Arrow Table de matières
8417704

CHAP I GENERALITES

 

  • Définition

L’Hygiène  est une science qui apprend à conserver et à améliorer la santé

1.2 Désinfection et stérilisation du matériel médical

- Asepsie: c’est l’absence de tout germe, la privation de tout produit microbien capable de nuire. Un objet est aseptique, ou stérile ou exempt de microbes, quand les germes vivants qu’il portait ont été détruits. L’asepsie est à la fois: -préventive de l’infection,  - défensive contre l’infection. Elle est comme depuis Pasteur et doit être rigoureuse et indispensable malgré l’administration actuelle d’une thérapeutique. C’est un devoir de conscience pour l’hygiéniste de prendre des précautions strictes d’asepsie dans l’environnement qui entoure les soins aux malades.

- Antisepsie: c’est la lutte, la défense contre les microbes existants. L’antisepsie est une méthode qui lutte contre une contamination contre une infection déjà existante, pour tuer tous les germes pathogènes et entraver leur développement.

- Désinfection : est l’élimination d’une grande partie des germes présents sur une surface ou sur un sujet.

- Stérilisation : consiste en l’élimination de tous les germes : virus, bactéries et champignons microscopiques sous formes végétatives et sporulées.

- décontamination : est la désinfection des objets souillés par des matières infectieuses (pus, sang, excréments…).

  1. a) Principes généraux

La stérilisation n’est pas toujours facile à obtenir dans les conditions défavorables de certaines structures médicales. Tous les procédés de stérilisation efficaces requièrent du matériel adéquat (autoclave, poupinel) et une source d’énergie. Dans la pratique, on est parfois obligé de se contenter de procédés qui ne sont pas pleinement satisfaisants, mais qui sont toutefois indispensables si l’on ne peut faire mieux.

La désinfection et la stérilisation du matériel médical à elles seules ne suffisent pas pour prévenir les infections iatrogènes (acquises lors des soins médicaux). Elles doivent s’accompagner des mesures de base d’hygiène et d’asepsie : nettoyage et désinfection des surfaces de travail et des locaux, hygiène du personnel, manipulation aseptique du matériel stérile, etc.

  1. b) Nettoyage du matériel réutilisable

Tout matériel doit être soigneusement nettoyé avant d’être stérilisé ou désinfecté. En effet, la présence de matières organiques peut protéger des germes de l’action de l’agent désinfectant ou stérilisant, ou réagir avec cet agent et le rendre inefficace.

  • Instruments

Directement après utilisation, le matériel doit être mis à tremper dans de l’eau pour éviter le dessèchement des souillures qui, sinon, sont très difficiles à enlever. Une demi-heure avant le nettoyage, un désinfectant peut être ajouté à l’eau de trempage pour effectuer une première décontamination (chlora mine 20g/l, lysol 50g/l), mais éviter un trempage plus long avec le désinfectant ou avec des concentrations trop élevées, ce qui peut provoquer la corrosion des instruments métalliques.

Remarque : le trempage et le nettoyage du matériel d’injection destiné aux vaccinations (aiguilles et seringues) doit se faire à l’eau seule, sans savon ni désinfectant, car des traces pourraient inactiver le vaccin.

Après nettoyage, le matériel doit être soigneusement rincé à l’eau claire et séché, et ensuite stérilisé, bouilli, ou soumis à l’action d’un désinfectant puissant suivant l’utilisation qui en sera faite et les possibilités locales.

  • Linges et pansements

La décontamination se fera par un lessivage avec une poudre classique (ex. OMO) avec ébullition si possible (5 minutes).

Si l’ébullition n’est pas possible, après lessivage et rinçage, le linge sera trempé ½ heure dans une solution à 0,1% de chlore (hypochlorite, eau de javel, chloramine), ou à 5% de lysol, ensuite rincé abondamment et séché.

        Les linges chirurgicaux seront ensuite autoclavés ou repassés suivant les possibilités locales.

