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CHAPITRE I. LES CONSIDERATIONS GENERALES

Ce chapitre présentera les différentes théories sur les notions de crédit, de l’épargne, de l’investissement et de prêt concernant les institutions de micro finance. Nous allons commencer par situer le cadre conceptuel, avant de pouvoir donner les généralités sur l’étude.

I.1. CADRE CONCEPTUEL : DEFINITION DES CONCEPTS

Dans cette partie, nous allons présenter les différents clés dans le cadre de notre sujet de recherche, il s’agit notamment des concepts suivants : le crédit, l’épargne, la coopérative, et l’investissement.

I.1.1. LE CREDIT

Du latin « credere » qui signifie, « croire », avoir confiance. Plusieurs auteurs définissent le crédit comme étant un transfert temporaire ou une location des richesses[1].

Pour J.W.MOLLOR, le crédit est une opération d’échange d’un bien ou d’une quantité de monnaie contre une créance à terme[2]. Dans le cadre de la gestion des coopératives et mutuelles d’épargne, le crédit est la location d’argent par celui qui en possède plus à celui qui en possède moins, d’où les vocables  « capacité et besoin de financement ».

Pour  A.MARTINET, le crédit est un acte de confiance se traduisant par un prêt en nature ou en espèce consenti en contrepartie d’une promesse de remboursement dans un délai généralement convenu à l’avance ; le crédit implique donc une réputation à la solvabilité[3],

Maurice Dénis définit quant à lui le crédit comme étant l’acte d’échange dont les prestations de deux parties, au lieu d’être simultanées sont dissociées dans le temps[4].

Pour en retenir que la définition donnée par G.PETIT-DITAILLIS cité par Farouk BOUYAKOUB, « faire crédit c’est faire confiance, c’est donner librement la disposition effective et immédiate d’un bien réal, ou d’un pouvoir d’achat, contre la promesse que le même bien ou un bien équivalent vous sera restitué dans un certain délai, le plus souvent avec une rémunération du service rendu et du danger encouru, danger de perte partielle ou totale que comporte la nature même de ce service.[5]

En effet cette définition permet de mettre en place ou évidence, les trois supports du crédit à savoir le temps, la confiance et la promesse ; car il ne peut y avoir de crédit en l’absence de ces trois éléments.

Le risque lié à l’opération du crédit est celui de perte de la créance, qui peut être partiel ou total.

I.1.2. L’EPARGNE

L’épargne est la fraction du revenu d’un agent économique qui n’est pas consommée immédiatement, comme le revenu, l’épargne est un flux qui vient modifier la valeur du patrimoine (qui est en stock).

La désépargne désigne le fait de transformer une épargne en consommation, ce terme ne concerne en général que l’épargne placée. Lorsque l’épargne thésaurisée diminue et que les signes  monétaires oisifs sont remis en circulation, le terme de thésaurisation est plutôt employé.

Il Ya différents motifs qui peuvent être à la base de l’épargne :

  • La consommation différée pour satisfaire ultérieurement des dépenses de consommation  relativement importantes par rapport au revenu ;
  • La précaution pour faire face à des dépenses aléatoires
  • La constitution d’un patrimoine.

L’épargne a toujours été en relation avec l’investissement qui est lui-même à la cour de la dynamique économique. Dans l’optique libéralisme,  l’épargne est fonction du taux d’intérêt qui récompense la renonciation à une consommation immédiate et détermine donc le partage entre la consommation et l’épargne, elle est donc indispensable pour un financement sain de l’investissement

I.1.3.  LA COOPERATIVE

La Coopérative est une association de personnes qui se mettent librement ensemble pour épargner, afin de pouvoir se prêter les unes aux autres en cas de b »soin contre un taux d’intérêt normal[6]

Le service demandé  par des associés est donc celui de la mise en sécurité de leurs épargnes grâce auquel ils se procurent         des crédits pour promouvoir leur situation socio-économique. Elle se distingue de l’entreprise capitaliste par l’application d’un certain  nombre de principes dont :

  • L’adhésion est libre, chaque personne est admise dès qu’elle a sa part ;
  • Chaque coopérateur ne dispose que d’une voix, quel que soit son apport en capital ;
  • L’apport en capital est rémunéré par un intérêt et non par une part du bénéfice ;
  • Le profit ne constitue pas l’objectif de la coopérative, elle vise à fournir des avantages à ses membres (emploi, prix réduits, etc…)

L’alliance coopérative internationale (ACI) définit la coopérative comme étant une association autonome des personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs, aux moyens d’une entreprise dont la propriété et la collectivité et /ou le pouvoir est exercé démocratiquement.

La coopérative d’épargne et de crédit est définit aussi comme étant une organisation économique dont les adhérents détiennent collectivement la propriété, participent démocratique ment à la gestion et se répartissent les excédents au prorata non pas de leurs apports en capital mais de leur utilisation de ce service ou de leur participation à ces activités[7].

I.1.4.  L’INVESTISSEMENT

Pour J.M.keynes, l’investissement désigne l’achat par un particulier ou une société d’un avoir, ancien ou nouveau[8]. L’investissement peut être en immeuble, en machine ou en stock des produits intermédiaires ou finis.

L’investissement correspond par conséquent à l’augmentation de l’équipement en capital que celle-ci porte sur le capital fixe, le capital circulant ou le capital liquide.

Pour J.MARGERIN et AUSSET, l’investissement est un emploi à long terme[9]. Investir c’est sacrifier les ressources aujourd’hui dans le but d’en tirer d’avantage dans l’avenir.

