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CHAPITRE III: ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS

Dans ce chapitre, il est question de présenter, analyser et interpréter les résultats issus de notre investigation.

3.1. Présentation et analyse des résultats

Nous avons groupé ces points en six variables:

  • Variable identité des enquêtés,
  • Variable avoir entendu parler du traumatisme par nos enquêtés du groupement de Bugorhe,
  • Variable causes de traumatismes,
  • Variable conséquences de traumatismes psycho-affectifs dans le groupement de Bugorhe,
  • Variable existence des traumatismes psycho-affectifs dans notre groupement de Bugorhe,
  • Variable éradication des traumatismes psycho-affectifs dans notre groupement de Bugorhe.

3.1.1. Variable identité des enquêtés

  1. Sexe des enquêtés

Le tableau ci-dessous présente les résultats relatifs au sexe de nos enquêtés du groupement de Bugorhe.

Tableau 2. Sexe de nos enquêtés

Sexe

Effectifs

proportion

Pourcentage

Masculin

121

0.57

57

Féminin

90

0.43

43

Total

211

1

100

Il ressort de ce tableau que nos enquêtés sont en majorité des hommes car ils représentent à eux-mêmes une proportion de 0,57 soit 57 %. Ceci s’explique par le fait les hommes sont les acteurs sociaux les plus actifs et ce sont eux qui étaient près à répondre à notre questionnaire. Le test de l’écart réduit démontre aussi une différence statistiquement significative entre les deux pourcentages au seuil de 5 % (Z calculé = 197,18 supérieur à 1,969 qui est le Z tabulaire) après leur comparaison.  Le tableau ci-dessous présente les relatifs à l’âge de nos enquêtés.

     

  1. Age des enquêtés

Le tableau ci-dessous reprend les résultats qui montrent les différentes tranches d’âges des nos enquêtés.

Tableau 3. Ages de nos enquêtés

Tranches d'âges

Effectifs

proportion

Pourcentage

18-22

36

0.171

17.1

23-27

38

0.18

18

28-32

29

0.137

13.7

33-37

41

0.194

19.4

38-42

18

0.085

8.5

43-47

24

0.114

11.4

48-52

7

0.033

3.3

53-57

10

0.047

4.7

58-62

5

0.024

2.4

63-67

1

0.005

0.5

68-72

2

0.01

1

73 et plus

0

0

0

Total

211

1

100

Il ressort de ce tableau que nos enquêtés étaient de la tranche d’âge de 33-37 ans (19,4 %). Ceci s’explique par le fait que la population du groupement de Bugorhe est jeune et ce sont les personnes de cette tranche d’âge qui prédominent. Le tableau ci-après reprend les résultats relatifs au niveau d’étude de nos enquêtés.

  1. Niveau d’étude des enquêtés

Le tableau ci-dessous reprend les résultats qui montrent le niveau d’étude de nos enquêtés.

Tableau 4. Niveau d’étude de nos enquêtés

Niveau d'études

Effectifs

proportion

Pourcentage

Illettrés

16

0.08

8

Primaire

22

0.11

11

Diplômés d'Etat

74

0.36

36

Gradués

30

0.15

15

Licenciés

56

0.27

27

Master

3

0.03

3

Total

211

1

100

Il ressort de ce tableau que le grand nombre de nos enquêtés sont du niveau de diplôme d’Etat. Ces résultats sont dus par le fait que la plupart des enquêtés que nous avons rencontrés étaient des diplômés. Les résultats relatifs à l’état civil de nos enquêtés sont repris dans le tableau suivant.

  1. Etat civil de nos enquêtés

Le tableau ci-dessous reprend les résultats qui montrent l’état civil de nos enquêtés.

Tableau 5. Etat civil de nos enquêtés

Etat civil

Effectifs

Proportion

Pourcentage

Célibataires

61

0.289

28.9

Mariés

138

0.654

65.4

Divorcés

5

0.024

2.4

Veuf (ves)

7

0.033

3.3

Total

211

1

100

Il ressort de ce tableau que nos enquêtés sont des mariés (65,4 %). Ceci s’explique par la moyenne d’âges qu’ils ont (voir tableau 2). De part cet âge, ces enquêtés doivent être des mariés car sont déjà adultes.

3.1.2. Variable avoir entendu parler du traumatisme par nos enquêtés du groupement de Bugorhe

  1. Avoir entendu parler du traumatisme par nos enquêtés.

Le tableau ci-dessous reprend les résultats selon lesquels nos enquêtés ont entendu parler du traumatisme.

Tableau 6. Avoir entendu parler du traumatisme par nos enquêtés.

