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INTRODUCTION

Dans de nombreuses régions tropicales, l’agriculture n’a toujours pas atteint des niveaux de productivité suffisants pour résoudre les problèmes de sous-alimentation ou de malnutrition. Les travaux de recherches agronomiques réalisés dans le passé ont aussi souvent négligé les cultures vivrières au profit des cultures industrielles. Pour remédier à ces insuffisances, plusieurs centres internationaux de recherche ont été créés ou renforcés à travers divers pays d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Asie (Baudoin, 1991).
Le haricot est l’une des cultures vivrières les plus importantes où les petits agriculteurs sont les principaux producteurs. Pratiqué selon des systèmes de cultures complexes comprenant l’utilisation de mélange de cultivars, c’est en général une culture vivrière dans laquelle les fertilisants ou les pesticides ne sont que rarement employés (Allen et al, 1996)
Parmi toutes les espèces de cultures vivrières, les légumineuses vivrières tiennent une part très importante dans des travaux accomplis dans des domaines aussi divers que l’agronomie, la génétique, l’entomologie, la phytopathologie et la physiologie. Elles constituent un apport important et peu couteux en protéine, (18 à 30% de la graine sèche). Elles exercent une influence très favorable sur la fertilité des sols grâce à la symbiose fixatrice d’azote par les souches de rhizobium. Elles jouent par conséquent un rôle primordial dans la rotation des cultures (Baudoin, 1991).
L’Afrique produit environ deux millions de tonnes de haricot secs par an en moyenne. Bien que la production ait augmenté dans quelques zones au cours des 10 dernières années, ceci a été accompli suite à l’accroissement des surfaces cultivées. Pendant les années 80, en général, la production est restée stagnante en Afrique de l’Est et du Sud, le taux de population ayant augmenté de 3%.Annuellement la consommation par personne a donc diminué. Néanmoins les haricots continuent à jouer un rôle important dans
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l’alimentation humaine et fournissent dans certaines régions plus de 45% des protéines consommées (Allen et al, 1996).
En RDC, en effet, l’insécurité alimentaire et la sous-alimentation affectent plus de 70% de la population. Au Sud-Kivu, cela atteint un niveau tel que 42% des maladies sont liées à l’insécurité alimentaire (Zabuloni, 2014).
L’agriculture en RDC, est confrontée à des nombreux problèmes liés aux particularités du milieu dans lequel elle est pratiquée : la faible fertilité des sols agricoles (carence éléments minéraux essentiels et activités biologiques), l’utilisation de variétés non performantes, le climat qui peut se caractériser pour une bonne partie par une insuffisance de la pluviosité annuelle totale et par une irrégularité de plus en plus marquée des pluies, les problèmes d’instabilité structurelle, les maladies, les ravageurs et ennemis des cultures. L’ensemble de ces contraintes se traduit par la prédominance d’une logique d’autosubsistance chez beaucoup d’agriculteurs et par des recours à des techniques de production peu performantes et non durables (Merger, 2010). Suite à ces défis et aux exigences de la population, il a été pensé que fertiliser les sols agricoles, en inoculant les graines des légumineuses comme le haricot, le soja… avec des souches de Rhizobium peut permettre une meilleure production et une augmentation des rendements ; c’est pourquoi on a essayé d’identifier les souches effectives sur la culture du haricot
De ce fait, l’utilisation de l’inoculum par l’application de différentes souches « de Rhizobium», le rhizobium étant un type de bactérie permettant la fixation biologique de l’azote par les légumineuses, contribuerait à améliorer la productivité du haricot. En effet, dans des situations où les champs sont déficients en nutriments essentiels, l’utilisation de l’inoculum s’avère nécessaire pour corriger rapidement les carences.
Ainsi « le Rhizobium » a l’avantage d’augmenter la fixation biologique d’azote grâce à la symbiose avec les bactéries telluriques appartenant à l’espèce Leguminosarum biovar phaseoli. En présence de variétés compatibles
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et de conditions écologiques et culturales favorables, ces bactéries pénètrent dans les poils radiculaires et induisent la formation de nodosités, siège de la fixation symbiotique. Celles-ci convertissent l’azote atmosphérique en ion ammonium qui sera ultérieurement converti en acides aminés.
En outre, les souches de rhizobium se répartissent uniformément dans le sol contrairement aux engrais solides et améliorent non seulement le rendement et la qualité des résidus de culture (utilisés comme engrais par la culture suivante) mais aussi la teneur en micronutriments, aspect recherché en nutrition. Ainsi la concentration en azote serait plus élevée dans les graines de haricot inoculé que dans les graines de haricot non inoculé.
Au Sud Kivu, l’inoculation du haricot n’a jamais été prouvée. Cependant l’IITA dans son projet N2Africa a pu identifier des souches de rhizobium locales répondant mieux à l’inoculation du soja c'est-à-dire des souches effectives sur la culture du soja. Cependant, ces souches effectives sur le soja n’étaient pas effectives sur le haricot en dépit du fait que ces deux cultures sont toutes des légumineuses de la même famille et capables de fixer l’azote grâce la symbiose avec les bactéries appartenant à l’espèce Rhizobium.
Parmi les études faites sur l’inoculation du haricot, Bintu (2013) a montré des résultats négatifs de fixation de l’azote par le haricot nain inoculé avec des souches locales du Sud Kivu et une souche importée de Rhizobium sous conditions contrôlées ; c’est ainsi que N2 Africa voudrait tester différentes souches locales et des souches importées de Rhizobium sur des variétés promiscieuses du haricot afin de pouvoir identifier et sélectionner les souches de Rhizobium pouvant mieux répondre à l’ inoculation du haricot en condition contrôlé et pouvant être utilisées comme inoculum au champ afin d’accroitre le rendement en graines.
C’est dans cette optique que ce travail a comme objectif :
- identifier les souches de rhizobium effectives sur la culture du haricot ;
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- déterminer le potentiel et la limite des souches de rhizobium utilisées sur la croissance et la production du haricot.
Le présent travail s’inscrit dans le cadre du projet N2Africa, en partenariat avec l’UCB dont l’objectif principal est la mise en oeuvre de la fixation biologique de l’azote au profit des paysans. Il fait suite à celui réalisé par Bintu (2013) qui consistait à sélectionner les souches locales de rhizobium les plus effectives et compétitives à la nodulation du haricot, pouvant servir à la production des inoculum du haricot au Sud-Kivu
Hormis l’introduction et la conclusion, ce travail comporte deux parties. La première est la revue de la littérature et comporte un seul chapitre ; les généralités, la deuxième est l’expérimentation et comporte deux chapitres ; la méthodologie ainsi que l’interprétation et la discussion des résultats

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