I.2.  GENERALITES SUR L’ETUDE

I.2.1.  NOTIONS SUR L’EPARGNE

Après avoir développé les différents concepts ci hauts présentés, nous pouvons dire que les ménages, les individus, les administrations étant à la fois consommateurs et épargnants, il est évident que nous puissions faire une analyse de l’épargne dans les points ci-dessous présentés.

I.2.1.1. Les déterminants de l’épargne

Les facteurs qui déterminent l’épargne sont :

  • Le revenu : bon nombre d’auteurs insistent sur le revenu courant, le revenu relatif ou le revenu permanent.
  • Le taux d’intérêt et le taux d’inflation : la hausse du taux d’intérêt stimule l’effort d’épargner (effet de substitution lié à une meilleure rémunération), mais d’un autre côté, elle permet de recevoir un revenu équivalent pour un effort plus faible (effet revenu.

C’est ainsi que le taux d’intérêt est alors à la base de distance entre l’épargne placée et l’épargne thésaurisée car une hausse de celui-ci favorisera l’épargne placée au détriment de l’épargne thésaurisée (mais n’augmente pas le volume global de l’épargne)[10].

Le taux d’intérêt et le taux d’inflation sont pris en compte simultanément dans le calcul économique des agents, car l’anticipation d’une augmentation du taux d’inflation pousse le ménage à maintenir la valeur de leur réserve monétaire, ils augmentent alors leur épargne en investissant. L’on comprend que la désinflation s’accompagne d’une diminution du taux d’épargne.

  • Le régime de retraite : stimulerait l’épargne dans la mesure où le montant de la retraite de l’argent apparait directement lié à son effort personnel.
  • Le patrimoine : plus il est élevé par rapport au revenu, plus certains motifs qui incitaient à épargner perdent leur force, mais les motifs de précautions ou de prévoyances deviennent moins puissant puisque, déjà existe la possibilité en cas de faillite de vendre l’un ou l’autre des éléments du patrimoine.

I.2.2.2. Les formes de l’épargne

Il existe deux types d’épargne :

  • L’épargne liquide : ce type d’épargne permet de disposer de son argent immédiatement, ce sont des ressources disponibles et utilisées pour le quotidiens ; il s’agit par exemple du compte courant, d’un livret jeune,…
  • L’épargne financière : celle-ci permet de faire fructifier son capital et de bénéficier ainsi des plus-values ; il s’agit d’un investissement rémunérateur.

L’épargne financière peut être constituée des sommes d’argent placées à la banque, des produits financiers d’investissement immobilier, lesquels peuvent être financés par le particulier lui-même mais aussi par le biais de son employeur (entreprise).

L’épargne liquide correspond donc aux motifs de précaution et de consommation différée, elle est plus souvent retrouvée dans les comptes à vue ; l’épargne financière est orientée vers les emplois financiers (l’épargne sous forme d’action, d’obligation, etc.), soit vers les actifs réels (épargne non financière), elle correspond généralement à des objectifs biens précis.

I.2.2.3. L’emploi de l’épargne

Il existe plusieurs façons d’employer l’épargne dont chacun en utilise selon son gré :

  • La thésaurisation : qui est le fait de conserver des valeurs, qu’elle qu’en soit la forme ;
  • Le placement : c’est prêter son épargne à un ou plusieurs autres agents économiques en passant par un intermédiaire financier (caisse d’épargne, banque).
  • Investir : l’épargne peut être utilisée pour acheter des valeurs mobilières.

I.2.2. NOTIONS SUR L’INVESTISSEMENT

Dans cette partie nous allons considérer l’investissement selon différentes approches, à savoir : l’approche comptable, financière et économique.

I.2.2.1. L’approche comptable

Dans cette approche, l’investissement de tout bien meuble ou immeuble corporel ou incorporel, acquis ou crées par la même forme dans la même entreprise.

Cette approche l’accent sur la durée de vie de l’investissement, qui dépasse celle de l’exercice comptable ; et les biens dont il est question se retrouvent sous la rubrique « valeurs immobilisées engagées » constituant essentiellement la classe deux du PCGC.

Dans, ce cadre nous distinguons deux types d’immobilisations :

  • Les immobilisations liées à l’exploitation : ce sont les biens de toute nature, corporels ou incorporels, meubles ou immeubles, acquis ou crées par l’entreprise non pour être vendu ou transformés, mais pour être utilisés de manière durable comme instruments de travail et qui sont en quelque sorte des immobilisations productives.
  • Les immobilisations hors exploitation : ce sont celles qui ne sont pas directement productives, mais dont l’acquisition ou la création par l’entreprise répond à d’autres préoccupations, comme par exemple : l’achat d’un terrain ou d’un immeuble à des fins spéculatives, des réalisations sociales (restaurant d’entreprise, centre de santé), l’amélioration des conditions d’hygiène et de sécurité,…

I.2.2.2. L’approche économique

Par cette approche, l’investissement représente tout sacrifice des ressources fait aujourd’hui qui vise à obtenir dans le futur des résultats échelonnés dans le temps mais d’un montant total supérieur à la dépense initiale.

I.2.2.3.  L’approche financière

Dans ce cas, l’investissement représente un ensemble des dépenses générant sur une longue période de revenu, de sorte que les remboursements de la dépense initiale soient assurés. Pour financer ses investissements, un agent économique dispose des différents moyens substituables ou complémentaires ; la première alternative qu’il doit trancher concerne le recours à un financement interne ou externe et la seconde intervient lorsqu’il recourt à l’investissement externe, il doit alors choisir entre financement direct et indirect[11].

