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III.2.3 La régression multiple

Comme nous l’avons souligné dans le chapitre précédent, l’analyse de la régression linéaire est une des méthodes explicatives et prédictives utilisées lorsqu’on est en présence des variables quantitatives.

Fréquemment fondée sur la problématique de l’ajustement linéaire, elle permet de vérifier la relation de cause (variable explicative) à effet (variable à expliquer) entre deux variables ou plusieurs variables quantitatives (métriques) dont on a postulé l’existence et le sens dans l’hypothèse correspondante (Y. EVRARD et alii, 1997, p. 449-450). L’analyse de régression linéaire simple permet d’identifier les coefficients de l’équation de la droite qui minimisent la dispersion entre ordonnées observées et ordonnées ajustées.

A l’aide de cette équation, l’interprétation des résultats d’une régression se fait à trois niveaux (Y. EVRARD et alii, 1997, p. 458). L’intensité de la relation entre les deux variables est calculée grâce au coefficient de corrélation linéaire (R). Il en est de même pour la significativité de la liaison et la qualité de l’ajustement du modèle dont les indicateurs sont le coefficient de détermination linéaire (R2) et le test F de FISHER-SNEDECOR. Enfin, la régression permet l’examen "des résidus" en se prononçant sur la précision du modèle, c’est-à-dire l’écart entre les valeurs prédites par le modèle et celles réellement observées.

Dans cette section nous allons présenter les résultats de la régression multiple de notre étude, afin de pouvoir vérifier nos hypothèses de base. C’est ainsi que nous allons commencer par vérifier le modèle de l’intention entrepreneuriale par rapport aux variables indépendantes entre autre, la désirabilité, la faisabilité et les normes sociales. Après avoir vérifié l’intention entrepreneuriale, nous allons chercher les déterminants de l’acte entrepreneurial par rapport à l’intention entrepreneuriale, la désirabilité, les normes sociales, la faisabilité, les obstacles, la non connaissance de l’environnement, la motivation, les ressources financiers, l’essai et erreur, les fonds de lancement, l’accès au crédit, la capacité et en fin le soutien.

III.2.3.1. Intention entrepreneuriale

Nous allons procéder au test de régression, dont les caractéristiques sont reprises dans le tableau suivant :

Récapitulatif des modèlesb

Modèle

R

R-deux

R-deux ajusté

Erreur standard de l'estimation

Durbin-Watson

1

.525a

.276

.252

.86476202

1.917

a. Valeurs prédites : (constantes), FAISABILITE, NORMES SOCIALS, DESIRABILITES

b. Variable dépendante : INTENTION ENTREPRENEURIALE

Le tableau ci-dessus montre que la corrélation entre les variables indépendantes faisabilité, normes sociales, et la désirabilité est de 52,5%,  le R-deux pour ce modèle est de 0,276, ce qui signifie que 27,6% de la variation de la variable dépendante (Intention entrepreneuriale) peut être expliquée par les variables indépendantes (Faisabilité, Normes sociales, et la Désirabilité). La part de la variance de l’intention entrepreneuriale expliquée par la Faisabilité, les Normes sociales, et la Désirabilité est égale à 25,2%.

La statistique de Durbin-Watson test s’il y a indépendance des termes d’erreur (Carricaco et Poujol, 2008). C’est une modalité important pour qu’il y ait régression. La valeur du coefficient de Durbin-Watson est comprise entre 0 et 4. Les valeurs qui sont autour de 2 montrent une absence d’autocorrélation et autour de 4, elles montrent une auto-corrélation négative. D’après le tableau ci-haut, la valeur de cette régression est située autour de 2 (proche). Par conséquent, il n’y a pas auto-corrélation des erreurs.

ANOVAb

Modèle

Somme des carrés

ddl

Moyenne des carrés

D

Sig.

1

Régression

26.453

3

8.818

11.791

.000a

Résidu

69.547

93

.748

Total

96.000

96

a. Valeurs prédites : (constantes), FAISABILITE, NORMES SOCIALS, DESIRABILITES

b. Variable dépendante : INTENTION ENTREPRENEURIALE

Selon ce tableau, la valeur observée du coefficient de Fischer-Snedecor est de 11,791 au seuil de significativité de 0,000 < 0,05. Ainsi, le modèle global de régression pour ces trois variables indépendantes explique significativement la variation de l’intention entrepreneuriale. La qualité de l’ajustement de la relation obtenue par la régression simple est donc acceptable et le lien s’en trouve significatif (la valeur calculée de F est supérieure à la valeur critique observée sur la table statistique : F calculé = 11,791 ; sig. = 0,00 ; au seuil α = 0,00 pour 3 et 93 degrés de liberté).