  1. c) Méthodes de stérilisation et alternatives
  • Autoclavage

Stérilisation par de la vapeur d’eau sous pression (chaleur humide) dans un autoclave.

L’autoclavage est la méthode de stérilisation la plus fiable et la seule qui permette de stériliser l’ensemble du matériel nécessaire (en particulier les tissus et le caoutchouc). Mais elle nécessite du matériel spécial et une source d’énergie (électricité, pétrole ou gaz).

Suivant le type de matériel, on stérilise à 121°C (=1 atmosphère de surpression) ou à 134°C (= 2 atmosphères de surpression).

  • Chaleur sèche (four poupinel)

Stérilisation par l’air chaud (chaleur sèche) pendant 2h à 160°C ou 1h à 170°C.

Méthode efficace à condition de disposer d’un bon appareil électrique avec un thermomètre en bon état (et un circulateur d’air dans les gros appareils). Convient pour le métal, le verre thermorésistant et la vaseline, mais ne permet pas de stériliser le linge et les compresses. Cette méthode est assez simple à mettre en œuvre mais consomme plus d’énergie que l’autoclave.

  • Ebullition

L’ébullition pendant 20 minutes (plus 5 minutes pour 1.000 m d’altitude) dans un bouilleur ou tout autre récipient, donne un niveau de désinfection poussé, mais ne détruit pas les spores bactériennes (ex. : tétanos, gangrène).

 Elle est particulièrement utile pour les aiguilles et les seringues (elle détruit notamment les virus de l’hépatite B et du SIDA).

  • Flambage

Il est efficace pour les instruments s’ils sont portés au rouge, mais cette méthode ne peut être qu’exceptionnelle car elle altère fortement les qualités du métal.

  • Repassage

Méthode de « stérilisation » de fortune pour le linge (champs, blouses) et les compresses si l’on ne peut les stériliser à l’autoclave. Parfois utile pour les grandes pièces (champs) qui ne peuvent être stérilisées dans les petits autoclaves.

1.3 Hygiène et organisation de l’hôpital

  1. a) Les salles d’opération

La contamination d’un malade en salle d’opération est particulièrement redoutable, les complications septiques post opératoires qui en résultent augmentent les durées d’hospitalisation, majorent les couts et sont parfois source de séquelles graves voire de décès.

Les principales mesures préventives sont :

- une conception architecturale correcte du bloc et ultérieurement le respect des circuits.

- l’air pulsé dans les salles d’opérations doit avoir traversé un filtre « absolu ». - un habillement correct de l’équipe chirurgicale (masques, calots, bottes, etc.).

- une préparation de désinfection suffisante du champ opératoire.

- un lavage soigneux des mains.

- les gants du chirurgien et de ses aides. Ils seront changés aussi souvent que nécessaire : lors d’intervention de longue durée, après les temps septiques, au moindre doute de perforation.

  1. b) L’organisation des services de réanimation et de soins intensifs

Les services de soins intensifs font partie des zones critiques de l’hôpital.

  • La désinfection des locaux

La désinfection terminale effectuée au départ du malade doit obéir à une chronologie précise :

- nettoyage des parois éliminant les souillures protéiques qui gênent l’action ultérieure des antiseptiques.

- nettoyage humide du sol.

- transfert de la literie pour désinfection.

- occlusion du local.

- aérosolisation d’un décontaminant le plus souvent le formol). 

  1. c) L’hygiène des services généraux de l’hôpital

Le nettoyage des surfaces

Il doit être effectué par un linge humide pour éviter la mise en suspension de poussières en l’air qui servent de support aux germes, et qui peuvent sédimenter ensuite sur les malades.

  • Le linge à l’hôpital

Le portage des germes par l’intermédiaire des vêtements du personnel soignant ou par divers linges (draps, alèzes, couvertures, etc.) est particulièrement fréquent. Aussi le changement régulier des vêtements de travail ainsi que la réservation de certains vêtements à des taches précises sont indispensables.

