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INTRODUCTION

. Presentation du travail

La coupe abusive des arbres est un phénomène qui affecte toutes les provinces de la RD Congo. L’agriculture sur brulis, la coupe de bois d’œuvre et la forte demande en bois de chauffe et en charbon de bois sont les causes principales de la déforestation dans le pays. (NGOMBO et al, 2012).

Pour répondre à cette menace, depuis l’époque coloniale, plusieurs actions ont été entreprises en RD Congo ; tel que les Missions Anti-Erosives (MAE), le projet EcoMakala, le Sud-Kivu étant une province de la R.D. Congo, ne déroge pas à cette règle. Des sites ont été reboisés par des personnes morales bien averties du rôle primordial de l’arbre pour la vie de l’homme. Depuis l’époque coloniale, la Province a connu des activités de reboisement dans les zones jugées inhabitables dans le but de protéger les sites soumis aux érosions et créer des petites plantations en vue de sauvegarder l’équilibre et l’harmonie naturelle au profit majeur de l’être humain en général.

Ces activités de reboisement sont le travail et les efforts louables des organisations non gouvernementales, des institutions scolaires et ecclésiastiques, des particuliers qui s’investissent dans ce domaine afin de protéger les sites accidentés, exposés aux érosions et menacés d’effondrement.

 Dans la province du Sud-Kivu plusieurs actions de reboisement sont effectuées comme:

  • A Uvira dans le bassin du lac Tanganyika par l’Organisation Non Gouvernementale (ONG), WWF (World Wildlife Fund).
  • A Kalehe : pour la production de braise écologique dans le cadre du projet EcoMakala
  • Dans la chefferie de Burhinyi en 2008 par la BMZ à Mulambi
  • Etc

Pour satisfaire leurs besoins en bois, certains particuliers choisissent d’avoir leurs propres plantations d’arbres. C’est dans ce cadre que plusieurs plantations ont été mises en place dans les territoires de la province du Sud-Kivu, dont la plantation à Eucalyptus spp de Monsieur MANU BIRATO, qui se trouve à KALAMBO dans le territoire de KABARE.

Il est régulièrement démontré que le passage d’une forêt constituée d’essences indigènes à une plantation entraîne une baisse dans la biodiversité. (Nguyen et al, 2006). Ce phénomène est encore accentué dans le cas des plantations d’essences introduites, ces dernières étant implantées loin de leur aire d’origine et donc, loin du cortège floristique et faunistique qui a évolué avec elle.

Pour le cas des Eucalyptus spp, étant eux-mêmes des essences implantées et introduites, on observe dans leurs plantations une faible biodiversité. Malgré cette faible biodiversité, il est toujours important de savoir qu’il y a toujours des espèces qui s’adaptent à des conditions écologiques particulières apportées par les Eucalyptus spp et arrivent à les coloniser ; soit, grâce à la dissémination des graines, soit à celle des spores, ou grâce à la reproduction végétative.  C’est cette végétation qui colonise ce genre d’habitat qui fait l’objet de cette étude.

2. Problématique

A l’heure actuelle, les forêts du monde sont exploitées à un rythme bien plus rapide que celui auquel elles sont remplacées (Poore et al, 1985). Dans les pays tropicaux seulement 1 hectare en moyenne est replanté pour 10 hectares de forêt défrichée. On a toujours plus besoins de bois à usage industriel et de combustibles ligneux notamment dans les pays tropicaux en développement dont la population est en expansion.

Pour satisfaire à cette demande on choisit souvent de planter les essences exotiques à croissance rapide. Parmi ces essences se trouvent les espèces du genre Eucalyptus constitué de plus de 600 espèces.

Les plantations d’Eucalyptus spp couvrent 13 à 19 millions d’hectares distribués dans plus de 70 pays (FAO, 1995). Le succès du genre Eucalyptus spp résulte d’une heureuse conciliation entre rapidité de croissance, rusticité (aptitude d’une plante à supporter des conditions de vie difficile), plasticité écologique, aptitude au recepage, productivité et fourniture des produits industriels ou domestiques très diversifiées. Avec les pins, les Eucalyptus spp constituent environ 30 % des plantations actuelles (FAO, 2005).

Pourtant, de ce groupe d’utilisateurs enthousiastes, des voix se sont élevés pour affirmer que les Eucalyptus spp ont à court ou à long terme divers effets nocifs sur le milieu ; Ils entrainent l’acidification du sol, et consomment excessivement de l’eau. (Kataomba et al, 2010). Certains pays ont été jusqu’à proscrire la plantation.

Notons aussi que selon Rao et al.cités par Habonimana (2007) in  CIRHUZA (2010), les Eucalyptus spp ; font partie des espèces agro forestières avec des effets allélopathiques, c'est-à-dire qui empêchent la croissance d’autres espèces dans une phytocénose donnée. Cela se justifie par la présence dans ces plantations à Eucalyptus spp.des espèces dont les aspects morphologiques ont complètement ou partiellement changé.

Au regard de ce qui précède, nous avons ainsi jugé utile de connaître les espèces végétales qui s’adaptent à ces conditions écologiques occasionnées par les essences du genre Eucalyptus spp reboisées dans la concession de Mr BIRATO.

Pour ce faire, nous nous sommes posé trois questions qui vont guider cette étude :

  • Existe-il des espèces qui caractérisent le sous-bois d’une plantation à Eucalyptus spp?
  • Les parcelles, ont-elles un degré de similarité appréciable entre elles ?
  • Y a-t-il des parcelles plus diversifiées que d’autres ?

Le choix est porté sur ce thème car l’Eucalyptus spp est très utilisé dans le reboisement et aucune recherche de ce genre n’a fait objet d’une étude floristique et même écologique quelconque dans cette contrée de la province.

