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CHAP I CADRE THEORIQUE

Dans ce chapitre, nous définissons les concepts clés, présentons le milieu d’étude et terminons par l’état de la question.

 

1.1. Définition des concepts clés

1.1.1. Traumatisme

Ce concept est défini comme un ensemble des troubles physiques ou psychiques provoqués dans l'organisme par le tourment qui est une émotion violente qui modifie la personnalité d'un sujet en la sensibilisant aux émotions de même nature (CICR, 1999 p.13). Le traumatisme apparaît comme une version extrême des situations stressantes. C'est un état de perturbation mentale ou émotionnelle connu également sous le nom de choc. La personne en situation tourmentante est incapable de faire face à ce qui lui arrive et de réagir comme elle le ferait dans d'autre situation. Contrairement au stress, ou à la crise, un traumatisme est un passé, les souvenirs de l'événement qui persistent et les effets émotionnels se font sentir pendant des mois voire des années sans aide. L'événement traumatisant marque les gens pour le reste de leur vie. Pour notre travail, nous allons utiliser ce concept pour expliquer un choc psychologique profond qu'une personne peut avoir suite à des situations troublantes.

a.      L’état de stress post-traumatique

À la fin du XIXe siècle, une controverse est née à la suite des demandes de dédommagement de la part de victimes d’accidents de chemin de fer, pour leurs troubles « nerveux ». Les experts, qui défendaient les chemins de fer, parlèrent de simulation, de théâtralisation, de « névrose de dédommagement » et de « névrose hystérique ». C’est à cette époque que le neurologue allemand Hermann Oppenheim proposa le concept de « névrose traumatique » (GAUTHIER, 2003), remplacé aujourd’hui par l’expression « état de stress post-traumatique » (ESPT).

b.      Bénéfices psychologiques de traumatismes 

Une des premières recherches sur ce processus a porté sur 287 Américains ayant subi leur première crise cardiaque (GAUTHIER, 2003). Quelques semaines après cet événement traumatisant, environ 50 % des sujets ont fait état d’« effets avantageux », le plus souvent un changement de valeurs et de philosophie de vie. Les chercheurs ont constaté, huit ans plus tard, que dans le groupe de ceux qui avaient perçu des bénéfices psychologiques, il y avait significativement moins de récidives d’accidents cardiaques et moins de décès. Un événement particulièrement stressant n’entraîne pas automatiquement un ESPT, ni même un état de stress aigu. Si l’étude des effets néfastes des expériences stressantes a commencé il y a environ 40 ans, c’est seulement depuis une vingtaine d’années que des chercheurs en étudient méthodiquement les effets psychologiques bénéfiques. Ils parlent de « croissance post-traumatique » ou, plus souvent, d’« effets avantageux » des événements traumatisants (BANZA et HEMEDI, 2003). Des résultats comparables ont été trouvés chez les patients atteints d’un cancer ou du sida (Hauswirth et al., 1997). Les patients qui énoncent des bienfaits psychologiques de leur maladie (acquérir davantage de sagesse, accorder plus de prix à la vie, améliorer des relations affectives, etc.) bénéficient d’un meilleur rétablissement ou du ralentissement d’une évolution inéluctable. Parmi les corrélats physiologiques mis en évidence, on peut citer le degré d’activation du système nerveux autonome et de l’axe hypothalamo-hypophysaire-surrénalien.

  1. Les facteurs de l’impact psychologique des traumatismes

Un événement est d’autant plus traumatisant qu’il est plus menaçant pour l’intégrité physique ou psychologique. Ainsi, parmi les vétérans de la guerre du Golfe, ceux qui avaient participé à des combats meurtriers ont été nettement plus nombreux à souffrir de graves ESPT que ceux qui étaient restés à l’arrière (Hauswirth et al., 1997). Des souffrances qui résultent d’une action humaine volontaire sont, en général, davantage traumatisantes que celles qui résultent d’une catastrophe naturelle. Les viols et les tortures sont, dans l’ensemble, beaucoup plus pathogènes que des ouragans ou des tremblements de terre. Le sentiment d’implication personnelle dans l’apparition du stress ou d’un traumatisme est une variable essentielle. Des chercheurs qui ont examiné des prisonniers, qui avaient été torturés en Turquie, ont constaté que le groupe des opposants politiques présentait un taux d’ESPT nettement moins élevé que le groupe des torturés qui n’étaient pas engagés dans un combat contre le régime. Cette observation est d’autant plus remarquable que les activistes politiques avaient, dans l’ensemble, subi des tortures nettement plus cruelles (Garmezy, 1985).

d.      Les traitements des traumatismes.

L’élaboration de traitements validés pour des troubles provoqués par des traumatismes est récente (Garmezy, 1985). Nous envisageons ici diverses procédures, qui sont à utiliser de façon synergique. En effet, comme pour la plupart des autres troubles psychologiques, il est souhaitable, voire indispensable, que le traitement soit multidimensionnel. C’est ce que font, en principe, les praticiens des thérapies comportementales et cognitives (TCC).