Ce qui revient à dire que notre hypothèse n’est pas rejetée au seuil de 0,05, est donc ce modèle est très significatif très significatif. C’est ainsi que ce résultat démontre que la désirabilité et les normes sociales influencent l’intention entrepreneurial

Coefficientsa

Modèle

Coefficients non standardisés

Coefficients standardisés

t

Sig.

A

Erreur standard

Bêta

1

(Constante)

-1.133E-16

.088

.000

1.000

DESIRABILITES

.516

.088

.516

5.851

.000

NORMES SOCIALS

.063

.088

.063

.713

.477

FAISABILITE

-.070

.088

-.070

-.794

.429

a. Variable dépendante : INTENTION ENTREPRENEURIALE

Se référant à ce tableau de coefficients de régression, la droite de l’équation de régression de l’intention entrepreneuriale se présente comme suit :

INT.E= -1,133E-16+0,516DESI+0,063N.S-0,07FAIS

Selon la droite de l’équation de régression ci-haut, toutes les variables indépendantes analysées c’est-à-dire les normes sociales, la désirabilité ont une relation positive avec l’intention entrepreneuriale l’exception de la faisabilité qui affiche une relation négative.

La variable désirabilité est celle qui contribue le plus à la variation de l’intention entrepreneuriale c’est-à-dire son augmentation d’une unité entraine une variation positive de 0,516 de l’intention entrepreneuriale toute autre variable indépendante restant constante. En deuxième position vient la variable normes sociales qui entraine une variation positive de 0,063 de l’intention entrepreneuriale. En fin, vient la variable faisabilité avec un coefficient négatif de 0,070, ce qui explique la variation dans le sens oppose de l’Intention Entrepreneuriale dans la proportion de 0,070. Remarquons que ces variables ci-haut listées varient proportionnellement avec la variable dépendante. Cependant, toutes les variables indépendantes du modèle analysé n’ont pas entrainé une variation statistiquement significative sur la variable dépendante. C’est le cas de la variable normes sociales et la faisabilité pour lequel le niveau de significativité est supérieur au seuil critique fixé soit 0,05.

Au regard de ceci nous pouvons affirmer l’hypothèse 2, H2 est acceptée au sein de notre population de référence. D’après ce résultat, les normes sociales influent sur la désirabilité et sur l’intention entrepreneuriale. Ces résultats montrent, aussi, que l’entourage et les groupes d’influence du créateur ressemblent aux groupes d’amis et aux groupes ethniques qui, dans certains pays, sont associés à l’activité entrepreneuriale (Shapero et Sokol ,1982). En effet, souvent l’intention d’entreprendre est suggérée par des amis qui sont prêts à s’associer pour créer leur propre emploi. Selon Tounès (2006), les perceptions de désirabilité se forment par le système de valeurs des individus, qui se construit sous l’influence des facteurs sociaux et culturels, notamment celle de la famille et des parents. 

Ces résultats sont aussi en ligne avec ceux obtenus à partir d'un échantillon d’étudiant de l’université de Nancy en Français (Lena saleh, 2011),  d'étudiants québécoises (Filion, et al., 2002) et d'étudiants universitaires en Russie et en Norvège (Kolvereid, 1996; Tkachev et Kolvereid, 1999). 

En ce qui concerne notre troisième hypothèse H3, nous pouvons dire qu’elle rejetée sur base des résultats de la régression linéaire. La faisabilité n’influence pas positivement l’intention entrepreneuriale. Ces résultats sont similaires à ceux de Lena S(2011) et sont contraire à ceux de Krueger et al. (2000) et Kolvereid. En effet, pour ces auteurs, la faisabilité a plus d’effet sur l’intention. En revanche, pour ces derniers ;  les normes sociales n’ont pas un impact significatif.

III.2.3.2 L’acte entrepreneurial

Les tableaux suivant montrent le test de régression effectuée pour la variable dépendante acte entrepreneurial.

