Arrow Table de matières
2951913

INTRODUCTION

0.1. Etat  de la question

Dans le cadre de cette étude nous avons essayé d’exploiter les idées de certains chercheurs qui ont développé ce thème et dégager l’originalité de notre recherche par rapport à la leur. Ainsi, nous avons parcouru quelques mémoires, ouvrages et articles.

UNION EUROPEENNE[1] (2011) Parlant de la responsabilité sociétale des entreprises : une nouvelle stratégie de l’Union Européenne pour la période 2011-2014.L’Union Européenne a essayé de focaliser son attention sur la responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement transparent et éthique qui, contribue au développement durable, à la santé et au bien-être de la société, respecte les lois en vigueurs et est compatible avec les normes internationales, est intégré dans l’ensemble d’organisation et est mis en œuvre dans ses relations. Pour définir le périmètre de sa responsabilité sociétale, identifier les domaines d’actions pertinentes et fixer ses priorités, il convient que l’organisation traite toutes les questions centrales suivantes :

La gouvernance de l’organisation, les relations et  conditions de travail, l’environnement, la loyauté des pratiques, les questions relatives aux consommateurs, les communautés et le développement

ALY SAGNE[2](2012) dans son travail intitulé « Ethique et responsabilité sociétale des entreprises : quel rôle pour les  Organisations de la Société Civile Africaines ? » a essayé de voir les affamés d’investissements directs étrangers, les Etats Africains se soucient peu de conditions dans lesquelles interviennent  les multinationales, notamment dans les domaines des industries extractives. Or des contraintes existent en matière de responsabilité sociale et environnementale.

L’auteur ajoute en disant que l’Afrique possède d’importantes ressources minières, soit un tiers de ressources mondiales et 16,6%  de la production mondiale ,81%  du chrome, 89% de la production mondiale du platine ,61% du manganèse, 60% du cobalt,21% de l’or et 46% du diamant.

Cependant à la lecture de la situation actuelle de l’Afrique causée par la pauvreté, les conflits armés qui sont alimentés (financés) par l’exploitation illégale des ressources naturelles, mais aussi il se remarque la corruption, la pollution des ressources en eaux et autres dégâts écologiques, etc.

L’auteur est parti des questions de recherche voulant savoir :

  • A qui profitent réellement ces richesses ?

Il avance une raison : la mondialisation et la crise économique et financière ont exacerbé chez les multinationales, la culture du profit au détriment d’éthique et de la société. En réalité, les multinationales, sont économiquement plus puissantes que la plupart des Etats Africains qui ne disposent d’aucun instrument juridique permettant de réguler leur mode de gouvernance d’autre part, les Etats se font concurrencer et n’osent pas d’imposer des normes élevées en matières environnementales et sociales.

Ainsi, les multinationales profitent de la faiblesse ou de l’absence de normes sociales et écologiques, choisissant par exemple de s’installer dans des pays où il y a  moins  de contraintes en matière de responsabilité sociétale des entreprises.

  • Quels rôles peuvent jouer les organismes de la société civile Africaine pour promouvoir l’éthique et la responsabilité sociétale des entreprises ?

L’OECD WATCH, est une coalition internationale composée par plus de 80 organisations de la société civile, œuvrant pour la promotion de la responsabilité sociétale des entreprises. Elle a comme objectif de promouvoir et de tester l’effectivité des principes directeurs. Elle travaille également sur d’autres instruments juridiques et de questions relatives à la responsabilité sociétale des entreprises.

Ministère des affaires étrangères, commerce et développement canada[3] (2009), pousse ses raisonnements sur « la responsabilité sociale des entreprises, les industries extractives (secteur minier, pétrolier et gazeux) constituent un moteur important de la prospérité canadienne. C’est en mettant à profit la force de cette industrie  nationale que le canada  est devenu un acteur de premier plan de l’industrie extractive internationale. Il part d’une question voulant savoir :

  • Est-ce que les entreprises canadiennes jouent un rôle majeur dans l’industrie extractive mondiale ?

 L’industrie est confrontée à des enjeux sociaux et environnementaux particuliers dans les pays en développement.

