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CHAPITRE PREMIER. CONSIDERATIONS GENERALES

Dans ce chapitre, nous allons essayer d’analyser deux points essentiels, notamment la clarification des concepts et la présentation du milieu d’étude

Section première : Définition des concepts

Les concepts à clarifier dans  cette étude sont l’Administration publique, les conflits ethniques et la chefferie.

I.1.L’Administration publique

Le mot administration peut revêtir deux sens différents :

  • si on s’attache à la fonction de l’administration (définition fonctionnelle), le mot désigne l’ensemble des activités dont le but est de répondre aux besoins d’intérêt général de la population (ordre public, bonne marche des activités public) tels qu’ils sont définis à un moment donné par l’opinion publique et le pouvoir politique. Il s’écrit avec un petit (a).
  • Mais si on s’attache à son organisation (définition organique), il désigne l’ensemble des personnes morales (Etats, collectivités territoriales, établissements publics) et physiques (fonctionnaires contractuels) qui accomplissent les activités. Le mot administration s’écrit alors avec un grand (A).

Il existe là encore deux approches, une conception large qui considère que les organismes privés chargés d’une action administrative font partie de l’administration et une conception qui les exclut.

Afin de mener à bien ses activités, l’administration dispose de moyens, les prérogatives de puissance publiques. Il s’agit des pouvoirs de commandement que ne détiennent pas les personnes privées, qui permettent à l’administration d’imposer sa volonté et qui sont transmis par le pouvoir exécutif dont elle dépend. Ainsi par exemple, lorsque l’administration prend une décision à l’encontre d’un administré, elle peut sous certaines conditions la faire exécuter d’elle – même sans demander la permission au juge, à la différence d’un particulier.

D’après Charles Debbasch[1], l’administration publique est considérée comme,  «  l’appareil de gestion des affaires publiques. Elle est constituée par l’ensemble des services dont la  bonne marche permet la réalisation des objectifs  définis par le pouvoir politique ».

Selon Jean Rivero[2] définissent l’administration publique au sens organique  comme un ensemble d’organes dans lesquels sont conduites et exécutées des tâches publiques.

L’administration publique concourt à la réalisation des tâches, l’intérêt général sans profit. C’est dans cette perspective que Robert Degni-Segui, définit  l’intérêt  général comme le but suprême poursuivie par l’administration, c’est la satisfaction de l’ensemble des besoins sociaux. Ce but d’intérêt général dit encore intérêt  publique ou utilité publique, ordre publique permet ainsi de distinguer l’administration publique et l’activité des particuliers[3].

Partant de ces différentes définitions développées ci – haut par les différents auteurs, nous allons définir  dans ce travail l’Administration publique comme un ensemble des services et des agents dont la fonction consiste à assurer l’application des lois et la marche des services publics conformément aux directives gouvernementales.

I.2. les conflits ethniques

Pour François THUAL, il y a conflit ethnique ou interethnique lorsqu’ un groupe social se persuade, à tort ou à raison, qu’il est menacé sur le plan physique soit sur le plan politique[4].

Dans ce travail, le conflit ethnique signifierait les contestations, les oppositions entre les Bafuliiru et les Barundi qui ont débouché sur les actions manifestes entre autres, les assassinats, la discrimination, la violence des droits et qui ont pour mobile l’acquisition et l’exercice du pouvoir politique et coutumier dans la chefferie plaine de la Ruzizi.

 Ces conflits  se présentent sous plusieurs sources : les rivalités économiques, financières et la perte du pouvoir par les Barundi.

Les rivalités économiques et foncières entre Bafuliiro et Barundi dans la plaine de la Ruzizi remontent à l’époque coloniale. Lorsque les Barundi se sont installés dans la plaine, ils servaient uniquement de réserve de classe pour les Bafuliiro et étaient largement délaissés du fait de la présence endémique de la malaria. Les Bafuliiro considèrent toujours que les premiers Barundi étaient des voleurs de bétail qui avaient traversé la rivière Ruzizi pour échapper au Roi Ntare Rugamba du Burundi.