Récapitulatif des modèlesb

Modèle

R

R-deux

R-deux ajusté

Erreur standard de l'estimation

Durbin-Watson

1

,437a

,191

,075

,96170695

2,089

a. Valeurs prédites : (constantes), SOUTIENT, ACCES AU CREDIT, CAPACITE, FONDS DE LANCEMENT, ESSAI ERREUR, NON CONNAISANCE DE L'ENVIRONEMENT, MOTIVATION, OBSTACLES, FAISABILITE, DESIRABILITES, NORMES SOCIALS, INTENTION ENTREPRENEURIAL

b. Variable dépendante : ACTE ENTREPRENEURIAL

Le tableau ci-dessous nous indique que la corrélation entre les variables est de 43,7%,  le R-deux pour ce modèle est de 0,191 ce qui signifie que 19,1% de la variation de la variable dépendante Acte entrepreneurial peut être expliquée par les variables indépendantes : soutient, accès au crédit, capacité, fonds de lancement, essai erreur, non connaissances de l'environnement, motivation, obstacles, faisabilité, désirabilité, normes sociales, intention entrepreneurial. La part de la variance de l’intention entrepreneuriale expliquée par là ce modèle est égal à 7,5%.

La valeur du coefficient de Durbin-Watson est située entre 0 et 4. Les valeurs comprises autour de 2 montrent une absence d’autocorrélation et  celles autour de 4, montrent une autocorrélation négative. D’après notre tableau, la valeur de Durbin-Watson est de 2,089, proche de 2. Donc, il y a absence d’autocorrélation entre variables indépendantes.

ANOVAa

Modèle

Somme des carrés

ddl

Moyenne des carrés

D

Sig.

1

Régression

18,310

12

1,526

1,650

,093b

Résidu

77,690

84

,925

Total

96,000

96

a. Variable dépendante : ACTE ENTREPRENEURIAL

b. Valeurs prédites : (constantes), SOUTIENT, ACCES AU CREDIT, CAPACITE, FONDS DE LANCEMENT, ESSAI ERREUR, NON CONNAISANCE DE L'ENVIRONEMENT, MOTIVATION, OBSTACLES, FAISABILITE, DESIRABILITES, NORMES SOCIALS, INTENTION ENTREPRENEURIAL

Pour évaluer la qualité de l’ajustement de cette régression, on fait appel au test F de Fisher-

Snedecor. Il s’agit de savoir si, pour le risque α considéré, le R² multiple est significativement différent de 0 dans l’échantillon étudié (Giannelloni et Vernette, 2001, p. 413). La valeur de F calculé, au seuil α = 0,1 pour 13 et 83 degrés de liberté, est égale à 2,061, sig. = 0,093  étant nettement supérieur, nous pouvons conclure que la qualité de l’ajustement offert par la régression est significative. Il existe donc une dépendance significative entre le fait d’avoir créé une entreprise « création » et le soutient, l’accès au crédit, la capacité, les fonds de lancement, l’essai et erreur, le non connaissance de l'environnement, la motivation, les obstacles, la faisabilité, la désirabilité, les normes sociales, et l’intention entrepreneurial

C’est ainsi que nous pouvons dire que notre cinquième hypothèse, H5 est acceptée.

Coefficientsa

Modèle

Coefficients non standardisés

Coefficients standardisés

t

Sig.

A

Erreur standard

Bêta

1

(Constante)

2,645E-016

,098

,000

1,000

INTENTION ENTREPRENEURIAL

,148

,133

,148

1,115

,268

DESIRABILITES

,386

,120

,386

3,229

,002

NORMES SOCIALS

,132

,119

,132

1,108

,271

FAISABILITE

-,222

,109

-,222

-2,035

,045

OBSTACLES

,037

,100

,037

,366

,715

MOTIVATION

-,259

,123

-,259

-2,105

,038

NON CONNAISANCE DE L'ENVIRONEMENT

-,030

,110

-,030

-,277

,782

ESSAI ERREUR

-,157

,110

-,157

-1,425

,158

FONDS DE LANCEMENT

-,010

,101

-,010

-,104

,917

CAPACITE

-,131

,107

-,131

-1,224

,225

ACCES AU CREDIT

,041

,099

,041

,415

,679

SOUTIENT

,021

,100

,021

,214

,831

a. Variable dépendante : ACTE ENTREPRENEURIAL

En se basant sur ce tableau, notre droite de régression de l’acte entrepreneurial sera représentée de la manière suivante :

A.E=2,645E-016+0,148INT.E+0,386DESI+0,132N.S-0,222FAIS+0,037OBST-0,259MOTI-0,030N.C.E-0.157E.E.-0,010FO.LA-0,030CAP+0,041A.C.+0,021SOU.