Face à ces problèmes, un certain nombre d’entreprises canadiennes mettent en œuvre des initiatives de responsabilités sociales des entreprises, qui comprennent généralement les activités volontaires menées de font par les entreprises d’une manière durable aux points de vue économique, social et  environnemental.

    Le ministère ajoute que les entreprises apportent des contributions importantes au développement économique dans leurs pays hôtes.

Communauté économique de l’Afrique Centrale, la CEAC[4] (2003), pour les entreprises responsables. Elle part d’une question de recherche voulant savoir :

  • comment amener les entreprises minières à investir volontairement pour limiter l’impact sur l’environnement, garantir le bien-être des populations riveraines, assurer le transfère de compétences ou encore respecter les normes de qualités au cours de la réalisation de leurs projets dans un contexte où l’entreprises légales dans ce sens ne sont pas correctement respectées ?                                                                                            Il ressort de cette recherche que la sensibilisation notamment des entreprises changent par des raisons mercantilistes, aux bénéfices qu’elles engageraient en devenant responsables.

Laurent  FOURIER et PHILIPPE GUIBERT[5](2008) parlant sur la santé  à l’international et la responsabilité sociale sont liées. Cet auteur dit que pour identifier les liens que font les dirigeants français entre responsabilité sociale de l’entreprise et santé à l’international, la société internationale, SOS a mené une étude avec l’appui de TNS Sofres auprès de plus de 430 dirigeants de multinationales français (secteurs de l’industrie pharmaceutique, télécommunication, conseil banque et finance , production, grandes distribution …) ces études ont relevé que les dirigeants ne font pas le lien entre la responsabilité sociétale des entreprises et santé à l’international… et les responsabilités de la mobilité internationale non plus.

D’une manière générale, le lien entre santé à l’international et responsabilité sociale de l’entreprise est souvent plus fort que le lien perçu.

L’auteur détermine deux variables clés structurent  aujourd’hui les perceptions :

  • La culture de la mobilité internationale de l’entreprise (ancienneté de la pratique, nombre de collaborateurs concernés et zones d’implantation choisie) d’une part,
  • Et l’approche générale de la santé au travail : santé bien portant contre santé bien-être d’autre part.

Forum international  Francophone : jeunesse et emplois verts[6] (FIJEV,2O11),Parlant de Contribution des industries extractives à l’Economie du Niger.

Le forum part d’une question de recherche de savoir :

  • Quelle sera alors l’impact de cette ressource minière supplémentaire sur le quotidien du citoyen Nigérian ordinaire et la jeunesse en général ?

Il est aussi évident que l’implantation des industries de telles envergures perturbe l’écosystème. Donc il revient à l’Etat du Niger et à la société civile d’être vigilent sur les impacts socio-environnementaux.

Posant  un regard  scientifique sur toutes ces études précitées et soutenues par nos prédécesseurs. Accompagnant notre réflexion avec la documentation existante sur la responsabilité sociétale et éthique  de la coopérative minière de Baraka au développement du Territoire de Fizi bien qu’on ait un rapprochement des idées , des solutions et suggestions formulées d’abord par nos prédécesseurs  en cette matière, il importe de souligner que notre recherche incarne des caractères spécifiques qui la distinguent des travaux antérieurs susmentionnés.

  Notre  attention s’est concentré plus à étudier comment la COOMIBA à travers ses responsabilités sociétales et éthiques peut convenir à l’essor du milieu.

Aucune étude²n’a jusque là abordé l’exploitation semi-industrielle à Fizi, sous cet aspect. C’est là l’originalité de cette étude.

