Table de matières
Ce chapitre comprend deux grandes parties à savoir la revue théorique et la revue empirique.
I.1. Revue théorique
Dans cette section, nous essayons de passer en revue quelques concepts et quelques aspects théoriques en rapport avec notre thème. Trois points constitueront la charpente de cette section. La première sous section sera consacrée à la compréhension du concept de concurrence, la deuxième, quant à elle, portera sur l’analyse des oligopoles et enfin pour la troisième sous section, nous tenterons de faire un bref aperçu sur le pétrole en général.
I.1.1. Compréhension du concept « concurrence »
La concurrence est entendue comme étant la rivalité entre plusieurs personnes poursuivant un même but ou encore le rapport entre producteurs, commerçants qui se disputent une clientèle. (Guerrien, 1996)
Young (1927) signale que ce n’est pas le nombre « trop faible » d’entreprises sur un marché qui entrave l’échange et freine le développement économique, mais certaines pratiques concurrentielles « excessives ». Finalement, le rôle des politiques devrait être de « mettre l’accent sur les méthodes plutôt que sur les résultats, sur la monopolisation plutôt que sur le monopole » et de s’occuper davantage de la protection des entreprises individuelles que de la prévention des monopoles.
Pourtant, cette simple idée révèle un vide profond dans l’analyse économique de la concurrence : qu’est-ce que la concurrence ? Si le critère du nombre d’entreprises présentes n’est pas suffisant pour évaluer le degré de concurrence d’un marché, quels sont alors les critères adéquats? Au nom de quels principes lutte-t-on contre les monopoles ? Toutes ces questions constituent autant d’absences dans l’analyse économique de l’époque qui montre trop souvent une vision « mécanique » de la concurrence, très éloignée des problèmes concrets auxquels l’économie est sensée répondre. Il est à noter que la plupart de ces questions n’ont pas trouvé de réponse satisfaisante par la suite.
En 1968, Paul McNulty pointera le flou et les contradictions qui subsistent dans le concept de concurrence portée par les économistes. On peut selon lui distinguer deux conceptions de la concurrence : Une conception « analytique » d’une part, pour laquelle la concurrence serait « analogue à la force de gravitation » (McNulty, 1968) et dont l’objet serait d’expliquer la convergence vers un prix de marché unique; une conception
« empirique » d’autre part, qui serait un instrument de compréhension du comportement des entreprises.
Dans sa première conception, la concurrence est déterminée par les caractéristiques du marché, sa « structure », c’est à dire le nombre d’entreprises, les conditions de circulation de l’information, le degré d’homogénéité des produits, etc. alors que dans sa seconde conception, la concurrence est liée aux comportements des entreprises.
La difficulté est que ces deux conceptions sont contradictoires et qu’elles ne peuvent coexister l’une et l’autre dans un même modèle. Ainsi, note McNulty (1968), « telle qu’elle est, c’est un des grands paradoxes de la science économique que chaque action de concurrence de la part d’un homme d’affaire est une preuve, en théorie économique, d’un certain pouvoir de monopole, alors que les conceptions du monopole et de la concurrence parfaite ont cette importante caractéristique commune : Ce sont toutes deux des situations dans lesquelles les possibilités de comportement concurrentiel ont été évacuées de la définition ».
I.1.2. Analyse des oligopoles
Dans ce point, il est question de comprendre la notion des oligopoles. Il sera composé de trois sous points à savoir la définition de l’oligopole, L’oligopole de Cournot, la solution de l’entente.
I.1.2.1. Définition de l’oligopole
Les oligopoles correspondent à une structure intermédiaire de marché, entre les deux cas polaires que sont le marché concurrentiel et le monopole. Ils correspondent à l’existence d’un petit nombre de vendeurs et cela implique une concurrence entre des firmes qui ont un pouvoir de marché. Dans un oligopole, chaque firme est capable d’identifier clairement ses concurrents et de tenir compte de leur comportement quand elle prend ses décisions de quantités ou de prix. Par conséquent, il existe une interdépendance entre les décisions des firmes. Cette interdépendance correspond à l’existence des comportements stratégiques qui tiennent compte des réactions des concurrents aux décisions de la firme (Yildizoglu, 2009).
