Table de matières
La république démocratique du Congo traverse depuis plusieurs décennies une crise économique profonde. Cette dernière s’est aggravée par les pillages en 1991 et 1993, dans la partie orientale du pays, les guerres dites de libération et d’agression de 1996 et 1998 ont déduit le tissu économique et les conséquences sont très visibles sur le plan économique, social et culturel : taux de chômage élevé, dépravation des mœurs, paupérisation des couches sociales.[1]
Pour remédier la situation qu’a connu la république démocratique du Congo c.à.d. la pauvreté, les populations ont pris l’initiative de créer des emplois en recourant aux agents économiques à capacité de financement, généralement les banques classiques et les autres institutions financières qui constituent les sources privilégient de financement de leurs activités commerciales.[2]
Cependant, depuis plus de vingt ans, notre pays traverse une crise économique sans précédent caractérisée par la variation de certains agrégats macro-économiques surtout l’inflation et d’autres paramètres tels que le taux élevé de chômage, la baisse du niveau de production des produits locaux de première nécessité ; ceci entraine sensiblement la baisse du revenu des ménages et réduit le profit aussi bien des grands que des petits entrepreneurs les conduisant soit à la faillite ou à la déconfiture et d’autre conséquences qui en découlent. C’est ainsi qu’après toutes ces tendances, l’emprunteur se trouve dans la situation de non remboursement ou soit dans le défaut de remboursement.
C’est ainsi qu’aujourd’hui il existe plusieurs initiatives d’appui aux entrepreneurs pour les aidés à redevenir plus actifs dans les activités commerciales. La plupart de ses initiatives sont nées suite à la désorganisation structurelle et fonctionnelle des banques et/ou des IMF alors que ce sont ces dernières qui devraient intervenir pour appuyer et renforcer les activités économiques, commerciales,…
Le défaut de remboursement est présent dans toute relation liant une banque ou une Institution de micro finance à un emprunteur. Les IMF seraient fortement encore soumises aux défauts de remboursement parce que la clientèle qu’elles servent est particulière : pauvres, qui sont soumises à des multiples risques liés à l’environnement et à l’intervention du gouvernement favorisant le non remboursement. Nous ne pouvons pas parler du déterminant auxquels envisage le non remboursement de l’emprunteur sans pouvoir parler des risques qu’entraine une IMF. Ce pendant les risques de crédit constitue l’une de grave vulnérabilités auxquelles est exposée une IMF. Il entraine la détérioration de la qualité du portefeuille qui cause des pertes extraordinaires et crée des charges énormes en termes de gestion de la défaillance.
L’importance des mesures de performance des microcrédits, comme condition préalable pour l’efficience et la performance financière des IMF en matière de remboursement, en mettant l’accent sur la qualité de remboursement de microcrédits.Il peut même constituer un vecteur de témoignage d’une proposition d’élargissement de la volonté des banques de ses donner les moyens pour intervenir le plus directement possible sur le marché de microcrédit. La massification de l’offre des microcrédits des IMF se traduit par l’augmentation de l’encours de microcrédit, est influencée par la performance de remboursement sur le long terme dans un objectif de viabilité financière et institutionnelle à travers les variables financière et sociales.[3]
Notre étude qui porte sur « les déterminants du défaut de remboursement dans les IMF : cas de la MECRE/BUKAVU », tâchera de répondre aux questions suivantes :
Telle que définie par RAYMOND QUIVY et LUC VAN COMPENHOUDT, l’hypothèse est une proposition des réponses qui anticipe une relation entre deux termes, selon le cas, peuvent être des concepts ou des phénomènes à être vérifiés.[4]
En réponses provisoires à cette question posée dansla problématique de notre sujet de recherche ;
Pour RAYMONDQUIVY et Luc COMPENHOUDT, toute œuvre scientifique s’inscrit inéluctablement dans un continuum et peut être située en rapport à des courants de pensés qui le précédent et l’influence.