 Ce conflit sur les droits de pâturage et d’occupation des terres s’est étendu aux autres ressources de la plaine de la Ruzizi au fur et à mesure de son développement. Dans cette région, comme ailleurs en Afrique, la terre est un marqueur clé de l’identité collective mais aussi une source des revenus essentielle.

I.3. La chefferie

            La Chefferie est définie comme un ensemble généralement homogène des communautés traditionnelles, organisées sur base de la coutume et ayant à sa tête un chef coutumier désigné par la coutume, reconnu et investi par le pouvoir public.[5]

Section deuxième : Présentation de la chefferie plaine de la Ruzizi

Partant de cette section, nous montrerons les limites géographiques de cette entité, son histoire, sa structure, ses différentes autorités territoriales qui se sont succédé et ses aspects socioculturels, économiques et politiques de la chefferie plaine de la Ruzizi

II.1. Délimitation de la chefferie

            La superficie de la chefferie n’est pas bien connue ou précise à cause de la création de nouvelles cités de Sange, Kiliba, et d’Uvira qui lui ont pris de l’espace géographiquement énormes, en 1988. Cependant, on estime sa superficie actuellement à 972 km².

 Elle est limitée :

  • Au Nord : par la rivière Ruvubu et la chefferie de Bafuliiru.
  • Au Sud : par la cité d’Uvira et les chaines des montagnes, mont, « Mitumba » qui la sépare de la chefferie de Bavira.
  • A l’Est: par la rivière Ruzizi qui sépare avec la Republique du Burundi. 
  • A l’ouest: par la chaine de montagnes de « Mitumba »  et le ravin MBIZI qui tous deux la séparent de la chefferie  de Bafuliiru.

II.2.  Historique de la chefferie Plaine de Ruzizi

            La chefferie plaine de la Ruzizi a été créée par l’arrêté royal n°109 du 04 octobre 1928 sous l’administration Belge. Cet arrêté a modifié celui du 23 août 1910 qui stipulait que les Burundais, étrangers immigrés à la recherche de pâturage, ne pouvaient pas bénéficier d’une administration locale parce qu’ils pouvaient retourner chez eux d’un moment à l’autre.

 Le peuple  Burundais s’était en effet installé dans la plaine de la Ruzizi à la recherche des pâturages sur autorisation  du Mwami de Bafuliiru à qui il donnait des présents annuellement. La chefferie des Barundi aujourd’hui appelée plaine de la Ruzizi opposent les Bafuliiru aux Barundi.

 Pour les Bafuliiru, les raisons qui ont poussé les colonisateurs à créer une chefferie pour les Barundi sont[6] :

  • l’indifférence continuelle des Bafuliiru à la colonisation ;
  • le désir pour les colonisateurs d’affaiblir la résistance du mwami Mukogabwa des Bafuliiru qui était insoumis ;
  • le principe de diviser pour régner ;
  • les luttes entre les autochtones et les immigrants.

            En revanche, les Barundi montrent que les raisons avancées par les Bafuliru sont discriminatoires et ne visent qu’à les considérer comme des étrangers sur le sol congolais. Pour eux, la création de celle-ci fut fait dans les mêmes conditions que celles des autres tributs telles que celles des Bafuliru et Bavira, car ils étaient déjà un peuple organisé avant même l’arrivée des Belges[7].

            La création de cette chefferie a connu deux phases historiques dont la première concerne la création de la chefferie secteur de Barundi en 1925 et fut placée sous l’autorité du chef Mugabo. La seconde est celle qui l’érige en chefferie des Barundi en 1928.