I.2.2.4. Les déterminants de l’investissement

  • La rentabilité

Un investissement est rentable si son coût est inférieur aux revenus qu’il entraînera, l’entrepreneur fait donc un calcul de rentabilité en comparant le coût de l’investissement et son rendement espéré, il en déduit le profit (p) escompté de l’année 1 à l’année n :

P1 + P2 + … + Pn. L’investissement est réalisé si P1 + P2 + … + Pn est supérieur à zéro. On calcule ainsi un rendement qui est égal au rapport entre les profits escomptés de l’investissement et ses coûts.

Dans une approche rationnelle des agents économiques, la rentabilité est la variable déterminante, la réalité montre pourtant que la décision d’investir n’est pas totalement rationnelle.

  • L’anticipation de la demande effective

La demande effective est essentielle du point de vue keynésien, une anticipation à la hausse a un effet incitatif : une entreprise maintiendra et a postériori  accroitra sa production si elle prévoit un accroissement des débouchés.

La réalisation de l’investissement pour répondre à une telle anticipation suppose toutefois plusieurs conditions : la saturation des capacités de production (sinon le surcroit de demande sera satisfait par une plus grande utilisation des équipements actuels), la capacité de répondre en termes de qualité et de prix (pour qu’un surcroit de production trouve preneur).

  • Le taux d’intérêt

C’est le revenu engendré par un capital prêté et versé par l’emprunteur (débiteur) au préteur (créancier). C’est le pourcentage du capital prêté ou encore la somme versée par l’emprunteur à son préteur en rémunération du prêt qui lui a était accordé.

C’est le cout du crédit exprimé en pourcentage de la valeur de la dette, il est aussi le prix payé par les établissements sur les dépôts exprimé en % de la somme déposée[12].

Dans notre compréhension, le taux d’intérêt c’est la portion versée au préteur par l’emprunteur en compensation avec le capital prêté .L’endettement contribuant à financer l’investissement, vaut mieux que le taux d’intérêt (coût de l’endettement) soit inférieur au taux de profit, il s’agit du taux d’intérêt réel (taux nominal diminué de l’inflation). Si le taux d’intérêt est supérieur à la rentabilité économique, l’entreprise a intérêt à se désendetter ou à placer son épargne, un taux d’intérêt réel élevé décourage plutôt l’investissement de l’entreprise.

Variables qui influencent la valeur du taux d’intérêt

La formation du taux d’intérêt tel que résultant du mécanisme de l’offre et de la demande est soumise à des influences diverses. Ces influences ont des incidences sur le comportement des prêteurs et des emprunteurs et se répercutent concrètement dans le niveau des taux et deviennent des variables purement exogènes du point de vu de la microéconomie financière. Quatre variables sont déterminantes :

  1. La conjoncture ou l’intensité de l’activité

En phase de reprise ou de croissance rapide, les investissements (de capacité et d’innovation) augmentent. D’où l’augmentation de la demande des crédits, raréfaction des liquidités chez les prêteurs avec comme conséquence finale haussée de taux d’intérêt toute chose restant égale par ailleurs.

En phase de ralentissement après croissance, l’offre de monnaies non utilisées devient pléthorique par rapport à une demande en baisse, les entreprises commencent à limiter leurs investissements à des remplacements et à des rationalisations  voire à dissimiler et si rien ne change par ailleurs, il y aura baisse de taux d’intérêt.

  1. Le volume de stock monétaire national

Quand la quantité réelle (sans inflation) de monnaie en circulation augmente face à une demande des fonds stable alors que le marché est en équilibre, le taux d’intérêt baisse.

Quand la demande des fonds est croissante dans un marché en équilibre avec une offre de monnaie stable, le taux d’intérêt s’accroit.

  1. c) L’internationalisation de l’économie

Le déficit de la balance commerciale d’un pays ou des finances publiques peut entrainer la banque centrale à défendre une monnaie  nationale par le relèvement des taux  du marché monétaire et  par l’encadrement du crédit. Ceci entraine un rapport de force des priorités monétaires.

  1. Les pressions inflationnistes

Les taux d’intérêts sont tributaires des anticipations inflationnistes. Les préteurs rationnels qui s’attendent à une hausse du niveau général des prix relèveront ses conditions d’offre pour se prémunir contre la dépréciation de son capital. Les taux nominaux vont donc augmenter sous l’impulsion de l’effet prix[13]

I.2.2.5. Classification des investissements

Selon le critère d’objectif poursuivi, les investissements peuvent être classés en trois catégories :

  • L’investissement productif : maintien de la capacité, accroissement de la capacité, l’amélioration de la production et diversification de la capacité
  • L’investissement obligatoire : respect de la législation, respect de la convention collective ou d’un accord d’entreprise ;
  • L’investissement stratégique : celui-ci est offensif et définitif.

I.2.3. IMPORTANCE DE L’INVESTISSEMENT

Comme le capital est un facteur de production produit, une société peut changer le volume du capital dont elle dispose.

Si l’économie produit aujourd’hui une grande quantité des nouveaux biens, alors elle dispose demain d’un grand stock de capital et elle sera capable de produire tous les biens et services en quantité plus importante. Ainsi, une façon d’augmenter la productivité future est d’investir davantage des ressources courantes dans la production de capital.

