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INTRODUCTION

  1. PROBLEMATIQUE

En 1941, Roosevelt, président américain, a tenu son célèbre Four Freedoms speech (Discours sur les quatre libertés) dans lequel il a établi le profil d'un nouvel ordre mondial reposant sur les libertés fondamentales de tous : la liberté de religion, la liberté d'expression, la liberté vis-à-vis de la crainte et des besoins[1]. La liberté vis-à-vis des besoins est directement liée aux conditions matérielles de base pour une vie digne. Il n'est donc pas surprenant que dans la déclaration universelle des droits de l'homme (UDHR) adoptée par les Nations Unies le 10 décembre 1948, cette liberté vis-à-vis des besoins soit un élément central : "Chacun a le droit à un niveau de vie adéquat pour sa santé, son bien-être ainsi que celui de sa famille, y compris la nourriture, l'habillement, le logement, les soins médicaux et les services sociaux indispensables ainsi que le droit à la sécurité en cas de chômage, maladie, invalidité, veuvage, vieillesse et autres manques de subsistance dans les circonstances qui échappent à son contrôle" – article 25[2].

Malgré cette le discours du président Roosevelt et la DUDH ; l’accessibilité des populations aux services sociaux essentiels tels que les soins de santé, l'éducation, l'eau potable, l'électricité, etc. est une réelle difficulté. En matière de santé, l'insuffisance des revenus ne permet pas aux populations d'accéder aux soins et aux médicaments essentiels. Pour l'ensemble des Etats de l'Afrique Subsaharienne, seulement 53 % des populations ont accès aux soins de santé pour la période (1990/1996)[3].

Dans le monde, le pays européens ; américains, asiatiques et quelques uns africains sont couverts  par  les services de base  essentiels.

En Afrique Centrale, les proportions sont en deçà de cette moyenne pour le Tchad et la Centrafrique. Elles sont respectivement de 30 % et de 52 % au Cameroun, et en RD Congo. Ces pourcentages sont respectivement de 80 %, et 83 % (PNUD, 1997). Bien que ces taux soient assez élevés par rapport à la moyenne de l'Afrique subsaharienne, ils restent insuffisants par rapport aux recommandations de l'O.M.S. qui exige que tout individu ait accès aux services de santé[4]. Les populations exclues des soins et médicaments essentiels ont recours à l'automédication et aux tradi-praticiens qui offrent des prestations et des produits de qualité parfois douteuse.

La faible accessibilité aux soins de santé s'explique également par l'insuffisance du personnel. Le ratio population/médecins pour l'Afrique subsaharienne est de 1 médecin pour 18 514 habitants pour la période (1988- 1991) au lieu d'une moyenne de 1 médecin pour 5 833 habitants pour l'ensemble des pays en développement[5]. Au Tchad et en République Centrafricaine et en RD Congo, on compte 1 médecin pour 33 333 habitants et 1 médecin pour 25 000 habitants respectivement. Le ratio population/infirmiers est de 1 infirmier pour 6 548 habitants pour l'Afrique subsaharienne et centrale. On note par ailleurs dans les Etats de la sous-région une dégradation des infrastructures sanitaires qui manquent d'entretien. Certains centres de santé manquent de matériel technique d'exploitation (radiologie, laboratoire, salle d'opération, etc.)

Toutes ces conditions limitent l'accès aux services de santé, même aux populations disposant des revenus suffisants pour se soigner. C'est l'une des raisons pour lesquelles de nombreuses naissances ne sont pas suivies par le personnel de santé. Pour la période (1990-1996), les proportions de naissances non suivies par les services de santé étaient de 20 %, 36 %, 54 % et 85 % pour le Gabon, le Cameroun, la Centrafrique et le Tchad respectivement, contre 46 % pour l'ensemble des pays en développement. Ces pourcentages expliquent le niveau élevé des taux de mortalité maternelle et infantile[6].