  1. Traumatisme et résilience

La nature du traumatisme subi, sa répétition sont des facteurs à prendre en compte. Les auteurs s’accordent à dire qu’un même événement potentiellement traumatique vécu par plusieurs personnes, pourra avoir des effets traumatiques très différents d’une personne à l’autre, et comme le dit Cyrulnik, tout le monde ne développe pas forcément une névrose traumatique : cela dépend de l’histoire du sujet et de sa capacité de résilience. Ce terme, issu du vocabulaire métallurgique, signifie « le rapport de l’énergie cinétique nécessaire pour provoquer la rupture d’un métal, à la surface de la section brisée ». Cyrulnik adapte ce concept à la psychologie afin de montrer que la répétition d’un événement n’est pas quelque chose d’inéluctable : un enfant maltraité ne maltraitera pas forcément ses propres enfants. « Il ne reproduira pas les mêmes schémas s’il a recours à ses propres ressources internes. La résilience est donc un processus dynamique donnant à l’individu la capacité de réagir lorsqu’il est confronté à l’adversité, de rebondir dans la vie, de puiser dans ses ressources internes pour réapprendre à vivre une autre vie, une vie après l’événement traumatique ». Cyrulnik identifie notamment l’humour et l’amour comme des facteurs de protection et de résilience face au traumatisme. Il n’est cependant pas question de considérer les personnes potentiellement résilientes comme des surhommes, invulnérables, ne ressentant rien malgré les traumatismes subis. Il s’agit plutôt de « représenter la résilience par la métaphore du tricot qui élimine la notion de force ou de faiblesse de l’individu. Ce qui n’a rien à voir avec la vulnérabilité ou l’invulnérabilité et qui est totalement différent du mécanisme psychanalytique de la résistance qui s’oppose à l’accès à l’inconscient, mais ce qui peut côtoyer les notions d’étayage de la pulsion et des défenses du moi ».

Les capacités de résilience vont influencer la manière dont le jeune va vivre sa migration et s’approprier, ou non, son nouveau cadre culturel. Selon J.W. Berry, on observe généralement trois types de réactions : 

  • La personne se rigidifie autour de son enveloppe culturelle: il y a peu d’échanges avec la culture d’accueil qui est parfois vécue comme menaçante. Cela entraine une acculturation dominée par le rejet, l’exclusion et la ségrégation.
  • La personne essaye de s’assimiler le plus rapidement possible à la culture d’accueil. Cela entraine une perte identitaire qui peut occasionner une assimilation, une marginalisation ou la déculturation, selon l’établissement ou non de liens avec le pays d’accueil.
  • La personne intègre des aspects de la culture d’accueil tout en conservant des aspects de la culture d’origine. Cet échange entre la conservation de l’identité culturelle et les relations avec le pays d’accueil permet l’intégration.

1.1.2. Psychologie:

Selon Salamy (1999 P.169), la  psychologie est une science du comportement de l’homme et éventuellement d’autres animaux supérieurs (psychologie animale) ; elle étudie chez l’homme les fonctions psychiques et les processus mentaux tels que la perception, la mémoire et l’intelligence, en d’autres termes, la façon consciente ou inconsciente dont les êtres humains sentent, pensent, apprennent et connaissent.

La psychologie moderne se donne pour tâche de recueillir des données objectives et quantifiées sur le comportement et sur l’expérience afin d’en faire la synthèse dans des théories psychologiques. Ces théories aident à comprendre, à expliquer et dans certains cas à infléchir le comportement des individus.

Plusieurs types de comportements sont étudiés en psychologie, dont en voici quelques uns :

  1. Le comportement psychologique: selon Fourneret (2001, pp.7-26), le comportement psychologiqueest le type de comportement qui traite des manifestations psychologiques de l’organisme humain ou animal.

Selon Wundt, in Sillamy (2001, p. 171), la psychologie est l’étude de l’âme, comme l’âme est invisible, Watson, in Sillamy (2001, p.171), trouve qu’il faut l’étude du comportement humain et animal, comportement observable.

Pour Sillamy (2001, p. 170), la psychologie s’occupe de la vie  active, affective, cognitive représentative et de toute la personnalité de l’être humain.

  1. Le comportement social: D’après Fourneret (op.cit. pp. 7-26), le concept social est celui vis-à- vis de la société, qui voit la société voit la famille, la rue, l’église, l’école, ...

Byumanine (2011, p. 13), définit le ‘’mot social’’ comme ce qui concerne la société, donc l’ensemble des interactions individuelles en respectant les lois, les règles et les rôles à jouer en suivant une hiérarchie bien déterminée. L’ensemble des bienveillances, l’esprit d’entraide, le respect envers les autres déterminent les instructions personnelles. Tous les rendements fournis doivent concourir aux avantages sociaux afin de hisser le développement social auquel on appartient, l’homme comme le dit Aristote, est un animal social, c’est –à-dire que l’homme est inséparable de la société et il n’y a pas une société sans l’homme.

Sillamy (op.cit. p. 171), définit la psychologie sociale comme une discipline qui étudie le comportement des individus dans leur environnement social. L’être humain ne peut-être compris que dans sa relation qu’il a avec les autres.