Un des dix principes de l’économie stipule que les individus sont confrontés à des arbitrages, ce principe est particulièrement important lorsqu’il concerne l’accumulation du capital.

Comme les ressources sont rares, consacrer davantage des ressources à la production de capital nécessité de consacrer moins des ressources à la production des biens et services  qui satisfont la consommation courante.

Cela signifie que, pour qu’une société puisse investir plus dans le capital, elle doit consommer moins son revenu courant et en épargner une plus grande part. la croissance issue de l’accumulation du capital n’est pas gratuite : elle requiert que la société sacrifie des biens et services au présent afin de pouvoir consommer plus dans le futur[14].

I.2.4.  NOTIONS SUR LE CREDIT

Aucune économie ne peut nier le rôle que joue le crédit en matière de facilitation des échanges, stimulation de la production, d’amplification du développement, et en fin  son rôle d’instrument de création monétaire[15].

Au sujet de l’effet multiplicateur de crédit dans le développement économique,  Schumpeter, dans sa contribution concernant l’étude des conditions de financement de l’évolution économique, il va donc rompre avec l’analyse classique du financement des investissements, selon laquelle l’épargne peut effectuer le financement.

Pour cet auteur, les banques vont financer les investissements par la création de nouveaux moyens de paiement et non pas, par une épargne préalable déposées chez elle[16].

Le crédit englobe trois éléments essentiels à savoir :

  • Le temps : pendant lequel l’emprunteur du bien prêté et le prêteur se prive de la jouissance de ce bien ;
  • La confiance : fait par le créancier au débiteur, donc obtenir un crédit c’est bénéficier de la confiance, la promesse de réalisation du prêt ;
  • Le prix du crédit et l’intérêt : le service rendu se voit clairement quand on compare le poids du gain prêté et celui de la récolte obtenue, et on peut partager le bénéfice avec le prêteur.

I.2.4.1.  Les instruments de crédit

Selon F.MISHKIN, il existe quatre principaux types d’instruments de crédit, si on le distingue par la manière dont leur flux de paiement se répartit dans le temps[17].

  • Le prêt simple : comprend le prêt d’un montant pour une période donnée, appelée maturité au terme de laquelle, le principal est remboursé augmenté d’intérêts
  • Le crédit à versement constant (ou à mensualité ou annuités fixes) prévoit que l’emprunteur effectue une série de versement de montants égaux à chaque période (mensuelle ou annuelle) pendant la durée du prêt. Ces montants incluent à la fois le remboursement du principal et des intérêts.
  • L’obligation classique : prévoit le paiement annuel d’un montant fixe correspondant aux intérêts jusqu’à la maturité du prêt, et le règlement à cette date d’un montant correspondant en général au remboursement du principal ; une obligation est identifiée par trois informations : le nom de l’entité, la date de l’échéance et le taux nominal.
  • L’obligation zéro-coupons : est émise à un prix inférieur de sa valeur faciale (valeur nominale, montant de la dette nominale, celui par rapport auquel on calcule les intérêts).

Une caractéristique de toute obligation, qui influence un taux d’intérêt est son risque de défaut c’est- à- dire celui de voir son émetteur se trouver dans l’incapacité de payer les intérêts ou de rembourser le principal lors de son échéance.

On considère en général que les agents économiques ont de l’aversion envers le risque, spécialement dans les décisions en matière financière, et donc que toute chose restante égale par ailleurs, plus le risque d’un actif relativement aux autres augmente, la demande pour cet actif diminue.

I.2.4.2.  Typologie de crédit

JOHN STUART classe les différents types de crédit en fonction de certains critères notamment la durée, le degré de libéralité des banques et leur objet[18].

Selon la durée, on distingue :

  • Les crédits à court terme : sont des crédits dont la durée est inférieure à deux ans, généralement consentis par les banques de dépôts, peuvent rentrer dans cette catégorie : les bons de trésor, les engagements par signature (aval, caution, acceptation), les crédits par caisse (escompte, avance en compte courant, facilité de caisse ou découvert), les crédits de campagne,… l’entreprise sollicite ce genre de crédit pour réaliser une opération d’exploitation qui, une fois terminée, servira à rembourser à son banquier.
  • Les crédits à moyen terme : s’étendent approximativement entre deux et sept ans au maximum, ces crédits oscillent entre les crédits à court terme et les crédits à long terme. Certains les appellent « des crédits à long court terme » ; ils servent au financement des activités rentables à moyen terme
  • Les crédits à long terme : peuvent, en matière commerciale commencer à cinq ans, mais au point de vue des finances de l’Etat, cette durée ne constitue véritablement pas du long terme il faut qu’elle soit encore plus longue. C’est ainsi que l’on définit ces crédits à partir de sept ans, les entreprises préfèrent ce genre de crédit lorsqu’elles investissent dans des projets qui ne donneront des résultats qu’à long terme.

Selon le degré de libéralité des banques, on distingue les crédits mobilisables et les crédits non mobilisables. On parle des crédits mobilisables lorsque la banque centrale autorise à une banque commerciale de débloquer un crédit et lui donne en même temps son accord sur le refinancement d’une partie du crédit et l’autre partie que la banque refuse de refinancer est appelée crédit non mobilisable.

Selon leur objet, on distingue généralement les crédits d’exploitation qui sont destinés à faciliter la commercialisation des biens produits ou achetés en finançant  les frais de livraison, d’après-vente, de publicité, etc…

Nous constatons que ces crédits ont une courte durée car le cycle d’exploitation d’une entreprise est généralement inférieur à une année, il y a aussi les crédits d’investissement qui sont destinés à l’acquisition soit des investissements corporels ou incorporels.

