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SECTION 2 : CONSEQUENCES DES PROJETS MINIERS SUR LA POPULATION DELOCALISEE OU ET LA POPULATION ENVIRONNANT

En général,qu’ils s’agissent de l’exploitation du fer, du nickel, de l’or, de la bauxite ou d’autres minéraux et quelques soient les pays dans lesquels ils sont exploités, les principales conséquences mises en avant par les peuples autochtones et les organisations de soutien de la société civile concernent essentiellement :

  • 1. Les conséquences générales.
    1. Les pollutions environnementales et leurs conséquences sur la santé publique.

notamment liées à l’utilisation de méthodes d’extraction particulièrement nocives pour l’environnement. Ainsi, au Guatemala, l’équipe technique de la Commission pastorale pour la paix et l’écologie (COPAE) du diocèse de San Marcos, concerné par la Mine Marlin, a entamé en 2007 un processus de contrôle de la qualité de l’eau des rivières et ruisseaux situés à proximité de la mine. Au terme d’une année d’observation, […] la COPAE a conclu en octobre 2008 que la qualité de l’eau de la région n’était pas adéquate pour la consommation humaine, et que la présence de métaux comme l’arsenic pourrait s’expliquer par : « Le déversement d’eaux contaminées dans ces ruisseaux, des processus d’infiltration ou de lixiviation ou bien par une fuite d’eau du réservoir d’eaux usées de l’entreprise minière vers un affluent.

  1. L’assèchement des zones humides

est également lié à l’utilisation de méthodes d’extraction ou de transformation très gourmande en eau. L’exploitation transnationale du site  pose ce type de problème : Trois glaciers seront gravement affectés, au-delà des sérieux dommages qu’ils ont déjà subi durant les travaux de prospection réalisés . Un rapport : La détérioration du système de glaciers compromet sérieusement l’équilibre hydrique de toute la région.

  1. Les déplacements de population et la destruction des lieux de vie,

Au profit del’installation du site d’extraction et/ou des infrastructures de l’usine de traitement. le projet d’exploitation minière entraine déjà la destruction de plusieurs centaines d’hectares de forêt menaçant les terres utilisées pour l’agriculture. Ces activités minières ont du modifier d’une manière profonde les conditions bio- et pédoclimatiques : la destruction du couvert végétal naturel et le retournement du sol et soussol sont entrain d’entraîner un autre régime thermique ainsi qu’une nouvelle dynamique de l’eau dans le sol.[1]

  1. La destruction de l’environnement :

l’installation sur des sites à forte valeur symbolique ayant des conséquences sur les croyances, valeurs et sur le fonctionnement de la société concernée. les concessions attribuées par le gouvernement menacent les centres de populations autochtones ou les« terres communales protégées ». Les communautés autochtones dénoncent la menace contre les sites sacrés et l’écosystème désertique. La menace ne pèse donc pas seulement sur un site sacré autochtone, mais aussi sur des zones classées comme parc naturel ou à l’UNESCO.

  1. La criminalisation des opposants, la militarisation des sites et autres moyens de pression exercés sur les populations.

 (harcèlement, violence, corruption, utilisation de paramilitaires) pour mettre fin aux oppositions et diviser les populations, parfois déjà en conflits sur les avantages et les inconvénients de l’exploitation minière. Des postes de sécurité et de contrôle ont été créés dès les années 1990 notamment pour assurer un embargo économique des mineurs artisanaux. De nombreux16 incidents violents ont été signalés. Plusieurs plaintes ont été adressées au gouvernement à propos de la mine et des violations des droits humains associés, notamment concernant l’existence de ces postes de contrôle, l’embargo alimentaire, les actes de violence et d’intimidation. La Commission des droits de la personne des Philippines a effectué au moins quatre enquêtes sur des incidents survenus dans le périmètre de la mine,recommandant l’annulation de l’entente de partage et une nouvelle négociation dans le respect du droit au consentement préalable, libre et éclairé des populations autochtones.

  1. L’arrivée de travailleurs étrangers à proximité des communautés et le développement de problèmes économiques, de santé publique et de prostitution, de violences, …

Au Pérou, le président de la CONACAMI citait en 2002 parmi les nombreuses conséquences sociales de l’installation minière : la prostitution, les déplacements de populations, la prolétarisation des populations attirées par les emplois potentiels, la délinquance, …. Defait, là où l’activité minière était sensée favoriser le développement économique, les communes se sont appauvries. La région de Cajamarca, où se situe la mine de Yanacocha reste la seconde région la plus pauvre du pays.

