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Chapitre II. APPROCHE METHODOLOGIQUE

II.1.  PRESENTATION DE LA COOPEC KALUNDU

II.1.1.  HISTORIQUE

La coopec Kalundu fut créée le 21 février 1988 par les pauvres paysans de Kalundu, ces derniers n’avaient pas accès aux services financiers afin de financer leur activités génératrices des revenus et de consommations notamment la scolarisation de leurs enfants, le paiement des soins médicaux, le petit commerce, l’agriculture,…

En date du 25 octobre 1996, cette coopérative avait 66.000$ de dépôt des membres constituant l’épargne d’une part, et 57.000$représentant les crédits en cours de l’autre part.

En effet, suite aux guerres successives de 96 et 98 qui ont mis le pays dans une mauvaise situation et leurs conséquences notamment : les pillages systématiques, la coopérative avait perdu ses avoirs et la destruction méchante de son siège à Kalundu, mais grâce aux concours financiers de la fondation Rabobank elle a pu réhabiliter son bureau lors dudit pillage, elle a aussi obtenu l’appui financiers accordé par la novib pour réalisation d’un programme de micro crédit aux paysans pauvres, par lequel elle a pu relancer ses activités en octobre 2000.

II.1.2.  OBJECTIFS

La mission principale de cette coopérative est de contribuer à lutter contre la pauvreté dans le milieu rural en offrant des services financiers et non financiers durables aux pauvres en général et aux femmes vulnérables en particulier, elle veut aussi contribuer au développement de la population en matière de l’éducation en gestion de crédit, santé, nutrition et planification familiale, mais aussi par l’assistance sociale aux personnes vulnérables.

II.1.3.  EVOLUTION DU PROGRAMME DE CREDIT

Cette évolution a connu deux grandes périodes :

  • La première période : qui va de la création de la coopérative jusqu’au 25 octobre 1995, à la veille de la guerre, elle offrait les services de crédit le plus aux individus du sexe masculin. Il fallait adhérer et ne recevoir un premier crédit qu’après six mois, les conditions du crédit à cette époque firent rigoureuses par rapport aux conditions actuelles.

Source : depliant COOPEC KALUDU

D’abord le taux d’intérêt était très élevé, ensuite il fallait également couvrir entièrement son crédit pour une panoplie des garanties : disposer d’une maison, d’une garantie épargne de 10% du montant sollicité et un minimum d’épargne devrait être localisé dans le compte de la coopérative.

  • La deuxième période : c’est la période d’innovation et redynamisation où la coopérative apporte un programme dit de « micro crédit » avec l’éducation aux populations pauvres de la cité d’Uvira. C’est un programme qui privilégie les femmes et dont la coopérative a bénéficié de l’appui financier de l’extérieur.

Il est aussi indispensable de montrer qu’entre les deux périodes qu’a connues le programme de crédit, la période dite intermédiaire a aussi existé, celle-ci va de la première guerre dite de la libération du 25 octobre 1996 en passant par le pillage s’est étendu jusqu’en 2000.

Vu le contexte sécuritaire de l’époque, cette coopérative avait difficile à mobiliser l’épargne car il y avait ralentissement des activités économiques et aussi le crédit n’étaient ni octroyés ni rembourser.

Le coopératif octroi deux sortes de crédit à savoir : le crédit individuel et le crédit de groupe. Le crédit individuel est octroyé aux membres de bonnes moralités dans leur milieu résidentiel et professionnel disposant d’une garantie de 10% du montant accordé, le crédit de groupe est accordé aux personnes membres d’un groupement(caution solidaire) disposant d’une garantie financière de 10% du montant accordé rémunéré à raison de 5% par an, bénéficient d’une garantie collective mais aussi pouvant affecter le crédit aux activités génératrices de revenu.