  1. Problématique

Le secteur minier en République Démocratique du Congo en général et au Sud-Kivu en particulier alimente toujours les débats : celui sur le lien entre l’exploitation minière et la pauvreté ou le sous-développement (World Bank 2008), et celui sur le lien entre les minerais et les conflits (UN Security Council 2011) tant au niveau international qu’au niveau national. Présenté sous plusieurs facettes, ce secteur au Sud-Kivu a été dans le temps industriel, puis artisanal et aujourd’hui il est en même temps artisanal et industriel. Le retour en force, ces dernières années, des sociétés industrielles dans le paysage minier du Sud-Kivu coïncide avec l’accélération des dynamiques minières, grâce aux opportunités qu’offre la RDC en matière d’investissements privés et aux réformes amorcées du cadre législatif et réglementaire du secteur minier congolais. Ces réformes ont abouti à la mise en place du nouveau Code minier en 2002 et du Règlement minier en 2003.Les deux modes d’exploitation minière au Sud-Kivu, à savoir l’exploitation artisanale et l’exploitation industrielle, semblent être en compétition.

   En effet, elles connaissent déjà quelques difficultés de cohabitation. D’où notre questionnement sur les responsabilités sociales, éthiques et économiques qui leur permettraient de cohabiter en toute tranquillité.

En Afrique, lorsqu’il est question de l’Or, de Cassitérite, de diamant, du coltan, du pétrole, etc.…l’exploitation industrielle est toujours  présentée comme un paradigme du développement socioéconomique, alors que la constitution de la RD Congo du 18 Février 2006 consacre la décentralisation comme nouveau mode d’organisation et de gestion des affaires publiques. Au terme de son article 3, sont décentralisées les chefferies ou secteurs, les communes ainsi que les villes. Ces entités jouissent de la libre administration et de l’autonomie de gestion de leurs minerais[7]

Cependant les coopératives minières posent aussi de sérieux problèmes d’ordre éthique, social et foncier. La lutte pour l’accès aux ressources minières et pétrolières est une des causes majeures de conflits ou de mauvaise  gouvernance. Ces richesses profitent à quelques privilégiés et n’ont aucun impact socioéconomique pour la majeure partie de la population du Territoire de Fizi. Dans de nombreux pays comme le Chili, le Mexique, Botswana, le Ghana, le Canada etc., il n’en est pas le cas comme en RD Congo[8] où jusque là, le secteur minier est mal intégré dans l’économie du Territoire de Fizi en tiers, bien qu’étant le Sud-Kivu ou la RD Congo de l’avenir.

Les quatre  secteurs miniers de Fizi sont contraints et portent des étiquettes du « hors monde » : ces entités décentralisées pauvres où le chômage est plus élevé, un Territoire meurtri par les violences et viols des femmes et des enfants de toute sorte : guerre, massacres, à grande échelle, crimes contre l’humanité, etc.

L’une des causes majeures qui provoquent de guerres sur l’étendue de la province du Sud-Kivu et particulièrement dans le Territoire de Fizi, c’est précisément la lutte pour l’accès aux ressources minières, forestières et pétrolières à cause de la mauvaise gouvernance. Pour accéder aux ressources naturelles, certains réseaux maffieux n’hésitent pas de vendre les armes aux seigneurs de guerres pour créer le désordre en vue d’exploiter, avec la complicité des décideurs politiques, les minerais au travers des contrats non transparents et souvent sans contribution socioéconomique.

     De ce fait, le territoire de Fizi aurait  du mal à restaurer la bonne gouvernance et à intégrer sur le plan politique la culture de la démocratie à cause de l’industrie minière. On ne saurait pas dissocier certaines activités minières des guerres, de la dictature sous toutes ses formes, et de violation de droits fondamentaux de l’homme.

    Dans une région où règne l’activité d’exploitation minière, les autres secteurs de l’économie sont négligés comme l’agriculture, l’éducation, la santé, l’habitat, le commerce etc. Cette situation fâcheuse, entraine la destruction de l’environnement social, humain et naturel. Avec l’exploitation industrielle des ressources minières, non seulement la déforestation et la dégradation de l’environnement s’amplifient, mais aussi et souvent la vie sociale est marquée par des conflits entre l’exploitation artisanale et l’exploitation industrielle des minerais exercée par le coopérative minière de Baraka.

      Se référant à cette problématique sur la responsabilité sociale et éthique de la COOMIBA qui a éveillé notre curiosité, il nous revient de nous poser des questions suivantes :

  1. La coopérative minière de Baraka a-t-elle contribué efficacement à la croissance économique du Territoire de Fizi ?
  2. Quelles sont les opportunités qui doivent être saisies pour la croissance économique du Territoire de Fizi ?
  3. Quelles orientations stratégiques que la COOMIBA peut envisager pour que sa contribution au développement du Territoire de Fizi soit efficace ?

