Table de matières
Depuis les années 70, le débat entre la capacité des campagnes Africaines à nourrir les villes ou à donner la priorité aux importations alimentaires est un sujet de grande controverse pour les économistes libéraux. Il est plus efficace de nourrir les villes Africaines avec les produits importés à de couts supérieurs de produits manufacturés. Cette approche conduit à marginaliser les commerçants et transporteurs locaux aux profits de l’Etat et des importateurs. (HAUT CHEUT 2003). Ces bassins d’approvisionnement sont parfois des zones frontalières, traduisant par voie de conséquence une intensité des échanges frontaliers notamment des produits manufacturés.
En Afrique, la quasi-totalité du sucre comme produit industriel manufacturé est utilisé pour alimenter l’énergie humaine. Le marché concentre aujourd’hui l’essentiel de l’activité et dynamisme du secteur commercial, informel frontalier, il est encore l’endroit où s’approvisionne la très grande majorité de la population de l’Afrique pour les produits manufacturés que pour le produit de base des premières nécessités. Le véritable moteur de l’activité économique comporte des magasins et entrepôts des grossistes importateurs et des vendeurs réguliers de marché. C’est la vente des produits manufacturés en particulier de tous ceux provenant de la fraude et ou de ceux qui seront écoulés par les réseaux du destin frontalier des grands commerçants ou par la petite entreprise contre bande (ARSENE 2015)
Or le développement industriel, devant soutenir les produits manufacturés n’a cessé d’entretenir l’espoir d’une meilleure autosuffisance avec insistance par certains congolais.
Dans l’entre temps le résultat du sondage d’opinion sur la perception de la pauvreté par la population congolaise (SOPPOC) indique que 79% de la population ne sont pas satisfaits de leur logement, 82% de la population ont déclaré ne pas être en mesure de se prendre en charge en matière de soins de santé, 84% des personnes sondées se disent en difficultés de s’habiller décemment.
Dans les activités du secteur tertiaire que connait la cité de Kamanyola, le commerce connait un essor assez considérable à travers le temps. Ces sucées concernent beaucoup des produits agro-alimentaires, manufacturés ainsi que les services (AMZAT 2009).
Notre attention a été particulièrement orientée sur le sucre, un produit manufacturé parmi le plus consommés.
C’est pourquoi nous avons intitulé notre sujet «impact du commerce frontalier des produits manufacturés sur le revenu des ménages de Kamanyola, cas du sucre»
Dans son évolution, le commerce a subi quelques transformations, tout d’abord c’était le troc, ici l’estimation commune des valeurs des biens échangés s’est posée et il fallait qu’il y ait désir simultané et réciproque des biens possédés pour les opérations sur le marché.
Aujourd’hui grâce à l’introduction de la monnaie, le commerce a connu un très fort développement qui consiste à s’informer, à identifier ce dont la clientèle a besoin et lui disponibiser et vendre en réalisant un bénéfice (AMZAT 2009).
L’image du Sud-Kivu, la cité de Kamanyola constitue la principale entrée qui approvisionne le sucre dans cette partie. La position tenue par cette cité dans l’approvisionnement à partir de Bugarama résulte de leur proximité, il se remarque une émergence et une intensification du commerce frontalier entre Kamanyola et Bugarama, pour y parvenir nous nous sommes posés les questions suivantes :
Dans cet ordre d’idée, nous sommes partis des hypothèses selon lesquelles :
Le choix de ce sujet, ne relève pas d’un hasard. Il est conditionné par l’importance des matières énergétiques que contient le sucre.
Signalons aussi sa consommation indirecte dans les besoins sucrées et alcoolisées.
Ainsi le travail présente un intérêt réel au point qu’en plus d’apporter l’éclaircissement sur le rôle du sucre que joue cette activité sur la diminution du chômage dans la cité de Kamanyola, il y a aussi cette dimension orientée vers les chercheurs pour leur documentation, les opérateurs économiques nationaux et étrangers, pourront interpréter l’évolution de la commercialisation du sucre et décider d’investir ou non, dans cette activité.