  1. L’ignorance des droits syndicaux

quand ils existent dans les pays et des conditions de travail souvent désastreuses pour les populations autochtones travaillant sur site. Si l’ensemble de ces conséquences semble relever de violations des droits de l’homme, elles relèvent aujourd’hui également des violations des droits des peuples autochtones. Si les comportements des sociétés sont effectivement questionnables et questionnés par les peuples eux-mêmes, notamment lors des réunions annuelles au sein de l’ONU, nous ne pouvons pour autant en déduire que seules les compagnies seraient responsables. Leurs actions si elles peuvent suivre un certain nombre de directives internationales en matière de transparence ou de responsabilité sociale, s’inscrivent aussi dans des contextes historiques et étatiques variables, des accords économiques de développement interétatiques, des projets de développement[2], des politiques plus générales, reconnaissant ou visant à faire reconnaître ou non les peuples autochtones.

  • 2. Les aspects négatifs de l’exploitation de BANRO :

Les activités minières ont affecté le standard de vie et le bien-être social des communautés locales à LUHWINDJA du fait que les activités agro pastorales et d’exploitation minière alimentaire est menacée de ce fait et augmente le risque de malnutrition.  L’utilisation de bassins de décantation des residus miniers ou bassin de reception des resisidus appelé à « TELLIS DAM » a fait des victimes parmi les bêtes et  oiseaux qui ont consomé l’eau du bassin en date du 20 mars 2014. La question qui se pose est celle de savoir si ces résidus ne filtrent pas l’eau de la rivière MWANA dont il surplombe le lit. Les opérations provoquent l’emission de gaz provenant de la combustion de carburants dans les générateurs qui actionnent l’usine et les engins. Ceci peut émettre des particules dans l’air et le polluer. A ce stade l’entreprise affirme respecter les normes environnementales et la loi en déposant des rapports réguliers aux services concernés.[3]

 Le plus grand nombre d’anciens creuseurs artisanaux et les membres des communautés

délocalisés se trouvent au chômage et les emplois réservés aux communautés restent précaires.Un des membres des communautés relocalisés interviewé par  l’équipe de recherche le 26 Juin 2014 a indiqué que depuis ce qui suit : « Depuis que nous habitons CINJIRA nous sommes coupés des liens culturels et spirituels étroits que nous avions avec les terres de nos ancêtres. Loin des tombes et des lieux  des cultes ancestraux nous sommes dénaturés cherchant à vivre comme des blancs dans des camps et cela nous est difficile.[4]

Pour sa part, l’entreprise a indiqué avoir pris toutes les précautions utiles en vue de protéger le

patrimoine culturel des communautés. Les activités minières ont affecté le standard de vie

et le bien-être social des communautés locales à LUHWINJA du fait que les activités agro-pastorales et d’exploitation minière artisanale servant de subsistance se sont arrêtées. L’insécurité alimentaire est présente dans la région et des cas de malnutrition et kwashiorkor sont déjà enregistrés dans le site de Cinjira. [5]

[1]  Agir en Chrétiens Informés, ONG,Exploitation minières au Katanga :un atout pour le développement ou une colonisation économique ?, Juillet 2009,p.9.

[2] L’expression «projet de développement d’envergure» désigne des programmes d’investissement de capitaux publics ou privés, nationaux ou internationaux visant la mise en place ou l’amélioration des infrastructures matérielles d’une région donnée, la transformation à long terme d’activités de production impliquant une modification de l’utilisation des terres et des droits de propriété sur celles-ci, l’exploitation à grande échelle des

ressources naturelles, y compris les ressources du sous-sol, et la construction de centres urbains, de sites industriels et miniers, d’infrastructures touristiques, d’installations portuaires, de bases militaires et autres entreprises analogues. E/CN.4/2003/90,

[3] MMKI( Maison  des Mines du KIVU), Evaluation des impacts des investissements miniers de BANRO corporation sur les Droits humains en RDC,bukavu mai 2015,p.18.

[4] MMKI( Maison  des Mines du KIVU), Evaluation des impacts des investissements miniers de BANRO corporation sur les Droits humains en RDC,bukavu mai 2015, p.19.

[5] MMKI( Maison  des Mines du KIVU), Evaluation des impacts des investissements miniers de BANRO corporation sur les Droits humains en RDC,bukavu mai 2015,p.19.

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