            Deux hypothèses en dérivent : selon la tradition orale, les positions sont contradictoires selon qu’il s’agit de l’opinion des Barundi ou des Bafuliru : celle nuancée montre que la chefferie des Barundi a été créée sous le règne du Mwami MUKOGABWA II que la tradition  situe entre 1914 et 1929. Suite à l’hostilité de celui-ci, les Belges ont divisés son territoire et ont créé des chefferies dans lesquelles la population pouvait vivre paisiblement.

 Cette hypothèse montre que l’actuelle chefferie fut une portion de la terre des Bafuliru, chose mal digérée par les Barundi. Les écrits montrent que la création de la chefferie des Barundi remonte à 1928. Dans le rapport des administrateurs, il est clairement écrit que la chefferie des Barundi a été créée par l’arrêté n°3 du 18 Août 1928 de Monsieur le Commissaire de District du Kivu Van DE HENSTE. Force est de retenir que la création de cette chefferie sous le nom des Barundi a soulevé des fortes tensions entre les Bafuliiru et les Barundi qui ont abouti à des conflits ouverts, notamment la contestation de la territorialité des Barundi, de leur nationalité par les Bafuliru et Bavira.

            Il y a des vives contradictions sur la première occupation de cette chefferie. Les Barundi disent être premiers occupants de la plaine de la Ruzizi au détriment des Bafuliru. Les Barundi disent que la première vague des Barundi sur le sol congolais fut conduite par Ntorogwe vers les années 1750, rencontrant la plaine de la Ruzizi inoccupée et que les Bafuliru sont descendus de haut plateau vers la plaine de Ruzizi pendant le règne de Mugabo pour la chasse et fuyant les hostilités de Mukogabwa.

            Quant à l’immigration des Burundi au Congo, en provenance du Burundi voisin, plusieurs versions sont avancées. Cyprien Runiga, estime que le premier Murundi à fouler ses pieds sur le sol congolais fut Kinyoni, il serait venu sous le règne de NYAMUGIRA Ier. Ce règne se situait approximativement vers les années 1850. Il serait venu de Buliga au Burundi à la recherche des pâturages. Il a reçu une partie de la terre de son hote et en contrepartie, des tributs étaient payés à NYAMUGIRA. Ces contradictions sur la première occupation de cette chefferie se situent dans le cadre d’écartement des uns et des autres aux droits de contrôle de pouvoir coutumier dans cette chefferie

II.3. La version des hommes de la science

Ils disent que les conflits ethniques entre les Barundi et Bafuliiru résident sur les droits de pâturage et d’occupation des terres, à l’exercice du pouvoir coutumier et aux autres ressources de la chefferie plaine de la Ruzizi. Dans cette région, comme ailleurs, les acteurs politiques et les intellectuels de différentes communautés en conflit sont aussi à la base de l’instrumentalisation de ces conflits ethniques.

II.4.  Structure et fonctionnement de la chefferie

Nous présenterons son organigramme et son fonctionnement.

II.4.1.Organigramme de la Chefferie Plaine de la Ruzizi

Source: Rapport annuel de la chefferie plaine de la Ruzizi, 2014

II.4.2. Fonctionnement de la chefferie Plaine de la Ruzizi

Au sommet de la chefferie il y a un chef coutumier(Mwami). Il se veut coutumier bien que son pouvoir est remis en cause par la population de la communauté de Bafuliiru, de cette  chefferie. Il est suivi hiérarchiquement par des chefs des groupements, les agents des services annexes et d’autres agents de bureau tels que le secrétaire, administratif, le receveur comptable, le proposé à l’Etat civil, le dactylographe et les recenseurs.

 

II.5. Les différentes autorités territoriales qui se sont  succédés  depuis la création de l’entité et les périodes

La succession des chefs coutumiers de la chefferie Plaine de la Ruzizi se présente comme suit :

Vers 1910 à 192O : KINYONI I (tutsi), Chef de communauté Barundi.

De 1920 à 1922 : RUBISHA (hutu),  assassiné par ses vassaux tutsis. 

