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CHAPITRE I. GENERALITES SUR LA MORBIDITE ET LA MORTALITE

  1. DEFINITIONS DES CONCEPTS
  2. Morbidité [9, 10]

C’est le nombre d’individus atteints par une maladie dans une population donnée et pendant une période déterminée.

Le taux s’exprime en nombre de sujets atteints par unité de population (1000 ou 10.000, ou plus habituellement 100.000 habitants).

                                    Nombre de sujets ayant une maladie

TM =                                                               × 100

                                                Nombre total des sujets

  1. La mortalité:

La mortalité s’exprime en fait essentiellement à travers un pourcentage, le « taux de mortalité », c’est le rapport entre le nombre de décès et l’effectif moyen de la population dans un lieu donné et pendant une période déterminée.

Dans notre étude, elle se définit sur le plan statistique comme la proportion de décès parmi les sujets ayant présenté une maladie donnée.

  1. La mortalité infantile se définit comme étant le décès survenant chez les enfants âgés de 0 à 1 an. Le taux de mortalité infantile est égal au rapport entre le nombre de décès survenus chez les enfants âgés de moins d’un an pendant une période et le nombre de naissances vivantes au cours de la même période multiplié par mille.

La mortalité infantile comprend 3 composantes :

  • Mortalité Néonatale Précoce

Nombre de décès d’enfants avant l’âge de 7 jours x1000

TMNP =

                                                               Nombre total de naissances vivantes pendant la même année

  • Mortalité Néonatale Tardive

      Nbre de décès d’enfants de 7 à 27 jours x1000

TMNT =

                                                           Nbre total de naissances vivantes pendant la même année


  • Mortalité post natale :

    Nbre de décès d’enfants âgés de 28 jours et plus mais moins d’un an pendant l’année x1000

TMPN=

Nbre total de naissances vivantes pendant la même année

  1. La mortalité juvénile concerne les décès survenus chez les enfants âgés de

 1-4 ans ; son taux est égal au rapport entre le nombre de décès d’enfants âgés de 1- 4 ans pendant une période et la population moyenne d’enfants âgés de 1 – 4 ans au cours de la même période.

  1. La mortalité infanto juvénile comprend la mortalité infantile et la mortalité juvénile.

Elle mesure le nombre de décès survenant entre 0 -4 ans ; son taux est égal au rapport entre le décès survenant pendant une période donnée d’enfant de 0 à 4 ans et la population moyenne d’enfants de 0 à 4 ans.

Nombre de décès

TM =                          × 100

Nombre total des malades

  1. Le taux de létalité est la proportion de décès parmi les sujets atteints d’une maladie

Nombre de décès dus a cette affection × 100

TL =

Nombre de sujets atteints par cette affection

Nombre de décès chez les enfants de 0 – 11 mois

TMI =                                                                           × 1000

Nombre d’enfants nés vivants

  1. MORBIDITES

Panorama sur les principales affections morbides fréquemment rencontrées en milieu pédiatriques.

B.1.LE PALUDISME

                  Le paludisme est une érythrocytopathie due au plasmodium et transmise par l’anophèle femelle. Il demeure un problème de santé publique dans de nombreuses régions, en particulier en Afrique subsaharienne. En 2015, on estime à 214 millions le nombre de nouveaux cas de paludisme, et environ à 438 000 le nombre de décès. Environ 3,2 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, sont exposées au risque palustre. Quinze pays, principalement en Afrique sub-saharienne, représentent 80% des cas de paludisme et 78% des décès dans le monde. On enregistre chez les enfants de moins de cinq ans plus des deux tiers du total des décès liés au paludisme. Cependant, entre 2000 et 2014, le taux de mortalité des moins de 5 ans a baissé de 65%, ce qui représente 5,9 millions de vies d’enfants épargnées, sur 6,2 millions au total (enfants et adultes). [11]

          Le paludisme est un problème majeur de santé en RDC. Il représente environ 40% des consultations externes des structures sanitaires chez les enfants de moins de cinq ans et 40% de la mortalité globale chez les enfants ; il a été incriminé dans 21 000 décès en 2012. [12,13]

B.2.MENINGITES  BACTERIENNES

Les méningites bactériennes sont liées à l’envahissement du liquide céphalo-rachidien (LCR) par une bactérie qui s’y développe.