D’où c’est normal et important que le chercheur prenne connaissance des travaux qui permettent surtout ou partie de l’objet qu’il étudie. Cela permet justement de préciser ce qui rapproche d’une part et ce qui distingue d’autre part son propre travail de ceux des autres.[5]
Bon nombre des chercheurs ont fixé leurs attentions aux fonctionnements, aux résultats, à l’importance des institutions demicro finance, aux risques à vocation « épargne et crédit » ainsi que dans la performance des microcrédits.
C’est ainsi que BAH’OGWERHE ADZUBA Alex dans son mémoire intitulé, la micro finance et la réduction de la pauvreté par les institutions de microcrédit à BUKAVU de 2005-2007, celui-ci veut savoir si la microfinance réduit la pauvreté à Bukavu et se donne comme hypothèse que les emprunteurs ont toujours étaient victimes de la hausse du taux d’intérêt. Après avoir fait une analyse statistique, il démontre que les ménages bénéficiaires des microcrédits chez PAIDEK et PLD dans la ville de Bukavu sont exploités à cause du taux d’intérêt variant entre 17,52% à 48% l’an, il parle aussi de la difficulté liée à l’échéance de remboursement avec la petitesse du montant reçus. Il affirme que l’impact des microcrédits octroyés à ses membres a été positif sur le plan socio-éducatif, amélioration de condition de vie au niveau alimentaire, scolaire, sanitaire, logement.[6]
Didier KIVAVA MUKENGA, dans son mémoire « risque financier dans une institution financière non bancaire : cas de la CADECO », il veut se rendre compte de l’existence de ces risques au niveau de la CADECO, et quels sont ses déterminants, il nous dit par hypothèse que le risque existe dans cette institution et il est déterminer par la structure financière du client. Après l’analyse statistique ilconfirme que les risques sont inévitables en octroyant des crédits car cela dépendait aussi de la volonté de l’emprunteur, en accordant des crédit l’institution financières court des risques qui sont déterminés soit par la qualité de l’emprunteur soit par l’évolution économique générale, soit encore par la structure financières de l’institution.[7]
MAROY KAMUNTU IRAGI, dans son travail de mémoire« La problématique de la gestion des crédits dans les coopératives d'épargne et de crédit du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo, le cas des COOPEC de la ville de Bukavu de 1995 à 1999 ». En voulantdémontrer les failles qu'accusent le système d'octroi et de recouvrement, les conséquences de ses faiblesses sur le recouvrement des prêts accordés. En d'autres termes, il fait découvrir les obstacles relatifs au système d'octroi des crédits et les entraves à leur recouvrement dans la ville de Bukavu. Parmi ces hypothèses il a parlé de la dégradation des crédits dans les mouvements coopératifs d'épargne et de crédit, il utilisela méthode analytique, statistique et inductive au moyen des techniques comme documentaire, questionnaire et interview. Apres ses analyses il confirme que cette dégradation est due à la sélection des emprunteurs sur base des éléments fictifs et des affinités, l'uniformisation des crédits, du taux d'intérêt, de l'échéance, de la garantie et de la catégorie socio-professionnel ; l'octroi des crédits sans garanties ou avec garanties aléatoires, le manque de formation, d'accompagnement et de suivi des emprunteurs, etc. qui sont à la base de cette défaillance qui créent des incohérences et une défectuosité du système d'octroi et de recouvrement des crédits.[8]
Lutgarde SARUZIA. dans son mémoire « l’analyse du risque de crédit au sein de PAIDEK : ampleur et déterminants », celui-ci veut analyser le client à risque et les déterminants de ses risques, Dans l’hypothèse elle stipule que le risque de crédit mesuré par le portefeuille à risque est élevé et les variables qui sont susceptibles d’influencer sont : capital propre, sexe du client, son activité, son expérience avec l’institution, et l’irresponsabilité du client à faire face à ses engagements vis-à-vis de l’institution, et comme technique elle emprunte la technique documentaire et celui d’enquête, elle présente ses résultats en utilisant le logiciel Eviews.Après son analyse du portefeuille de crédit, elle nous montre que la moyenne ampleur du risque de crédit est de 12,57% au sein du PAIDEK, il s’ensuit que le secteur commerce est moins risqué que les autres secteurs d’activité et les relations entre les membres et les secteurs d’activités influence positivement le risque de crédit.[9]