Avoir entendu parler du traumatisme

Effectif

Proportion

Pourcentage

Oui

211

1

100

Non

0

0

0

Total

211

1

100

Il ressort de ce tableau que tous nos enquêtés ont déjà entendu parler du traumatisme. Ces résultats s’expliquent par le fait que nos enquêtés vivent des cas de traumatisme dans leur milieu social; mais aussi ils fréquentent des milieux où l’ont parlé des traumatismes comme les églises, les écoles, la rue, … et suivent des émissions radio-télédiffusées où l’ont parlé également des traumatismes. Les résultats relatifs à la voie par laquelle nos enquêtés ont entendu parler du traumatisme sont repris dans le tableau ci-dessous.    

  1. Voie par laquelle nos enquêtés ont entendu parler du traumatisme.

Tableau 7. Voie par laquelle nos enquêtés ont entendu parler du traumatisme.

Voie

Effectif

Proportion

Pourcentage

Radio

58

0.237

23.7

Télévision

24

0.098

9.8

Eglise

30

0.122

12.2

Rue

33

0.135

13.5

Ecole

100

0.408

40.8

Total

245

1

100

 Il ressort de ce tableau que nos enquêtés ont entendu parler du traumatisme à l’école. Ces résultats s’expliquent par le fait que nos enquêtés ont eu cette chance d’être au bas de l’école (tableau 3), ce qui justifie que la notion de traumatisme n’est pas étrangère pour eux et facilement ils reconnaissent les différentes formes de traumatismes dans leur société. Le tableau ci-dessous reprend les résultats se rapportant sur l’existence des cas des traumatismes dans le groupement de Bugorhe.

  1. Existence des cas de traumatismes dans le groupement de Bugorhe.

Tableau 8.  Existence des cas de traumatismes dans le groupement de Bugorhe.

Existence des cas de traumatisme

Effectifs

Proportion

Pourcentage

Oui

211

1

100

Non

0

0

0

Total

211

1

100

Il ressort de ce tableau que nos enquêtés reconnaissent que dans leur milieu de vie, le groupement de Bugorhe, y existent des cas divers de traumatismes. Ces résultats sont dus par le fait qu’à Bugorhe, il se passe plusieurs phénomènes (guerres, violences sexuelles, tracasserie par les hommes de la justice, vol à mains armées, …) conduisant au traumatisme de la population. Ainsi, le tableau ci-dessous montre les différentes formes de traumatismes dont nos enquêtés ont entendu parler.     

  1. Formes des traumatismes dont nos enquêtés ont entendu parler.

Tableau 9. Formes de traumatisme.

Forme de traumatisme

Effectifs

Proportion

Pourcentage

Traumatisme psychologique

69

0.299

29.9

Traumatisme mental

42

0.181

18.1

Traumatisme social

66

0.286

28.6

Traumatisme affectif

54

0.234

23.4

Total

231

1

100

Il ressort de ce tableau que nos enquêtés ont entendu parler du traumatisme psychologique (29,9 %), du traumatisme social (28,6 %), du traumatisme affectif (23,4 %) et du traumatisme mental (18,1 %). Ces résultats découlent des situations de complication psychologique, sociale, affective et mentale dont vivent nos enquêtés dans le groupement de Bugorhe.

3.1.3. Variable causes de traumatismes.

Le tableau ci-dessous reprend les résultats relatifs aux causes de traumatismes dans le groupement de Bugorhe.

Tableau 10. Causes de traumatismes dans le groupement de Bugorhe.

Causes de traumatisme

Effectifs

Proportion

Pourcentage

Violence sexuelle

74

0.312

31.2

Querelles intra ou extrafamiliales

34

0.143

14.3

Mutilation de petites filles

57

0.241

24.1

Agression physique

45

0.19

19

Maltraitance

27

0.114

11.4

Total

237

1

100

Il ressort de ce tableau que les principales causes de traumatisme dans le groupement de Bugorhe sont la violence sexuelle (31,2 %) et la mutilation de petites filles (24,1 %). Ces résultats s’expliquent par le fait qu’à Bugorhe, suite aux guerres à répétition qu’a connu ce groupement, la pauvreté de la population et le mixage des peuples; les cas des violences sexuelles et la mutilation de petites filles y sont monnaie courante. La mutilation de petites filles est une source de fortune car ceux qui font cet acte, le font pour des raisons de fétiches afin qu’ils aient des biens matériels.         