Le nombre de cas de ces méningites bactériennes est estimé à plus d’un million par an dans le monde. En 2001, selon l’OMS on a diagnostiqué 283cas de méningite méningocoque dont 27décès  à BUKAVU à l’est de la République Démocratique du Congo(RDC). [14]  

Elles sont à l’origine d’une mortalité élevée dans les pays en voie de développement. Elles sont aussi redoutables dans les pays industrialisés, et ce malgré les progrès des politiques vaccinales et le développement de nouvelles stratégies antibiotiques.

Les méningites bactériennes de l’enfant sont dans tous les cas, une urgence thérapeutique, impliquant la suspicion précoce d’un diagnostic qui doit être confirmé par l’examen du LCR. [15, 16]


B.3.DIARRHEE AIGUE ET SEVERE (Déshydratation).

         On appelle diarrhée aiguë l'émission de selles trop liquides et trop fréquentes d'apparition récente en opposition à la diarrhée chronique qui traîne depuis quelques semaines voire des mois.

        Les maladies diarrhéiques sont l’une des principales causes de morbidité et de mortalité chez les enfants dans les pays en développement et une cause importante de malnutrition.

Elle est la deuxième cause de mortalité chez l’enfant de moins de cinq ans et elle est à l’origine de 760 000 décès d’enfants par an. En moyenne, les enfants de moins de 3 ans connaissent trois épisodes de diarrhée par année dans les pays en développement. [17]

Selon le Bureau de coordination de l’ONU aux affaires humanitaires en RDC (OCHA-RDC), « environ 87.000 enfants en-dessous de 5 ans meurent de la pneumonie en RDC, et près de 60.000 de la diarrhée chaque année ». [18]

         La déshydratation aigue est l’ensemble des troubles engendrés par une perte d’eau importante et rapide, non compensée. Elle est la complication la plus rapide et la plus sévère pour un nourrisson atteint de diarrhée aiguë par gastroentérite. La coexistence avec fièvre et vomissement - outre l'évaluation différente du diagnostic étiologique - représente de toute évidence un facteur aggravant   majeur. Une perte de 10% du poids de départ (dernier poids relevé) est un signe de gravité. 5% est un signe d'alerte. 15% est un élément d'extrême gravité, la mort survenant généralement autour de 18-20%.[19]

B.4. INFECTIONS RESPIRATOIRES AIGUES

Les infections respiratoires aiguës (IRA) avaient fait l’objet de nombreuses directives de l’OMS durant la décennie 1980-1990, mais étaient oubliées, alors que les pneumonies demeuraient toujours la première cause de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans dans le monde. [20]

Selon l’OMS, 30 à 60% des consultations pédiatriques dans les services de santé et 30 à

40% des hospitalisations peuvent être imputées aux seules IRA.

En République Démographique du Congo, les IRA chez les enfants de moins de 5 ans représentent 26,11% de l'effectif, dont 17,75% âgés de moins d'un an. [21]

B.5.MALNUTRITION

               La malnutrition aiguë est un problème de santé publique dévastateur aux proportions épidémiques. À travers le monde, quelque 55 millions d’enfants de moins de 5 ans souffre de malnutrition aiguë, dont 19 millions du type le plus sévère (la malnutrition aiguë sévère). Chaque année, 3.1 millions d’enfants meurent de malnutrition. La malnutrition intervient dans plus de la moitié des décès d’enfants, bien qu’elle soit rarement citée comme une cause directe [22].

