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INTRODUCTION

0.1. Problématique

Le secteur financier dans le monde entier comme partout en RDC connaît un caractère dualiste. On assiste à la coexistence d’un secteur formel composé des banques qui considèrent entre autre comme haut risque, le crédit aux pauvres dans la mesure où ces derniers ne présentent que très rarement de garantie et d’un secteur informel composé des institutions de microfinance (IMF) avec comme ambition de pallier aux insuffisances des banques. Elles introduisent des innovations institutionnelles qui permettent de vaincre le mythe de l’impossibilité de prêter aux populations marginalisées. Ce sont ces faiblesses et les défaillances des institutions financières classiques qui ont conduit à l’émergence du secteur financier non classique. C’est donc en répondant aux demandes de fonds restées insatisfaites par le secteur formel que la microfinance a pris l’initiative d’orienter ses crédits vers le secteur délaissé. La microfinance dans son essence s’oriente avant tout vers les couches sociales les plus faibles en vue d’en relever le niveau. (Patrick A., 1990) 

Les IMF se présentent sous diverses formes en fonction des services qu’elles offrent à leurs clients. Certaines n’offrent que des crédits productifs, tandis que d’autres proposent à leurs clientèles les crédits à la consommation et permettent des dépôts pour sécuriser l’épargne. Cinq types de structures reconnues offrent ces services de microfinance aux exclus du système financier classique. Il s’agit de : ONG ou organisation non gouvernementale, COOPEC ou coopérative d’épargne de crédit, IMF ou institution de microfinance et de microbanques… Plusieurs organisations de microfinance émergent dans les projets de développement à telle enseigne qu’on observe une forte multiplication de celles-ci avec le même objet d’offrir des services financiers aux membres dans le but de satisfaire les besoins qui, dans des cas, n‘ont pas été pris en compte par les services financiers traditionnels. (KALALA F., 2006)

Le profil de la clientèle qu’elles servent fait que ces institutions soient exposées à des risques multiples. On peut citer : les risques opérationnels, informationnels, organisationnels, stratégiques et environnementaux. (KALALA F., 2006). Ces risques affectent directement les activités de l’institution ; ils touchent les institutions financières de manière générale ; ils peuvent être liés à la clientèle de l’institution et à son environnement. Même si les IMF ne peuvent pas éliminer tous les risques, elles ont le devoir de réduire de façon systématique leur vulnérabilité.

La notion de risques en microfinance sera développée ultérieurement au point I.1.3.

C’est ainsi que quelle que soit la forme qu’il prend, tout mouvement coopératif vise à développer le sens de l’épargne au niveau des membres notamment par un effet permanent d’éducation et des taux d’intérêt attractifs. De plus, il se propose de sécuriser cette épargne par une bonne organisation et une gestion des placements et des crédits. (KALALA F., 2006)

Cependant, la rentabilité étant la mesure de l’efficacité de la gestion et surtout la mesure monétaire de l’efficience (Pierre Couzo, 1995), dans ce présent travail, il sera question d’analyser la rentabilité de l’activité d’octroi de crédit de la COOPEC CAHI.

En effet chercher la rentabilité d’une opération, d’une activité, d’une entreprise c’est toujours ramener le profit ou la satisfaction que l’on tire de cette activité à l’effort que l’on a dû consentir pour la mettre en œuvre. (Charreaux G., 1987).

C’est pourquoi, les actionnaires, les repreneurs, les banquiers analysent la rentabilité de l’activité ou de l’entreprise afin de mieux dégager le risque qu’ils courent en y investissant des moyens plus ou moins importants.

En égard ce qui précède, tout au long de notre travail nous tâcherons de répondre à ces différentes questions, notamment :

L’entreprise (COOPEC CAHI) utilise-t-elle avec efficacité les capitaux propres lui confiés par ses membres ?

La COOPEC CAHI a-t-elle une capacité d’autofinancement ou encore mieux, son Activité d’octroi de crédit génère-t-elle cette capacité ?

La politique d’octroi de crédit est-elle efficace ?

