I.1 REVUE THEORIQUE
- Habitat : « L’Habitat » est le cadre et condition de vie d’une population en générale ; en particulier, c’est le mode de groupement des établissements humains, par ailleurs l’habitat n’est pas un logement, ni une habitation encore moins une maison, c’est un ensemble plus complexe, c’est donc le mode d’organisation et de peuplement par l’homme du milieu où il vie.(MULUMEODERHWA Jean, 2011)
- Logement : Un logement est un lieu d’habitation. C’est un local, un appartement ou une maisonnette plus généralement tout endroit où une ou plusieurs personnes peuvent s’abriter, en particulier pour se détendre, dormir, manger et vivre en privé.( KANGE Joseph, 2009)
- Construction : Dans un projet de bâtiment ou de travaux publics, selon l’Encyclopédie Encarta (2009), la construction est le fait d’assembler différents éléments de l’édifice en utilisant les matériaux et les techniques appropriés.
- Environnement : L’environnement est défini comme « l’ensemble des éléments biotiques ou abiotiques qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins », ou encore comme « l’ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles d’agir sur les organismes vivant et les activités humaines ».
La notion d’environnement naturel, souvent désignée par le seul mot environnement, a beaucoup évolué au cours des derniers siècles et des dernières décennies. On peut aujourd’hui définir l’environnement comme l’ensemble des composants naturels de la planète terre, comme l’air, l’eau, l’atmosphère, les roches, les végétaux, les animaux, et l’ensemble des phénomènes et interactions s’y déroulant ; c’est à dire, comme tout ce qui entoure l’Homme et ses activités. Au XXIe siècle, la protection de l’environnement est devenue un enjeu majeur. La préservation de l’environnement est un des trois piliers du développement durable et a été choisi comme étant l’un des huit objectifs du millénaire pour le développement. (Encarta 2009).
- Anarchie : L’anarchie (du grec -anarkhia-, du an-, préfixe privatif : absence de, et arkhê, commandement, ou « ce qui est premier ») désigne la situation d’une société où il n’existe ni autorité, ni pouvoir, ni domination, ayant un caractère coercitif. L’anarchie peut étymologiquement également être expliquée comme le refus de tout principe premier, de toute cause première, et comme revendication de la multiplicité face à l’unicité.(MURHULA B, 2010)
Le mot « Anarchie », selon (Encarta 2009), est aussi souvent employé comme un repoussoir par des personnes considérant essentiel le principe fondamental d’autorité pour indiquer une situation de désordre, de désorganisation, de chaos, sur la base de l’hypothèse implicite que l’ordre nécessiterait une hiérarchie. La définition de l’anarchie comme « absence de gouvernement, et par suite désordre et confusion ». Par extension ce sont toutes les formes de trouble et de désordre qui sont appelées anarchie ; c’est cette façon d’employer le mot qui prévaut dans l’usage courant, comme dans la plupart des dictionnaires. "L’anarchiste" comme celui qui est "purifié volontairement, par une révolution intérieure, de toute pensée et de tout comportement pouvant d’une façon quelconque impliquer la domination sur d’autres consciences"(Armand Robin, 1961)
- Servitude : La "servitude" ou "service foncier" est une charge qui est imposée à un fonds dit "fonds servant" pour le profit d’un fond bénéficiaire dit " fond dominant". Il en est ainsi, par exemple, de la servitude de passage au profit d’un fonds enclavé.(Dictionnaire juridique, 2006)
Elle ne pèse pas sur les propriétaires mais sur l’immeuble auquel elle s’applique et ce, en quelque mains. L’institution d’une servitude résulte, soit de la loi, soit de conventions entre voisins, soit de la décision du propriétaire qui l’a créé pour l’usage d’une terre qui a été ultérieurement divisée.