Nous remarquons que selon la droite de l’équation de régression ci-haut, toutes les variables indépendantes analysées n’ont pas une relation positive avec l’acte entrepreneurial. Cela s’explique dans le sens que réalisation d’un projet entrepreneurial, l’entrepreneur potentiel se trouvent heurtent à des difficultés des différentes manières qu’il doit surmonter afin de produire une acte bien structurée.

En ce qui concerne la contribution de chaque variable, La variable désirabilité est celle qui contribue le plus à la variation de l’Acte entrepreneurial, son augmentation d’une unité entraine une variation positive de 0,386 de l’Acte entrepreneurial toute autre variable indépendante restant constante. En deuxième place on a la variable l’intention qui entraine une variation positive de 0,148 de l’acte entrepreneurial. On a une variation positive de 0,132 de la variable normes sociales, La variable faisabilité entraine une variation positive de 0,041, la variable obstacles varie à 0,037 par rapport l’acte entrepreneurial, la variable soutient varie positivement de 0,021. Ensuite, on a les variables qui contribuent négativement, entre autre on a la variable fonds de lancement avec 0,010, la variable essai et erreur manifestent également une relation négative avec l’Acte entrepreneurial avec un coefficient de 0,0157, les variables non connaissance de l’environnement et la capacité avec chacune 0,030, leurs augmentations d’une unité entrainent une variation dans le sens oppose de l’acte Entrepreneuriale dans la proportion de 0,030.

L’ensemble de ces variables varient proportionnellement avec la variable dépendante. Malgré cela, toutes les variables indépendantes analysées n’ont pas entrainé une variation statistiquement significative sur la variable dépendante. Nous pouvons citer successivement les variables : soutient, accès au crédit, capacité, fonds de lancement, essai erreur, non connaissance de l'environnement, obstacles, normes sociales, et en fin l’intention entrepreneuriale, leurs  niveau de significativité est supérieur au seuil critique fixé (0,1).

En tenant compte de ces résultats ci-haut, nous rejetons l’hypothèse 5, H5, comme nous pouvons le constater avec le résultat de la régression, la capacité est négative. Cette hypothèse est intitulée de la manière suivante, Plus la capacité est forte, plus la création d’entreprise est facile.  Cela étant, nous pouvons remarquer que peu importe la capacité dont dispose une personne, la capacité  seul ne suffit pas pour créer une entreprise. En analysant la variable capacité, nous trouvons que nous avons retenus que des capacités innées. En élargissant le champ des capacités, nous pouvons ajouter que la capacité d’un entrepreneur peut être innée ou acquise durant la formation. Dans ce sens, l’enseignement de l’entrepreneuriat doit favoriser les facteurs influençant la capacité des individus à identifier des occasions d’affaires. Certains chercheurs comme Verstraete (1999) s’aperçoivent qu’une partie des compétences nécessaires à l’entreprise semble pour partie innée, pour partie à apprendre.

D’autres ont montré qu’entreprendre ne constitue pas un phénomène inné, naturel et que l’esprit et la capacité d’entreprendre renvoient à des savoirs, des aptitudes et attitudes pouvant être enseignés (Voire le travaux de Drucker, 1985, Bechard et Toulouse 1996, Varlet 1996, Verstrate, 1997, Scott et al., 1998, Fayolle, 1999). En disposant de capacité nécessaire à la création, la réalisation de l’acte entrepreneurial peut être facile.

L’hypothèse 6, H6 qui concerne la motivation est aussi vérifiée. En nous basant sur le résultat de l’analyse factoriel, l’ensemble des items retenus qui ont une représentions significative de notre population de référence démontre que l’indépendance des étudiants, le souci de la liberté, la possession de l’argent mais l’effet d’être un chef sont des motivations qui poussent les étudiants à se lancer dans les activités créatrice d’emplois entre autre l’entrepreneuriat. La connaissance de motivation est importante parce qu’elle permet de stimuler l’esprit de création chez les étudiants. Les motivations, positives ou négatives, qui sont à l’origine de l’entrée d’un entrepreneur dans un processus entrepreneurial sont des facteurs très importants pour la compréhension des processus de génération d’intention entrepreneuriale. La littérature en entrepreneuriat a étudié ces motivations et en a développé une théorie, celle du « push and pull ». La théorie du « Push and Pull » (Shapero, 1975 ; Vesper, 1980), se propose d’expliciter les raisons qui amènent un individu à créer sa propre entreprise et distingue parmi celles-ci deux grandes classes de motivations : les « push motivations » et les « pull motivations »