II.1.4.  CONDITIONS D’OCTROI DE CREDIT

  • Le taux d’intérêt : celui-ci est fixé à 2% par mois pour les crédits aux groupes et 3% pour les crédits individuels.
  • Mode de remboursement : le capital est remboursé trimestriellement, les intérêts sont payés mensuellement, les frais d’étude du dossier sont de 0,5% du capital accordé, les garanties sont diversifiées. Pour les groupes la garantie collective (caution solidaire)est la plus exigée pour permettre à ceux-ci d’accéder au crédit outre l’hypothèque, salaire, plantation, bijoux, mobilier et matériel,…

Source : depliant COOPEC KALUDU

Au sein de cette coopérative les membres peuvent ouvrir deux comptes épargne vu l’adhésion libre et volontaire, sans distinction d’opinion religieuse, politique ou raciale :

  • Le compte à vue : pas de frais de gestion à payer
  • Le compte à terme : dont l’échéance varie entre six et douze mois renouvelables, le taux d’intérêt sur épargne garantie est de 5% payé par semestre en dollars américains, les épargnes à vue sont rémunérées trimestriellement et le taux varie entre 2 et 5% par an.

Moyennant accord préalable, la banque ou la coopérative ouvre des comptes à terme productif d’intérêt à des taux variables selon la durée de placement et suivant les conditions locales. Les termes d’échéance, le taux d’intérêt ainsi que le montant de versement, virement et retraits minimum sont fixés par les tarifs.

Les retraits des avoirs en compte à terme ne peuvent être opérés qu’à l’échéance, sauf dans le cas exceptionnels laissés à l’appréciation de la coopérative, les dépôts peuvent être transférés entre les sièges, succursales ou agence aux conditions usuelles.

Le taux d’intérêt est fixé au moment de la constitution du dépôt et reste invariable jusqu’à l’échéance convenue, les dépôts cessent de produire les intérêts à dater du lendemain  de l’échéance et peut être renouvelé sur instruction du déposant sur base des conditions en vigueur à ce moment ; en l’absence de telles instructions le montant du dépôt est porté en même temps que les intérêts échus au crédit du compte courant du client et est soumis aux conditions appliquées à ce compte.[1]

II.1.5.  COOPEC KALUNDU ET PARTENARIAT

Cette coopérative a déjà bénéficié d’un appui financier et conseils en gestion de la part des organisations suivantes : UNCHR/UVIRA, PAM/UVIRA, CARITAS BRUXELLES, fondation RABOBANK/UTRECHT/PAYS BAS, FIDA ROME, services de bourses d’Allemagne, ADA Luxembourg, INAFI Kenya, NOVIB hollande, FECETBU, entraide et fraternité, fraternité saint Paul de liège.

Elle aussi membre des réseaux ci-après :

  • COOCEC-KIVU de Bukavu en RDC,
  • Bucong d’Uvira en RDC,
  • INAFI basé à NAIROBI/Kenya,
  • Sommet mondial de micro crédit basé à WASHINGTON,
  • Micro finance basée à DAKAR/Sénégal.

La coopec Kalundu intervient à travers deux principaux domaines : l’intermédiation financière et les activités sociales.

  • L’intermédiation financière : les grandes activités réalisées dans le domaine d’intervention sont : la mobilisation de l’épargne, la distribution des crédits, le transfert des fonds. Les intermédiaires financiers sont des firmes dont l’activité principale est de fournir des services et des produits financiers à leurs clients, de façons plus efficaces que si le client faisaient eux-mêmes leurs transactions sur les marchés financiers.

Les principaux types d’intermédiaires financiers sont les banques, les sociétés financières, et les compagnies d’assurances. Ces intermédiaires proposent différents proposent différents de services : comptes chèques, prêts, des OPCVM (organisme de placement collectif en valeur mobilière) qui collectent les ressources de quantité des petits épargnants et investis cet argent dans un portefeuille diversifié et réalise d’importantes économies d’échelles sur les frais de transaction, sur les droits de garde, et offre donc ainsi à ses clients un service plus efficace que si ceux-ci investissent directement en bourse.[2]

  • Activités sociales : ces activités concernent essentiellement l’éducation en gestion de crédit, santé, nutrition et planification familiale, l’assistance sociale aux personnes vulnérables (vieillards, orphelins,…)

II.1.6. LES ORGANES

II.1.6.1. L’Assemblée générale (AG)

Selon les dispositions statutaires, l’assemblée générale est l’organe suprême de l’institution. Elle prend les décisions importantes (missions, investissement, augmentation de la part sociale, élection des membres des organes, etc…).

