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CHAP II ETUDE PREALABLE

La division provinciale de la santé gérant trente-quatre zones de santé au Sud-Kivu, c’est ainsi que ses agents exercent des activités de surveillance à tous les niveaux du système de santé, de façon à pouvoir détecter les problèmes sanitaires préoccupants pour la communauté.

2.1. Définitions des concepts

  1. Epidémiologie : science qui étudie les épidémies, leurs causes, leur transmission et les moyens de lutter contre elles.
  2. Epidémie : maladie qui atteint en même temps et dans le même lieu un grand nombre de personnes ou d’animaux.
  3. Endémie: présence habituelle d’une maladie dans une région déterminée.
  4. Système de surveillance épidémiologique : C’est un ensemble d’éléments cohérents en relation fonctionnelle entre eux qui permettent le recueil et l’analyse continue d’informations sur la morbidité et la mortalité, en vue de déceler précocement la menace d’épidémie et de déclencher une riposte (HENDRIKX & DUFOUR, 2006).
  5. Surveillance épidémiologique : Il s’agit de la collecte systématique et continue des données en vue de la présentation, l’interprétation et la diffusion à temps d’informations sanitaires permettant d’entreprendre des actions opportunes pour la lutte contre une maladie ou un phénomène de santé. (MAKWENGE, 2011)
  6. Létalité: proportion de risque de mortalité d’une entité chimique ou biologique.
  7. Morbidité : ensemble des causes qui peuvent produire une maladie, caractère maladif.
  8. Mortalité : mort d’une quantité plus ou moins considérable d’hommes ou d’animaux qui sont emportés en un peu de temps par la même maladie.

2.2. Définitions standard des maladies à potentiel épidémiologique sous surveillance au Sud-Kivu

  1. Choléra : déshydratation grave ou décès suite a une diarrhée aqueuse aigue avec ou sans vomissement chez un patient âgé de plus de 5ans.
  2. Coqueluche : toute personne permettant une toux pendant au moins deux semaines avec au moins un des signes suivants : accès de toux (quintes), reprise respiratoire, vomissement après la toux, sans autre cause apparente.
  3. Fièvre jaune : toute personne présentant une brutale montée de fièvre, avec apparition d’un ictère dans les quatorze jours suivant l’apparition des premiers symptômes.
  4. Diarrhée sanglante : toute personne souffrant de diarrhée avec présence du sang visible dans les selles.
  5. Fièvre hémorragique vitale : toute personne souffrant d’une forte fièvre qui ne répond a aucun traitement des causes habituelles de fièvre dans la région, qui présente au moins l’un des signes suivants : diarrhée sanglante, hémorragie gingivale, hémorragie cutanée, injection des conjonctives et présence de sans dans les urines.
  6. Fièvre typhoïde : apparition progressive d’une fièvre persistante s’intensifiant, accompagnée de frissons, de malaises, de céphalées, de maux de gorge, de toux, et parfois de douleurs abdominales et de constipation ou de diarrhée.
  7. Infection respiratoire aigue : toute personne gravement malade présentant la manifestation d’une infection aigue des voies respiratoires inferieurs avec : apparition brutale de fièvre (supérieure à 38°c) et toux ou maux de gorge et souffle court ou difficulté à respirer avec ou sans observation cliniques ou radiologique de pneumonie. Ou toute personne décédée d’une affection respiratoire inexpliquée.
  8. Méningite : toute personne présentant une forte fièvre d’apparition brutale température rectale supérieure à 38,5°c ou auxiliaire supérieure à 38,0°c et l’un des signes suivants : raideur de la nuque, altérations de la conscience ou autres signes méninges.
  9. Monkey pox : toute personne présentant une fièvre élevée apparition brutale suivie après quelques jours d’une éruption vesiculo-pustuleuse prédominant à la face, aux paumes des mains ou au moins cinq cicatrices de type variolique.
  10. Paludisme: toute personne fébrile ou ayant eu de la fièvre au cours de derniers 24h, ne manifestant aucun signe de la forme grave de la maladie (dysfonctionnement des organes vitaux).
  11. Pestes : toute personne qui présente une apparition rapide de fièvre, céphalées, état de malaise grave et prostration.
  • Pour la peste bubonique : gonflement très douloureuse des ganglions (bubons) ;
  • Pour la peste pulmonaire : toux avec expectorations teintées de sang, douleurs dans la poitrine et respiration difficile.
  1. Paralysie flasque aigue : tout enfant de moins de 15ans présentant une pfa ou toute personne souffrant de paralysie, quelque soit son âge, chez laquelle le médecin soupçonne une poliomyélite.
  2. Rage : toute personne ayant été en contact avec un animal suspecté enragé et présentant au moins l’un des signes suivants: céphalées, douleurs dans la nuque, nausées, fièvre, hydrophobie, anxiété, agitation, sensation de picotement anormales ou douleurs à un site de morsure.
  3. Rougeole : toute personne présentant de la fièvre, une éruption généralisée maculo-papulaire (non vésiculaire) et de la toux ou un rhume ou une conjonctivite (yeux rouges), ou toutes personne chez laquelle un médecin soupçonne une rougeole.
  4. Tétanos néonatal : tout nouveau-né capable de pleurer et de prendre le sein normalement pendant les deux premiers jours de sa vie, et qui entre le troisième et vingt-huitième jour, ne peut plus téter normalement, devient raide et/ou a des convulsions.