Il faut entendre « la stratégie » comme un jeu. C’est cette théorie qu’une firme met en œuvre pour atteindre de hauts niveaux de compétences dans les marchés et dans les industries au sein desquels elle opère. Pour bien mettre en œuvre cette théorie, il faut bien comprendre la logique économique de laquelle la stratégie est tirée et comprendre la logique organisationnelle dans laquelle la stratégie sera mise en œuvre (Barney cité par Lukuitshi, 2012)
Les comportements stratégiques que ces firmes adoptent peuvent conduire soit à des situations conflictuelles (non-coopératives, où chaque firme poursuit son propre objectif), soit à des situations de coopération (où les firmes poursuivent ensemble un objectif commun) entre les firmes. Mais dans le cas de notre étude, nous n’aborderons que les deux situations, c’est-à-dire celle où il y a conflit entre firmes et où les stratégies portent sur les quantités et celle où il y a entente. La raison est que la quantité vendue constitue la variable stratégique de chaque station.
Ainsi, il existe plusieurs modèles pertinents parce que les entreprises peuvent adopter différents comportements dans un environnement oligopolistique. On ne peut pas raisonnablement s’attendre à un grand et unique modèle parce que de nombreux types différents de comportement peuvent être observés dans la réalité. Ce que nous désirons, c’est un guide qui nous conduise vers certaines formes possibles de comportement (Varian, 1997).
Partant de ce qui précède, il résulte de cette complexité des comportements et cette multitude des modèles que de nombreux auteurs ont proposé des solutions assez différentes au problème de l’équilibre de l’oligopole ; décrivons brièvement les principales théories disponibles.
I.1.2.2 L’oligopole de Cournot
Le premier à avoir donné une solution est Augustin Cournot, dès 1838. Il pose comme hypothèses que le prix de vente de tous les producteurs de l’oligopole est identique et que chacun considère que la production des autres ne sera pas modifiée par ses décisions en matière de production. Chacun considère en conséquence qu’il peut agir en monopole vis-à-vis de la partie de la demande que les autres lui laissent : il est un petit monopole.
L’équilibre de Cournot est la situation où chacun de ces petits monopoles produit une quantité compatible avec les politiques supposées des autres. Cet équilibre n’assure pas le bien-être maximum, mais n’en n’est pas aussi éloigné que le monopole proprement dit ; il se trouve dans une position intermédiaire, et d’autant plus près de la concurrence pure et parfaite que le nombre de firmes est élevé (De Bornier, 2000).
En d’autres termes, pour l’approche de Cournot, chaque entreprise essaie de prévoir l’output choisi par l’autre entreprise. Sur base de cette anticipation, chaque entreprise choisit l’output qui maximise son propre profit. Nous essayons de chercher un équilibre en termes d’anticipations, c’est-à-dire une situation où les anticipations de chaque entreprise quant au comportement de l’autre firme se trouvent confirmées (Varian,
1997).
Cournot entame la réflexion en supposant que l’entreprise A s’attend à ce que
l’entreprise B vende 5 unités. Si l’entreprise A décide de vendre unités, elle 5 L’indice a indique qu’il s’agit d’une vente attendue ou anticipée s’attend à ce que les ventes totales soient de et que ces ventes impliquent
un prix du marché égal à ( ) ( ).
Le problème de maximisation du profit de l’entreprise A est par conséquent le suivant :
( ) ( )
Notre fonction de demande inverse est donnée par :
( ) ( ) ( )
Ainsi, la fonction de profit à maximiser sera :
( ) ( )
=[ ( )] ( )
A l’équilibre,
Pour des raisons de simplicité et en référence à Varian (1997), supposons que les coûts marginaux de ces deux entreprises soient identiques et égaux à c, et leurs couts totaux
sont donnés par : ( ) et ( )
Pour cela, nous aurons:
figures
Nous pouvons également dégager la fonction de réaction de l’entreprise B .