- Quartier : Portion de terre, c’est aussi la division administrative d’une ville.(Mairie de Bukavu, 2015)
- Erosion : Processus physique et chimique naturel par lequel le sol et les roches de la croute terrestre sont continuellement soumis à une abrasion et à une corrosion. La majeure partie de l’érosion provient des actions combinées de différents facteurs, comme la chaleur, le froid, le gaz, la gravité et la vie végétale. .(MULUMEODERHWA Jean, 2011)
- L’Exode rural : est le déplacement de population des zones rurales vers les zones urbaines. Ce phénomène est caractéristique de l’époque de la Révolution industrielle, dès le XVIIIesiècle en Grande-Bretagne et à partir du XIXesiècle dans de nombreux pays en voie d’industrialisation et d’urbanisation comme l’Allemagne puis la France. L’exode rural s’est généralisé aux pays en développement dans la seconde moitié du XXe siècle. (MULUMEODERHWA Jean, 2011)
- L’Urbanisme : est un champ disciplinaire et professionnel recouvrant l’étude du phénomène urbain, l’action d’urbanisation et l’organisation de la ville et de ses territoires. Il a pour vocation d’organiser le cadre de vie dans un souci de respect de l’environnement des villes et du milieu rural qu’il cherche à aménager et à organiser pour obtenir un meilleur fonctionnement et améliorer les rapports sociaux. .(MULUMEODERHWA Jean, 2011)
- Salubrité : La salubrité englobe la protection contre l’humidité, les infiltrations, les radiations, les substances et les organismes polluants ou dangereux ainsi que la présence et le bon fonctionnement des équipements sanitaires : eau fournie et évacuée de façon sûre et sanitaire, disposition sanitaire des déchets.( BILUBI ULENGABO M, 2014)
- Stabilité : La stabilité de l’habitat découle du bon état de ses éléments structuraux tels que les matériaux de murs, de la toiture et du pavement. .(MULUMEODERHWA Jean, 2011)
- Sécurité : La sécurité de l’habitat implique la prévention des accidents dans les usages courants et la protection contre les intrusions et les sinistres. .(MULUMEODERHWA Jean, 2011)
K.Confort : Le confort est fondé sur la tranquillité insonorisation intérieure et extérieure, la luminosité ensoleillement et éclairage, l’ambiance « climatique » adéquate, la présence et le bon fonctionnement des équipements mécaniques et électriques et l’existence d’un espace extérieur privatif. .(MULUMEODERHWA Jean, 2011)
I.2 GENERALITES SUR LES CONSTRUCTIONS ANARCHIQUES
Partout dans le Tiers-Monde, il s’observe une cacophonie aux yeux des observateurs des constructions anarchiques jusqu’à aller construire sur des espaces impropres à la construction.
Une construction normale doit respecter les normes ci-après fixées par le service du cadastre. Ce service comprend un ensemble de plans, tenus au 1/500e ou au 1/1000e , pour les zones urbaines sur les plans récents, au 1/250e pour les zones rurales sur des plans récents, au 1/2500e ou au 1/5000e pour des zones rurales sur des plans anciens où sont représentés toutes les parcelles et les constructions qui y sont édifiées sur base de levés réalisés par les géomètres du cadastre ainsi qu’un tableau d’assemblage qui représente la division de la commune dans les diverses sections cadastrales qui la composent.
Les références cadastrales d’une parcelle comprennent donc la section (désignée par une lettre lorsque le plan Napoléonien a simplement été mis à jour et deux lettres lorsqu’il a été renouvelé ou refait entièrement) et le numéro de la parcelle. C’est ainsi par exemple que la parcelle 519 de la section K du cadastre d’un territoire ou commune donnée sera designer comme parcelle K519.
Le service du cadastre comprend également la documentation littérale où sont décrits chaque élément de propriété, leur évaluation fiscale pour le calcul des impôts locaux (taxe d’habitation et taxe foncière) appelé valeur locative cadastrale et l’indication du ou des propriétaires(encarta, 2009)
Ces éléments découlent des déclarations faites par les propriétaires lorsqu’ils réalisent des travaux, ainsi que des données mentionnées dans les actes de vente. Par exemple en France, depuis 2008, les plans cadastraux sont consultables gratuitement sur internet par les biais du service de consultation du plan cadastral. Ce service permet d’imprimer un extrait du plan cadastral, liste des parcelles correspondantes avec leur adresse et leur surface ainsi qu’un plan de situation( Encarta, 2009)
Pour dire qu’avant de s’octroyer une parcelle en France, on est dans l’obligation de consulter cette boite internet. Cela permet à l’intéressé de connaitre et de s’informer sur les situations des espaces viables et ceux-là qui sont impropres aux constructions, ainsi d’être informé aux normes cadastraux et urbanistiques qui donnent même le plan à adopter pour les constructions des maisons et le traçage des sentiers et routes dans la commune, les quartiers et territoires.
