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CHAP I GENERALITES

1.1. La consultation anesthésique

Les premiers écrits sur la consultation d’anesthésie remontent à près de 50 ans dans les pays anglo-saxons qui ne l’appliquaient qu’aux patients considérés comme à haut risque ou certaines interventions délicates.

Depuis les années 80, la consultation d’anesthésie a commencé à se développer. En France, la consultation d’anesthésie a été rendu obligatoire par un décret ministériel (12).

Les motivations de cette consultation anesthésique sont d’ordre de sécurité ou de réduire les risques du patient par la prévention, la protection et la réduction de la perception du risque.

Avec l’avènement de la télémédecine depuis le début du 20eme siècle, la consultation d’anesthésie à distance connait un grand progrès.

1.2.  Définition de quelques concepts

  1. La télémédecine

La télémédecine est une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication. Elle met en rapport, entre eux ou avec un patient, un ou plusieurs professionnels de santé, parmi lesquels nécessairement un professionnel médical et, le cas échéant, d’autres professionnels apportant leurs soins au patient (13).

Le décret n° 2010-1229 du 19 octobre 2010 définit comme relevant de la télémédecine les actes médicaux réalisés à distance au moyen d’un dispositif utilisant les technologies de l’information et de la communication.

Les 5 actes de la télémédecine sont les suivants :

  1. La téléconsultation, qui a pour objet de permettre à un professionnel médical de réaliser une consultation à distance d’un patient. Un professionnel  de santé peut être auprès du patient, et le cas échéant, assister le professionnel médical au cours de la téléconsultation.
  2. La télé-expertise, qui a pour objet de permettre à un professionnel médical de solliciter à distance l’avis d’un ou de plusieurs professionnels médicaux en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières, sur la base des informations médicales liées à la prise en charge d’un patient.
  3. La télésurveillance médicale, qui a pour objet de permettre à un professionnel médical d’interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d’un patient et, le cas échéant, de prendre les décisions relatives à la prise en charge de ce patient.
  4. La téléassistance médicale, qui a pour objet de permettre à un professionnel médical d’assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d’un acte ;
  5. La réponse médicale, qui a pour objet d’apporter la régulation médicale (14).

La télémédecine représente actuellement un levier puissant pour faire face aux enjeux médico-économiques et aux fractures démographiques. Elle améliore l’efficience des organisations de soins en charge des patients et la performance du système de santé. Ces dernières années, beaucoup d’actions à visée humanitaire font recours à la télémédecine. Par simple illustration, citons la fondation britannique, la Swinfen Charitable Trust qui depuis 1998, fournit le matériel nécessaire à l’exercice de la télémédecine en temps différé (ordinateurs, accès Internet et appareils numériques) aux populations défavorisées. Cette organisation a permis aux médecins de pays en voie de développement de demander leurs avis aux professionnels de santé de pays développés ; le réseau en Afrique Francophone pour la Télémédecine qui a pour devise « Soutenir les professionnels de la Santé là où on en a le plus besoin » en déplaçant non les patients mais l’expertise médicale ; les Médecins Sans Frontières dont leur Présidente, Dr Joanne Liu, a contribué au lancement d’un réseau de télémédecine leur mettant en connexion avec des spécialistes répartis dans le monde.  

  1. Autres définitions
  2. Morbidité : ensemble des causes ou des conditions pouvant exposer un individu (ou un groupe d’individus) à la maladie (15).
  3. Classe ASA (American society of anesthesiologists) qualifie l’état de santé préopératoire d’un patient. Il permet ainsi d’en évaluer les risques anesthésiques c’est-à-dire la morbidité (infection post-opératoire, infarctus, défaillance respiratoire ou rénale…) et la mortalité.

            On distingue 5 classes :

Classe ASA 1 : patient en bonne santé (ex: hernie inguinale)

Classe ASA2 : patient présentant une maladie systémique légère (ex: diabète non insulino-dépendant, hypertension artérielle, obésité, insuffisance rénale modérée, infarctus ancien, ….)

Classe ASA 3 : patient présentant une maladie systémique sévère (ex: angine de poitrine, diabète insulino-dépendant, obésité morbide, insuffisance respiratoire modérée, syndrome apnée de sommeil…)

Classe ASA 4 : patient présentant une maladie systémique sévère mettant en jeu le pronostic vital (ex: patient dialysé, insuffisance cardiaque ou respiratoire grave…)

Classe ASA 5 : patient moribond dont l’espérance de vie n’accède pas 24h à l’absence d’intervention chirurgicale (ex: rupture d’un anévrysme cérébrale avec coma,…) (16).

  1. Classe MALLAMPATI

Permet de prévoir la difficulté d’une intubation orotrachéale, donc de prévoir une intubation difficile.

Classe 1 : toute la luette et les loges amygdaliennes sont visibles.

Classe 2 : la luette est partiellement  visible.

Classe 3 : le palais membraneux est visible.

Classe 4 : seul le palais osseux est visible.

Classe 1 et 2 présagent d’une intubation à priori facile, les classe 3 et 4 d’une intubation difficile (17).

  1. Intubation difficile

C’est difficile lorsqu’elle nécessite plus de deux laryngoscopies et/ou la mise en œuvre d’une technique alternative, après optimisation de la position de la tête, avec ou sans manipulation laryngée externe (18).

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