03. Hypothèses.

Ainsi, nos hypothèses se formulent en ces termes:

  1. La coopérative minière de Baraka n’aurait pas réussi à contribuer à la croissance économique au regard des moyens investis dans d’autres secteurs tels que l’agriculture, pêche, élevage, éducation  et aux métiers professionnels.
  2. Les activités de l’exploitation semi-industrielle initiées par la coopérative minière de Baraka pour la croissance économique pourraient lutter contre le chômage si les moyens étaient investis dans les activités génératrices de revenus.
  3. Les orientations stratégiques pour résoudre ce problème serraient la réinstauration de responsabilité sociétale et éthique de la Coopérative Minière de Baraka dans le reboisement, activité nécessaire par ce que l’exploitation de minerais détruits l’environnement et qui de ce fait n’exigera pas d’efforts particuliers surtout que le Territoire de Fizi présente des grands atouts en matière de fertilité du sol.

Au de là, de reboisement, il faudrait apprendre la population à valoriser l’agriculture, le commerce et l’outiller en la formant dans différents métiers. Cette réinstauration des responsabilités de la COOMIBA pourrait donc leur redonner de l’estime et la possibilité de vivre en harmonie avec le Pouvoir Public, la population dans le Territoire de Fizi.

O.4. Objectifs du travail

O.4.1. Objectif global

Ce travail vise à étudier comment la coopérative minière de Baraka à travers sa responsabilité sociétale et éthique peut convenir à l’essor du milieu.

O.4.2. Les objectifs spécifiques

Cette étude se fixe comme objectifs spécifiques:

  • De dégager le degré de contribution de la coopérative minière de Baraka à la croissance socio-économique du Territoire de Fizi,
  • Examiner les possibilités offertes pour une éventuelle croissance socioéconomique,
  • Proposer un modèle d’intervention des coopératives susceptibles de soutenir les efforts de l’amélioration des conditions de vie des populations.

0.5. Choix et Intérêt du Sujet

0.5.1. Choix du Sujet

Le choix de notre sujet est justifié par le souci d’éclairer en matière de la responsabilité sociétale et éthique des coopératives minières au développement et les résultats obtenus.

Ainsi, nous avons été animés par le souci de voir les autorités Etatiques, coutumières, les ONG locales (nationales) et internationales, ainsi que la population fasse un pas de raisonnement pour que les coopératives minières soient restaurées socialement et moralement dans le Territoire de Fizi. Alors que, le grand avance initié par la coopérative minière de Baraka dans l’exploitation semi-industrielle à Fizi mériterait un soutien significatif de tous les intervenants et à tous les échelons.

0.6. Intérêt individuel

Mon intérêt se trouvera dans la mesure où le respect de droits humains et le bien-être seront garantis grâce à la restauration de la responsabilité sociétale et éthique de la COOMIBA comme source de création des groupes armés, et des désordres économiques du Territoire de Fizi.

0.6.1. Intérêt communautaire

Ce travail cherche à proposer la façon que la coopérative minière de Baraka peut vivre en harmonie avec la population, l’Etat et les Bailleurs de fonds grâce aux efforts de réinstauration de responsabilités sociétales et éthiques.

0.6.2. Intérêt scientifique

Faisant ainsi, ce travail fournira un cadre référentiel non seulement aux différents intervenants dans le domaine de responsabilité sociétale et éthique des coopératives minières, mais aussi aux futures et anciens chercheurs qui auront à utiliser ce travail.

0.6.3. Détermination spatiale-temporelle

Dans l’espace cette étude porte généralement  tout le Territoire de Fizi.  Alors que dans le temps, elle s’intéresse à la période de création de la COOMIBA 2013 jusqu’au premier semestre 2015.

0.7. Cadre théorique

Notre étude s’inscrit dans la pensée de S.THOMAS élaborée à partir de deux formes du capitalisme, classique et libéral[9].