Pour ce qui est de l’hypothèse 7(H7),  elle n’est pas aussi est vérifiée. Les obstacles contribuent positivement à l’acte entrepreneurial. Et en fin nous confirmons l’hypothèse 8(H8) qui stipule que plus le soutient est favorable et plus les obstacles sont minimes, la création ou l’acte entrepreneurial sera envisageable. A travers le résultat de la régression ci-haut nous pouvons voir la variable soutient va dans le même sens que l’acte entrepreneurial.

III.3. Discussions

Dans cette section, nous allons faire des discussions portant sur les sections précédentes. Premièrement nous allons donner une brève explication sur l’analyse factorielle faite ci-haut, deuxièmes il s’agira de la corrélation et en fin la régression multiple.

Pour ce qui concerne l’analyse factorielle, la toute première étape de nos analyses a consisté à vérifier la dimensionnalité de nos données. Durant  cette partie d’analyse nous avons effectué l’analyse factorielle avec la méthode des analyses en composantes principales(A.C.P) , ceci nous a permis de réduire le modèle d’analyse en composantes principales. Nous nous sommes également assurés de vérifier la structure et la cohérence interne pour chacune des variables mesurées, à travers l’analyse de l’indice de KMO et de l’alpha de Cronbach. A travers l’analyse en composante principale, nous pouvons dire qu’à part les variables que nous avons formule au courant de notre second chapitre, l’analyse factorielle a dégagé trois nouvelles dimensions qui ont été des variables indépendantes importantes lors de la vérification de notre hypothèse sur l’acte entrepreneurial. Nous avons constaté aussi qu’il y avait eu omission de certaine dimension (variable) lors de l’analyse factorielle, la variable attitude n’était pas représentée lors de résultats de l’analyse après les itérations. Mais nous avons constaté l’augmentation des variables que celle prévues. Ce qui est bon pour notre étude. Tous les variables fixées au départ à l’exception du variable attitude étaient représentées dans l’analyse factorielle. Cela nous amène à dire que tous nos variables sont indispensables à  l’étude de l’acte entrepreneurial. En définitive, l’analyse en composantes principales a regroupé en 3 composantes pour les items des variables indépendantes de l’intention entrepreneuriale. L’analyse en composante principale sur la variable dépendante intention entrepreneuriale a dégagé un seul composant et 9 composantes pour l’ensemble d’items mesurant l’acte entrepreneurial.

Pour l’analyse en composante principale de des variables indépendantes de l’intention entrepreneuriale, nous avons trouvé, comme nous venons de le souligner ci-dessus, 3 dimensions dont le premier est la désirabilité. Cela nous conduit à dire qu’une grande désirabilité de tout acte conduit nécessairement a sa réalisation. Comme disait Napoléon Hill(2004), qu'un homme qui désire réellement et profondément une chose et qui est capable, pour l'obtenir, de jouer tout son avenir sur un simple coup de dé, est sûr de gagner. Un désire ardant conduit à une bonne réalisation d’un acte. Sur ce nous soulignons que le désire le premier déterminant de l’intention.

 La deuxième dimension était les normes sociales et la troisième  et dernière dimension était la faisabilité. Le désir d’agir conduit à la faisabilité, et les normes sociales influencent sur le comportement de l’individu. Pour terminer, la désirabilité, les normes sociales et la faisabilité sont des déterminants de l’intention entrepreneuriale.

Pour l’analyse en composante principale des variables indépendantes de l’acte entrepreneurial, neuf dimensions ont été mises en évidence dans ce travail. La plus pertinente est « Obstacles ». Cette dimension est jugée la plus importante dans l’explication de l’acte entrepreneurial. Ceci nous a amené à dire que les potentiels entrepreneurs doivent surmonter les obstacles pour arriver à créer une entreprise. Ensuite vient La motivation comme deuxième composante, elle est un facteur nécessaire dans la réussite de l’acte entrepreneurial. En troisième position, on a le non connaissance de l’environnement, en quatrième position la composante essai-erreur, qui est un ensemble de processus que le potentiel entrepreneur doit effectuer dans l’acquisition et l’obtention des éléments nécessaires à la création de son projet entrepreneurial.