Dans ce travail nous utilisons la méthode dite comparative, statistique et la méthode descriptive.
Dans ce travail nous nous servirons plus de la technique documentaire, d’observation, d’enquête et de d’interview
Elle nous a permis de consulter et réunir les données dans les ouvrages, les articles, les œuvres, les sites web en rapport avec notre travail et les rapports dans la réalisation de ce travail.
Cette technique nous a été utile dans l’observation de transaction commerciale de la population de la cité de Kamanyola qui se rend au Rwanda et revient au Rwanda.
Dans le cadre notre travail, cette méthode nous a été utile pour réaliser un sondage d’opinion en ce qui concerne les gens qui effectuent le commerce transfrontalier des produits manufacturés à la frontière (Kamanyola- Bugarama)
Elle nous a permis d’être en communication directe avec les commerçants qui pratiquent le commerce frontalier des produits manufacturés susceptibles de nous fournir les informations.
Le champ spatial d’investigation de notre travail la contribution du commerce transfrontalier des produits manufacturés sur le revenu du ménage de Kamanyola, du point de vu spatial, notre travail doit être mené à la frontière entre Kamanyola et Bugarama.
Dans le temps il est question de faire une étude sur trois (3) ans, c’est-à-dire, à partir de l’année2013 jusqu’en 2015. Nous avons choisi cette période pour chercher à comprendre pourquoi cette activité est devenue plus fréquente durant ces dernières années. Ces années nous permettront de pouvoir dégager les différents revenus réalisés sur le prix de vente du sucre effectué au cours des activités commerciales pendant 3ans et quelles sont les réalisations matérielles sur le développement de la vie de ces commerçants.
Toute œuvre scientifique s’inscrit inévitablement dans un continuum et peut être située en rapport à des courants des pensées qui la précédent et l’influencent. Ainsi nous ne sommes pas le premier à exploiter un tel sujet d’étude. Parmi les études antérieures axées autour du commerce transfrontalier Congo-Rwanda nous retenons :
-L’étude de AMINA DUNIA Esther (2011-2012) qui s’est intéressée au petit commerce et son impact sur la vie socio-économique des ménages de BUKAVU selon lequel la plupart des vendeuses de tomate en commune d’Ibanda sont des femmes dont les maris n’ont pas d’emploi, femmes-veuves, divorcées, femmes sans héritage, femmes dont les maris sont employés à faible revenu, femmes célibataires à faible niveau d’étude, leurs capitaux de départ étant faibles, les vendeuses des tomates en commune d’Ibanda ne réalisent que de petits bénéfices. Les recettes réalisées sont affectées aux diverses dépenses dont les dépenses domestiques prennent la part du lion.
-L’étude de DJALWINY ALIKER Marcelin (2007-2008) qui s’est intéresse à l’analyse des trafics frontaliers entre la RDC et le Rwanda et son impact sur la vie socio-économique de la ville de Bukavu. Il a pu vérifier l’importance de flux dans l’économie Congolaise en général et en particulier celle de la ville de Bukavu et savoir la source de compétitivité entre différents secteurs qui y participent.
-L’étude de KABIONA BIKUBU Kelvin (2008-2009) s’intéresse à la problématique de la fraude Douanière a l’OFIDA/UVIRA. Il montre que les facteurs favorisant la fraude à l’OFIDA/UVIRA seraient liés à la perméabilité, à la superposition des services de l’Etat, au manque d’outils à l’incidence et au manque de moyens, la faible maximisation des recettes seraient les conséquences majeures de la fraude Douanière à UVIRA.
Les études ci-dessus ont analysées le commerce transfrontalier sur divers aspects. Peu d’entre elles se focalisent sur l’impact de ce commerce sur le niveau de vie des ménages en général et sur la cité de Kamanyola en particulier.
A part l’introduction et la conclusion générale notre travail est subdivisé en trois(3 chapitres) :