L’assemblée générale reçoit les rapports des organes et de la gérance et donne enfin l’orientation de la gestion.

II.1.6.2. Le conseil d’administration (C.A)

Le conseil d’administration est chargé de l’administration de la coopec, il établit les politiques selon l’orientation de l’assemblée générale, il gère le personnel, il accomplit des taches qui ne sont de la compétence exclusive de l’assemblée générale.

II.1.6.3. La commission de crédit

La commission de crédit est chargée de gérer les prêts, elle examine toutes les demandes d’emprunts des membres, accorde ou refuse le crédit conformément à l’esprit de la coopec. Elle prend aussi les décisions nécessaires en matière des prêts, veille au remboursement des crédits et à l’accroissement des engagements pris par les membres emprunteurs auprès de la coopec.

II.1.6.4. Le conseil de surveillance

Le conseil de surveillance est chargé de surveiller la conformité des opérations de la coopec par rapport aux principes préétablis et aux décisions de l’AG. Ainsi cet organe permet d’assurer la bonne gestion de l’épargne des membres et le contrôle de travail des dirigeants et employés.

II.1.6.5. Le directeur gérant

Le directeur gérant dirige la coopérative et coordonne toutes les activités. Il donne des ordres à ses collaborateurs de mettre en application les mesures prises par le conseil d’administration ou proposées par les différents organes d’exécution.

II.1.6.6. Le directeur administratif et financier

Ils sont chargés de donner les grandes lignes à suivre par l’ensemble du personnel pour atteindre les objectifs fixés au préalable. Ils s’occupent de la gestion administrative et financière, et signent conjointement avec le comptable les pièces comptables.

II.1.6.7. Operateur de gestion

Il est chargé de faire des instructions de dossier de demande de prêts, de l’ouverture des comptes ; exploite les fiches de prêts et recouvre les prêts en retard de remboursement. Dans cette catégorie d’opérateurs, nous trouvons le chef d’épargne, chef des agents de crédit et ses collaborateurs.

II.1.6.8. Le comptable, trésorier et caissier

Le comptable établit des prévisions budgétaires suivies de leur exécution, il élabore et signe des pièces de dépenses, passe des écritures sur les fiches comptables. Les assistants comptables sont chargés de fournir au comptable les différentes données comptables des succursales. Le trésorier et le caissier sont chargés d’exécuter les opérations relatives aux flux financiers.

II.1.6.9. L’auditeur interne et gestionnaire informatique

L’auditeur interne est chargé de donner rapport à l’AG et au CA après vérification de toutes les opérations effectuées par les agents de la coopec.

Le gestionnaire informatique est chargé de la gestion de l’équipement informatique de la coopérative qui enregistre toutes les opérations effectuées sur des fichiers appropriés.

                                             ORGANIGRAMME

Assemblée générale (AG)

Organe : CA, CS

Directeur gérant

Operateur de gestion

Directeur administratif et financier

Gestionnaire informatique

Chef d’épargne

Chef des agents de crédit

Trésorier

Comptable

Gestionnaire du personnel

Auditeur interne

Animateurs

Les agents de crédits

Chef caissier

Les assistants

Sentinelles ; chauffeur mécaniciens

Les caissiers

Source : Dépliant / coopec Kalundu

II.2. CHOIX ET DESCRIPTION DE L’ECHANTILLON

  1. Choix de l’échantillon

Un échantillon est un ensemble d’individus extraits d’une population étudiée de manière ç ce qu’il soit représentatif de cette population, au moins pour l’objet de l’étude.

La notion d’échantillon étant associée à la fiabilité des résultats obtenus, celui-ci doit posséder les mêmes caractéristiques que la population que l’on souhaite étudier c’est-à-dire permette d’estimer avec une marge d’erreur acceptable les caractéristiques de la population qui nous intéresse à partir des résultats de l’analyse de cible de l’échantillon, on parle alors d’échantillon représentatif de la population étudiée.