Sous un autre angle, la dégradation des conditions sanitaires des populations s'explique également par la faible accessibilité à l'eau potable, par la sous-alimentation ou par une alimentation non équilibrée. L'accès à l'eau potable est considéré comme un des principaux droits de l'homme. Cette considération confère à l'eau un statut particulier par rapport aux autres biens économiques. L'accessibilité à l'eau potable reste malheureusement très coûteuse et nécessite un apport financier important des pouvoirs publics. Les difficultés budgétaires des Etats de la sous-région liées à la forte récession économique limitent leur intervention. C'est ce qui explique le faible niveau des populations ayant accès à l'eau potable.

Sur le plan alimentaire, la moyenne en apport journalier de calories par habitant reste assez faible pour presque tous les pays. En dehors du Gabon où elle se situait à 2 511 en 1992, les autres pays présentaient des taux inférieurs à celui de 2 400 calories exigées par l'O.M.S. Ces taux sont respectivement de 2 297 calories, 1 981 calories, 1 691 calories et 1 980 calories pour le Congo, le Cameroun, la Centrafrique et le Tchad[7]. Ces déficiences calorifiques limitent les capacités énergétiques des populations ainsi que leurs possibilités à s'épanouir et à contribuer efficacement au développement économique et social de leurs Etats. La situation paraît plus préoccupante pour les populations sous-scolarisées.

En Afrique Centrale, une proportion importante des populations est exclue de l'éducation.

D'après le Rapport Mondial sur le Développement Humain du PNUD de 1994 et 1997, les taux de scolarisation des enfants de 6 à 14 ans pour l'année 1992 sont respectivement de 80 %, 64 %, 55 % et 35 % pour le Cameroun, la Guinée Equatoriale, Sao Tome et Principe et la Centrafrique[8]. Ils sont loin des objectifs de l'éducation de base pour tous prônés par l'UNESCO. Les taux bruts de scolarisation à tous les niveaux pour la période (1992-1994) sont assez faibles pour les différents pays. Cette sous-scolarisation touche beaucoup plus les moins jeunes que les enfants. Cela s'explique par de faibles taux d'alphabétisation des adultes enregistrés par le Tchad et la Centrafrique où ils sont respectivement de 47 % et de 57,2 %. Au Congo et au Sao Tome et Principes, ces proportions sont respectivement de 73,9 % et de 67 %. Bien qu'elles soient les plus élevées, elles restent en deçà des attentes. La sous-scolarisation en Afrique Centrale s'explique en partie par l'insuffisance d'infrastructures, du matériel didactique adéquat et du personnel qualifié. Tout cela se traduit par de faibles niveaux de l'indicateur de l'éducation enregistrée par les différents Etats. Il se situe respectivement à 0,73, 0,64, 0,62 respectivement pour la Guinée Equatoriale, Sao Tome et Principes et le Gabon.

Au total, la pauvreté en Afrique Centrale se caractérise par l'inaccessibilité des populations aux services sociaux de base. Bien que cette situation reflète le faible pouvoir d'achat des individus, elle est également tributaire du recul des pouvoirs publics face à leurs obligations sociales. Cela se justifie par des faibles proportions des dépenses publiques affectées à l'éducation et à la santé. Au Gabon, les dépenses publiques affectées à l'éducation par rapport au PNB se situent à 5,8 % pour la période (1985-1987). Cette proportion a connu un repli 10 ans plus tard pour se porter à 2,9 % pour la période (1995-

1997). En Guinée Equatoriale, ce pourcentage s'est stabilisé à 1,7 % pour les deux périodes. La baisse ou la stabilité des parts des dépenses publiques consacrées à l'éducation dans ces Etats, conjuguées avec la croissance de la population scolarisable expliquent la dégradation de la qualité de l'offre d'éducation. Pour les dépenses allouées à  la santé, elles sont passées de 0,9 % à 1 % du P.I.B. au Cameroun; de 1,5 % à 2 % au Congo; de 2 % à 2,1 % au Gabon pour les mêmes périodes. Elles se situent respectivement à 2 % et à 2,3 % pour la Centrafrique et le Tchad Les niveaux des dépenses restent dérisoires par rapport aux besoins exprimés par les populations en matière de santé.