En cinquième position vient la dimension fonds de lancement qui est représentée par les moyens financiers indispensable pour lancer une entreprise ou un projet. La sixième dimension est les capacités, la septième dimension est l’accès au crédit qui est point important pour aider au financement des activités de l’entrepreneur. En huitième position vient la dimension création, par cette dimension nous avons capter l’acte de création, cette dimension explique l’importance de la présence d’une idée innovante pour passer a l’action afin de ne pas avoir trop des concurrent en d’autres termes être leader dans son domaine d’action. Comme nous avons dit, la création est un étape ultime dans le processus entrepreneurial, elle permet de passer de l’intention entrepreneur à l’action entrepreneuriale et donne automatiquement le nom d’entrepreneur a la personne effectuant l’action. En fin vient en neuvième position la dimension soutien, qui démontre que l’accompagnement matériel et morale, en conseils est important pour permettre au potentiel entrepreneur mais aussi à l’entrepreneur de garder sa route afin de ne pas tomber.

En seconde lieu, nous avons fait l’analyse des corrélations. Les résultats fournis par cette analyse ont prouvé une corrélation positive entre les variables indépendantes et la variable dépendante ; et Une corrélation négative entre certaine variables indépendantes. Toutefois, les seuils de significativité pour la corrélation entre certaines variables ont paru insignifiants par rapport au niveau critique.

A travers l’analyse de la corrélation, nous avons remarqué une corrélation significative entre la variable dépendante acte entrepreneurial et la variable désirabilité. Cela peut être explique du faite que l’acte entrepreneurial est généralement précédé par une intention exprimée par une forte désirabilité. Et une forte intention conduit souvent à un acte de création, ou un acte entrepreneurial. Mais aussi nous avons constaté une forte corrélation entre la variable dépendante intention entrepreneuriale et les variables indépendantes désirabilité, motivation et capacité. La désirabilité est parmi les déterminants de l’intention entrepreneuriale. Ces fortes corrélation nous amène à dire que la désirabilité est significative et est un facteur clef pour conduire à l’accomplissement d’une action. En étant un déterminant dans l’intention entrepreneurial, nous voyons encore à travers ce résultat que la désirabilité est un déterminant dans l’accomplissement de l’acte entrepreneurial.

Pour la variable dépendante intention entrepreneuriale, nous constatons une forte corrélation (au seuil de significativité de 0,000<0,001) entre la désirabilité et la motivation et au seuil de 0,05 entre la capacité. Cela revient à dire que la motivation d’une personne a une influence sur l’accomplissement de l’acte entrepreneurial, mais aussi lorsqu’une action est désirable, le passage à l’acte nécessite quelque temps pour qu’il soit faisable.

La dernière étape a consisté en l’analyse des régressions linéaires multiples. Concrètement, ces analyses nous ont permis d’évaluer l’apport de chacune des variables indépendantes à l’explication de l’intention entrepreneuriale et de l’acte entrepreneurial. Ainsi, les observations font remarquer un lien positif entre la désirabilité et les normes sociales et un lien négatif pour la faisabilité toutes  avec  l’intention entrepreneuriale. La contribution de ces variables à l’explication de l’intention entrepreneuriale n’est pas négligeable.

Nous pouvons rappeler que départ, nos analyses, notre hypothèse H1 qui stipule que Plus la désirabilité et la faisabilité perçue sont favorables, plus forte sera l’intention entrepreneuriale est acceptée.  Avec les analyses nous constatons que l’intention entrepreneuriale chez les étudiants est significative. Suite aux résultats de la régression linéaire, la désirabilité et la faisabilité sont deux éléments indispensables à la formation d’intention de créer une entreprise pour les étudiantes. Nos résultats confirment les résultats de Krueger (1993), celle de Lena S. (2011), kouba (2013),….

Dans le contexte de notre recherche, le degré de désirabilité de l’acte contribue davantage à la détermination de l’intention de créer une entreprise que la faisabilité. La désirabilité, a un effet plus important dans l’explication de l’intention entrepreneuriale. Comme nous l’avons souligné, ce résultat n’est pas conforme à celui obtenu aux États-Unis sur une population étudiante par Krueger et al. (2000) et en Scandinavie et en Russie par (Kolvereid 1996 ; Kolvereid et Tkachev, 1999) et en France sur une population étudiantes par Aouni et al. (2009), mais conforme aux conclusions d’Audet (2001) sur une population étudiante canadienne et d’Emin (2003) sur une population française de chercheurs de la fonction publique en sciences dures et de Lévy-Tadjine (2008) qui a mené une enquête exploratoire sur l’intention entrepreneuriale auprès de 110 étudiants Licence et Master en gestion de différentes universités. Ces différences pourraient mettre en évidence un effet culturel et la spécificité des populations interrogées.