  1. Le comportement affectif: Dans le cadre de ce travail, l’adjectif  ‘’ affectif’’ est relatif aux affections de l’âme, au degré de l’amour qui unit les individus.

Le terme affectivité a comme importance capitale, l’ensemble des états affectifs (sentiments, émotions et passions) d’une personne. Il est parmi les trois domaines de la vie de l’homme entre autre l’affectivité, l’intelligence et l’activité, qui sont tous indissociables dans le meilleur développement des enfants.

1.2. PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE : Le groupement de Bugorhe

  Introduction 

 Le groupement de Bugorhe est l’un de quatorze groupements coutumiers de la chefferie de Kabare, en province du Sud-Kivu à l’Est de la RDC. Parler de l’étude monographique d’un milieu quelconque, on sous entend des plusieurs éléments sur lesquels on doit se baser.

Ces éléments sont les suivants : La situation géographique ; Aspect physique ; Aspect démographique ; Aspect socio-culturel et religieux ; Les organisations de développement ; Aspect économique ; Aspect sanitaire et enfin une conclusion partielle.

 

1.2.1.   Situation géographique

Partant de la situation géographique, nous disons que le groupement de Bugorhe est l’un de Quatorze groupements qui composent le Territoire de Kabare, dans la Province du Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo.

Il est situé à plus ou moins trente Kilomètres de la ville de Bukavu sur la route nationale n°2 Bukavu-Goma.

Ce groupement est limité au Nord par le groupement d’Irhambi/Katana, au Sud par le Groupement de Miti, à l’Est par le Groupement de Luhihi et à l’Ouest par le Parc National de Kahuzi Biega et la Plantation de M’bayo.

1.2. 2. Aspect physique

  1. Relief

Le relief du groupement de Bugorhe fait de la dorsale orientale de l’Afrique centrale. Il a été marqué par des mouvements technologiques qui ont affecté dans l’ancien temps l’Afrique centrale. Il établi le grand fossé d’effondrement dont le fond est occupé par des lacs technologiques notamment du Lac-Kivu.

Le groupement de Bugorhe se situe aux abords Ouest de l’un des paliers qui jadis étaient des anciens fonds des volcans. Ces paliers ont été recouverts par des coulées volcaniques.

  1. Climat

Bugorhe jouit d’un climat tempéré par l’altitude. Il est marqué par deux facteurs importants qui sont les pluies et les températures (département de géophysique CRSN/LWIRO).

Il connaît deux saisons principales à savoirs :

La saison sèche qui ne dure que trois mois et la saison de pluie qui dure neuf mois.

b.1.   Les pluies

Le groupement de Bugorhe est habituellement marqué par deux saisons : la saison des pluies qui intervient de Septembre à Mai et la saison sèche qui intervient à son tour du Juin à Août.

  1. 2. Les températures

Dans le groupement de Bugorhe, la température est modérée par l’altitude. La moyenne annuelle est de 19,2°C toute la région, la température est assez constante toute l’année et l’amplitude thermique annuelle reste faible (Département de géophysique CRSN/LWIRO).

  1. Les sols

Les sols du groupement de Bugorhe appartiennent aux anciens sols volcaniques dont font parties des sols basaltiques du Sud-Kivu et une partie du territoire de Walungu. Les sols de ce milieu sont fertiles.

Ils ont été dégradés au fil des années par l’érosion des couches arables à cause des fortes pentes et des pratiques culturales non adaptées. Ce phénomène a amené les paysans à exploiter les marins qui semblent être encore plus fertiles.

  1. Végétation

Dans le groupement de Bugorhe, les forêts primaires et secondaires ont été dévastées et défrichées par les habitants qui sont à la recherche des arbres pour la construction, des bois de chauffage,… ainsi, les forêts ont été remplacées par des plantations (café, quinquina, la canne à sucre, le manioc, le haricot, le sorgho etc.

  1. Hydrographie

Plusieurs ruisseaux et rivières coulent dans le groupement de Bugorhe notamment la rivière Langa, Kabindi, Nyabaciwesa, Magalule, Bidagarha, Bishibirhu, …

Toutes ces rivières se jettent dans le Lac-Kivu et certaines constituent des limites naturelles entre Bugorhe et les autres groupements.

1.2.3. Etude démographique

Le groupement de Bugorhe est habité essentiellement par la tribu « SHI ». La population croit rapidement et tend à se concentrer dans le centre commercial de Kavumu et cela pour plusieurs raisons dont : l’insécurité qui règne dans les villages voisins du PNKB, Kavumu offre des possibilités de s’épanouir dans le cadre commercial, présence de l’Aéroport de Kavumu qui offre l’emploi, Kavumu se trouve le long de la route Bukavu-Goma et la présence du courant électrique et l’eau potable.