3. Objectifs et but du travail

  1. Objectif global

Ce présent travail a comme objectif global l’analyse de la diversité floristique du site reboisé par les espèces du genre Eucalyptus spp dans la plantation de Mr. MANU BIRATO à KALAMBO dans le territoire de KABARE.

  1. Objectifs spécifiques

Afin d’atteindre l’objectif global de cette étude, les objectifs spécifiques qui suivent doivent être atteints, il s’agit de :

  • Déterminer la composition floristique du site reboisé par les espèces du genre Eucalyptus spp dans la concession de Mr Birato dans le territoire de KABARE.
  • Ressortir des ressemblances entre les différentes parcelles étudiées quant à leurs compositions floristiques
  • déterminer le degré de similarité entre les parcelles étudiées;
  • Déterminer la parcelle la plus diversifiée dans notre site d’échantillonnage
  • élucider l’aspect morphologique de certaines espèces sur base des variables portant sur les états de caractères des espèces.

4. Milieu d’étude

  1. Historique sur le territoire de KABARE

Selon BARHALEGEHWA (1997) le territoire de KABARE a été Crée officiellement le 12 janvier 1993, le territoire de KABARE est aujourd’hui une entité administrative décentralisée et l’un des huit territoires constituant la province du Sud-Kivu.

Son premier administrateur de l’histoire fut Monsieur TERLINDEN. Le Chef-lieu du territoire de KABARE est situé à NYACIBIMBA dans le groupement de CIRUNGA en chefferie de KABARE à 4km de la ville de BUKAVU.

Ce gigantesque territoire englobait à l’époque les chefferies indigènes de la tribu « Shi » comportant les chefferies de KABARE, KALONGE, NINDJA, BURHINYI, KAZIBA, LUHWUINJA, et NGWESHE ainsi qu’une poignée des pygmées dans le nord du territoire parlant la langue « shi ».

Plus tard, ce grand territoire fut scindé en deux. Le premier acte de sa scission fut signé au cours de l’assemblée provinciale du Kivu par l’édit n°4 du 10 octobre 1961 relatif à la scission du territoire de KABARE et celui de WALUNGU. Elle sera effective et confirmée six ans plus tard par l’ordonnance n°67-221 du 03 mai 1967 du président de la République du ZAIRE.

Le territoire de KABARE compte 17 groupements répartis en deux collectivités (KABARE et NINDJA).

  1. Situation géographique

Le territoire de KABARE se trouve dans la province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo. Il est limité:

  • Au nord par le territoire de KALEHE
  • Au sud par le territoire de WALUNGU
  • A l’est par le lac Kivu
  • A l’ouest par le PNKB (Parc National de Kahuzi Biega)

Il est situé à une altitude de 1500 mètres et est soumis à un climat tropical humide. La pluviométrie y varie entre 1300 mm et 1800 mm par an. (BARHALEGEHWA, 1997).

Il s’étend entre 28° et 29° de longitude ouest et entre 2°et 3° de latitude sud. Son relief est dominé par les montagnes dont les sommets le plus élevés sont : KAHUZI avec 3300 m et BIEGA avec 2700 m.

A l’intérieur de cette entité, nous trouvons également des collines entières qui sont des structures défavorables à la vie humaine et inhabitées.

Figure 1 Carte du territoire de Kabare illustrant nos parcelles d’inventaire

  1. Le climat

Dans la basse altitude, il y a un climat chaud tempéré par le lac Kivu et la rivière Ruzizi. Il ya un climat froid dans la haute altitude. Deux saisons dominent ce territoire, la saison sèche et la saison des pluies, les pluies débutent au plus tard fin juin. Les 3 mois de saison sèche se caractérisent  par un temps brumeux accompagnés des brouillards. La température moyenne de ce territoire est de 22,6°C. (CAID, 2015).

  1. Le sol

Le sol de KABARE est par nature volcanique pour la plus grande partie du territoire. C’est un sol riche et productif, mais suite à la surexploitation et l’exposition à l’érosion sous toutes ses formes (hydriques, éolienne), il est devenu l’un de plus pauvre.

Les ONG et le pouvoir coutumier se sont mobilisés à protéger ce sol au travers des sensibilisations et des formations des paysans de KABARE sur la lutte antiérosive, l’aménagement des pépinières.

  1. Hydrographie

Mise à part la présence du lac Kivu qui longe les côtes de cinq groupements de KABARE NORD (BUSHUMBA, LUHIHI, LUGENDO, ISHUNGU, IRHAMBI) et la rivière Ruzizi qui longe les côtes de deux groupements (MUDASA, MUMOSHO), il existe plusieurs rivières. Certaines de ces rivières sont NYAWARONGO à IRHAMBI KATANA ; BADIBANGA à BUGORHE ; MPUNGWE à MUDAKA ; MPOMBE et MURHUNDU à BUSHIRA ; KANZINZI à BUGOBE ; LUBIMBE, KANOSO, LUJIMBI, NDORHOLE, CHANZUKA, NYAKANGERA à LUHAGO ; KANOSO, LWENDA, MUHIMBIRHI, LUGULU à IRHEGABARHONYI. Notons qu’il existe aussi plusieurs ruisseaux (CAID, 2015).

  1. La végétation

Mises à part les différents marais qu’on trouve dans le territoire de KABARE, la majeure partie de KABARE est une savane avec une végétation naturelle composée des graminées sauvages.

Dans les plateaux de MULUME MUNENE, à l’ouest on trouve la  forêt des Bambous, un peu des essences forestières et des arbustes et herbes de la forêt primaire. Dans les vallées marécageuses on trouve des Carex, du Papyrus et des roseaux. On trouve aussi quelques galeries forestières au bord du lac Kivu et quelques rivières. (CAID, 2015)

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