[ ( )] ( )
A l’équilibre,
figure
Pour calculer algébriquement l’équilibre de Cournot, nous allons chercher le point
( ) pour lequel chaque entreprise fait ce que l’autre s’attend à ce qu’elle fasse. En
|
posant, |
et |
, nous obtenons un système de deux équations à deux |
|
inconnues : Þ |
(1) |
|
|
Þ |
(2) |
Comme les deux entreprises ont des couts marginaux identiques, les coûts totaux sont nuls, la même fonction de demande inverse, ipso facto ils auront la même fonction de réaction et la quantité à vendre. Nous pouvons alors mettre l’équation (1) dans (2) pour
avoir ce qui suit :
figures
(3) dans (1) :
Ayant déterminé les quantités optimales à produire/vendre par chaque entreprise, remplaçons-les dans les fonctions de profit.
Pour l’entreprise A, nous avons :
Þ ( )
Þ ( )
Pour l’entreprise B, nous avons aussi :
Þ ( )
Þ ( )
Enfin le profit de la branche sera donné par :
Þ ( ) ( )
Þ ( )
Ayant abordé l’approche de Cournot, entamons maintenant la solution d’entente.
I.1.2.3 La solution de l’entente
Le modèle que nous venons de développer considère que les firmes prennent leurs décisions de manière non-coordonnée : elles ne coopèrent pas. Et si elles formaient un cartel pour fixer ensemble leurs quantités ? (Yildizoglu, 2009)
On parle de collusion (ou de cartel) lorsque des firmes sur un marché s’entendent pour réaliser des profits supérieurs aux profits « normaux » qu’elles devraient obtenir en situation de concurrence. Les profits « normaux » sont ceux de l’équilibre de Nash non coopératif (Bertrand, Cournot...). (Bourreau et Verdier, 2000)
La collusion peut être :
ü explicite : les firmes s’entendent explicitement sur des prix, mais aussi des quantités, des capacités de production, des investissements en R&D, etc.
ü tacite : comportement qui permet `a des firmes de réaliser des profits supérieurs
aux profits ”normaux”, sans qu’il y ait entente explicite.
Si la collusion est possible, le problème des duopoleurs est de fixer des quantités qui maximisent le profit du secteur. Elles partageront ainsi ce profit maximal. Par ailleurs, chacun des duopoleurs doit tenir compte de l’interdépendance implicite saisie par leurs fonctions de profit.
Le choix des quantités optimales, peut être le fruit d’une coopération implicite ou
explicite entre les duopoleurs ou au contraire le résultat de deux choix séparés :
- il y a coopération explicite, c’est – à – dire avec paiements latéraux quand les duopoleurs tombent d’accord sur le profit à réaliser en commun et sur la règle de partage du profit commun sans que le profit reçu par chacun d’eux ne corresponde à celui afférant ou relatif aux quantités qu’ils ont produits. Dans ce cas, les fonctions de profit sont différentes pour les deux duopoleurs
- Il y a coopération implicite, c’est – à – dire sans paiements latéraux quand le profit reçu par chacun des duopoleurs correspond bien à celui afférant aux quantités qu’ils ont effectivement produites mais que chaque duopoleur est prêt à modifier la quantité qu’il produit si la modification a pour effet d’accroître le profit de l’autre sans modifier le sien. (Adamon, 2009)
Leur problème devient alors:
|
Þ |
( ) ( |
) |
|
|
Þ |
( ( |
)) ( |
) |
Les conditions d’optimalité deviennent alors :
Þ ( ( )) ( )
( ( ))
Þ ( ( )) ( )
( ( ))
Quand l’entreprise évalue l’impact d’une augmentation de sa quantité, elle tient maintenant aussi compte de l’impact sur le profit de son partenaire de la baisse de prix. De part l’approche de Yildizoglu (2009), ces conditions impliquent que les coûts marginaux des deux firmes sont égalisés à l’optimum si les quantités interviennent de manière similaire dans la demande inverse. Ce qui est le cas si le bien est homogène.
En reprenant le cas linéaire, l’égalisation des coûts marginaux n’est pas possible par l’ajustement des quantités (puisque les coûts marginaux sont constants).
Posons pour continuer la démonstration.
Le problème devient alors:
figures
A l’optimum, il n’y aura pas de solution.
Yildizoglu (2009) pose que . Dans ce cas, ces conditions d’optimalité qui sont redondantes donnent quand même une condition d’optimalité pour l’output total.
Ce qui nous donne :
( )
Ce qui correspond à la solution du monopole. Donc, en s’associant, les deux firmes sont
capables d’atteindre ensemble le profit du monopole.