               Le rapport de l’Etude de Développement Sanitaire (EDS) indique que le taux de malnutrition chez les enfants en RD. Congo est toujours élevé. Il est passé de 47 % en 2007 à 43 % en 2013, alors que les moins de cinq ans augmentent chaque année. En RDC, un enfant sur deux est malnutri. [5]

                  C. MORTALITE

C.1. LIEU

          L’OMS fait savoir que plus de 70 % des décès d’enfants surviennent en Afrique et en Asie du Sud-est. Dans ces pays, la mortalité des enfants est plus élevée en zone rurale et dans les familles démunies et moins instruites. En Afrique subsaharienne, la probabilité que les enfants meurent avant l’âge de 5 ans est 16,5 fois plus grande que dans les pays à revenu élevé. [23]

          Le Japon, la Suède, la Finlande, la Norvège ou l’Islande affichent la mortalité infantile la plus faible de tous les pays : deux nouveau-nés sur 1 000 meurent avant d’atteindre leur premier anniversaire. À l’autre bout de l’échelle se trouvent la Sierra Leone (117 pour 1 000), l’Angola ou la République démocratique du Congo (RDC) où 100 nouveau-nés sur 1 000 meurent avant un an [24].

 La RDC, Dans les régions affectées par les conflits, ce taux de mort alité infanto juvénile était extrêmement élevé. Dans la moitié orientale du pays, il était estimé jusqu’à 408 décès pour 1000 naissances vivantes en 2002 [6].   

C.2.PERIODE

  En Afrique subsaharienne, la probabilité que les enfants meurent avant l’âge de 5 ans est 16,5 fois plus grande que dans les pays à revenu élevé. Pour un enfant, le risque de décès est le plus élevé pendant la période néonatale, c’est-à-dire au cours des 28 premiers jours de vie, fait savoir l’OMS. Environ 43% des décès d’enfants de moins de cinq ans surviennent pendant cette période. [23]

              En RDC le risque de mortalité juvénile s'établit, quant à lui, à 49 ‰. Quant aux composantes de la mortalité infantile, elles se situent à 28 ‰ pour la mortalité néonatale et à 30 ‰ pour la mortalité post-néonatale. Globalement, le risque de mortalité infanto-juvénile, c'est-à-dire le risque de décès avant l'âge de cinq ans, est de 104 ‰. En d'autres termes, en RDC, environ un enfant sur dix meurt avant d'atteindre l'âge de cinq ans. [5].

Figure 1: Evolution de la mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile en RDC.

                 


C.3.CAUSES

          Quelque 6,9 millions d’enfants de moins de cinq ans sont morts en 2011 dans le monde. Plus de deux tiers de ces décès sont dus à des maladies pouvant être évitées ou traitées au moyen d’interventions simples et peu coûteuses. Le taux de décès dû à la pneumonie est de 18%, complications des naissances prématurées 14%, diarrhée 11%, asphyxie à la naissance 9%, Paludisme 7%, autres affections 41%.[23]

           Les naissances prématurées, l’asphyxie à la naissance (l’enfant ne respire pas) et les infections sont à l’origine de la plupart des décès néonatals. Par contre en France ces décès relèvent  essentiellement de causes endogènes, dont les principales  sont la prématurité, les malformations et le mauvais déroulement de l’accouchement. La mortalité post-néonatale est due surtout à des causes exogènes, dont les principales sont en France la mort inattendue du nourrisson, et dans les pays sous-équipés les maladies infectieuses (pneumonie, paludisme et la diarrhée) et la malnutrition qui  est un facteur sous-jacent dans plus d’un tiers des décès, car elle rend les enfants plus vulnérables aux maladies graves. [25,26]

C.4. STRATEGIES DE LUTTE CONTRE LA MORTALITE

          Quelque 6,3 millions d’enfants de moins de cinq ans sont morts en 2013 dans le monde. Plus de deux tiers de ces décès sont dus à des maladies pouvant être évitées ou traitées au moyen d’interventions simples et peu coûteuses. [23]

Pour mettre en œuvre ces interventions, l’OMS préconise quatre grandes stratégies sur:

  • les soins et traitements appropriés apportés à domicile en temps opportun lors de complications chez les nouveau-nés;
  • la prise en charge intégrée des maladies de l’enfance pour tous les enfants de moins de cinq ans;
  • un programme élargi de vaccination;
  • et l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant.

Ces stratégies concernant la santé infantile sont complétées par des interventions en santé maternelle, visant notamment à apporter des soins qualifiés pendant la grossesse et l'accouchement. [27].


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