Étudier l’intention permet d’appréhender comment et pourquoi un individu est engagé dans un processus pouvant le mener à la création d'entreprise. L'intention représente le meilleur prédicateur des comportements futurs (L. KOLVEREID, 1997, p. 49 ; N.F. KRUEGER, D.V. BRAZEAL, 1994, p. 93 ; N.F. KRUEGER et alii, 2000, p. 412).

L’étude de ce concept central dans le champ de l’entrepreneuriat a des implications théoriques et pratiques dont les apports concernent plusieurs domaines de ce champ.

MODELE DE L’INTENTION ENTREPRENEURIAL DE NOTRE RECHERCHE

INTENTION ENTREPRENEURIAL

LA DESIRABILITE

LA FAISABILITE

LES NORMES SOCIALES

Dans ce modèle, le désir de créer une entreprise et la faisabilité contribuent significativement à la prédiction de l’intention de créer une entreprise, l’influence de la norme sociale est d’autant plus importante mais pas significative. Les normes sociales, constituant le deuxième élément, font référence à la pression sociale perçue par l’individu et qui incite, ou pas, à mettre en place le comportement observé. La désirabilité, selon la terminologie de Shapero (1982), représente le degré d’attrait qu'un individu ressent envers la création d'une entreprise. L’intention de créer une entreprise est d'autant plus forte que la création d’entreprise est perçue comme une action désirable, ce qui rejoint notre hypothèse. En fin, Le dernier élément est la faisabilité et défini autour de la perception qu’à la personne à surmonter des difficultés pour mettre en pratique un comportement et une perception de la présence ou de l’absence des ressources et compétences individuelles pour accomplir ce comportement.

Le modèle ci-haut a été largement validé par différentes études sur l’acte de création d’entreprise (Krueger et Carsrud, 1993 ; Krueger et al. 2000 ; Tounès, 2006 ; Fayolle et al. 2006 ; Klapper et Léger-Jarniou, 2006). Certains de ces auteurs ont plus particulièrement ciblé une population estudiantine. Cependant, selon Tounès (2007) l’intention est le résultat d’un long processus dicté par les actions et les motivations des étudiants.

 Bien qu’il s’arrête que sur l’intention entrepreneuriale, nous allons le compléter pour arriver à l’acte de création entrepreneuriale. Qui est une étape ultime dans le processus entrepreneurial, une personne pourra avoir le nom de l’entrepreneur que lorsqu’il aura franchi l’étape d’une simple intention en le concrétisant en action.

Pour analyser l’acte entrepreneurial, nous sommes partie de l’analyse factorielle pour aboutir à la régression multiple. S’agissant de la régression, elle nous a permis de vérifier notre hypothèse. Pour rappel, notre cinquième hypothèse H4 était formulée de la manière suivante :

H4 : L’acte entrepreneurial ou la création d’entreprise serait précédé par une plus forte intention exigeant un ensemble des capacités conduit par une forte motivation suivi par le soutien nécessaire, traduit par le processus d’action “essai-erreur”.

Comme vous le constater, lors de l’analyse factorielle, il y a ajout des dimensions, qu’ cela ne tienne nous avons continué notre analyse et vérifier notre hypothèse selon le résultat de l’analyse en composante principale. C’est ainsi que dans  notre hypothèse  on a intégré la variable non connaissance de l’environnement, il y a eu aussi intégration de la variable fonds de lancement et en fin la variable accès au crédit. Et après vérification par la régression multiple, notre hypothèse a été significative et donc acceptée.

Nous pouvons dire que ces analyses nous ont permis d’identifier  les facteurs qui expliquent le plus l’Acte entrepreneurial. Avec les résultats de l’analyse de corrélation, nous avons remarqué une forte corrélation entre la désirabilité avec l’acte entrepreneurial, mais aussi nous avons constaté une corrélation entre l’intention entrepreneuriale et la motivation, une corrélation de l’essai et erreur entre la faisabilité et les normes sociales.