Mais il reste un problème : quelle doit être la part de chaque firme ? Cela dépend du pouvoir de négociation de chaque firme. Dans un cas avec des coûts asymétriques, nous pouvons calculer les quantités et les profits individuels et ils peuvent constituer un point de repère pour la négociation. Mais ces profits ne seront pas nécessairement ceux que les firmes auront en définitive. S’il y a des possibilités de transfert de revenus entre les firmes, le pouvoir de négociation de chaque firme va encore jouer dans la détermination des profits individuels.
Les firmes sur un marché sont tentées de s’entendre pour augmenter leur pouvoir de marché (leur profit). On suppose qu’en situation de concurrence, les firmes
« maximisent leur profit ».
Les raisons qui font que la formation du cartel permet à une économie d’augmenter les
profits des firmes sont que :
- Une situation de concurrence est comparable à un dilemme du prisonnier : Une firme décide de sa stratégie (en fixant des prix, des quantités, des investissements...) de façon à maximiser son profit, mais elle ne prend pas en compte l’effet de sa décision sur les autres firmes.
- Dans un cartel, les firmes prennent en compte la manière dont les décisions de
chacune d’entre elles affecte les profits des autres.
I.1.3. Aperçu sur le pétrole
I.1.3.1 Regard sur certains concepts a. Le pétrole brut
Le pétrole brut ou simplement « brut » est d’un point de vue technique un mélange de pentanes et d’hydrocarbures plus lourds, généralement extraits de réservoirs géologiques de pétrole brut. Lorsque les pentanes et les hydrocarbures lourds se trouvent dans des réservoirs de gaz naturel, ils sont appelés « condensats ». Dans la pratique, le condensat est traité comme le pétrole brut. De plus, les réservoirs de pétrole peuvent produire des hydrocarbures liquides plus légers tels que le propane et le butane, qui entrent dans la catégorie des gaz naturels liquéfiés (GNL).
Un carburant est un combustible qui alimente un moteur thermique. Celui-ci transforme l’énergie chimique du carburant en énergie mécanique.
Notons également qu’un carburant est un combustible dont le mélange avec son comburant se fait préalablement à son inflammation, alors que pour un combustible le mélange avec son comburant se fait au moment de l’inflammation, c’est ainsi que l’essence ou le supercarburant sont des carburants alors que le gas-oil est un combustible. Le moteur à essence et le moteur diesel sont des moteurs à combustion interne alors que la machine à vapeur est un moteur à combustion externe.
Leur principal avantage est d’avoir une grande densité énergétique, c’est-à-dire qu’ils peuvent fournir beaucoup d’énergie pour une masse ou un volume donné (c’est ce qui permet à un véhicule d’avoir une grande autonomie). Le carburant est souvent un liquide et parfois un gaz. Il est stocké dans le réservoir des véhicules. Un réservoir de voiture peut généralement contenir 50 litres.
L’essence est produite à partir du pétrole brut par raffinage. C’est un mélange d’hydrocarbures qui comptent 4 à 7 atomes de carbone.
Les caractéristiques de l’essence sont entre autres les suivantes :
- 0,72 à 0,78 Kg/dm3 à 15°C ;
- Très volatile (hydrocarbures légers) : T° d’ébullition -30 à 190°C.
Une station-service, ou essencerie, est une infrastructure positionnée sur le bord d’une route ou d’une autoroute destinée à fournir du carburant aux automobilistes. Le mot station-service est à l’origine un anglicisme.
Les stations-service les plus équipées offrent des services nécessaires aux véhicules automobiles : pompes à carburant, boutique d’accessoires automobiles, station de gonflage des pneumatiques, petite mécanique et dépannage.
I.1.3.2. Importance et impact du pétrole
C’est la première source d’énergie mondiale. Il fournit près de la moitié de la demande totale d’énergie commerciale. Le pétrole constitue une grande source d’énergie pour les industries surtout la où l’électricité hydro n’est pas suffisante. C’est la source d’énergie
pour la quasi-totalité des engins de transport : routiers, maritime, aérien... et pour actionner des groupes électrogènes, moteur de moulins, etc. Dans les ménages le pétrole lampant particulièrement est utilisé pour le chauffage, la cuisson et l’éclairage ;
On emploie le pétrole comme matière première dans l’industrie chimique pour la production de matières plastiques, des matériaux de construction, des peintures et des fibres synthétiques, des détergents et de caoutchouc ainsi que dans la production électrique ;
Le pétrole et ses dérivés sont utilisés dans la production de médicaments et des produits agrochimiques.