De 1922 à 1925 : BUNYENYERI, fils de RUBISHA ; les colonisateurs belges l’exilèrent pour avoir fait l’usage d’armes à feu.                          

De 1925 à 1928 : MUGAGO I, chef de secteur.

De 1928 à 1958 : NDABAGOYE I : chef de circonscription indigène de Barundi.

De 1958 à 1972 : KINYONI II, Chef de la chefferie des BARUNDI.

De 1972 à 1975 : SIMBA MUKANDILWA, chef de  la chefferie Plaine de la Ruzizi

De 1975 à 1976 : MBILIKA THASSY, Chef de Chefferie.

De 1976 à 1978 : KISUNGA FAISI ET MATAKUMBA, successivement Chefs de Chefferie.

De 1978 à 1980 : retour de KINYONI II au pouvoir, chef de chefferie

De 1980 à 1981 : TEGANYI, chef de chefferie.

De 1981 à juin 1984 : NDABAGOYE NSABIMANA, chef de chefferie

De juin 1984 à novembre 1984 : MUKENDI BIN RUZINGI, chef de chefferie.

De novembre 1984 au 15 octobre 1985 : TCHIBAMBE WA TCHIBAMBE  NDOMBOSHI WA SHILE, chef de chefferie faisant fonction à intérim.

De 1985 au 20 juin 1991 : NDABAGOYE NSABIMANA, chef de chefferie; il perdit le pouvoir et la nationalité zaïroise lors de l’identification des nationaux.

Du 20 juin 1991 à 1992 : RUKOMEZA  RUTEGA, successivement Chefs de Chefferie.

De 1992 à 1993 : KYOSE MUSHIMBWA, commissaire assistant et chef de chefferie.

De 1993 au 15 décembre 1995 : NDARE SIMBA, Chef de Groupement  KABWIKA BIN KIBINDA, fait en même temps fonction de chef de Chefferie.

Du 15 décembre 1995 en octobre 1996 : BALIBWA NDEZI, chef de chefferie

De octobre 1996 à 22/juin 2004 : NDABAGOYE NSABIMANA Floribert, élevé aux fonctions du chef de la Chefferie avec l’arrivée de l’AFDL et puis du RCD.

Du 22 juin 2004 au 31 janvier 2012 : KABWIKA BIN KIBINDA Philémon monte au trône de la Chefferie, poste abandonné par le chef KINYONI  qui a fui la rébellion de MUTEBUTSI au BURUNDI.

Du 22 février 2012 au 26 Avril 2012 : BIKE RURENGERA RUSAGARA, suspendu de ses fonctions  par le gouvernement provincial.

Du 26 Avril à ce jour : NIJIMBERE KINYONI III, élevé aux fonctions du chef de la chefferie suite à la mort de son père NDABAGOYE NSABIMANA

II.6. Aspects socioculturels, économiques et politiques de la plaine de la Ruzizi

Nous allons essayer d’analyser ces aspects selon les différents points :

II.6.1. Aspects socioculturels

Dans ce point nous allons développer les différents aspects notamment : les aspects de la  population et habitat, de la religion, des  œuvres sanitaires, de l’éducation, des culturels et arts et sport et loisir

II.6.1.1.  Population et habitat

La structure démographique de la population de la chefferie Plaine de la Ruzizi est hétérogène. Elle comprend : les Bafuliiru (majoritaire plus ou moins 95 %), les Barundi, les Bashi, les Babembe, les Barega, les Banyamulenge et les Batwa ainsi que d’autres ethnies du Congo.La chefferie compte actuellement   51 960  Habitants dont  51 333  Nationaux et 627  étrangers. Toutefois, nous signalons qu’il y a des familles qui vivent encore en refuge au Burundi, au Rwanda et en Tanzanie.[8]

La chefferie Plaine de la Ruzizi a un habitat dispersé en dépit des plusieurs villages longeant la route nationale numéro cinq et cette chefferie compte quatre groupements et trente-quatre localités.