Suit à cela nous pouvons souligner que les premiers déterminants de l’acte entrepreneurial sont respectivement, la désirabilité, la motivation, l’intention entrepreneurial, et la capacité. Apres cela viennent second position les normes sociales, l’essai-erreur, la faisabilité, et le non connaissance du marché. Et en fin pour la troisième position on a, le soutient, les obstacles, l’accès au crédit, et les fonds de lancement. Ainsi, il ressort de cette recherche que certaines hypothèses sont affirmées :

L’hypothèse première selon laquelle Plus la désirabilité, les normes sociales et la faisabilité perçue sont favorables, plus forte sera l’intention entrepreneuriale s’est trouvée accepter en ce sens que la faisabilité, les normes sociales et la désirabilité sont des déterminant de l’intention entrepreneuriale chez les étudiants.

De même la deuxième, la quatrième, la sixième. Hypothèse ont été vérifié. C’est celle la troisième hypothèse qui n’a pas était vérifiée

La quatrième hypothèse  peut être reformulée de la manière suivante : l’Acte entrepreneurial serai un processus provenant de l’intention, passant par les obstacles surmonter par processus d’essai-erreur en ayant les soutient, la motivation et les ressources, appuyé par la capacité et l’accès au crédit. Cette hypothèse est aussi vérifier. C’est ainsi que l’entrepreneur sont entreprise qu’âpres avoir passé ces étapes.

Cela étant, l’hypothèse trois, l’hypothèse cinq, l’hypothèse sept, et l’hypothèse huit ont été rejeté dans l’analyse des résultats de notre étude. En parlant de l’hypothèse sept nous pouvons dire que départ ces résultats nous constatons une relation évoluant dans le même sens entre les obstacles et l’acte entrepreneurial, cela étant on peut dire qu’en considérant l’environnement et l’évolution des entreprises, nous remarquons que lorsque une entreprise évolue ces obstacles aussi progresse en fonction de la capacité de l’entreprise. Lorsqu’une entreprise est de grande taille, ces problèmes sont aussi d’une grande importance par rapport aux problèmes d’une petite et moyenne entreprise.  Cela conduit à dire que l’importance des obstacles dépend de la taille de l’entreprise. Le même constat peut être fait sur des personnes physiques en disant encore  que les problèmes d’un adolescent ne sont pas les mêmes que les problèmes d’un adulte. En se référant à ces relations nous pouvons dire que les obstacles sont proportionnels d’une étape à une autre. Cela conduit à travers nos résultats à confirmer que les obstacles d’un entrepreneur dépendent de la position qu’il s’est situé, et donc les obstacles sont proportionnels aux actions menées par un entrepreneur.

Limites de la recherche et suggestions

Malgré l’authenticité que peut avoir cette étude, elle ne peut être jamais à l’abri des insuffisances et des critiques.

L’échantillon de cette étude a été petit et son terrain de recherche était également très réduit. Par conséquent, conclure de la représentativité des opinions de tous les étudiants à partir de ses résultats serait difficile. Pour ces raisons, nous relevons quelques limites qui ont été repérées pendant la réalisation de cette recherche lesquelles pouvant fournir des pistes éventuelles pour de futures recherches.

En effet, dans cette étude nous nous sommes limités seulement à étudier l’intention entrepreneuriale et l’acte entrepreneurial des étudiants finalistes (première et deuxième licence) suivant de facultés des sciences économiques et de gestion de trois universités de la ville de Bukavu. Vu, qu’à travers l’étude de l’intention entrepreneuriale et l’acte entrepreneurial les chercheurs et les hommes politiques peuvent facilement identifier les activités entrepreneuriales dans un pays ou dans une région donnée et vu son importance dans un pays qui souhaite relancer son économie à travers ses citoyens, une étude qui prendrait en considération tous les établissements académiques de la ville de Bukavu, de la province du Sud-Kivu voire même de toute la République serait plus significative afin de faire ressortir le rôle des activités entrepreneuriales dans le développement de l’économie de la province du Sud-Kivu en particulier et de la République Démocratique du Congo en général.

L’accès à la documentation a été un problème très sérieux pour la réalisation de ce travail dans certaines universités. Par conséquent, nous avons utilisé des sources secondaires qui paraissent moins fiables suite au risque d’erreur qu’elles présentent lié à l’interprétation dans la traduction de la version originale.

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