BULANGALIRE IRENGE B. a travaillé sur la rétention des clients dans les IMF de la ville de BUKAVU 2011-2012, dans sa question, il veut montrer le niveau de rétention des clients membres des IMF et ses déterminants afin d’avoir une idée sur les attributs de cette dernière. Son hypothèse est axé sur la charge du ménage et le taux d’intérêt accordé par l’IMF, Il utilise la méthode comparative et statistique, Apres ses analyses celui-ci confirme que le niveau moyen de rétention des clients est de 2,3324 sur 5 avec un niveau médian de 2 qui est inférieur à 2,3324.pour cela plus le niveau du marketing relationnel est élevé au sein des IMF plus les clients seront retenu. Ceci parce que les clients se sentirons comme s’ils intéressent les responsables des IMF.[10]
SOKI MALIRO Solange, dans son mémoire « gestion des risques bancaires et performance d’une institution financière : cas de la banque commerciale du Congo », a voulu chercher les différents mécanismes mis en place par la BCDC pour bien gérer ses risques pour qu’elle arrive à sa performance son hypothèse touche le mécanisme de contrôle interne, la rigueur dans le processus d’octroi de crédit et l’audit (interne et externe). Au bout de ses enquêtes celui-ci confirme que la BCDC arrive à bien gérer ces risques en mettant en place certains mécanismes à savoir le contrôle interne et l’audit, pour évaluer la performance de la BCDC, elle utilise le ratio de solvabilité, le ratio de de rentabilité économique, le ratio de rentabilité financière et le produit net bancaire. C’est à partir de ses indicateurs qu’il conclut qu’il y a une liaison positive entre la capacité de couverture de risque et la rentabilité bancaire.[11]
Quant à nous nous allons présenter d’une manière spécifique les comportements des membres des IMF pendant le moment de remboursement du crédit octroyé pour sortir les éléments qui contribuent au défaut de ce remboursement ; De montrer les problèmes que tire les IMF dans le défaut de remboursement.
Enfin l’étude aboutira à une démonstration concrète de la contribution de micro finance dans l’amélioration de la capacité de remboursement dans la ville de BUKAVU et montrer à quel degré la MECREBU atteint son objectif.
Ce travail porte sur « les déterminants du défaut de remboursement dans les IMF : cas de la MECREBU ». La MECREBU entant qu’une IMF court aussi des risques de l’absence et/ou l’insuffisance de remboursement des crédits octroyés à ses membres. Ainsi nous avons choisi ce sujet dans le souci de connaitre les facteurs qui peuvent les déterminer.
Selon l’intérêt personnel, ce sujet nous a intéressés dans le souci de marier nos connaissances acquises tout au long de notre formation universitaire à la vie professionnelle plus particulièrement en matière de risques des crédits d’une IMF.
Sur le plan professionnelle, nous avons choisi ce sujet afin d’informer à toute personne que si le crédit assure la viabilité d’une IMF, il peut aussi causer sa perte, car le crédit représente bien le principal risque d’affaire d’une institution de micro finance. En suite pour faire savoir que le crédit a pour conséquence la dispersion des actifs de l’institution entre les mains d’une multitude d’emprunteurs ; situation qui rend la fonction crédit très complexe et parfois dangereuse, Enfin de rappeler qu’au nombre des problèmes entrainant la faillite des plusieurs IMF, il y a le manque de rigueur dans la gestion des crédits ayant pour conséquences l’insuffisance ou l’absence de remboursement des crédits octroyés.
Sur le plan socio-économique, l’intérêt est d’inciter les investisseurs que le domaine de la micro finance, plus particulièrement dans le domaine d’octroi de crédit de prévenir la répétition ci-haut énoncée et prendre des précautions en vue de remédier en s’intéressant au problème et de l’analyse pour en dégager les causes afin d’en sortir les approches de solutions.