Nous avons focalisé l’attention au capitalisme libéral qui cadre avec la logique de notre recherche. D’une façon générale, on appelle capitalisme libéral, le système dans lequel la majeure partie de la vie économique dépend d’utilités privées qui opèrent dans un lieu d’une libre concurrence et sous l’impulsion déterminante du profit[10].

    Le terme capitalisme libéral selon S.THOMAS est le régime qui a réalisé le développement économique jusqu’au 20e siècle. Il est caractérisé par la recherche systématique du profit grâce à l’exploitation des travailleurs par les propriétaires des moyens de production et d’échange.

  S’il nous faut passer en revue, la naissance du capitalisme libéral. Signalons que celui-ci est né dans les pays Européens lorsque ces derniers se lancèrent dans le grand commerce tant maritime que terrestre. Ainsi, au 19e siècle, belle se développe une sorte de laissez-faire, car le gouvernement de l’époque ne dépendait qu’usines.

C’étaient les propriétaires des industries eux-mêmes qui fixaient les salaires de leurs ouvriers et les révoquaient quand ils le voulaient.

Le système de machinisme et de robotisation permettait  à ces capitalistes de produire les marchandises de profits énormes. De nos jours, le capitalisme libéral a  encore le même principe que le « gouvernement ne doit pas, en aucune manière s’immiscer dans le monde des affaires » le tragique dans «  ce laissez-faire capitalisme » est que l’argent et le souci de faire des bénéfices pouvant facilement devenir plus important que les hommes qui travaillent à la production des marchandises. Dans son souci de faire le plus des profits possible, le capitalisme libéral exploite souvent et traite injustement les autres, les faibles : les travailleurs, les prolétaires et mêmes les consommateurs. Les principes essentiels du « capitalisme libéral » sont le profit, la libre entreprise et le marché libre[11].

Le profit ici est considéré comme la force motrice du capitalisme. Il est l’âme même de la libre entreprise. Selon Adam Smith (1923-1790), l’un des plus grands défenseurs du capitalisme, qui disait «  le bouclier nous vend ses propres produits non pas parce qu’il cherche à nous aider, mais bien parce qu’il veut réaliser quelques bénéfices lui-même. Chacun travaille d’abord pour ses propres intérêts, car ce lui qui vend désirer vendre au prix le plus élevé, ce  lui qui achète désire acheter au prix le plus bas. Chacun cherche d’abord son propre avantage seuls les prolétaires et les mendiants désirent dépendre de la bonté de leur prochain.

S’agissant de la libre entreprise, elle signifie que n’importe qui peut de sa propre initiative, monter une affaire, ouvrir un magasin ; une  école, un atelier, engage d’autres personnes, pour produire tout ce qu’il pense pouvoir vendre facilement.

    En RD Congo, la liberté d’entreprise souffle du fait que  les crédits ou les licences, d’importation, d’exportations  sont monopolisés par ceux qui sont au pouvoir en  entente avec des personnes entreprenantes surtout dans les domaines de l’agriculture sont découragées par des amandes des taxes forfaitaires et d’autres tracasseries administratives,

     En ce qui concerne le marché libre, tout le monde a le droit de vendre et produire ce qu’il veut. Le gouvernement ne planifie pas le marché, c’est-à-dire qu’il n’impose pas le genre de produits à fabriquer et ne fixe pas non plus le prix.

Concernant le cas de la RD Congo, signalons qu’elle est parmi les pays de tiers monde qui ne font que copier en se greffant les systèmes économiques ou socialistes selon le cas. Toutes ces importations de culture, pour essayer de répondre à certaines préoccupations de leurs économies ou régimes politiques. Nous citerons à ce sujet le feu Marechal MOBUTU qui a copié les travaux collectifs de la chine pour venir les traduire en Salongo, à l’époque du Zaïre. L’erreur commise par certains dirigeants des pays du tiers monde est que, ces derniers copient ou interprètent mal certains principes de l’économie moderne sans tenir compte des réalités de leur pays. La libéralisation de matières précieuses dans l’ex-Zaïre et de la RDC n’est pas une pratique nette en soi, mais elle tire son origine du libéralisme économique ou du capitalisme libéral tout court.