L’impact du pétrole peut être cerné à travers le niveau des économies des pays producteurs et exportateurs, le poids de ces pays sur l’échiquier mondial sa contribution à la modernité et son importance dans le budget des Etats et la pollution qu’il entraîne.
Le pétrole a transformé les économies de plusieurs pays producteur. Cela se fait grandement remarquer par le fait que le PIB (Produit Intérieur Brut) des pays producteurs et exportateurs augmente d’une manière croissante selon les années, en rapport avec le prix sur le marché.
Par exemple on peut citer le Koweït et l’Arabie Saoudite, deux des plus grands producteurs et exportateurs.
Dans ces deux pays, toute l’économie repose sur le pétrole. On note que le produit intérieur brut (PIB) par habitant est supérieur à 15 000 USD (17420 au Koweït), les avantages sociaux sont nombreux en terme d’allocations familiales, de gratuité d’eau, d’électricité, de gaz et que les infrastructures de base (route, aéroport, port maritime, etc....) ont été très significativement développées.
Les principaux pays exportateurs du pétrole, particulièrement situés dans les tiers mondes se sont regroupés au sein de l’organisation des pays exportateurs du pétrole, l’OPEP en sigle.
L’OPEP compte aujourd’hui onze membres : Arabie Saoudite, Algérie, Emirat arabes unis, Indonésie, Iran, Irak, Koweït, Libye, Nigeria, Qatar et Venezuela, l’Equateur et le Gabon ont rejoint l’OPEP respectivement en 1973 et 1975, mais l’on quitté en 1992 et
La charte de l’OPEP élaborée à Caracas (Venezuela) en 1961 prévoit d’augmenter les revenus pétroliers des pays membres pour assurer leur développement, d’assurer progressivement leur contrôle sur leur production et d’unifier les politiques de production notamment par le biais de quota. La création de l’OPEP a eu des conséquences très importantes. Son existence même a permis la définition d’une politique commune des Etats du tiers monde. Cette politique de concertation permet l’alignement des principes de base qui régissent la législation pétrolière des Etats membres.
Le poids de l’OPEP est apparu concrètement à l’occasion des crises pétrolières qui secouent les économies des pays industrialisés c’est-à-dire les puissants Etat Unis et les pays européens. Ces crises ont eu lieu entre 1973 et 1980. La première crise de 1973 était consécutive à la prise en main de la gestion du pétrole par les pays producteurs ex mêmes à qui les compagnies pétrolières internationales n’accordaient jusque là que les royalties.
Sur fonds de guerre des arabes contre Israël, l’OPEP avait imposé un embargo sur les pays de l’Europe et d’Amérique du Nord soutenant Israël.
La seconde crise entre 1978 et 1980 était consécutive à la réduction de l’offre du fait de la guerre entre Irak et Iran deux grands producteurs. Lors de deux crises le prix de pétrole avait sensiblement augmenté jusqu’à 4 fois en quelques mois dans les pays d’Europe et au Japon surtout où le taux de dépendance des économies à ce produit dépassait 60%. Il s’en est suivi une accélération de l’inflation et une augmentation sensible du chômage.
La hausse de la consommation du pétrole du fait partie intégrante du processus de modernisation, industrialisation et l’urbanisation que traversent tous les pays. Il existe une corrélation positive étroite entre le revenu et la consommation de l’énergie commerciale c’est-à-dire pétrole, le charbon, le gaz naturel et l’électricité primaire. La consommation moyenne par habitant des pays en développement les plus défavorisés représente l’équivalent en pétrole de 73 kg d’énergie commerciale alors que la consommation par habitant des pays industrialisés représente 1000 kg d’énergie par habitant.
Le pétrole a permis le développement des modes de transport rapides pour lesquels les autoroutes et des aéroports modernes ont été construits modifiant agréablement les paysages. On peut aussi signaler dans les paysages, les stations de distribution dans les villes et le long des routes.