C’est dans le souci de concrétiser ces suggestions que ce sujet a retenu notre attention.
Avant d’aborder les méthodes qui nous sont nécessaires à cette étude ; il sied de donner une valeur au mot « méthode », qui est polysémique. La valeur lui accordée par MWILO est celle qui va nous aider, il définit la méthode comme étant l’ordre qu’il faut imposer aux différentes démarches nécessaires pour atteindre une fin donnée.[12]
Les méthodes suivantes nous ont servi pour mener à bon port cette curiosité scientifique :
Elle nous a permis de relever la structure et le fonctionnement des institutions de micro finance et de la MECREBU, l’impact des institutions accordées à ses membres sur le niveau de vie et leurs comportements sur le plan économique en vue d’analyser leurs capacités de remboursement qui nous permettra de trouver les éléments qui déterminent ses défauts.
Elle sert à quantifier et à chiffrer les résultats de recherche. Cette méthode nous a facilité à présenter nos résultat sous forme des tableaux et des graphiques aussi à les interprétés afin de faciliter une meilleur lecture et une bonne compréhension du travail.
Ainsi nous avons recourir aux techniques ci-après :
Les objectifs que nous nous sommes fixés dans cette étude sont de deux ordre ;
L’objectif de ce travail est d’aider à la contribution de la maitrise du défaut de remboursement afin d’assurer l’équilibre financier des IMF en général et du MECREBU en particulier.
Eu égard les problèmes auxquels nous voulons trouver solution, ces objectif se formulent ainsi :
Du fait que nous devons nécessairement être réalistes et objectif dans la réalisation du présent travail, Notre étude sera exclusivement menée dans province du Sud-Kivu, plus particulièrement dans la ville de Bukavu. Le choix de cet espace est surtout lié à la disponibilité et à la fiabilité des données dont nous pouvons disposée.
Dans le temps, les investigations que nous allons mener s’étendent sur une période d’une année (2014), afin de permettre la présente étude de porter sur les données actuelles, gage d’une certaine objectivité dans l’analyse.
A l’instar de la phase introductive et la conclusion, notre travail comprend trois grands chapitres ;
[1] Ministère du plan ; document de croissance et de réduction de la pauvreté, juillet2007, P123.
[2]Yunnus Muhammad ; vers un monde sans pauvreté, Ed. Jean-Claude, latte paris, 1997.
[3] Jean-Pierre Rodier ; les systèmes de mesure de la performance, Ed. D’organisation, rue Thenard paris, 1999.
[4] Raymond Quivy et Luc Van Compenrhoudt, ouvrage de P. Ronger et M. GRAWITZ, méthode de science sociale, Dalloz, Paris, 1997.
[5]Raymond Quivy et Luc van Compenrhoudt, op.cit., P. 382.
[6] BAH’OGWERHE ADZUBA A., la micro finance et la réduction de la pauvreté par les institutions de microcrédit, mémoire, UOB, 2007-2008.
[7] KIVAVA MUKENGA D., risque financier dans une institution financière non bancaire :cas de la CADECO, mémoire, Inédit, UCG, BUTEMBO, 2008.
[8] MAROY KAMUNTU IRAGI,La problématique de la gestion des crédits dans les coopératives d'épargne et de crédit du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo : le cas des COOPEC de la ville de Bukavu, mémoire, UEA, Inédit, 2007-2008
[9] Lutgarde SARUZI A., analyse du risque de crédit au sein de PAIDEK, mémoire, UCB, Inédit, 2008-2009.
[10] BULANGALIRE Irenge B. ; les déterminants de la rétention des clients au sein des IMF, mémoire, UCB, Inédit, 2012-2013.
[11] SOKI MALIRO S., gestion des risques bancaires et performance d’une institution financière : cas de la BCDC, mémoire, UCB, Inédit, 2008-2009.
[12]Mwilo Mwihi Watuta, cours de méthodes des recherches en sciences sociales, G2 Economie, 2011-2012.
[13] GRAWITZ M, Op.cit