Brossant d’une manière brève la genèse et l’objectif de la libéralisation des minerais dans l’ex-Zaïre, disons que le Zaïre l’avait fait en vue de préconiser en facilitant les échanges internationaux, car il y avait déjà une sorte de scandale géologique, notamment  le Sud-Kivu qui regorge de substances minérales très important. On le remarque en portant de certaines sociétés ou coopératives qui s’y étaient implantées à l’époque coloniale selon l’histoire. C’est à ce niveau que le gouvernement Zaïrois avait accepté de favoriser la promotion de l’initiative privée, ainsi que les échanges internationaux. Mais en vrai dire, la RD Congo dispose beaucoup d’atouts pour relancer son économie.

Les facteurs ayant conduit à l’élaboration de code minier :

  • Le manque du programme de production et de la recherche de l’Etat
  • L’insécurité juridique, le gel des concessions minières par les opérateurs miniers dont la capacité financière peu crédible
  • La signature des contrats Léonins sans l’accord des sociétés minières
  • Le gel des concessions minières par les coopérateurs miniers dont le capacité financière était peu crédible.[12]

    La théorie tirée du domaine des coopératives, selon l’étude faite par un spécialiste américain, Mr. Irwin W. Rust(1993), il décrit « comment créer une coopérative ». Il montre brièvement la marche à suivre pour mettre en route une coopérative responsable.

Selon lui, il existe évidemment plusieurs façons de procéder, mais la méthode exposée ici a fait ses preuves dans beaucoup de pays. En tout argument pouvant conduire un groupe à créer une coopérative, il débatte la question officieusement, constatent que d’autres personnes de la localité peuvent éprouver la même difficulté et qu’une coopérative pourrait apporter une solution a leur problème.

Il commence alors à se documenter sur les formalités générales à remplir pour créer une coopérative. C’est alors qu’il recherche une personne informée de la procédure de création d’une coopérative qui puisse travailler avec eux à ce stade et aux stades suivants. Avec l’aide de leur conseiller les animateurs assemblent les faits et chiffres essentiels pour présenter leurs projets à d’autres membres éventuels. Pendant cette période, il discute en général leur idée officieusement avec pour juger de l’intérêt qu’elle éveille.

En suite, le groupe promoteur convoque une assemblée générale des membres éventuels. Il ajoute que des travaux de la commission d’étude doit se faire, elle juge d’abord si la coopérative à des chances de réussir et si elle présente des avantages pour ses membres. Si la proposition est jugée utile, elle devra élaborer un organigramme spécifique et détaillée pour la nouvelle coopérative. L’auteur argumente en disant, dans une coopérative, il faut deux sortes de capitaux, capital fixe et le capital d’exploitation. La coopérative doit avoir des réserves, comme toute autre entreprise. Ce sont avant tout des réserves d’exploitation pour les postes tels que l’amortissement et les créances douteuses.  Sont des fonds qui servent à faire face à des circonstances imprévues, ainsi qu’à une mauvaise année.

A fin, beaucoup d’éléments permettant le bon fonctionnement de la coopérative vis-à-vis de ses responsabilités sont par exemple, le modèle de rapport de la commission d’étude groupe de planification, coopérative de produits de basse-cour, modèle de l’engagement anticipé d’adhésion, modèle d’engagement de vente intérieur, modèle de statuts, modèle de règlement d’ordre intérieur, modèle de renonciation à la convocation à la première assemblée générale, modèle de procès-verbal, modèle de certificat du fonds déroulement, modèle de certificat de sociétaire et autres.

Voilà en synthèse une excellente règle générale qu’une coopérative doit pouvoir suivre pour mener ses responsabilités à l’égard de ses membres. Il est plus facile de débuter modestement et de développer les activités que les restreindre après un début trop ambitieux. Toutefois ; il faut que, dès l’origine, le volume des opérations soit suffisant pour couvrir les frais généraux et autres et permettre une marge d’épargne.