La désinfection des literies  nécessite l’intervention de matériels spécialisés; c’est ainsi que les matelas dont la contamination peut être profonde seront traités dans les études spéciales utilisant le formol.

1.4 Organisation de l’hygiène hospitalière

Il est nécessaire de créer un comité de lutte contre l’infection dans chaque établissement. Celui-ci comprenant des médecins, chirurgiens, le bactériologiste, le pharmacien, le directeur (au total 12 membres) . Il est présidé par un médecin hygiéniste ou à défaut par un médecin ou chirurgien.

1.5 PREVENTION DES INFECTIONS HOSPITALIERE                                                                                                                                    Il est important de prévenir la survenue d’une infection nosocomiale chez un malade, mais il est également important de lutter contre une infection qui est apparue. Quelques règles pour aider à prévenir et à contrôler une infection sont :

- toujours se laver les mains avant de toucher un malade;

- éloigner autant que possible les malades infectés des malades non infectés;

- ne pas s’occuper d’un opéré récent en même temps qu’un opéré infecté;

- changer les pansements chirurgicaux de façon aseptique lorsque nécessaire;

- nettoyer toute incision soigneusement et complètement et appliquer dessus un produit antiseptique ou un antibiotique.

La technique de nettoyage est valable (même seule), le nettoyage peut se faire avec une eau additionnée d’un détergent ou d’un désinfectant. La désinfection est utilisée pour trois motifs principaux :  abaisser le taux de contamination de l’ambiance (locaux, air,…), décontaminer un appareil qui ne peut être stérilisé, supprimer avant nettoyage et stérilisation la contagiosité du matériel contaminé.

L’organisation du lavage des mains

  1. a) A la prise de service

Tout le personnel de l’hôpital doit être soumis à la règle élémentaire du lavage des mains à la prise de service. Les lieux d’exécution doivent être déterminés aussi proches que possible du lieu de travail (éviter le passage des portes). Les manches des habits de travail doivent être courtes (du moins relevées). Les montres, bracelets et bagues doivent être enlevés avant le lavage (bracelets et bagues sont d’ailleurs déconseilles). Il faut maintenir les ongles courts. Avant de procéder à ce lavage préliminaire on aura pris soin :

- d’être allé aux toilettes,

- de s’être mouché,

- d’avoir procédé à la réfection de sa coiffure (de façon à ne pas la toucher pendant la durée de son travail).

  1. b) Le personnel hospitalier doit à nouveau se laver les mains

- au commencement du travail,

- lorsque les mains sont sales (quelle que soit la source de pollution),

- après être allé aux toilettes,

- avant de prendre une collation ou un repas (réfectoire),

- si l’on a procédé à la réfection de sa coiffure,

- à la fin du travail,

- pour se rendre à la crèche.

La technique du lavage des mains

Elle peut différer selon la nature de l’activité : quelques exemples :

  1. a) La main du chirurgien

La technique est bien connue des intéressés et codifiée.

  1. b) Services à hauts risques

Prise de service (durée 4 ou 5 minutes)

  • Prendre une dose de produit de lavage;
  • Masser les mains et les poignets sec pendant une minute avec le produit;
  • Ajouter peu à peu de l’eau jusqu’à obtention d’une mousse suffisante;
  • Brosser les ongles et les espaces interdigitaux pendant deux minutes (il est inutile de brosser le dos des mains et des avant-bras ce qui irrite la peau);
  • Rincer soigneusement;
  • Prendre une nouvelle dose de produit et se laver les mains et les poignets pendant une minute;
  • Sécher soigneusement les mains par tamponnement avec une serviette en papier.

Entre chaque soin (une minute environ)

  • Prendre une dose de produit de lavage sur les mains sèches;
  • Ajouter de l’eau jusqu’à obtention d’une mousse suffisante;
  • Reprendre une dose de produit;
  • Se laver les mains, rincer;
  • Sécher soigneusement les mains par tamponnement avec une serviette en papier.
    • Filière de gestion des déchets de soins
  • Le processus de gestion des déchets des établissements de soins comprend
  • 5 étapes: le tri et conditionnement, la collecte, le stockage, le transport et le traitement et élimination.