Kambere (2008) rapporte par exemple que le seul nettoyage des bateaux transporteurs de pétrole, après chaque déchargement, déverse dans les eaux environ 3 millions de tonnes par an. Le chiffre réel est d’autant plus important si l’on pense aux fuites, aux rejets des raffineries et aux catastrophes comme celle d’EXXON VALDEZ aux larges d’Alaska en 1986 avec une cargaison de 400 000 tonnes larguées dans les eaux. Cette catastrophe a provoqué la disparition des certaines espèces d’oiseaux, poissons et des végétaux. Les hydrocarbures déversés dans les eaux de mers et océans créent des conditions défavorables à la faune et à la flore tant aquatique que côtière. Les dommages causés par la pollution sont énormes.
En pleine mer, la pollution pétrolière affecte surtout les animaux de surface et notamment les oiseaux, ainsi que les mammifères et les reptiles marins. A la souillure gluante causée par le pétrole s’ajoute l’ingestion de produits toxiques lorsque les animaux tentent de se nettoyer. Sur le littoral, des écosystèmes entiers sont vulnérables à la pollution pétrolière, à commencer par les récits coralliens, les marais salants et les mangroves.
Sur le plan économique, la pollution pétrolière peut également endommager les élevages piscicoles du littoral (notamment les élevages des saumons et les parcs à huîtres), ainsi que souiller les marinas et les plages des stations balnéaires.
Face au deuxième choc pétrolier, les pays développés consommateurs se sont organisés afin de réduire leur dépendance, principalement envers l’OPEP. Ils se sont engagés dans une politique drastique d’économie d’énergie avec l’optique de promouvoir des sources énergétiques alternatives : énergie nucléaire, énergie éolienne et le biogaz,...
Parallèlement, les compagnies pétrolières se lancent dans la mise en exploitation des gisements dont l’extraction paraissait jusqu’alors difficile.
C’est le cas de gisement en mer du Nord du golfe de guinée, en Alaska en haute mer au Mexique. L’exploitation de ces gisements en outre occasionne la chute de l’OPEP sur le marché mondial de 50% en 1973 à 29% au début des années quatre vingt.
Dans les pays consommateurs en développement la crise pétrolière des années 70 a eu des répercutions négatives sur l’économie nationale, sur leur situation financière et leurs perspectives de croissance.
Dans la plupart de ces pays le pétrole représente un intrant dans presque toutes les activités productives. On peut noter que dans les années 1970, le PIB n’augmentait que de 5% par an alors que la consommation de l’énergie commerciale était presque de 6% par an. Cette hausse répondait par l’essentiel aux besoins de secteurs de l’industriel et de transport représentant plus de 5% de la consommation.
Dans ces pays, c’est le pétrole qui est la source énergétique que prépondérante représentant dans un bon nombre d’entre eux jusqu’à plus de 75% de la consommation d’énergie commerciale. Ce pétrole absorbe une part importante des recettes d’exportation. Ce qui a une situation d’incidence sur la balance de payements de ces pays. Sur un échelon de 39 pays en développement importateurs de pétrole.
La banque mondiale a observé qu’en 1980, les payements pour les importations nettes de pétrole ont absorbé plus de la moitié de recettes d’exploitation des marchandises dans sept pays entre un quart et la moitié dans 17 pays et moins d’un quart dans les 15 pays restants.
I.1.3.3. Mesure des volumes de pétrole (Roberts, 2005)
Le pétrole est habituellement mesuré en barils ou en tonnes. Les unités de mesure les plus courantes dans la production pétrolière sont le baril par jour (b/jr) ou la tonne par an (t/an). Les barils étant une unité de mesure du volume, et les tonnes une mesure du poids, il n’y a pas de corrélation précise, car les différentes qualités de pétrole brut ont des poids différents. Mais une règle empirique veut qu’il y ait 7,33 barils par tonne, et que 1 b/jr corresponde à 49,8 t/an. L’essence à la pompe est dans la majorité des cas mesurée en litres, mais, aux États-Unis, elle est mesurée en gallons (un gallon est égal à
3,75 litres, et 42 gallons équivalent à un baril), et, dans certains pays, elle peut encore être mesurée en gallon impérial britannique (un gallon est alors égal à 4,5 litres, et 35 gallons équivalent à un baril).