I.2.4.3.  la spécification du marché du crédit

La plus grande caractéristique du marché de crédit est le non-paiement du montant prêté, comme tous les autres marchés, le marché de crédit est déterminé par la loi de l’offre et de la demande de crédit.

Pour W.MASIERI, ce service rendu par A (créancier) à B(le débiteur), cette mise en disposition de B d’un capital suppose, au bénéfice de A une rémunération appelée intérêt et qui n’est pas autre que le loyer de l’argent payé[19].

Sur le marché de crédit, le prêteur et l’emprunteur échange une promesse de remboursement à l’échéance alors que sur le marché des biens et services la livraison des biens par le vendeur et le paiement par l’acheteur sont simultanées. Le non remboursement du montant du montant emprunté peut provenir de plusieurs causes notamment, un emprunteur peut s’avérer incapable de rembourser ses dettes pour cause de surendettement. De même une entreprise cliente peut se retrouver en situation de cessation de paiement suite à la dévalorisation de son actif « risque d’actif », les prêteurs se préoccupent donc d’évaluer la qualité de la promesse de l’emprunteur c’est-à-dire sa probabilité de défaillance ; il existe ainsi une asymétrie d’information entre le prêteur et l’emprunteur.

I.2.4.4.  les instruments traditionnels de la gestion du risque de crédit

L’activité de coopérative d’épargne et de crédit à l’instar de celle des autres établissements de crédit, génère des risques susceptibles de mettre en péril les épargnes de leurs membres[20].

La micro finance ressemble de plus en plus à une machine à risques, elle les prend, les transforme et les incorpore aux services et aux produits qu’elle offre

S.de COUSSERGUES estime que le système financier est dès lors une nécessité et est au cœur de la vie économique et du processus de croissance ; partenaires habituels des entreprises, des particuliers, mais aussi des associations ou des collectivités locales, elles sont quotidiennement confrontées à la prise de décision en avenir risqué[21].

Le processus de gestion du risque de crédit comprend quatre phases :

  • La détermination des critères des actifs risqués : la coopérative doit se doter de ces critères pour l’ensemble de ses produits de prêt, il s’agit des critères auxquels se réfèrent les agents de crédit dans l’analyse des dossiers de prêts.
  • L’étude du dossier : dans cette étude, la coopérative doit procéder à une segmentation assez fine de son portefeuille en classifiant ses clients par catégorie sur base de certains critères (le total des revenus mensuels, le secteur d’activité, la nature de l’activité, le sexe,…)
  • La mise en place du crédit : après l’étude du dossier le chargé du prêt le transmet au comité de crédit qui effectue une contre analyse avant de donner son avis. Dans cet avis, le comité de crédit doit se conformer en particulier aux principes généraux adoptés par l’institution ; lorsque la décision d’octroi du crédit a été prise, le prêt ne doit pas être mis en place tant que les garanties requises n’ont pas encore été déposées par le client.
  • Le suivi du crédit : s’opère à deux niveaux à savoir le suivi individuel qui est mené à travers les étapes périodique des comptes des clients bénéficiaires ; et le suivi de l’ensemble du portefeuille qui peut se conduire au moyen d’une balance âgée qui est un tableau qui énumère l’ensemble des bénéficiaires de crédit ainsi que les remboursements effectués dans le temps.

I.2.4.5.  La politique de crédit

La politique de crédit est un ensemble de mesures politiques visant à réduire les coûts liés au crédit tout en maximisant les avantages. Une période de crédit est une longueur de temps pendant laquelle le crédit est accordé aux clients.

Les établissements de crédit peuvent allonger ou serrer la durée du crédit en fonction des  normes du secteur, des objectifs de l’entreprise. Cependant, aves les établissements de crédit actuels, la période de crédit est di serrée que les clients n’ont pas de place pour l’ajustement en cas de changement de situation.

Une politique de crédit énonce des lignes directrices qui sont suivies dans l’octroi de crédit aux clients y compris les procédures de recouvrement des prêts en souffrance ; elle est donc importante en raison de son impact sur la fidélisation de la clientèle et des stratégies de communications adoptées par les institutions de micro finance.[22]

A la politique de crédit rigoureuse se détourne de client des clients potentiels et ralentit la croissance du portefeuille de prêts qui abaisse la fidélisation des clients considérant qu’une politique de crédit libérale attire les clients qui payent de manière lente et augmente le taux d’arriéré. Par conséquent une bonne politique de crédit est celui qui établit un équilibre entre la fidélisation de la clientèle et la défection de faciliter l’extension.

Les institutions de micro finance ont la politique de crédit comme l’une de leurs principales activités qui lisse leur capacité de fonctionnement, compte tenu du fait que qu’ils sont censés accorder des crédits aux clients.

Donner un crédit est l’activité la plus controversée et risquée, car il est regardé par les vendeurs et les acheteurs. VAN HORNE raconte que les vendeurs se penchent sur le crédit à la consommation comme une opportunité pour gagner pour gagner un avantage commercial concurrentiel sur les autres (concurrents) en élargissant la part de marché et l’attrait général de la population qu’ils desservent ; et pour l’acheteur, elle le regarde comme un moyen de l’exploiter, généralement lui faire dans le retour[23].