Ce qui précède nous amène à formuler nos hypothèses comme suit :

0.2. Hypothèses de travail

HIAM A. définit l’hypothèse comme une supposition que l’on fait d’une chose possible ou non et dont on tire les conséquences. Ceci nous amène à dire que :

La COOPEC CAHI utiliserait avec efficacité les capitaux propres lui confiés par ses membres étant donné que la COOPEC réalise jusqu’à présent des bons résultats et a une bonne cotation au niveau de la COOCEC-KIVU (OMBENI J., 2005-2006) ;

La COOPEC aurait une capacité d’autofinancement car elle arriverait à assurer dans le passé le financement pour tout ou partie des investissements, à renforcer son fonds de roulement, à accéder plus facilement si le besoin s’en fait sentir à des nouvelles sources de financement et à rémunérer les membres en leur versant des intérêts chaque mois et bien d’autres avantages financiers (OMBENI J, 2005-2006) ;

La politique d’octroi de crédit de la COOPEC CAHI serait efficace car elle recourt moins à la force et  pour recouvrer son argent et dispose de peu de crédits non remboursés.

0.3. Choix et intérêt du sujet

Ce travail a pour objectif d’aider les agents économiques  de la ville de Bukavu, membres de la COOPEC CAHI, à connaître la situation financière et économique de leur coopérative afin d’assurer sa pérennité en adoptant des bonnes politiques de gestion, dans le chef de dirigeants et pour les membres, le respect des différents contrats signés avec la coopec par exemple en matière de prêt car cette COOPEC contribue à financer leurs activités génératrices de revenus (AGR) et par le fait même assurer leurs services.

Nous avons choisi la COOPEC CAHI parce que premièrement elle compte beaucoup de membres (commerçants, artisans, enseignants, etc.) et deuxièmement pour un accès facile au données bien élaborées. 

0.4. Objectifs

Notre travail a pour objectif d’expliquer et d’étudier l’activité d’octroi de crédit de la COOPEC CAHI en dégageant les performances et les contre performances réalisées dans ce domaine afin d’éclairer la COOPEC dans sa mission de lutte contre la pauvreté de la population déshéritée pour un accès aux services financiers et non financiers et de collecter l’épargne et consentir des crédits aux membres.

0.5. Délimitation du sujet

0.5.1. Cadre spatial

            Notre étude s’opérera dans la commune d’Ibanda, ville de Bukavu, province du Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo.

0.5.2. Cadre temporaire

 Le sujet englobera l’intervalle allant de 2005 à 2008 soit quatre exercices sociaux de la COOPEC. Cette période est suffisante pour nous permettre d’appréhender toutes les réalités annuelles sur le sujet, de l’ouverture à la clôture d’un exercice coopératif.

0.6. Méthodologie et technique

0.6.1. La méthode de la statistique descriptive

             

Elle nous sera chère pour appréhender la réalité générale et poussée sur la COOPEC CAHI

0.6.2. La méthode historico-comparative

Elle nous permettra de remonter dans le passé pour trouver l’origine de la COOPEC CAHI et nous permettra d’avoir un éclaircissement sur l’évolution de la COOPEC jusqu’à ces

jours.

0.6.3. La méthode analytique

Elle nous a permis d’analyser les données recueillies tout en nous appuyant sur les documents scientifiques et c’est cet appui qui nous servira de technique documentaire.

L’interview nous aidera dans la vérification des données théoriques du point de vue empirique.

0.7. Difficultés rencontrées

          L’élaboration du présent travail a connu des entraves suivantes :

La recherche se faisait pendant les heures de cours, ce qui ne nous a pas été facile pour l’accomplissement de ce travail ;

L’indisponibilité des responsables de la coopérative pendant la journée ainsi que le manque de certaines archives ou documentations ;

Le long trajet séparant la maison des emplacements de la COOPEC CAHI. 

0.8. Plan du travail

Notre travail comportera trois chapitres hors mis l’introduction et la conclusion :

Le chapitre premier, les généralités, procède à un inventaire de tous les mécanismes d’appui financier aux micro-entreprises et à la clarification des concepts clés utilisés dans ce

travail. 

Pour vérifier l’opérationnalité de ces concepts à la COOPEC CAHI notre champ d’investigation, le chapitre deuxième orienté vers la présentation de la COOPEC CAHI et le chapitre troisième centré sur l’analyse de la rentabilité de l’activité d’octroi de crédit de la COOPEC CAHI, ont permis de comprendre et d’identifier, compte tenu de la particularité de la COOPEC CAHI les facteurs et les indicateurs permettant d’apprécier le mieux l’efficacité et surtout la rentabilité de l’activité d’octroi de crédit de la micro-entreprise sous étude.

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