aux écoles publiques, quant en ce qui concernent la situation socio-économique de la population de Bukavu.
  3. Les défis aux quels les sont confrontés les écoles privées seraient le manque des infracteurs et des locaux ; pour accueillir les enfants et les permettre d’étudier dans de bonnes conditions, manque de fond de fonctionnement, manque de partenariat avec d’autres acteurs éducatifs afin d’améliorer la qualité de l’enseignement, etc.

 I.6. METHODOLOGIE      

Alain Birou estime que la méthode constitue une enquête, des principes qui organisent le mouvement de connaissance. C’est-à-dire de relation entre l’objet de recherche et le chercheur, entre les informations concrets rassemblées à l’aide des techniques et les niveaux des théories et des concepts[28].

 Ainsi ; pour bien appréhender cette étude, nous avons opté à la méthode fonctionnelle relativisée de Robert King Merton. Grace à cette méthode nous avons pu de découvrir les fonctions et les dysfonctions des écoles privées qui naissent à Bukavu en tant que phénomène social une analyse scientifique en vue d’une meilleure compréhension. Pour y parvenir, nous avons manipulé un certain nombre des techniques entre autres :

 La technique de documentation, d’observation directe, d’entretien libre, technique de questionnaire, d’échantillonnage pour la récolte des données, ainsi que les méthodes quantitative et qualitative pour l’analyse et la présentation des résultats de notre travail (voir cadre méthodologique pour plus de détails)

 I.7. DELIMITATION DU SUJET 

Pour bien mener notre recherche nous avons l’obligation  de délimiter aussi bien temporellement, spatialement que typologiquement cette étude.

Sur le plan spatial : notre étude s’étend sur la ville de Bukavu : commune d’Ibanda, étant donné que cette dernière renferme  un grand nombre des écoles privées.

Sur le plan temporel : l’étude s’étend sur une période de 6S ans soit de 2011 à 2017. Une période caractérisée par une augmentation des écoles privées.

Typologiquement : l’étude  se situe à cheval entre la sociologie de l’éducation, la sociologie de la connaissance et la sociologie urbaine et s’arrête à dégager les facteurs motivant la création des écoles privées, celle-ci étant une réalité qui prend de l’ampleur dans notre milieu.

                 I.8. SUBDIVISION DU TRAVAIL        

Hormis l’introduction et la conclusion, le présent  travail s’articule autour de trois chapitres. Le premier chapitre traite du cadre théorico-conceptuel et méthodologique. Le deuxième chapitre est consacré au système éducatif congolais. Le troisième chapitre en fin traite  l’analyse des résultats

[1]DEPELTEAU, la démarche d’une recherche en sciences humaines, éd. Laval, canada, 2000 p.35

[2] M, EKWA Bis ASAL, l’école trahie ed. cadices Kinshasa, 20104.

[3] P. MUKENE, l’ouverture entre l’école et le milieu en Afrique noire, éd. Université Tribours Suisse 1988.

[4] F. MILLER, Ecole et la famille, éd. Bibliothèque de l’étoile, LEVERVILLE. 1954. P6-7.

[5]Kanefu B. problématique du financement des écoles primaires et secondaires, mémoire inédit ISP/Bukavu 1995-1996 pp.4-68

[6] Maurice REUCHILIN, l’orientation scolaire et professionnelle. Paris PUF 1971.P.23

[7] FERROL, G., dictionnaire des sciences sociales, éd. Armand Collin, Paris, PUF,1971, p.23

[8]Husen cité par Pascal MUKENE, l’Ecole et le monde du travail, 13e Ed. Université Fribourg Suisse, 1988, p1,P17

[9]BOURDIEU et PASSERON, l’école et la reproduction sociale, Paris, PUF, 1956, p152,154

[10] Mighiom, MBONA, comment modifier les comportements sociaux difficiles en milieux scolaires, fondements et pratiques, Kinshasa, PUC, 2005, pp11-63

[11]NTABONA B., «  Education aujourd’hui au Burundi », In au Cœur de l’Afrique, avril-septembre 1997, p.197-198

[12]P. BLANCHINI, Ecole et politique en Afrique : sociologie des crises et reformes du système d’enseignement au Sénégal et au Burkina-Faso, éd. Karthala, 2004, p.4

[13]A.M. IMPE, enjeux internationaux numéro 10, 2006,p.3

[14]G, MENDO ZEle 20 défis pour le millénaire, bâtir un nouveau humanisme, paris, Ed.O.E.I.L, 2000, 85-86

[15]M. Gérard, l’enfant, la mère et la question du père, un bilan critique sur l’évolution des savoirs sur la petite enfance, paris, pu E, 2000, p.275.

[16]J,  Kambarage Nyerere, l’indépendance et éducation, éd, clé, 1972, p.103

[17]E. Durkheim, Education et sociologie, Paris, PUF, 1996,p.120

[18]P.  FREIRE, l’éducation pratique de la liberté, 2e éd. CERF, 1973, p.159

[19] M.  KUPELESA, Le défi de la qualité de l’éducation scolaire en République Démocratique du Congo, sur http://pygmalioeducation,frce .fr.2006.p.3

[20] GASIMBA, B.J et MORISHO M.N, Analyse comparative de la rentabilité de l’éducation privée et publique dans la ville de Goma.  In cahier du Ceruki, nouvelle série no 39, 2009, pp. 25-41

[21] BALEGAMIRE .J. ,Se prendre en charge au zaïre, regards et stratégies des jeunes de Bukavu face à la crise socio scolaire, Meta éditions, Lausanne 1997, p.26

[22] Ministère du plan de la République Démocratique du Congo, Document de Stratégie, de croissance et de réduction de la pauvreté, 2006, p.26.

[23] KITENGE, N. « Problématique des classes pléthoriques dans les écoles de Bukavu » in cahier du Ceruki, nouvelle série, no 46 2014, p.369-379.

[24] ZATCHLIST,  N, impact des conflits armés sur les enfants en République Démocratique du Congo, New York , Juin, 2003, pp. 325-379

[25]BARHOLERE, M,  le fonctionnement de neuf écoles secondaires privées agréées par le gouvernement à Bukavu : organisation pédagogique et administrative. Inédit. TFC, ISP/Bukavu, 1995-1996, pp. 4-37

[26]P. EASTON, l’Education des adultes en Afrique Noire, manuel d’auto-évaluation, Tome I, Ed.KARTHALA et ACCT, Paris, 1984, p 168.

[27]QUIVY, R. et CAMPENHOUDT, Manuel de recherche en sciences sociales, Paris, Bordas, 1998, p129

[28] M.GRAWITZ, Les méthodes, éd. Dalloz, paris, 1981, p.28

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