Le crédit à avancer doit être précisé, les longueurs de la durée de crédit, l’intérêt et la façon dont il est accusé doivent tous être prévus, la réduction de la trésorerie, de la période et les modalités de remboursement doivent aussi être prévus. La façon dont ces trois aspects sont structurés a eu un effet de brûlure sur le bénéfice de prêts, délai moyen de recouvrement et les frais d’emprunt. Van horse a noté que les effets exacts de la décision de modifier l’une de ces trois composantes du terme de crédit dépendent de la direction et de degré de changement.

La plupart des institutions de micro finance n’ont pris aucune mesure de recouvrement de crédit systématiques mélangées sur les ruraux pauvres, elles ont juste recouru à des technique de collecte plus agressifs comme la confiscation des biens et l’expulsion des clients de l’établissement implanté.

  • La fidélisation des clients

Fidéliser un client, c’est créer une relation entre l’entreprise et son client ou encore créer une relation de confiance qui finit toujours par apporter des avantages non négligeables aux deux parties. En ce sens le marketing relationnel joue un rôle fondamental car il cherche à créer et animer « une relation » entre une marque et son marché cible (clientèles établis ou clients potentiels).

La communication est donc le moteur de cette relation, qui permettra d’encourager la fidélité par des avantages comme des invitations, des informations en avant-première, des produits exclusifs, des rabais particulier,…[24]

  • Importance de la fidélisation

Selon travaux empiriques de Reichehld(ND), l’importance de la fidélisation est qu’à court terme sur des marchés de plus en plus saturés, où la situation concurrentielle s’endurcit, il apparait que le coût des prospections des nouveaux clients est supérieur aux coûts de conservation des clients.

Dans cette hypothèse, un opérateur rationnel préfère investir pour conserver les clients qu’il a, plutôt que de tenter de conquérir les clients servis par d’autres fournisseurs ; à moyen et long terme les études montrent qu’il existe en longue période une corrélation entre capacité d’une organisation à fidéliser ses clients (taux de rétention élevé) et ses résultats concrets (exprimés en part de marché, en rentabilité et en croissance).

Les entreprises qui sont en mesure de conserver leur bade clientèle et en particulier leurs «  bon clients »sont celles qui, non seulement résistent le mieux aux dépressions conjoncturelle mais aussi sont les plus capables de financer leurs projets  de développement.

  • Les raisons pour fidéliser ses clients

Il s’agit des raisons suivantes :

  1. une croissance constante permet à l’entreprise de recruter et surtout de conserver les salariés à plus fort potentiel. Etant donné que la société apporte plus des valeurs aux clients, ceux-ci seront toujours plus satisfaits des produits et services offerts et en parleront en positif autour d’eux, ainsi les employés auront plus de fierté à travailler dans une telle entreprise et n’en seront que plus loyaux.
  2. Les employés fiers, stables et loyaux apprennent d’eux-mêmes à améliorer leurs processus et outils de travail afin de toujours gagner en productivité et diminuer les coûts de fonctionnement, tout en améliorant la qualité, ce qui augmente encore la valeur apportée au client
  3. Avoir des clients loyaux (fidèles) renforce la productivité et l’efficacité, ceci entraîne un avantage au niveau des coûts difficilement égalables pour la concurrence : cet avantage lié à la croissance constante des clients loyaux engendrent des grandes plus-values pour l’entreprise.

I.2.5.  NOTIONS SUR LE PRET

Le prêt se mêle au jeu de l’épargne et l’investissement en anticipant par la création monétaire, sur la formation de l’épargne et l’acte, le banquier et l’acte d’investissement[25].

Dans notre étude, la notion de prêt nait historiquement d’une séparation progressive des notions d’épargne et d’investissement. L’évolution des idées est ainsi marquée par des points ci-dessous évoqués.

1°. Sortes de prêt

Il existe :

  • Le prêt individuel : qui repose sur des prêts relativement importants assortis des garanties classiques comme des biens immobiliers, des véhicules, ou tout autre actif négociable. Ils sont normalement couverts par des garanties.

Il s’adresse le plus souvent à des acteurs économiques bien établis qui disposent d’actif pour nantir leurs prêts.

  • Le prêt de groupe (crédit solidaire) : étant donné que la micro finance aux plus démunis, elle propose le plus souvent à sa clientèle des prêts de groupe qui ont l’avantage de pallier l’impossibilité dans laquelle se trouvent le foyers les plus pauvres de fournir une garantie. Un prêt de groupe se divise en deux groupes : les groupes de caution solidaire qui repose sur la constitution, dans les villages, des groupes d’entraide et de garantir leurs prêt réciproquement ; et les caisses de crédit villageoises nées de la volonté de créer des institutions villageoises autonomes, elles sont dirigées et gérées par un trésorier et un président qui disposent d’un compte lui permettant de consentir des prêts.

2°  Paramètres de prêt

  • Destination du prêt : dans les environnements économiquement stables, les institutions financières offrent une gamme des produits de prêt qui peut inclure des avances des fonds de roulement, des prêts à l’habitat, des prêts à court terme pour les situations d’urgences, des prêts à long terme pour les biens d’équipement et des prêts à la consommation pour acheter des biens durables .
  • Montant du prêt « : un prêt est aussi une chance à saisir qu’une charge à assumer pour le client », il doit être d’un montant raisonnable pour que le client n’en devienne pas esclave ; il doit être utile au client et recouvrable par l’institution financière.
  • La durée du prêt : les prêts à long terme sont naturellement ceux qui préfèrent les clients, le prêt le plus avantageux n’est donc pas nécessairement celui qui s’étale dans le temps.