Il existe plusieurs méthodes utilisées pour faire le choix d’un échantillon, dans le cadre de notre travail, nous allons utiliser celle développée par COCHRAN. La population cible de cette étude sera constituée de tous les membres de cette coopérative, l’objectif assigné à cette pré-enquête sera de nous permettre à déterminer la taille de l’échantillon et de tester la validité du questionnaire à utiliser pour l’enquête proprement-dite.

Tableau No 1. Répartition des membres de la coopec Kalundu

ACTIVITES

NOMBRES

Epargnants

21.026

Epargnantes

8.083

Emprunteurs

2.586

Emprunteuses

1.009

Total

32.704

Source : nos enquêtes

  1. Détermination de l’échantillon

Notre population est constituée de 32.704 membres à enquêter, cependant nous pouvons partir des hypothèses suivantes pour déterminer cet échantillon :

  • Supposons que la distribution des ménages est normale ;
  • Supposons que le degré de précision est de 95% ;
  • Supposons que le seuil de signification est de 5% ;
  • Supposons que la marge d’erreur (d) est de 10% ;
  • Supposons que la proportion des répondants (p) est de 50% ;
  • Supposons que la proportion des non répondants (q) est de 50%.

Selon COCHRAN,

La taille de l’échantillon (ɳc) est donnée par    où

n0= (Zá¼€/2)2 d2avec  valeur intégré ; P : proportion des répondants ; q : proportion des non répondants ; N : taille de la population ; d : marge d’erreur ; : taille de l’échantillon non corrigée.

n0 =  = = = 96,04 ̴̱ 96

Pour répartir cet échantillon, nous devons d’abord calculer le taux de sondage qui nous facilitera la répartition, en considérant les clés de répartition suivantes : 2, 1, 1, 2, 1.

Taux de sondage =  = =  0,0029 ̴̱ 0,003

Tableau No 2. Répartition de la population selon leurs localisations

NOMBRES

KALUNDU

SONGO

MULONGWE

KAVIMVIRA

LUVUNGI

TOT

Epargnant(e)

8317

4158

4158

8317

4158

29109

Emprunteurs

1027

514

514

1027

514

3595

%

28

14

14

28

14

100

Source : nos enquêtes et calculs

Ceci étant, nous pouvons alors calculer combien des personnes allons-nous considérer comme échantillon :

Kalundu : 9344 X 0,003 = 28,032

Songo : 5032,4 X 0,003 = 15,097

Mulongwe : 5032,4 X 0,003 = 15,097

Kavimvira : 9344 X 0,003 = 28,032

Luvungi : 5032,4 X 0,003 = 15,097

TOTAL : (15 X 3) + (28 X 2) = 45+56 = 101 personnes.

N.B : pour faciliter nos enquêtes nous allons réduire notre échantillon à 100 personnes                                                                                              

Tableau No 3.  Répartition de l’échantillon selon les guichets

Kalundu

Songo

Mulongwe

Kavimvira

Luvungi

Total

Répartition

28-0,5

15

15

28-0,5

15

100

%

27,5

15

15

27,5

15

100

Source : nos calculs

II.3.  TECHNIQUE DE TRAITEMENT DES DONNEES

Pour traiter les données, nous allons recourir à la statistique descriptive, à un paramètre de position qui est destiné à définir les valeurs centrales ou caractéristiques de la série étudiée.

Il indique globalement où se situe principalement les valeurs numériques qui résument une série en caractérisant l’ordre de grandeur des observations.

La mesure de tendance centrale la plus utilisée sera la moyenne ; la moyenne arithmétique d’une série statistique est sans contexte le paramètre le plus connu parmi ceux destinés à définir une valeur centrale. Elle se définit comme étant égale à la somme des observations divisées par l’effectif de la série. On le lit : « X barre » pour un échantillon Ï»(mu) pour une population.

[1]  Banque commerciale congolaise, règlement des opérations, v-Fr…, Ed. S-éd. 1992, p.15

[2]Zviebodie et robert Merton, finance, v-Fr…,2è éd, Ed. Nouveaux horizons, paris, 2007, p.59

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