2.3. Notions sur la surveillance (NICOLAS, 2012)

Le concept surveillance a comme définition le processus systématique de collecte, analyse, interprétation de données sur des événements de santé importants pour la planification,         la mise en œuvre, l’évaluation des pratiques en santé étroitement associé à leur juste diffusion à ceux qui ont besoin d’être informés.

Figure 2. 1 - Processus de surveillance

La surveillance poursuit comme objectifs:

  • description temporelle et spatiale de la génération d’indicateurs de morbidité ou mortalité
  • alerte de la détection des phénomènes aigus nécessitant une action rapide
  • évaluer les tendances des problèmes de santé et l’impact des mesures de santé publique
  • évaluer les finalités, les systèmes et les indicateurs différents

Il existe deux types de surveillance :

  • passive : elle s’appuie sur la montée de données existantes. Elle n’a pas besoin d’intervention directe des organismes de surveillance.
  • active : elle est coordonnée par un organisme de surveillance. Elle met en œuvre de moyens spécifiques. Elle exige la rétribution des acteurs, et elle est plus couteuse.

2.4. Analyse de l’existant

Les données épidémiologiques sont traitées à deux endroits :

  1. 4.1. Au niveau des zones de santé

Pour Favoriser les liens pour renforcer la surveillance à base communautaire, L’équipe cadre de la ZS identifie, au sein de la communauté, des relais communautaires qui pourront donner des informations sur l’état de santé de la population locale. On peut citer comme exemples les pharmaciens, les instituteurs, le personnel des dispensaires privés, les chefs de village et les notables, les chefs religieux, les tradi-praticiens, les matrones.

Les relais communautaires utilisent les définitions de cas simplifiées pour identifier les maladies ou affections prioritaires dans la communauté. Les personnels de zone de santé doivent savoir quels événements sanitaires ils convient de notifier à la formation sanitaire et à quel moment, faire participer les personnalités locales à l’observation et à l’interprétation des schémas et tendances pathologiques dans la communauté.

Le responsable de la surveillance au sein de la zone de santé est chargé d’enregistrer les informations concernant les cas suspects dans le registre clinique et les dossiers des malades. Il doit utiliser les capacités des laboratoires locaux pour diagnostiquer les cas suspects et les protocoles standards pour traiter les échantillons de laboratoire, recueillir et transporter des échantillons cliniques pour évaluation en laboratoire.

Il est chargé de notifier les informations par cas pour les maladies à notifier, les données recueillies auprès des services de consultation externe et interne, de la communauté et du secteur privé, puis transmettre les données synthétiques au niveau supérieur donc à la division provinciale de la santé.

Le schéma ci-dessous illustre le cheminement des données de surveillance à travers le système de santé:

Figure 2. 2 - Communication des données de surveillance épidémiologique

2.4.2. Au niveau de la division provinciale de la santé

Les données épidémiologiques d’une des trente-quatre zones de santé arrivées à la division provinciale de la santé, sont envoyées au quatrième bureau qui est chargé de la lutte contre les maladies.

Elles passent dans plusieurs étapes dont :

  1. La réception des données

L’agent chargé de recevoir les données venant de zones de santé ou des laboratoires doit :

  • accuser réception des données ;
  • enregistrer soigneusement toutes les données reçues ;
  • consigner dans un registre approprié les données de surveillance reçus des sites de notification ;
  1. La Saisie et le nettoyage des données

En effet, les tendances et la cartographie des maladies seront imprécises, si l’agent ne dispose pas d’informations exactes concernant le nombre de cas, le moment de leur apparition ou leur localisation géographique.

Une fois que les données de surveillance ont été reçues et saisies dans les formulaires récapitulatifs, l’agent vérifie soigneusement qu’il n’y a pas eu d’erreur de saisie. En effet, dans la mesure où ces données sont influentes sur les décisions relatives aux actions de prévention et de lutte contre la maladie, toute erreur ou tout retard dans leur saisie et leur traitement peut avoir des répercussions importantes du point de vue éthique, social et économique.