I.3 CONSTRUCTIONS ANARCHIQUES DANS LE QUARTIER NKAFU
La Division des Titres Fonciers y distribue des parcelles sans tenir compte de la fragilité des sols. Cette Division ne tient même pas compte de l’observance de 10 m de rivage prévus par la loi foncière en vigueur en R D Congo. Et comme nous l’avons souligner dans notre introduction les morcèlements sont monnaie courante dans cette avenue .
Des maisons en matériaux durables, semi-durables pullulent dans cette avenue. Les eaux de pluies descendent des pentes détruisent l’environnement terrestre et même maritime à cause de la présence des boues qui troublent les eaux du lac Kivu avec toutes les conséquences néfastes que cela comporte et tout ceci à la barbe des autorités tant municipales, urbaines et provinciales.
I.4 REVUE DE LA LITTERATURE
Nous ne sommes pas le premier à aborder la question des constructions anarchiques dans le monde, en Afrique, en RD Congo, dans la province du Sud-Kivu, en commune de Kadutu, quartier Nkafu. Il existe une littérature sur ce sujet et notre attention va particulièrement sur :
- KAMBALE Oscar (2007), dans son travail soutient que les constructions anarchiques seraient à la base des conflits tribaux communautaires et du banditisme dans la cité de Rutshuru. Cet état des choses a permis à la cité de devenir incontrôlable compte tenu des maisons construites en désordre et en pêle-mêle. Cet auteur recommande aux autorités politico-administratives et à la population de Rutshuru, d’urbaniser la cité en créant des sentiers et routes.
- BASHIZI MARUME Hipocrate (2012), indique que la population de Bagira construit sans tenir compte des normes urbanistiques. Il nous a montré les deux types de constructions anarchiques appliquées sur ce littoral en commune de Bagira ; qu’il s’agit des constructions des maisons en pisé, des maisons en matériaux semi-durables, des maisons en matériaux durables et que ces maisons sont à caractère commercial et d’habitation. En deuxième lieu, des ports des Bateaux qui vont à Goma et viennent de Goma. Il a également souligné que les ventes des parcelles continuent jusqu’à présent. Cet état des choses dégrade le littoral en créant du désordre et désorganisation. Celui-ci qui jouerait sur l’état humain. L’auteur conseille à la population de recourir ay système de reboisement sur le long du littoral ; et aux autorités politico-administratives locales, de mettre en application les normes cadastrales et urbanistiques qu’il s’agit des constructions des maisons en pisé, des maisons en matériaux semi-durables et des maisons en matériaux durables, et que ces maisons sont à caractère commercial et d’habitation. Et en deuxième lieu des ports des bateaux qui vont à Goma et viennent de Goma.
- KASHOSI Charles (2009) soutient que la population du dit groupement construit n’importe comment et n’importe où sans tenir compte de la consistance du sol, ni de la configuration du relief. Cet état des choses a facilité le travail des érosions hydriques sur l’environnement physique de Mumosho en territoire de Kabare, ce qui donne lieu à des éboulements des terres qui emportent des maisons d’habitation sur leur L’auteur a soulevé comme solution, de reboiser les versants des collines et montagnes afin d’arrêter ou mieux de réduire le travail nocif des eaux de ruissellement qui dévalent sur les pentes.