II.6.1.2.La Religion

            En dehors des églises chrétiennes dans cette chefferie, il y a d’autres religions comme la religion musulmanes avec l’arrivée des Pakistanais, la religion kimbanguiste et les églises dites de réveil.

II.6.1.3. Œuvres sanitaires

            La chefferie compte six centres de santé et huit postes de santé qui ont des infirmiers A2 et A1, et les médecins sont au niveau des centres hospitalier des zones de santé. Les centre de Bwegera dépendent de la zone de santé de Lemera ; ceux  de Luberizi et Kabunambo sont dans la zone de santé de Ruzizi et, enfin, ceux de Kagando en Zone de santé d’Uvira. Il existe aussi quelques postes de santé privés.

II.6.1.4.  Education

            Cette chefferie a 25 écoles primaires en majorité conventionnées (catholique et protestante) et certaines écoles de l’Etat. Avec un effectif d’au moins 200 élèves garçons et filles confondus par écoles. Les écoles secondaires sont au nombre de 12 réparties dans tous les groupements avec un effectif moyen de 150 élèves par instituts et section. La plupart des enseignants sont sous qualifiés (D6N) car les universitaires vont en ville où ils croient être mieux.

II.6.1.5. Cultures et arts

            L’activité artistique est la poterie pratiquée par les Batwa, et le tissage des nattes et paniers mais qui ne sont pas encadré. Pour la culture nous remarquons quelques hangars de cinéma (vidéo) qui ne sont pas bien contrôlés par le service de tutelle. Les activités culturelles manquent une sensibilisation suffisante et les maisons de culture (Bibliothèques, salles de théâtres) sont inexistantes.

II.6.1.6. Sport et loisir

            Le sport qui prédomine est surtout le football dont les joueurs ne jouent que pour se distraire et fortifier les muscles après leurs occupations quotidienne .Ils sont plus actifs pendant les grandes vacances, période qui correspond à la saison sèche et à la pause des agriculteurs. A part les propagandistes qui les soutiennent, en période de campagne, ils n’ont pas d’autres soutiens. Malgré la non-assistance, il y a des équipes qui se défendent suffisamment. Il n’y a pas de championnats organisés, mais il peut y avoir des rencontres avec d’autres équipes.

II.6.2.Aspects économiques

            L’agriculture est l’activité de base de la population de cette chefferie. La terre était restée d’une importance capitale dans la vie de la population du milieu. Il convient de souligner, au sujet de l’agriculture, que rares sont les champs monocultures. Il s’observe dans les mêmes champs  le mélange de plusieurs cultures de type vivrier notamment de maïs, le haricot, l’arachide et le manioc. La plupart de la population s’occupe des activités agricoles ou des champs, de l’élevage et de la pêche, du commerce et  d’autres activités de la  culture vivrière. On observe également une division de travail selon ou en fonction de sexe.

II.6.2.1. Elevage et pêche

            La population de cette chefferie est constituée des éleveurs, élevage traditionnel ayant une grande importance socio-économique. Cette population attache une valeur inestimable à la vache. Dans cette chefferie, l’élevage des animaux des vaches, chèvres et moutons s’effectue sur des pâturages naturels non améliorés. En plus, la population du milieu fait l’aménagement agropastoral tout en élevant des poules, canards, à la maison et avoir des petits champs qu’on appelle « Matongo » c’est-à-dire les petits champs à côté de la maison.

            Pour ce qui concerne la pêche, nous pouvons dire qu’elle n’est pas trop pratiquée, mais certaines personnes pêchent dans la rivière Ruzizi et Nyangara. La pêche est artisanale et périodique dans les étangs (Mwaba, Ruziya, Ruvubura, Kimuka, Kindava).L’activité de chasse elle aussi n’existe pas à proprement parler dans cette chefferie.