Les agents du quatrième bureau procèdent comme suit :

  • Examiner la qualité des données ;
  • Vérifier si le formulaire est rempli de façon précise et complète ;
  • S’assurer que le formulaire ne comporte pas de renseignements contradictoires ;
  • Consigner dans le registre la date à laquelle les données ont été reçues, leur objet et l’expéditeur ;
  • Vérifier si les données sont arrivées à temps ou en retard ;
  • Rassembler les données et les stocker.
  • Mettre à jour les totaux récapitulatifs de chaque semaine, en s’assurant qu’ils englobent uniquement les cas ou les décès effectivement notifiés cette semaine-là. Les notifications tardives des semaines ou des mois précédents sont saisies dans la semaine ou le mois correspondants et les totaux recalculés en conséquence.
  • Enregistrer un zéro quand aucun cas n’a été notifié. Si un espace qui aurait dû être rempli est laissé en blanc, le niveau suivant risque de se faire une idée fausse de la situation, dans la mesure où il ne pourra pas savoir s’il s’agit d’une donnée manquante ou si aucun cas n’a été notifié. Un « zéro » permet au niveau suivant de savoir que la surveillance n’a pas détecté de cas d’une maladie ou d’une affection particulière.
  • Eviter de dupliquer les entrées en utilisant l’identifiant unique inscrit sur le dossier ou le formulaire de notification du cas. Cet identifiant permet de vérifier et d’éviter que les mêmes données soient entrées plusieurs fois.
  • Etablir des contacts fréquents avec les sites de notification, afin de clarifier certains points, afin d’éviter les lacunes d’information et de discuter des éventuelles incohérences détectées dans la notification.
  1. Analyse et interprétation des données à la division provinciale de la santé

Il ne suffit pas de collecter, d’enregistrer et de notifier le nombre de cas de maladie, de décès et d’handicaps dans la zone desservie. Il faut aussi les analyser à chaque niveau où elles ont été collectées. C’est cette analyse qui apporte l’information dont on se servira pour prendre des mesures de santé publique pertinentes, appropriées et en temps utile.

En général, l’analyse des données à la division provinciale de la santé comporte les questions suivantes :

  • D’autres maladies ou évènements prioritaires importants ont-ils été détectés pendant la période de notification (cette semaine, par exemple) ? Une épidémie ou un évènement sanitaire inhabituel est-il (elle) suspecté(e) ?
  • Parmi les cas, les décès ou les évènements détectés, combien ont-ils été confirmés ?
  • Où se sont-ils produits ?
  • Comment se présente la situation actuelle par rapport aux périodes antérieures d’observation de cette année ? Par rapport au début de la période de notification, le problème s’est-il accru ?
  • Les tendances sont-elles stables, s’améliorent-elles ou bien s’aggravent-elles ?
  • Les données de surveillance notifiées sont-elles suffisamment représentatives de la zone desservie par la formation sanitaire ? Parmi tous les sites censés notifier, quelle proportion a réellement notifié ?
  • Avec quelle promptitude les formations sanitaires ont-elles transmis les données ?

Analyse des résultats en fonction du temps, lieu et personnes

Tableau 2.  1 - Types d’analyse des données

Types d’analyse

Objectifs

Outils

Méthode

Temps

Détecter des changements brusques ou à long terme dans la survenue d’une maladie ou d’un événement inhabituel, déterminer sa fréquence et le délai entre l’exposition et l’apparition des symptômes.

Présenter les totaux sous forme de tableau, de graphique linéaire ou d’histogramme.

Comparer le nombre de cas notifier pendant la période en cours avec le nombre de cas notifies sur une période antérieure (semaine, mois, saison ou année).

Lieu

Déterminer le lieu ou surviennent les cas (ce qui permet d’identifier par exemple une région ou des populations a risque pour la maladie)

Représenter les cas sur une carte détaillée du district ou de la région affectes par une épidémie.

Représenter les cas sur une carte et repérer des groupes des cas ou des liens, entre le lieu ou les cas ont été détectes et l’événement sanitaire faisant l’objet d’une investigation.

Caractéristiques individuelles

Décrire les raisons des changements dans la survenue de la maladie, la façon dont ils se sont produits, les personnes les plus a risque et les facteurs de risque potentiels.

Extraire les données spécifiques concernant la population affectée et les résumer dans un tableau

Selon la maladie, caractériser les cas d’après les données notifiées pour une surveillance au cas par cas : âge, sexe, lieu de travail, statut vaccinal, scolarisation et autres facteurs de risque connus pour la maladie.