- KUBURHANO Bertin (2013) montre que la population de la ville de Bukavu détruit la biodiversité lacustre en construisant sur le littoral des ports en poussant les eaux du lac, en polluant les eaux par les égouts ménagers, il a fini par attirer l’attention en disant que c’est partout aux alentours du littoral que la population est entrain de dégrader les écosystèmes du littoral. Cet auteur a suggéré à l’autorité politico-administrative de passer à la démolition des maisons construites anarchiquement sur le long du littoral et de déplacer les marchés qui s’y trouvent pour ailleurs ;
- BAGALWA HANGI Olivier (2011) fait remarquer que la population de la ville de Goma détériore les écosystèmes par des constructions anarchiques qui détruisent la biodiversité Ce système favorise la coupe du bois, fait disparaitre l’espace vert dans la ville et permet la pollution de l’air. L’oxygène que la population devrait bénéficier devient très peu par rapport à la démographie de la ville et les périphéries. Cet auteur dans son TFC, vise un but de la conservation et de la protection des écosystèmes terrestres présents et d’en créer d’autres à travers le reboisement de la ville sur le long des routes existantes. Il invite les autorités politico-administratives locales d’interdire des constructions sur les espaces non exploités.
- MURHULA BIRINGANINE David, (2012), constate que les constructions anarchiques seraient à la base des glissements de terre de la colline de Mutuapime, provoquent des érosions hydriques plus d’une décennie. Malgré la déclaration de la Maire de la ville dans son arrêté du février 2006, déclarant que cette colline est impropre à la construction mais fort malheureusement, le pouvoir local (chef de quartier et le bourgoumestre) et la population se donnent le luxe chacun en ce qui lui concerne d’ériger des maisons en désordre sur ces sites jugés impropres portant des pentes accidentées. Cet auteur projette de sensibiliser l’autorité politico-administrative locale et la population sur le reboisement du reste de cette colline tout en interdisant de ne plus continuer la construction à des endroits qui ne sont plus encore envahis.
- KYANA Joël, (2010) prouve que par l’absence de la politique de logement dans la ville, la gestion de l’espace organisé et urbanisé en RDC pose problème. L’Etat congolais ne fait aucun effort pour aménager ses villes. Depuis le départ de l’homme blanc en 1960 aucun changement considérable n’est enregistré dans la réhabilitation des infrastructures immobilières héritées de la colonisation. Les villes gardent leur aménagement des années 50 et 60, alors que la pyramide des âges a complètement changé. Ainsi, on voit apparaitre dans nos villes et plus particulièrement dans la ville de Kinshasa un nouveau phénomène : la construction anarchique. Cet état des choses crée des problèmes écologiques le long des lacs et mers en général et dans notre périmètre d’étude en particulier sont et restent encore la pollution, les inondations, l’augmentation des eaux en cas d’une forte pluie pour lesquels il faudra établir un plan d’intervention. Cet auteur souligne qu’il serait mieux que l’autorité politico-administrative s’implique davantage par les services d’hygiène et assainissement dans les déchargements des immondices dans la rivière par les occupants de la berge, voir même ceux qui viennent de très loin.
- MOUSSA SAN (2010), dans son article publié en Mars 2010 montre qu’on enregistre des effondrements d’immeubles avec souvent des pertes en vies humaines. Il ya également que certains sénégalais commencent à construire dès l’instant qu’ils ont déposé la demande d’autorisation. Ils construisent sans obtenir d’autorisation et c’est ce qui fait qu’on est ce taux élevé des chantiers non autorisés.
- Franc MOYANGA (2001), fait remarquer que ce sont les constructions anarchiques qui sont à la base de la destruction et dégradation des caractéristiques physiques et biotiques du littoral du lac Kivu, bassin de Bukavu, zone ouest. Il continue à montrer que par l’ignorance de la population que le bassin d’un lac est un milieu de prédilection de la reproduction pour la majorité de la faune et flore aquatique. Cet auteur interpelle les autorités politico-administratives et la population, d’être vigilant et que la gestion de ce littoral concerne tout le monde. Tous doivent s’engager entièrement pour l’aménagement et à la protection de ce milieu complètement perturbé.
- FRYER et ILES (1972), soulignent que l’urbanisation du littoral serait un casse-tête pour le moment car les gens veulent à tout moment venir habiter les bords des lacs et des mers sans tenir compter des normes urbanistiques et cadastrales par égoïsme, c’est-à-dire que la destruction des écosystèmes est un fait volontaire de la population à travers les responsables politico-administratives. Ils proposent aux gouvernants, de garder leurs responsabilités, de ne se laisser entrainer par la corruption en vue de garder nos espaces verts du littoral qui font la beauté du monde et qui favorisent la respiration saine, ainsi d’interdire l’opération des constructions illicites.