Tableau n° 1. Présentation de la population de Bugorhe par village : année 2016

No

Localités

Chef de localité

Hommes

Femmes

Garçons

Filles

Total

%

1

Kamakombe

NYANGEZI ARMAND

1799

2608

6952

9007

20366

24,1

2

Buhandahanda

FITINA KALIBANYA

918

2096

1632

2116

6762

8

3

Kashenyi

BALOLA SYLVESTRE

914

1887

1351

2101

6254

7,4

4

Bishibiru

NDOLIMANA

901

1239

1628

2451

6213

7,3

5

Cegera

MPOZI

2208

2680

2342

3032

10262

12,1

6

Nyamakana

CIRUZI MUHIMUZI

3021

4239

2905

4322

14487

17,1

7

Ciranga

LUSHOMBO SANGANO

2379

2851

3899

4038

13167

15,6

8

Buloli

NKIZO JACQUES

907

1321

2172

2363

6763

8

Total

13047

18921

22881

29430

84279

100

Source : Registre de l’Etat-Civil de Bugorhe : 2016.

Commentaire : Le groupement de Bugorhe connaît une forte croissance démographique, dont le village est de Kamakombe, le plus peuplé, suivi du village de Nyamakana et les villages de Bishibiru et de Buloli, les moins peuplés respectivement. Cette forte démographie des villages Kamakombe et Nyamakana est due à leur position géographique par rapport au lieu de sécurité de la population, les deux villages sont de part et d’autre de la grand-route Bukavu-Goma et du centre commercial de Kavumu et l’aéroport national de Kavumu. L’insécurité dans les périphéries de ces deux villages est les causes du dépeuplement des villages Bishibiru et Buloli.


I.2.4. Situation politico-économico-culturelle

  1. Organisation politico-administrative

Les bashi restent en général attachés à leurs MWAMI. A son tour le Mwami dirige la chefferie qui est composé de 14 groupements et jouit d’un pouvoir héréditaire.

Les groupements sont à leur tour divisés en villages et les villages sont subdivisés en sous-villages dirigés par les chefs de sous-villages.

Actuellement le groupement de Bugorhe est dirigé par le chef de groupement du nom de Joyeux BYUMANINE KALIBANYA.

Compte tenu de son âge mineur, le règne a été confié à son oncle paternel Guilain KALIBANYA KACHANJI.Le groupement de Bugorhe comprend sept villages dont : Kamakombe, Kashenyi, Nyamakana, Ciranga, Cegera, Buhandahanda et Bishibirhu.

  1. Santé

Le groupement de Bugorhe est desservi par deux zones de santé à savoir: la zone de santé de MITI-MURHESA et la zone de santé de la FOMULAC/Katana.

Les formations sanitaires dans le groupement de Bugorhe sont les suivantes: Hôpital général de la FOMULAC/Katana, Hôpital pédiatrique de Lwiro, Centre hospitalier de Kavumu, Centre hospitalier de Kavumu, Polyclinique MUSAMARIA, Centre de santé de M’BAYO, Centre de santé CIRANGA, Centre de santé NURU (8e CEPAC), Centre de santé de BUHANDAHANDA.

A part ces grandes formations sanitaires, on trouve dans Bugorhe d’autres postes de secours gérés par des particuliers ainsi que plusieurs pharmacies.

  1. Education

Il existe quatre écoles gardiennes dans le groupement de Bugorhe; 46 écoles primaires de et 35 écoles secondaires de gestions confondues, privées et de sections confondues et deux institutions d’enseignement Supérieur et Universitaire.

Il y existe aussi un grand centre de recherche scientifique dénommé « Centre de Recherche en Sciences Naturelles de LWIRO en sigle « CRSN » qui a été crée en 1947 et est dirigé par le professeur MUSHAGALUSA Nshombo Jean-Marie.

d . Les églises

La population de Bugorhe est à 80% chrétienne. Les églises les plus fréquentées dans Bugorhe sont : l’église catholique et l’église protestante.

On peut y ajouter mais à faible fraction les témoins de JEHOVAH, les Musulmans et les Brahanamistes.

Les membres de ses églises cohabitent sans difficultés.

Signalons que l église catholique a investi  beaucoup dans les œuvres sociales  surtout dans la construction des écoles mais aussi dans les formations sanitaires.  Il est de même  pour l église protestante  qui possède beaucoup plus d’écoles que l’église catholique.

  1. Agriculture

La population de Bugorhe est pratiquement rurale. Ainsi, la majorité pratique l’agriculture de subsistance alimentaire.

La technique est encore rudimentaire et les outils utilisés sont constitués de la houes, machette, trident, bêches,… tous les travaux sont manuels.

Les principaux produits cultivés sont : haricots, maniocs, maïs, sorghos, patate douce, pomme de terre, banane… une partie de la production est consommée localement et l’autre est vendue sur le marché afin de se procurer certains produits manufacturés comme le savon, le sel de cuisine, les habits, les soins médicaux, construction, frais scolaire et…

A ces cultures vivrières, nous ajoutons aussi des cultures industrielles telles que : le thé, le quinquina dans les jardins théicoles de M’Bayo et le caféier pratiqué dans les plantations de Kakondo. Des particuliers aussi disposent des cultures dans leurs champs bien qu’à faible échelle. Le thé, le thé, le café et le quinquina sont destinés à l’exportation. La grande campagne annuelle agricole dans le groupement de Bugorhe est celle qui va de septembre à Janvier. Les petites campagnes agricoles vont de février à Avril et Juillet.