  • L’analyse en fonction du temps permet aux agents de la DPS de revenir sur l’épidémie et de répondre à des questions telles que : quand les patients ont-ils été exposés à la maladie ? Quelle a été la période d’incubation ?
  • L’analyse en fonction du lieu apporte des renseignements sur l’endroit où survient une maladie. L’élaboration d’une carte détaillée des cas pour certaines maladies et sa mise à jour régulière permet d’avoir une idée d’où, comment et pourquoi la maladie se propage.
  • L’analyse en fonction des personnes décrit à la fois la population affectée et celles qui courent le risque de contracter la maladie/affection ou d’être exposées aux facteurs qui lui sont associés.

Exemple de l’évolution de l’épidémie de cholera

Figure 2. 3 - Evolution de l’épidémie de choléra dans le Sud-Kivu, Sem 1 - Sem 48, 2015

Source : DPS & OMS Sud-Kivu

Pour tirer les conclusions des résultats de l’analyse les agents revoient et réactualisent régulièrement les graphiques, les cartes et les tableaux et réunissent l’équipe cadre de la ZS appropriée pour examiner avec elle les résultats de l’analyse et en discuter. Ils étudient systématiquement les résultats en suivant le plan d’analyse de la ZS, s’il existe.

Le cas échéant est d’examiner les résultats pour :

  • Evaluer si la situation s’améliore ou non
  • Trouver des raisons à la situation observée.

A partir des résultats analysés de la surveillance, la DPS prépare une synthèse concise, axée sur l’action, et la communiquer à toutes les parties intéressées qui ont besoin de cette information. Elle Utilise des tableaux, des graphiques et des cartes pour présenter les résultats, en faire une description claire et concise, les interpréter, donner des commentaires et des recommandations.

L’échange d’information constitue un volet important de la surveillance ainsi qu’un puissant moteur en termes de coordination, dans la mesure où elle motive le personnel qui envoie les notifications et instaure un esprit de partenariat grâce à la transparence affichée. Il est donc important de partager les résultats de l’analyse et d’apporter des retro-informations dans le délai.

2.5. Les documents utilisés  à la division provinciale de la santé

  1. Fiche de surveillance épidémiologique (Figure 2.4)

La fiche de surveillance épidémiologique permet au personnel de la division provinciale de la santé de suivre hebdomadairement l’évolution de chaque maladie à potentiel épidémiologique.

  1. Liste des sites des notifications de zone de santé (Figure 2.5)

La liste des sites des notifications aide à Noter les informations permettant de contacter le personnel de santé et/ou le relais communautaire à qui on transmet les données sur la surveillance et la détection des épidémies et des évènements.

  1. Registre des notifications et données échangées (Figure 2.6)

Le registre des notification et données échangées contient les données de surveillance de chaque zone de santé.

  1. Calendrier épidémiologique (Figure 2.7)

Le calendrier épidémiologique aide à savoir dans quelle période une maladie a été signalée.

Figure 2. 4 - Fiche de surveillance épidémiologique

Figure 2. 5 - Liste de sites de notifications ZS

Figure 2. 6 - Registre de notifications et données échangées

Figure 2. 7 - Calendrier épidémiologique

2.6. Les matériels informatiques

Le quatrième bureau de la DPS est équipé d’un ordinateur de bureau et d’une imprimante.

2.7. Les logiciels

Au niveau de la DPS ils utilisent Windows 7 comme système d’exploitation et les logiciels d’application de Microsoft office comme Word pour la saisie et le traitement des textes, la rédaction des rapports, les affiches, etc. et Excel pour le calcul de seuil et graphique, etc.

2.8. Critique de l’existant

La critique de l’existant a pour but de porter un jugement objectif afin de déceler les insuffisances éventuelles rencontrées au cours de l’étude de l’existant en vue de proposer un système plus fiable que le système ancien.

2.8.1. Points forts du système

Bonne conservation d’identification des documents dans les fardes.

2.8.2. Points faibles du système

  • La difficulté majeure au niveau du personnel qui est insuffisant pour réaliser facilement la mission lui attribuée.
  • Informatique basée sur les logiciels Word et Excel.
  • Perte de beaucoup de temps dans la recherche.
  • Absence de base de données
  • Faiblesse au niveau de l’aspect sécuritaire.
  • Absence de l’informatisation.

2.9. Proposition des pistes de solution

  • Il serait souhaitable d’engager d’autres travailleurs et se procurer d’autres matériels pour permettre la bonne marche de l’entreprise.
  • Se doter d’un système informatique efficace pour la surveillance des épidémies.
  • Installer un réseau informatique permettant la circulation de ces informations.

2.10. Conclusion partielle

Dans ce chapitre nous avons parlée de quelques définitions des concepts, définitions standard des maladies a potentiel épidémiologique, nous avons aussi fait l’analyse de l’existant a deux niveaux dont au niveau des zones de santé et au niveau de la DPS. Enfin nous avons présenté les documents utilises à la DPS.

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