3.1.4. Variable conséquences de traumatismes psycho-affectifs dans le groupement de Bugorhe.

  1. Connaissance des conséquences des traumatismes psycho-affectifs des acteurs sociaux dans le groupement de Bugorhe.

Le tableau 11 ci-dessous reprend les résultats se rapportant à la Connaissance des conséquences des traumatismes psycho-affectifs des acteurs sociaux dans le groupement de Bugorhe.

Connaissance des conséquences

Effectifs

Proportion

Pourcentage

Oui

207

0.981

98.1

Non

4

0.019

1.9

Total

211

1

100

Il ressort de ce tableau que nos enquêtés connaissent les conséquences de traumatismes psycho-affectifs des acteurs sociaux dans le groupement de Bugorhe. Ceci est dû au fait qu’étant donné que nos enquêtés vivent des cas de traumatismes et donc ils ne peuvent pas aussi ignorer leurs conséquences. C’est ainsi que les tableaux 12 et 13 reprennent les résultats qui se rapportent à ces conséquences tant psychologiques que affectives.

  1. Les conséquences psychologiques engendrées par les traumatismes des acteurs sociaux dans notre groupement de Bugorhe 

Le tableau ci-dessous reprend les résultats relatifs aux conséquences psychologiques engendrées par les traumatismes des acteurs sociaux dans notre groupement de Bugorhe.

Tableau 12. Conséquences psychologiques engendrées par les traumatismes des acteurs sociaux dans notre groupement de Bugorhe.

Conséquence psychologique de traumatisme

Effectifs

Proportion

Pourcentage

Frustration

101

0.437

43.7

Trouble mental

50

0.216

21.6

Méfiance

39

0.169

16.9

Accident vasculo-cérébral

15

0.065

6.5

Timidité

26

0.113

11.3

Total

231

1

100

 Il ressort de ce tableau que les conséquences psychologiques engendrées par les traumatismes des acteurs sociaux dans notre groupement de Bugorhe sont la frustration et le trouble mental. Ces résultats s’expliquent par le fait que lorsqu’on est traumatisé psychologiquement, d’office, on est aussi frustré par le traumatisant et ce la peut conduire aux surcharges psychologiques base des troubles mentaux.

Certains répondants ont souligné plus d’une réponse, raison pour laquelle le total des effectifs a changé (tableau no 12, 13, 15 et 17).

  1. Les conséquences affectives engendrées par les traumatismes des acteurs sociaux dans notre groupement de Bugorhe 

Le tableau ci-dessous reprend les résultats relatifs aux conséquences affectives engendrées par les traumatismes des acteurs sociaux dans notre groupement de Bugorhe.

Tableau 13. Conséquences affectives engendrées par les traumatismes des acteurs sociaux dans notre groupement de Bugorhe.

Conséquence affective de traumatisme

Effectifs

Proportion

Pourcentage

Anxiété

39

0.172

17.2

Déception

79

0.348

34.8

Insouciance

17

0.075

7.5

Perte de l'estimation de soi

60

0.264

26.4

Repli sur soi

32

0.141

14.1

Total

227

1

100

Il ressort de ce tableau que la déception et la perte de l’estime de soi sont les conséquences affectives les plus accentuées engendrées par les traumatismes des acteurs sociaux dans notre groupement de Bugorhe. Ces résultats s’expliquent par le fait qu’une fois traumatisé, la personne est tourmentée au point où il perd de confiance en lui-même, c’est ce qui est à la base de la déception et de la perte de l’estime de soi.

  3.1.5. Variable existence des traumatismes psycho-affectifs dans notre groupement de Bugorhe.

  1. Justification de l’existence des traumatismes psycho-affectifs dans notre groupement de Bugorhe

Le tableau14ci-dessous présente les résultats d’être capable de justifier l’existence des traumatismes psycho-affectifs dans ce groupement de Bugorhe.

Etre capable de justifier

Effectifs

Proportion

Pourcentage

Oui

210

0.995

99.5

Non

1

0.005

0.5

Total

211

1

100

Il ressort de ce tableau que nos enquêtés sont capables de justifier l’existence des traumatismes psycho-affectifs qui sévit dans le groupement de Bugorhe. Ceci s’explique par le fait qu’une fois la cause d’un fait est connue, l’existence de ce fait est justifiable car la cause doit toujours avoir une origine. C’est pourquoi, le tableau ci-dessous présente les justifications de l’existence des traumatismes psycho-affectifs dans notre groupement de Bugorhe par nos enquêtés.

  1. Justifications de l’existence des traumatismes psycho-affectifs dans le groupement de Bugorhe.   

Le tableau no 15 présente les résultats relatifs aux justifications de l’existence des traumatismes psycho-affectifs dans notre groupement de Bugorhe.