Avec les perturbations climatiques que connaissent les régions, la campagne d’Avril tend à être abandonnée.

  1. L’élevage

L’élevage pratiqué est traditionnel et d’ailleurs, en régression par manque de pâturage dû principalement à la croissance démographique et le manque des soins vétérinaires, mais aussi à l’insécurité. Il est difficile de donner les statistiques de l’élevage car le service de vétérinaire de ce groupement ne fonctionne pas convenablement.

Suite au manque des pâturages, la tendance est maintenant à l’élevage en stabulation surtout pour les porcs, les cobayes, chèvres, lapins, … la pisciculture intéresse, moins la population de Bugorhe.

Notons ici que la société KAVEA « Kavumu Elevage et Agriculture » et l’UCB sont les deux maisons qui sont entrain de vouloir améliorer l’élevage des bovins dans le groupement de Bugorhe.

  1. Le commerce

 Les échanges commerciaux se passent dans les quatre principaux marchés à savoir : marché de Katana, de Kavumu, de Mudaka et celui de Kabamba.

Tous ces 4 marchés s’approvisionnent en produits manufacturés dans la ville de Bukavu, Goma et au Rwanda voisin.

Par contre, les habitants de la ville de Bukavu s’approvisionnent sur ces marchés en produits vivriers tels que : les maniocs, les maïs, la patate douce, les choux, les sorghos, les bananes etc…

Le plus grand marché du groupement est celui de Kavumu qui fonctionne tous les jours, mais existent des marchés jeunes dans les villages qui y fonctionnent dans les heures vespérales pour l’intérêt des paysans.

Dans le marché de Kavumu, plusieurs taxes y sont payées au profit du trésor public et de la chefferie de Kabare.

Il existe aussi des boutiques installées le long de la route principale et dont l’impact n’est pas significatif.

On y trouve aussi des dépôts relais des produits de la Bralima.

  1. Transport et communication

Bugorhe est traversé par la route principale reliant Bukavu à Goma. Cette dernière facilite le contact avec les villes de Bukavu et de Goma. Elle permet aussi l’écoulement des produits agricoles, mais aussi l’apprivoisement en produit manufacturés qui viennent d’ailleurs.

Cette route n’est pas entretenue surtout dans sa partie nord, mais il y a un effort du gouvernement ce dernier temps pour sa réhabilitation par l’office de routes.

Les passagers peuvent facilement prendre leur avion à Kavumu au niveau de l’aéroport.

Les autres passagers prennent leurs taxis et bus pour les courses locales ; signalons aussi la Présence à Kavumu des taxis motos.

  1. Industrie et semi-industriel

Dans le cadre d’industrie à Bugorhe, on trouve que l’usine à thé de M’BAYO et le four à chaux de Ciranga qui ne fonctionne plus comme il faut.

A Bugorhe, nous trouvons une quarantaine des moulins à maniocs qui fonctionnent grâce au courant électrique et ces derniers contribuent beaucoup à la vie sociale et économique de la population. Grâce à ces moulins, plusieurs familles vivent et subviennent à leurs besoins quotidiens. On y trouve aussi quelques postes à souder.

  1. Habitat

Aucune norme urbanistique n’est respectée à Bugorhe, les maisons sont construites en désordre, ce qui crée l’inaccessibilité dans quelques quartiers.

A Bugorhe, nous trouvons des maisons construites en matériaux durables, semi-durables, en terre battue avec pétioles.

Les principaux matériaux de construction sont : la boue, planches, briques, sticks, paille, bambou, clous, sables etc…

Ces matériaux sont payés en partie à Bukavu et d’autres localement. Avec l’explosion démographique, le groupement de Bugorhe est exposé aux problèmes d’urbanisation.

k. Aspects socio-judiciaires

Bugorhe est doté d’un tribunal coutumier ayant son siège à Kashenyi, chef lieu du groupement de Bugorhe et dirigé par le chef Kalibanya BYUMANINE Joyeux.

Il est secondé par les chefs des villages et sous-villages et de quelques sages et ses juges.

Le groupement héberge aussi d’autres institutions de l’Etat chargées de la justice à savoir :

Le tribunal de Grande Instance de Kavumu

Le district de la PNC chargé de la sécurité et de la justice de la population de Bugorhe.

L’ANR aussi est parmi les services qu’on retrouve à Bugorhe. Cette dernière est chargée des renseignements généraux.

Cependant, le groupement de Bugorhe compte à présent aussi d’autres services sous forme d’extension chargée de percevoir les frais divers de l’Etat. Parmi eux, on peut citer la DGI chargée de la perception des impôts et la DGRAD chargée de la perception des recettes administratives et domaniales.

  1. Institutions financières

Suite aux multiples difficultés financières que subissent les habitants de Bugorhe, ils font recours aux coopératives d’épargne et de crédit implantées à Kavumu centre dont : COOPEC Nyawera,  MECRECO –COOPEC/KAVUMU, COOPEC HEKIMA, PAIDEK, CADECO

CONCLUSION PARTIELLE

Nous constatons ici que le groupement de BUGORHE est une  entité à vocation dont la grande partie de la population vie de l’agriculture et de le l’élevage.