Cette situation reste très préoccupante en RD Congo dans la province du Sud Kivu, Territoire de Fizi, secteur de Tanganyika ou les populations n’ont presque pas accès  aux services de base. Cette situation est sources des diverses conséquences telles que : multiples maladies dues à l’inaccessibilité  à l’eau potable, une couche considérable de personnes analphabètes, un taux élevé de mortalité dû  à l’inaccessibilité aux soins de santé,…

Eu égard à ce qui précède trois questions méritent d’être posées :

  1. Quelles sont les causes de l’inaccessibilité des populations du secteur de Tanganyika aux services de base ?
  2. Quelles sont les conséquences liées à cette inaccessibilité aux services de base ?
  3. Quelles sont les stratégies faut-il envisager  pour que les services  de base soient accessibles pour tous ?

II.HYPOTHESES DU TRAVAIL

        Nos hypothèses sont formulées de la manière suivante :

     -L‘inaccessibilité aux services de base serait causées par pauvreté (manque des moyens financiers, L’insécurités  l’ignorance de la population) et L’irresponsabilité des autorités Etatiques.

    - Les toux de moralité élevé le faible niveau d’instruction, le faible pouvoir d’achat seraient                                                                                                                     les conséquences dues a l’inaccessibilité aux services de base.

    - La sensibilisation des autorités locales, l’octroi des microcrédits rotatifs, seraient une stratégie a l’accessibilité de la population aux services de base.

III. OBJECTIF DU TRAVAIL   

III.1.OBJECTIF GLOBAL

L’objectif global de ce travail est de proposer une piste de solution aux problèmes de l’inaccessibilité de la population aux services sociaux de base.

III.2.OBJECTIFS SPECIFIQUES

       Cette étude vise à ;

-Identifier les causes de l’inaccessibilité de la population aux services sociaux de base.

-Identifier les conséquences liées à cet état des choses

-Proposer les stratégies d’accès pour tous aux services du base.

  1. CHOIX ET INTERET DU SUJET

.        Le choix du présent de recherche est valablement justifié pour plusieurs raisons ;en premier soulignons que les services de base sont indispensables à la vie de l’homme.ils sont sources des bien être et de développement humain et social .deuxième ce thème rencontre notre orientation qui est le développement sans inclure les services de base comme l’alimentation ,le logement, l’éducation, la santé, et transport,…soulignons en outre que ce sujet nous permet de mener une analyse qualitative et quantitative par rapport aux services de base dans le secteur de Tanganyika, leur disponibilité, leur accès, leur utilisation et leur gestion.

Sur le plan scientifique, l’intérêt en est que nous fenaisons pas seulement ce travail pour l’obtention du diplôme mais aussi pour qu’il soit un miroire pour les autres chercheurs qui viendront âpres nous.       

            En fin disons que ce travail servira sur le plan pratique au chercher et aux outres personnes qui veulent en savoir plus un outil insensible de gestion et d’utilisation des services disponibles d’une part dans le secteur de Tanganyika et d’autre part un outil de proposition d’accès aux services de base.     

          Hormis l’introduction et la conclusion générale notre travail comprend quatre chapitres : 

Le premier chapitre port sur la généralité et  revue de littérature.

Le deuxième chapitre porte sur la Méthodologie du travail.                    

Le troisième chapitre porte porte sur la Présentation des résultats.

Le quatrième  en fin portera sur le Projet. 

[1] UNICEF, Rapport  sur la répartition de services de base, 2006, p4

[2] Nations Unies ; DUDH, 10 décembre 1948

[3] CEACD, Profil de la pauvreté en Afrique Centrale, In : Les Economies de l’Afrique centrale, ISBN : 2-7068-1627-9, 2002, p 32

[4] PNU, rapport sur  la Globalisation et la santé, Janvier 2003, p15

[5] ICCO ; « Droits de l'homme: un problème de décence et de dignité», rapport annuel 1999, p13

[6] CEACD, idem, p40

[7] FAO ; Rapport sur la Sécurité alimentaire, 2011, p25

[8] PNUD ; Rapport Mondial sur le Développement Humain, 1994, p12

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