Le prêt consenti doit être lié au cycle de productivité de client ou en d’autres mots au temps qu’il faut à son activité pour créer un produit de valeur qui puisse être vendu pour engendrer un revenu.

  • Garanties : les garanties sont un moyen de s’assurer qu’un client respectera l’engagement qu’il a pris de rembourser son prêt ; ce sont généralement des actifs corporels qui peuvent être saisis par l’institution financière et vendus pour rembourser le prêt.
  • Le taux d’intérêt : les institutions de micro finance établissent de taux qui situent entre les taux de prêt bancaires et ceux des prêteurs informels car elles consentent des prêts de faible montant et supportent des coûts de transaction très élevé par rapport aux banques.

I.2.6. LA MICROFINANCE

Ce point nous a été utile de soulever parce qu’il constitue l’une de plus grandes activités exercées par les institutions des coopératives d’épargne et de crédit.

I.2.6.1.  DEFINITION DELA MICRO FINANCE

La micro finance désigne, tout au moins dans son acceptation financière au sens large, les prestations de service de petite taille dans le domaine de l’épargne du crédit et de l’assurance. De ce fait, les institutions de micro finance offrent effectivement des produits de petite taille relativement adaptés aux besoins d’une population spécifique.

Généralement cette population est caractérisée par son niveau de pauvreté et l’inaccessibilité aux prestations des services financiers offertes par le secteur formel. Si l’aspect finance se prête à une définition aisée, il en va autrement pour l’aspect « micro », que faut-il entendre par la micro finance ? La diversité des définitions telle qu’elle apparait à la lumière de la littérature spécialisée peut être regroupée sous quatre catégories[26] :

  • Une définition de nature quantitative cherchant à caractériser la micro finance par la taille des transactions,
  • Une définition de nature plus institutionnelle qui voit dans la micro finance des modalités d’économie d’échange fondées sur la solidarité et la proximité,
  • Une définition au sens large qui pousse la micro finance au-delà des frontières strictes de la finance,
  • Et enfin une définition normative qui conçoit les institutions de micro finance comme des alternatives aux échecs de marché dans le domaine spécifique du financement des petites et micro activités productives.

I.2.6.2.  LES FORMES INSTITUTIONNELLES DE LA MICRO FINANCE

Ces institutions revêtent plusieurs formes plusieurs formes, les modèles les plus connus sont les tontines, coopératives ou mutuelle de crédit et le modèle dit du« crédit solidaire ».

Les coopératives sont considérées comme les pionniers de la micro finance moderne, contrairement à d’autres institutions de micro finance, elles ne ciblent pas spécifiquement les clients pauvres bien qu’elles financent de façon significative les populations pauvres et ont pour particularité (par rapport à d’autres entreprises coopératives) de faire de l’intermédiation financière et leurs prestations de service portent sur l’épargne et le crédit.

Elles ont cette autre singularité d’être bi-fonctionnelles : elles associent deux fonctions dépendantes et en interaction (épargne et crédit) ; elles associent également deux catégories des coopérateurs hétérogènes et aux intérêts apparemment contradictoires (l’épargnant créditeur et l’emprunteur débiteur).

Dans sa forme pure, l’épargne des membres excédentaires est recyclée sous forme de crédit aux membres déficitaires ; dans son principe les membres s’associent pour regrouper leurs épargnes et se faire mutuellement crédit à des taux raisonnables, elles appliquent donc les principes généraux de la coopérative[27].

I.2.6.3.  L’ESPACE MICRO FINANCIER ET SON ENVIRONNEMENT

Cette partie présente l’évolution de la micro finance en RDC en général et au Sud-Kivu en particulier.

  1. Evolution de la micro finance en RDC

En RDC, la première institution qui n’existe plus comme telle aujourd’hui est apparue à Mbuji-Mayi en 1969 sous l’appellation de « caisse populaire coopérative », le projet de création de la coopérative de bankusu avait débuté en mars grâce aux efforts d’un comité d’étude composé des 16 membres (dont 2 femmes) groupés autour d’un prêtre zaïrois père Korse en qualité du conseiller.

Ce comité devait étudier ce qu’on appelle une caisse populaire de genre Raiffeinsen d’Allemagne et a examiné pendant une année pour s’adapter aux conditions locales, le règlement d’ordre intérieur des expériences des coopératives de Kenya et d’Ouganda qui fonctionnaient suivant ce modèle depuis 1984 et 1964.

La création effective de la coopérative d’épargne et de crédit eut lieu en mars 1971 ; en plus plusieurs ménages confrontés aux problèmes de pauvreté ont entrepris des activités nouvelles capables de générer des revenus et cette situation les a amené à concevoir des microprojets en qualité de micro finance.

En réponse à ces attentes, on assiste à l’éclosion d’une catégorie d’institutions chargées de mobiliser des ressources tant internes qu’externes capables d’octroyer des micros crédits, elles ont donc commencer à offrir des services financiers, des crédits et d’épargnes aux personnes plus démunies ne pouvant accéder aux avantages du système bancaire classique.[28]

Les acteurs impliqués dans ce secteur sont en RDC :

  • Des individus ou groupes de base bénéficiaire des services de micro finance ;
  • Les ONG de nature diverses, qui ont en leur sein des volets des micros crédits ;
  • Des systèmes financiers décentralisés (SFD) formels et semi-formels,…
  1. Catégories d’institutions de micro finance en RDC

Les institutions de financement décentralisées sn RDC peuvent être structurée en deux catégorie, à savoir les coopératives d’épargne et des crédits et les IMF au sens strict.

