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INTRODUCTION

  • Problématique

La  pathologie  mentale  constitue  un  problème  majeur  de santé publique  [1]. La majorité des troubles psychiatriques sont de type dépressif ou anxieux mais à côté des patients qui  répondent  à  un  diagnostic  précis,  d’autres  présentent des symptômes peu sévères mais également associés à une détresse psychologique et à une incapacité élevée [2].

La schizophrénie est une des affections mentales les plus fréquentes, généralement sévère, hétérogène, d’évolution prolongée et invalidante, appartenant au groupe des psychoses chroniques. Sa symptomatologie variable d’un patient à l’autre, plusieurs formes cliniques, plusieurs modes évolutifs sont possibles [3].

Son incidence semble être pratiquement la même partout au monde, surtout si la schizophrénie est strictement définie [4]. Une définition stricte comporte notamment les symptômes dits de premier rang tels qu’inspiration et dépossession d’idées, voix faisant des commentaires ou des dialogues. Plus le concept est large plus l’incidence varie. L’incidence annuelle moyenne est d’environ 15 nouvelles maladies pour 100 000 personnes. La probabilité d’être atteint de schizophrénie au cours d’une vie est d’environ 0,6 à 1%. Il y a également de très grandes différences dans la prévalence de la schizophrénie. Elle est d’environ 1,0 à 1,5%. Le faible nombre de nouvelles maladies et les chiffres relativement élevés de prévalence indiquent que cette maladie, qui débute chez le jeune adulte, a un risque élevé de chronicisation [4].

Les chiffres ne peuvent rendre compte de la douleur et des souffrances causées par les troubles mentaux. Dans le monde, 121 millions de personnes souffrent de dépression, 70 millions de problèmes liés à l’alcool, 24 millions de schizophrénie et 37 millions de démence. Cependant, jusqu’à ces dix dernières années, du fait d’autres priorités et de l’absence de mesures complexes permettant d’estimer l’importance des troubles mentaux dans le monde, la détresse de millions de personnes, de leur famille et de ceux qui s’occupent d’eux est passée inaperçue [5].

Les troubles mentaux représentent près de 12 % de la charge mondiale de morbidité [6]. D’ici à 2020, ces troubles représenteront près de 15 % des années de vie corrigées de l’incapacité perdues pour cause de maladie [7]. La morbidité mentale atteint un pic chez les jeunes adultes, qui constituent la tranche la plus productive de la population.

Dans les pays en développement, la charge imputable aux troubles mentaux s’alourdira vraisemblablement de façon disproportionnée dans les décennies qui viennent. Les personnes atteintes de troubles mentaux se heurtent à la stigmatisation et à la discrimination dans toutes les parties du monde.

La morbidité due aux troubles mentaux peut aussi augmenter pour d’autres raisons,  comme l’urbanisation rapide, les conflits, les catastrophes et l’évolution macroéconomique. L’urbanisation s’accompagne de l’aggravation du problème des sans-abri, de la pauvreté, du surpeuplement, de l’élévation des niveaux de pollution, de la dislocation des structures familiales et de la perte de l’appui social, phénomènes qui sont tous des facteurs de risque de troubles mentaux [8]. Partout dans le monde, on constate une élévation du nombre de gens exposés aux conflits armés, aux troubles civils et aux catastrophes, qui en font des personnes déplacées, sans abri et pauvres. Les gens exposés à la violence risquent plus que d’autres de souffrir de troubles mentaux comme le syndrome de stress post-traumatique et la dépression, qui peuvent aboutir à la toxicomanie et à l’alcoolisme, ainsi qu’à des taux de suicide plus élevés [6].

En RDC, Il n’y a pas de chiffres fiables au sujet de l’incidence des maladies psychiques. Selon les estimations d’un article paru dans la revue spécialisée « International Psychiatry », il faut partir du principe que les maladies psychiques sont au moins aussi fréquentes que dans d’autres pays [9]. Dans plusieurs reportages de Radio Okapi, des experts sont d’avis que le nombre de malades psychiques est en augmentation en RDC, notamment à cause des conflits et de l’insécurité persistante. Chaque année dans la capitale Kinshasa, 30 % de la population est frappée par des maladies mentales [10].

Dans la province du Sud-Kivu, nous observons une augmentation de cas des troubles mentaux au centre psychiatrique SOSAME de Bukavu. Parmi les troubles mentaux enregistrés dans ce centre psychiatrique, la schizophrénie vient en première position. Les facteurs de risque environnementaux pour la schizophrénie peuvent être de différents types : biologiques, physiques, psychologiques ou sociaux ; ils peuvent agir à différentes périodes de la vie : période fœtale, enfance, adolescence, début de l’âge adulte (avant l’entrée dans la maladie) et à des niveaux distincts, individuel ou populationnel. Cela étant nous avons formulé notre question de la recherche de la manière suivante : « Quels seraient les facteurs de risque environnementaux qui interagissent dans la survenue des cas de schizophrénie chez les malades consultés au  Centre psychiatrique SOSAME de Bukavu » ? Telle est l’interrogation fondamentale à laquelle nous tâcherons de répondre dans ce travail.

1.1.Objectifs du travail

1.1.1.      Objectif général

L’Objectif général de cette étude est de contribuer à l’amélioration de la prise en charge de la schizophrénie au Centre Psychiatrique SOSAME de Bukavu en déterminant les facteurs environnementaux y associés.

1.1.2.      Objectifs spécifiques

D’une manière spécifique, nous nous sommes assigné les objectifs suivants :

  • Déterminer les facteurs psychosociaux associés à la schizophrénie chez schizophrènes internées au centre psychiatrique SOSAME de Bukavu.
  • Déterminer les facteurs biologiques précoces associés à la survenue de la schizophrénie chez nos enquêtées.
  • Déterminer les facteurs de risque tardifs tels que les facteurs toxiques, les traumatismes crâniens,... pouvant être corrélés avec la schizophrénie chez les malades enquêtées.
    • Hypothèses du travail

La survenue de la schizophrénie chez les malades internées au centre psychiatrique SOSAME de Bukavu pourrait être due aux divers facteurs de risque environnementaux tels que les facteurs psychosociaux, les facteurs biologiques et les facteurs physiques.

  • Délimitation du sujet

Tout travail scientifique doit toujours être limité dans le temps et dans l’espace. Du point de vue spatial, notre travail se limite aux malades souffrant la schizophrénie internées au centre psychiatrique SOSAME de Bukavu.

Du point de vue temporel, notre étude couvre la période allant de février à  juin 2016 soit une période de 5 mois.

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