II.6.2.2 Commerce

Le sol de cette chefferie étant fertile pour l’agriculture, les produits agricoles font l’objet de commerce. Il s’agit du riz, du haricot, du maïs, et du manioc. Dans cette entité, il existe des petits marchés qui facilitent le petit commerce des produits manufacturés. Le petit commerce est pratiqué dans les villages à grande agglomération avec les petites boutiques et kiosques.

II.6.2.3.Principale cultures

La population de cette contrée s’occupe aisément de l’agriculture vivrière. Du point économique, l’agriculture est le secteur le plus exploité par la population  pour deux raisons :

  • source des revenus nécessaire pour la réalisation d’autres investissements productifs tels que le commerce, la scolarisation des enfants et l’épargne.
  • le riz et le manioc occupent la première place (position) dans l’agriculture et constitue le principal aliment de la population, associé, soit au fretin, viande, aux haricots et légumes.

 Mais actuellement, on assiste à une production des maniocs très faibles suite à une maladie de mosaïque qui attaque les maniocs et le problème de la divagation des champs causé par les éleveurs.

II.6.3. Aspects politiques

Les tenants de l’organisation politique traditionnelle dans cette chefferie de la Plaine de la Ruzizi sont le Mwami, Abaganwa,  Abatware, Abashikira, Ibiyaga,     Abahagamazi, Abatwa et Ingabo zu’mwami.

Mwami  est le chef de l’exécutif de la chefferie et représentant de toute la coutume. Il est le garant de la coutume devant les ancêtres et les vivants. Il constitue la personne sacrée.

Abaganwa : sont les gardiens de la coutume et des  traditions Rundi.

Abatware : Sont les chefs de groupement et les grands notables. Leur pouvoir se transmet de père en fils.

Abishikira : Personnalité  du royaume qui n’a pas besoin d’intermédiaire pour voir  le Mwami.

Ibiyaga : un groupe de femmes gardant les objets sacrés du royaume (chefferie). Elles détiennent le pouvoir d’invoquer les esprits des anciens. Leur pouvoir se transmet des mères à leurs filles.

Abahagamazi : C’est une classe d’hommes chargés d’annoncer les messages du royaume (chefferie) à la population. Ils sont les messagers du roi (Mwami).

Abatwa : sont les pygmées chargées de l’aménagement du site d’intronisation du Mwami. Aucune intronisation ne peut avoir lieu sans ces pygmées.

Ingabo zu’bwami : sont les guerriers du royaume (chefferie). Ils sont choisis parmi les jeunes solides et robustes. En cas d’attaques ou d’agression, ils sont appelés à défendre leur entité[9].

[1]              C.DEBBASCH, Science administrative, 4e édition, Paris, Dalloz, 1980, p.49.

[2]              J. RIVERO, Droit administratif, Paris, Dalloz, 1971, p.59.

[3]              R. DEGNI-SEGUI, Droit administratif général,  Abidjan, C.R.S.S, 1990, p.77.

[4]              F. THUAL, cité par AMANDA ANDAMA, Les sociétés multinationales et les conflits ethniques en RDC, cas d’Ituri, Mémoire R.I, U.O.B, FSSPA, 2010 – 2011, Inédit, p.47.

[5]              Loi organique N°08/016 du 07 octobre 2008 portant composition, organisation et fonctionnement des entités territoriales décentralisées et leurs rapports avec l’Etat et les provinces.

[6]              SHUKURU SHEMITALO, L’incidence des conflits tribalo-ethniques sur la cohésion socioculturelle dans la chefferie Plaine de la Ruzizi, en territoire d’Uvira, Inédit, Mémoire en sociologie, UOB/, 2012-2013, p22

[7]              Le propos de KINYUNI cité par MAISHA BYAMUNGU

[8]              Rapport annuel de la chefferie Plaine de la Ruzizi, 2014.

[9]                      Rapport annuel de la  chefferie Plaine de la Ruzizi, 2014.

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