Par contre, le centre commercial de Kavumu est en plein développement  par rapport aux infrastructures  et à l’explosion démographique qui s’y observe.

La présence de ces derniers cas cités ci-haut  influence aussi l’émergence du phénomène enfant de la rue à Kavumu centre.

I.3. Etat de la question

Notre sujet d’étude n’a jusque là pas encore fait l’objet de plusieurs études, mais en voici les quelques déjà traitées par nos prédécesseurs:

  1. Kossi et alii, 2016., dans leur travail intitulé: «Aspects transculturels du trouble stress post-traumatique chez l’enfant et l’adolescent», montrent que le trouble stress post-traumatique (TSPT) qui fait partie des troubles liés à des traumatismes ou à des facteurs de stress, se retrouve aussi bien chez l’enfant, chez l’adolescent que chez l’adulte et a fait l’objet de nombreuses études. Le TSPT présente certaines spécificités cliniques chez l’enfant et l’adolescent et en fonction du contexte culturel. L’aspect transculturel du TSPT chez l’enfant et l’adolescent a été très peu étudié. L’objectif de cette revue de la littérature est de faire ressortir l’existence d’un noyau syndromique transculturel et de relever certaines spécificités liées aux aspects culturels de ce trouble en Afrique Subsaharienne. A partir de la revue de la littérature et de nos expériences cliniques, le syndromique «reviviscence, évitement, hyperactivité neurovégétative et dissociation» se retrouverait dans toutes les cultures. En Afrique Subsaharienne et en situation interculturelle, le milieu de vie et la nature des situations traumatogènes entraînent des spécificités symptomatiques telles que la somatisation, les jeux violents rappelant des scènes de guerre, des phobies spécifiques des personnes en treillis, la dissociation. La prise en compte de ces spécificités par les professionnels de santé permettrait aux enfants, aux adolescents et à leurs familles de bénéficier d’un suivi thérapeutique approprié dans un contexte transculturel.
  2. Anonyme, 2008, dans ce travail intitulé: « Les enfants dans les situations d'urgence et de crise». Dans ce document on montre que tous les programmes humanitaires, même s'ils ne les ciblent pas spécifiquement, doivent porter une attention particulière aux besoins spécifiques et différenciés des enfants, qui font partie des bénéficiaires les plus vulnérables. Une approche «do no harm» doit être systématiquement suivie pour éviter que certaines opérations n’aient un impact négatif involontaire sur les enfants. Par ailleurs, certaines actions spécifiques en faveur des enfants devraient être renforcées. Cependant, les enfants protégés et assistés dans le cadre des programmes humanitaires ne le sont pas nécessairement ensuite, après leur retour dans leur région d'origine par exemple, les laissant dans un état de très grande vulnérabilité. Les programmes de protection, en particulier, s'arrêtent souvent brutalement avec le retrait des acteurs humanitaires dans des situations d’après-conflit. Il est donc nécessaire d’assurer le suivi des programmes en faveur des enfants vulnérables et affectés par les crises dans les programmes de stabilisation, de réhabilitation et de développement. Cette dimension a, jusqu'à présent, souvent été occultée dans les discussions sur la transition entre urgence, réhabilitation et développement, qui se sont plutôt centrées autour de secteurs spécifiques (santé, aide alimentaire, eau et assainissement notamment).
  3. SILVESTRO-TEISSONNIERE Christel, 2011, dans son travail intitulé: «La migration traumatique, une pathologie du lien : Souffrance psychique et souffrance corporelle chez les mineurs isolés étrangers». Dans cette étude il est démontré qu’au cours de ce travail l’auteur a vu, en théorie et en pratique, l’importance capitale de la période pré-migratoire. On retiendra comment la préparation du départ, les conditions de vie antérieures et l’adhésion ou non du jeune au projet migratoire ont un impact majeur sur le développement des trouble somatoformes. Presque tous les jeunes interrogés avaient déjà subi des expériences de traumatisme dans leur pays (deuils, séparations, abandons, agressions physiques, maltraitances). L’exil a constitué une ultime répétition de ces ruptures. En effet, « l’individu perd certaines de ses enveloppes externes (cadre culturel et social), mais son projet migratoire constitue une enveloppe interne majeure sur laquelle il peut s’appuyer ». En revanche, on a vu que, pour certains jeunes, le trajet migratoire a pu être porteur d’une nouvelle dynamique, impossible dans le pays d’origine. De même, les réactions des jeunes n’étaient pas toutes identiques face au traumatisme (hyperadaptation de façade, troubles psychologiques et somatiques…), et qu’elles pouvaient parfois être très intriquées chez la même personne. On peut néanmoins en conclure que le traumatisme est une vraie pathologie du lien social et de l’humain. Derrière des aspects d’hyper adaptation, se cachent parfois de vraies failles identitaires (ruptures des liens sécures de l’enfance, remaniements identitaires de l’adolescence, « qui suis-je ?», « que m’est-il arrivé ?»). On a vu dans les conséquences