Dans un ordre quantitatifs, les coopératives représentent le premier secteur de financement de proximité en RDC, celles-ci procèdent à la collecte de l’épargne de leurs membres avant de leurs consentir du crédit. Trois sortes d’institutions de micro finance sont retenues dans l’instruction éditée par la BCC : il s’agit des entreprises de micro crédit de première catégorie ; les entreprises de micro crédit de deuxième catégorie et les sociétés de micro finance[29].

  • Les entreprises de micro crédit de première catégorie sont celles qui accordent à un client de micro crédit ne dépassant pas l’équivalent de 250 USD par cycle, sans nécessairement poursuivre un objectif lucratif, mais dans les conditions les garantissant leurs rentabilités et leurs pérennité. Elles ont vocation à se transformer en entreprise de micro crédit de deuxième catégorie ou en société de micro finance.
  • Les entreprises de micro crédit de deuxième catégorie : sont celles qui accordent des micros crédits à leurs clients dans un but lucratif, elles peuvent collecter l’épargne qui, si elles y sont autorisées à titre accessoire par la banque centrale.
  • Les sociétés de micro finance sont celles qui collectent l’épargne du public et lui octroi des micros crédits.
  1. Evolution de la micro finance au Sud-Kivu

Au Sud-Kivu s’est déroulé une révolution incessante dans le domaine de la micro finance depuis les années 1990. On a observé la montée des projets de développement à volet de crédit et des IMF de type Grameen Bank ou des banques privées, en premier lieu les ONG de développement existant ressentent le besoin de développer les activités de crédit au vu de la paupérisation de la population.

Et en outre, les banques privées, mutuelles de solidarité développèrent également des initiatives des crédits pour la promotion des paysans enfin de développer des multiples types de crédit peu structurés.

[1]  A. MASHIKANO, Economie monétaire, notes de cours, inédit, FSEG, UOB, Bukavu, 2007-2008, p.24

[2]  J.W.MOLLOR, Agriculture et développement, ISTRA, paris, 1970, p.180

[3]  Alain CH. MARTINET, lexique de gestion, paris, Ed. Dalloz, 1989, p.94

[4]  Maurice DENIS, lexique de l’économie et de la gestion, Bruxelles, Ed. Labor, p.69

[5]  G.PETIT-DITAILLIS, cité par Farouk BOUYAKOUB, l’entreprise et son financement, SL, Ed. Cabash, 2000, p.17

[6]  CERUKI, La problématique du développement au Kivu, acte du 3è colloque, BKV, ISP, 17-12 avril 1979

[7]  Collection «tiers secteurs » ; le mouvement coopératif en France, éd. CIEM, p.9

[8]  J.M.KEYNES, théorie générale de l’emploi, de l’intérêt de la monnaie, éd. PAYOT, paris, 1985, p.81

[9] J.MARGERIN et AUSSET, investissement et financement, SERDIOF, paris, 1990

[10] Bernard SIMLER(DIR), Initiation économique et  sociale, Armand colin, paris, 1987, p.281

[11] PHILEMON KATEBERA, cours de comptabilité nationale, UOB, FSEG, inédit, 2015-2016

[12] Alain BRUNO et Christian ELLEBOODE, Dictionnaire d’économie et de sciences sociales, ellipses ed marketing, 2010, p283

[13]PATRICK ARTUS, Catherine LUBOCH, NNSK, théorie financière des taux d’intérêt et gestion du risque du taux, PUF, paris, 1999, p52

[14] Gregory N.Mankiw et alii, principes de l’économie, v-Fr…, Ed. de Boeck, Bruxelles, 2010, p, 653

[15] Guy CAUDAMINE et jean MONIER, Banques et marché financiers, paris, Ed. Economica, 1998, p.142

[16] Sylvie DIATKINE, les fondements de la théorie bancaire : des textes classiques aux débats contemporains,   paris, Ed.Dunod, 2003, p.39

[17]  Frederick MISHKIN et alii, monnaie, banques et marchés financiers, 9è édition, paris, Ed. Nouvelles horizons, 2010, p.319

[18]  JOHN STUART, le crédit dans l’économie, PUF, paris, 1967, p.51-52

[19]  Walder MASSIERI, Mathématiques financières, 2è Edition, paris, Dunod, 2008, p.4

[20]  Journal officiel de la RDC, cabinet du président de la république, recueils des textes législatifs et réglementaires en matière de monnaie, de change, de crédit, de surveillance des intermédiaires financiers, 51è année, numéro spécial 20 janvier 2010, p.31  

[21]  S.DE COUSSERGUES, Gestion de la banque, paris, Ed. Dunod, 1982, p.4

[22]  Yoran F. cité par OMARI MALOBA, op.cit.

[23]  VAN Horne, cité par OMARI MALOBA, op. Cit

[24]  OMARI MALOBA, ibidem

[25]  Pierre Bruno RUFFINI, les théories monétaires, éd. Seuil, paris, p.199

[26]  Souleymane SOULAMA, micro finance, pauvreté et développement, v-Fr…, éd. AUF, paris, 2005, p.16

[27]  Souleymane SOULAMA, op. Cit, P.12

[28]  KANYURI, besoin de financement et offre de crédit au Sud-Kivu : insuffisance des IMF, discussion paper, n° 2005

[29]  KANYURI, op.cit

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