L’auteur fini en disant « soyez réalistes lorsque vous énumérez les avantages probables que présente la coopérative pour les membres éventuels et les risques qu’elle comporte. Souvent ceux qui sont les plus impatients de voir fonctionner la coopérative exagèrent les avantages à attendre. Des déceptions peuvent en résulter ».

En définitive, si le développement est une croyance occidentale[13]sa faillite consacre aussi la faillite du capitalisme en Afrique noire en général et la RD Congo en particulier.

Dans les sociétés Africaines ; le vrai pauvre est ce lui qui n’a pas de parenté,  l’esprit de famille et le principe de réciprocité enracinent les rapports cadre social et culturel, les Africains ont tendances à prendre leurs distances à l’égard d’un modèle de développement  pour lequel les inégalités socioéconomiques sont considérées comme un des véritables moteurs du progrès. C’est dans ce sens constat qu’ils doivent remettre en cause une telle modernisation économique tendant à imposer la destruction du lieu social, en s’auto organisant dans des communautés paysannes, en partageant des expériences de développement et de promotion collective : des mouvements sociaux dans des quartiers urbains et ruraux, il faudrait qu’il y ait une émergence d’entreprises locales amorçant des  poussées d’industrialisation, la prise de la parole, la création d’une presse privée, critique dynamique et réaction des sociétés face à l’Etat, naissance et  rayonnement de communautés de chercheurs et de scientifiques, de penseurs, d’écrivains et d’artisans de réputation internationale il faudrait aussi que les acteurs économiques ou les coopérateurs (entrepreneurs) sachent lire et écrire pour bien mener leurs activités.

Ainsi, nous terminons cette partie en disant que le sens du développement,  part d’un calcul rationnel. Selon le Professeur Ordinaire Severin MUGANGU, le développement c’est un passage d’une société domine par les rationalités politiques vers une société dominée par les rationalités économiques c’est- à-dire moins l’Etat et plus des marchés. La seule riposte à la violence d’un capitalisme sans entra vers  des entités Africaines et les contraintes structurelles seraient :

  • La capacité d’innovation et de la créativité,
  • la réinvention des traditions,
  • la résurgence des savoirs endogènes.

En somme, le moteur du changement social à la solution vers le changement il faut :

  • Privatisation (propriété) concurrence (la loi de l’offre et de la demande)
  • Encouragement de l’initiative privée (encourager les entreprises ou les coopératives pour améliorer leurs conditions de travail)

[1] UNION EUROPEENNE, responsabilité sociétale des entreprises : une nouvelle stratégie de l’Union Européenne pour la période, Paris 2011-2014.

[2] ALY SAGNE, Ethique et responsabilité sociétale des entreprises : quel rôle pour les  Organisations de la Société Civile Africaines ? , Pambazuka News. 2012.

[3]Ministère des affaires étrangères, commerce et développement canada, « la responsabilité sociale des entreprises, les industries extractives (secteur minier, pétrolier et gazeux), Canada, 2009.

[4] CEAC, Pour les entreprises Responsables, Yaoundé, 2013.

[5]Laurent  FOURIER et PHILIPPE GUIBERT, la santé  à l’international et la responsabilité sociale sont liées, Paris 2008.

[6]FIJEV, Contribution des industries extractives à l’Economie du Niger, Niger, 2014.

[7] Constitution de la RD Congo du 18 Février 2006.

[8]R. Kunanayagam, G. McMahon, C. Sheldon, J., industrie minière et le processus de réduction de la pauvreté, Mali, 2000.

[9]Prof. Ord. Severin MUNGANGU, cours d’Analyse critique des théories de développement, L1 ISDR-BUKAVU2014, inédit.

[10] S.THOMAS, dictionnaire économique et social, paris1962.

[11]OSWALD Hirmer, l’argent, MARX et le Christ, éd. L’épiphanie, Kinshasa, 1984.

[12] Ministère de Mines, Hydrocarbure, Bilan de la  décennie du code minier, Kinshasa ,2012.

[13] Gérard RIST, le développement une croyance occidentale, le monde en développement, no 400, Janvier 1997.

Partager ce travail sur :