Justifications

Effectifs

Proportion

Pourcentage

Pauvreté

61

0.256

25.6

vol avec armes

70

0.294

29.4

Guerres à répétition

32

0.135

13.5

Tuerie par des inciviques

58

0.244

24.4

Tracasserie par les hommes de justice

17

0.071

7.1

Total

238

1

100

Il ressort de ce tableau que trois justifications ont été confirmées par nos enquêtés selon l’ordre de priorité. Il s’agit de vol avec armes (29,4 %), la pauvreté (25,6 %) et la tuerie par des inciviques (24,4 %). Ceci s’explique par le fait que nos enquêtés connaissent ces trois éléments car le groupement de Bugorhe est un champ de bataille des voleurs mains armées, de la pauvreté et des tueries par des inciviques inconnus qui font des exactions dans ce milieu.

      

3.1.6. Variable éradication des traumatismes psycho-affectifs dans le groupement de Bugorhe.

  1. Pouvoir d’éradiquer les traumatismes psycho-affectifs entre acteurs sociaux à Bugorhe.

Le tableau 16 ci-dessous présente les résultats relatifs au pouvoir d’éradiquer les traumatismes psycho-affectifs entre acteurs sociaux à Bugorhe.   

Pouvoir d'éradication du traumatisme

Effectifs

Proportion

Pourcentage

Oui

210

0.995

99.5

Non

1

0.005

0.5

Total

211

1

100

Il ressort de ce tableau que nos enquêtés reconnaissent que les traumatismes psycho-affectifs entre acteurs sociaux peuvent être éradiqués à Bugorhe. Ceci s’explique par le fait que si toute la population se met ensemble et accompagnée par les autorités politico-administratives et judiciaires, les causes des traumatismes tel que confirmées par nos enquêtés, peuvent être combattues et éradiquées. C’est ainsi que nos enquêtés ont envisagé les stratégies qui peuvent-être mises en place pour éradiquer les traumatismes psycho-affectifs entre acteurs sociaux à Bugorhe.   

  1. Stratégies d’éradication des traumatismes psycho-affectifs entre acteurs sociaux à Bugorhe.

Tableau 17. Stratégies d’éradication des traumatismes psycho-affectifs entre acteurs sociaux à Bugorhe.

Stratégies

Effectifs

Proportion

Pourcentage

Punir les inciviques conformément à la loi

101

0.433

43.3

Créer des emplois pour élever le niveau de vie de la population

74

0.318

31.8

Relever les hommes en uniforme et ceux de la justice chaque fois après une période

30

0.129

12.9

Créer des associations d'encadrement de la population

28

0.12

12

Total

233

1

100

Il ressort de ce tableau que les stratégies que nos enquêtés reconnaissent pour l’éradication des traumatismes psycho-affectifs entre acteurs sociaux à Bugorhe sont: punir les inciviques conformément à la loi (43,3 %) et créer des emplois pour élever le niveau de vie de la population (31,8 %). Ces résultats s’expliquent par le fait que notre pays étant caractérisé par l’impunité des malfaiteurs et la pauvreté, nos enquêtés préconisent que ces deux stratégies peuvent leur permettre d’éradiquer  des traumatismes psycho-affectifs entre acteurs sociaux à Bugorhe.

3.2. Interprétation des résultats

Cette étude a porté sur l’étude des facteurs favorisant le traumatisme psycho-affectif des acteurs sociaux dans le groupement de Bugorhe, Territoire de Kabare. Les résultats relatifs à cette étude ont montré que réellement les cas de traumatisme existent dans le groupement de Bugorhe comme partout ailleurs dans le monde comme souligné par Donnadieu (1999) dans son étude sur la généalogie de la violence. La population de Bugorhe a déjà entendu parler du traumatisme et cela à l’école car cette dernière est un milieu de formation et information où tout est appris (Maalouf, 1998).

En effet, les formes de traumatisme que nos enquêtés ont entendu parler sont les traumatismes psychologique, mental, social et affectif. Ces résultats corroborent avec ceux de kamel (2014) et Silvestro-Teissonniere (2011) qui ont montré qu’il existe au sein de la population plusieurs formes de traumatismes dont les plus importantes touchent le psychisme et le corps. Ces mêmes auteurs, indiquent que le traumatisme peut être psychologie, mental, physique, social ou affectif et d’habitude les causes de ces formes de traumatisme sont les violences physique et sexuelle, les querelles intra et extrafamiliales, les troubles sociaux, … nous aussi, après notre enquête, nos résultats ont montré qu’à Bugorhe, les mêmes causes trouvées par nos prédécesseurs, sont les mêmes car nos enquêtés ont parlé aussi des violences sexuelles (31,2 %), des querelles intra et extrafamiliales (14,3 %), les agressions physiques (19 %) et la maltraitance (11,4 %). Cependant, un fait réel et vécu par nos enquêtés est la mutilation de petites filles (24,1 %) qui est aussi une autre cause de traumatisme au sein de la population du groupement de Bugorhe alors que les autres auteurs ne l’ont pas cité.