1.6.1 Tri et conditionnement

  1. a) Le tri
  • Le tri est une opération qui s'effectue au niveau du site de la production et à travers laquelle chaque catégorie de déchets est mise dans un sac ou

conteneur qui lui convient et orientée vers une filière précise. Une grande vigilance doit caractériser les modalités de tri des déchets afin d’éviter que les déchets à risque ne se mélangent avec les déchets assimilables aux ordures ménagères

  • Le tri permet de protéger et d’améliorer la sécurité du personnel, de diminuer les risques d’infections nosocomiales et de contrôler l’incidence économique de l’élimination des déchets en réduisant la proportion des déchets à risque à traiter.
  1. b) Le conditionnement
  • Le conditionnement est destiné à contenir les déchets de soins. Il constitue une barrière physique contre les micro-organismes pathogènes qu’ils contiennent.
  • Le conditionnement recommandé pour les différentes catégories de déchets est comme suit :
  1. Déchets d’activités de soins non dangereux, analogues aux ordures ménagères, à collecter dans des sacs ou collecteurs étanches de couleur noire.
  2. Déchets piquants ou coupants, qui seront dans tous les cas considérés comme infectieux, à collecter, dès leur production, dans des collecteurs rigides et étanches de couleur rouge ou jaune.
  3. Les déchets anatomiques constitués par les organes et parties du corps, etc. doivent être désinfectés et bien emballés et puis remis aux services compétents (Bureaux Municipaux d’Hygiène ) pour enfouissement. Les placentas doivent être conditionnés dans des sacs en plastique rouges ou jaunes (de préférable deux sacs en plastique) et mise dans un congélateur réservé à cet effet, en attente de la collecte par des services compétents pour leur enfouissement ou pour traitement par incinération.
  4. Les produits chimiques ou pharmaceutiques doivent être collectés dans des collecteurs étanches de couleur marron.

1.6.2 La collecte

  • C’est le trajet depuis le site de production ou les zones de stockage intermédiaire des déchets jusqu’à la zone de stockage central. Il est recommandé, pour les établissements hospitaliers, de faire réaliser la collecte par une équipe de salubrité composée d’un personnel formé. Les horaires de collecte doivent être fixés par la direction de l’établissement. Pour les petits établissements de soins, la collecte est réalisée par les agents de service.
  • 6.3 Le stockage

Des locaux pour le stockage intermédiaire au sein de l’unité de soins et pour le stockage central doivent être désignés au sein de l’établissement. Ces locaux doivent être d’une capacité de stockage adaptée aux quantités des déchets produits et de la fréquence de leur évacuation.

1.6.4 Le transport

Il couvre le transport du site de stockage au site de traitement, il peut s’agit du transport pour un traitement interne ou externe à l'établissement:

- Pour le transport à l’intérieur de l’établissement, il doit être effectué moyennant des chariots adaptés et réservés à cet usage.

1.6.5. Traitement et élimination des déchets de soins

L’objectif principal du traitement des déchets à risque est de réduire la quantité des germes pathogènes dans les déchets. La réduction du volume devra être considérée en deuxième priorité. Actuellement, beaucoup de technologies de traitement sont appliquées dans le monde. Le traitement par incinération a été largement pratiqué, mais d’autres solutions apparaissent peu à peu comme l’autoclavage ou le traitement chimique ou par micro-ondes qui pourraient être préférables dans certaines conditions. L’enfouissement in-situ des déchets à risque non traités peut également être une solution acceptable pour certains déchets (ex : placentas, objets piquants et tranchants) si les conditions de sécurité sont respectées et s’il y a suffisamment de terrain au niveau de l’établissement de soins.

Partager ce travail sur :