des traumatismes comme il peut être difficile pour le jeune MIE de mettre en mots ce qu’il ressent, ce qu’il perçoit. La réalité intérieure et la réalité extérieure ne font plus sens. La théorie du Moi-peau d’Anzieu nous a apporté un éclairage sur la relation entre psyché et soma. On a pu comprendre comment le corps peut parler l’indicible, comment les maux viennent remplacer les mots. « Le corps est devenu l’ultime recours pour faire signe, au lieu de faire sens. De telles situations prennent valeur de rappel traumatique ». Malgré tout, une grande majorité de jeunes MIE rencontrés semblent dépasser ces difficultés, bien s’adapter, réinvestir leur propres capacités d’action pour une nouvelle vie, comme une métamorphose. Quels moyens offre-t-on pour réinvestir cette métamorphose ? Ces jeunes accueillis dans des structures de protection de l’enfance bénéficient-ils de toutes les chances pour renaître ? Les professionnels, au-delà de leurs représentations, s’attachent à recréer des liens sécures pour ces jeunes, tentent de faire office de « caregivers », de « tuteurs de résilience ». «Toute migration rend nécessaire un travail d’élaboration selon deux axes : celui de l’espace et celui du temps ». Une grande place doit être apportée à la parole, à prendre le temps de redonner du sens à sa vie, à retisser le fil du temps interrompu par le traumatisme, en favorisant l’élaboration des effets psychiques de rupture et de discontinuité dans l’appareil psychique. De même, il est important de s’attacher à recréer une continuité dans la prise en charge du corps ; ce corps qui fait lien dans l’avant et l’après traumatisme, souvent le seul bien qu’ils ont pu emmener. Cependant, les moyens mis à disposition, l’urgence du temps administratif, les contraintes politiques rendent parfois ce travail difficile. Cette ambivalence ne facilite pas la tâche des professionnels qui essayent de faire en sorte que chaque jeune puisse, dans sa migration «modifier l’enveloppe tout en tâchant de préserver le noyau».
  4. Djama Kamel, 2014, dans son travail intitulé: «Traumatisme et grossesse», montre que les traumatismes sont des événements relativement fréquents durant la grossesse. Si pour la plupart d’entre eux ils restent heureusement bénins, certains peuvent engendrer des complications materno-fœtales et assombrir le pronostic de la grossesse : il s’agit des accidents les plus graves, mais aussi de quelques-uns d’apparence initiale bénigne. Le rapport du traumatisme et de la gestation donne lieu à des discussions médico-légales d’intérêt pratique. Rien n’est absolu et la violence de l’accident n’influence en rien l’interruption de la grossesse. Un traumatisme mineur peut entrainer une fausse couche, alors qu’un violent traumatisme n’empêche pas de mener une grossesse à son terme. Soulignons toutefois le rôle du traumatisme dans l’apparition d’une insertion vicieuse du placenta, d’un hématome rétro-placentaire, d’une rupture utérine voire d’une perforation utérine. La mort du fœtus est également possible par lésion directe, enfin le traumatisme peut être responsable ultérieurement d’avortement à répétition ou de stérilité en cas de cicatrices utérines, la preuve en est difficile à faire.
  5. Hélène Romano, 2016, dans son étude intitulée: «L'enfant face au traumatisme», montre que l'actualité nous confronte régulièrement à des drames. L'horreur n'est plus une réalité lointaine réservée à des événements commis dans des pays éloignés et s'invite quotidiennement dans nos vies : élève poignardé en milieu scolaire, crimes au sein des familles, accident mortel en pleine rue, drames sur des lieux de vacances, etc. L'impact de ces événements est renforcé par la multitude des images qui s'accumulent sur nos écrans, transmettant sans fin des actualités toujours plus morbides. Face aux écrans, face à la mort et face à tous ces faits qui font basculer en quelques secondes la vie, se trouvent des enfants. Des bébés, des jeunes enfants ou des adolescents avec des ressources psychoaffectives et une maturité cognitive différentes. Mais quelque soit leur âge, il s'agit d'enfants, c'est-à-dire de petits d'hommes en plein développement qui, pour survivre face à de tels événements, seront très dépendants de ce que les adultes pourront leur apporter. La mort fait partie de la vie, même si nous tentons de maintenir à distance cette réalité. Ces événements nous rappellent que les enfants peuvent être les victimes directes de ces drames; mais qu'ils peuvent aussi en être des victimes collatérales méconnues via l'exposition sans limites à ces images. Lorsque l'on parle des enfants, il y a cette idée de sujets en développement, immatures, avec des ressources limitées, des capacités de compréhension et des moyens de communication bien différents de ceux des adultes. Cette idée de souffrance traumatique, de souffrance engendrée par un événement très violent subi par l'enfant, tarde à être partagée par tous. Peut-être parce qu'elle impliquerait de reconnaître qu'elle est souvent causée par les adultes ou la société elle-même. Quoi qu'il en soit, elle reste aujourd'hui, le plus souvent l'apanage de sur-spécialistes ; est mal ou peu connue des professionnels de l'enfance et de tous ceux qui sont amenés à accueillir, accompagner ou rencontrer ces jeunes enfants. Et pour les parents, la difficulté est encore plus grande d'en ces moments-là de se mettre à hauteur d'enfants. Cette certitude que les enfants ne sont pas touchés comme les adultes conduits à différentes affirmations : les enfants n'auraient pas la maturité neuro-cognitive nécessaire pour comprendre ce qui se passe ; leurs capacités mnésiques limitées les amèneraient à oublier l'horreur vécue ; ils ne seraient pas touchés par la mort et les conséquences de deuils précoces ; ils manifesteraient peu de réactions et réagiraient comme si rien ne s'était passé ; qu'ils seraient "résilients" et "capables de rebondir", etc. Cette représentation d'un enfant préservé de l'impact psychotraumatique d'événements dramatiques conduit à une incapacité à pouvoir reconnaître cette réalité. La conséquence directe en est la méconnaissance des troubles des enfants traumatisés et le déni de leur souffrance. Le trauma n'a pas d'âge et peut blesser à tout moment. L'adage "petites victimes-petits traumas" ne tient pas. La réalité est tout autre et la pratique clinique auprès d'enfants confrontés au réel de l'événement traumatique, nous amène à constater, au quotidien, combien les bébés, les enfants plus grands et les adolescents, perçoivent, à leur niveau, les bouleversements subis et ne sont pas épargnés par le trauma, ni par la mort. L'événement traumatique, certaines fois unique mais d'autres fois, subi de façon réitérée, vient marquer l'histoire d'enfance de ces futurs adultes et peut venir durablement hypothéquer leur devenir. Voir un enfant souffrir ; entendre les plaintes d'un tout petit ; savoir qu'un enfant sans défense a pu subir des violences ; savoir qu'un enfant endeuillé n'aura plus auprès de lui son père, sa mère pour l'aider à grandir est insupportable. Ce sont autant de situations qui confrontent les adultes à quelque chose qui est de l'ordre de l'irreprésentable. Et bien souvent les adultes ne peuvent pas voir, ni entendre cette souffrance qui s'inscrit dans la vie des plus petits. C'est alors l'indifférence, la banalisation, voire le déni, qui répondent aux blessures de l'enfant traumatisé. Ce n'est pas tant qu'ils ne veulent pas comprendre que l'événement a pu toucher l'enfant, mais bien davantage qu'ils ne peuvent pas penser cette réalité. L'attention à porter aux enfants exposés à un événement traumatiques, est donc plus que nécessaire pour qu'ils ne se retrouvent pas seuls, face au trauma et qu'ils puissent reprendre leur vie. Mais comment leur parler ? Comment leur expliquer ? Comment les soutenir et les accompagner face au drame ? Il est ici essentiel de rappeler qu'un enfant seul n'existe pas. Pour grandir, se sentir en sécurité, comprendre le monde extérieur, l'enfant a besoin de l'autre et tout particulièrement de ses proches. Les prises en charge d'enfants exposés directement à des événements traumatiques nous permettent de constater que ce n'est pas tant la gravité du drame qui fait impact traumatique dans la vie psychique de l'enfant que les réactions de son entourage. En effet, même s'il n'a pas les mêmes ressources psychiques qu'un adulte, l'enfant perçoit les bouleversements de son entourage et peut être durablement blessé psychiquement par les réactions de ses proches. Face à un événement traumatique, l'enfant a besoin de retrouver la confiance en lui et en l'autre à un moment où tous ses repères, toutes ses croyances ont été mises à mal, voire anéantis par l'événement. Quand l'enfant se sent incompris, rejeté, abandonné par celui censé le protéger, l'effondrement psychique peut être majeur et venir majorer les troubles post-traumatiques éventuels. Il peut s'effondrer rapidement après les fait, mais bien souvent à distance à la période adolescente ou à l'âge adulte. Il s'agit pour l'adulte de rester disponible psychiquement pour l'enfant, c'est-à-dire d'être en capacité de contenir sa détresse, de le soutenir, de le rassurer, de le protéger, de ne pas tenter de dénier la violence de ce qu'il a pu ressentir et de l'accompagner. Si nous comprenons l'idée que les enfants doivent être portés, fabriqués, pensés dans un lien structurant aux parents, à la famille, à la société, alors apparaît immédiatement l'idée d'un soutien à ces parents d'enfants traumatisés. L'attention portée à ces enfants ne peut se faire sans cette idée d'un portage nécessaire aux proches et d'une représentation de la parentalité dans ces situations de deuils et de trauma.

Ainsi, par rapport aux travaux de ces auteurs, notre travail montre les facteurs favorisant le traumatisme psycho-affectif des acteurs sociaux dans le groupement de Bugorhe, Territoire de Kabare, Est de la RD Congo. Ce travail esquisse les causes et les conséquences du traumatisme psycho-affectif des acteurs sociaux et les stratégies à mettre en jeu pour éradiquer la situation du traumatisme en RD Congo en général et dans le groupement de Bugorhe en particulier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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