En principe, à tout phénomène correspond une conséquence; la population du groupement de Bugorhe reconnait que le traumatisme a des conséquences. Forte et alii (2012) dans son étude sur l’approche psycho-victimologique de la violence au travail, montrent que le traumatisme d’une personne engendrée plusieurs conséquences comme la frustration, le truble mental, la méfiance, la timidité, l’accident vasculo-cérébral, l’anxiété, la déception, le fait de ne pas se soucier des autres, la perte de l’estime de soi, l’isolement social, … ces résultats qu’ils trouvèrent ont été aussi constaté dans notre milieu d’étude et nous les avons groupés en deux catégories: les conséquences psychologiques et les conséquences affectives. Les conséquences psychologiques du traumatisme tel que spécifiées par nos enquêtés sont entre autre la frustration (43,7 %), le trouble mental (21,6 %), la méfiance (16,9 %), l’accident vasculo-cérébral (6,5 %) et la timidité (11,3 %) tandis que les conséquences affectives du traumatisme sont l’anxiété (17,2 %), la déception (34,8 %), l’insouciance (7,5 %), la perte de l’estime de soi (26,4 %) et le repli sur soi (14,1 %). De ces résultats que nous avons obtenus de notre étude, nous pouvons donc dire que les conséquences du traumatisme qui prédominent dans le groupement de Bugorhe sont la frustration et la déception et ces dernières sont à l’origine des mésententes entre les acteurs sociaux de ce groupement de Bugorhe.

Pour justifier l’existence des cas de traumatisme dans le groupement de Bugorhe, nos enquêtés on répondu que la pauvreté (25,6 %), le vol mains armées (29,4 %), les guerres à répétition (13,5 %), la tuerie par des inciviques (24,4 %) et la tracasserie par les hommes de justice (7,1 %) sont les facteurs qui favorisent les cas de traumatisme dans ce groupement. Ceci est dû au fait que, le groupement de Bugorhe, abritant l’aéroport national de Kavumu, chaque fois qu’il ya guerre, la population est aussi frappée car les combattants cherchent à gagner l’aéroport pour leur base aérienne. Ce qui crée des violences sexuelles, des tueries, des tracasseries, de vol mains armées et le fait de fuir habituellement suite à l’insécurité, la population est déstabilisée et ne travaille plus convenablement et tout ceci est à la base de la pauvreté. Parmi les éléments de souffrance de la population, l’insécurité occupe la place de choix car est à la base de multiples phenomenes comme la pauvreté, les violences de tout genre, la guerre, la tuerie, le vol simple, le vol mains armées, … (Gauthier, 2003).

Néanmoins, nos enquêtés ont affirmé que les traumatismes peuvent être éradiqués dans le groupement moyennant les stratégies suivantes: punir les inciviques conformément à la loi (43,3 %), créer des emplois pour élever le niveau de vie de la population (31,8 %), relever les hommes en uniforme et ceux de la justice chaque fois après une période (12,9 %) et créer des associations d'encadrement de la population (12 %). Les deux premières stratégies occupent des places de choix dans ces résultats car en RD Congo l’impunité et le chômage déguisé sont la monnaie courante et sont à la base de l’insécurité qui traumatise toute la population du pays en général et celle du groupement de Bugorhe en particulier car un chômeur qui manque quoi faire s’occupe des biens des autres en utilisant des moyens disponibles (Forte et alii, 2012). 

Ainsi, notre hypothèse de départ est selon laquelle : « la violence sexuelle, la mutilation des petites filles, les violences conjugales, les tueries, les vols avec armes, la pauvreté seraient les facteurs qui favorisent le traumatisme dans le groupement de Bugorhe, ce qui engendrerait les phénomènes psychologiques suivants: la frustration, la méfiance, la non acceptation de soi et les phénomènes affectifs tels que l’anxiété, la déception, le fait de ne pas se soucier l’un de l’autre et combattre la violence, la fin de la corruption, La multiplication des mesures de sensibilisation sur la lutte contre la violence, punition des malfaiteurs violeurs seraient les stratégies que nous pouvons envisager pour éradiquer ce fléau au sein du groupement de Bugorhe» donc affirmée au vu de ces résultats trouvés.

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