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CONCLUSION GENERALE

La rivière Tshula, est une rivière du bassin hydrographique du lac Kivu, du sous bassin de la ville de Bukavu avec quatre autres rivières (Kahuwa, Wesha, Bwindi et Nyamuhinga), longue d’environ 6,21 km. Elle traverse une zone fortement anthropisée du site 2 au site 4 où elle reçoit des canaux d’évacuation des eaux usées et de ruissellement drainant des effluents et des déchets de nature diverse.

L’étude menée sur cette rivière a permis de faire l’inventaire systématique des macro-invertébrés benthiques. Pour réaliser l’évaluation biologique de la qualité des eaux de cette rivière. (27) familles avec 36 espèces ont été identifiés regroupés en 10 ordres dont les Diptères(7) familles, les Ephéméroptères (4) familles, les Trichoptères 4 familles, les coléoptères (2) familles, les Néogastropodes (2) familles, les Oligochètes (3) familles, Odonates (2) familles, Lépidoptères (1) famille, Achètes (1) famille,  Anoura d’une famille sur 1734 individus. L’espèce dominante est Chironomus tentans du groupe des macro-invertébrés dits polluorésistants, pouvant vivre dans une eau qui draine une bonne quantité de polluants et permettant de conclure que l’eau qui les contient en abondance est de mauvaise qualité.

La rivière Tshula est mollement polluée dans sa partie située avant les agglomérations situées dans sa partie basse. Dans cette zone anthropisée, sa pollution devient progressive d’amont en aval suite à une forte contribution des activités anthropiques dont les usages qu’en font les riverains. Il s’agit principalement de la canalisation des toilettes dans la rivière Tshula, l’agriculture, l’exploitation de la carrière des pierres, l’utilisation de détergents de la baignade, la lessive, la vaisselle, le rejet d’ordures ménagères et la destruction des berges à l’origine des érosions du sol et la perturbation du lit de la rivière.

Les macro-invertébrés benthiques suivants :

Chironomus tentans, Simulium venustrum, Ptychoptera rufacirita, Hydropsiche simulans et Baetis sp, sont les bio indicateurs spécifiques de la contribution de ces activités anthropogéniques identifiés.

  Compte tenu de cet état de santé de Tshula, les usagers devront éviter l’ingestion de l’eau de la Tshula ou de s’en servir pour le lavage des aliments ou la vaisselle.

Pour que la rivière Tshula soit bénéfique à ses usagers, des actions de restauration doivent être entreprises dans une approche de gestion intégrée des ressources en eau (I.W.R.M), c'est-à-dire selon le principe de Dublin sur la gestion intégrée de l’eau stipule que le développement et la gestion de l’eau devraient être fondés sur une approche participative impliquant usagers, planificateurs et décideurs à tous les niveaux Burton (2003).

Conformément à ce principe, la première initiative dans le processus de restauration de Tshula est donc la mise sur pieds d’un comité local de gestion de la rivière qui va coordonner les actions de la communauté des usagers pour cette fin.

Cette étude ayant montré que la détérioration de la qualité de l’eau de Tshula est sue avant tout à la pollution fécale, la sensibilisation devra être orientée vers la suppression de tout contact entre rivière par le bouchage des canaux qui relient les toilettes à la rivière et la construction des fosses septiques étanches pour éviter la porosité entre fosse et la rivière.

Une sensibilisation devra aussi toucher d’autres aspects de gestion dur           able des déchets ménagers notamment le triage en vue de l’enfouissement des ordures non biodégradables et la valorisation des biodégradables dans l’agriculture et si possible en bioénergie.

Le bas niveau de vie de la population et le manque de traitement de l’eau ayant été identifiée comme les principaux déterminants des maladies d’origine hydrique, la mise sur pieds des initiatives locales de développement d’initier et gérer des projets de lutte contre la pauvreté et sensibiliser les habitants au traitement de l’eau contribuerait à l’amélioration de situation dans le milieu. La bonne gestion de la rivière Tshula est possible à l’aide des techniques ci-après :

  • le bouchage de tous les conduits qui relient les toilettes à la rivière et la construction des fosses septiques aux parois étanches dans les quartiers et surtout dans les parcelles le long de la rivière ;
  • la gestion durable des déchets ménagers comprenant l’enfouissement des ordures pour éviter leur éventuel drainage dans la rivière ;
  • l’arrêt de l’exploitation clandestine des carrières des pierres en amont de la rivière ;
  • l’organisation des travaux de communautaires en salongo de curage de la rivière ;
  • de faire le reboisement sur les versants de la rivière.

L’autorité devra aussi :

  • interdire formellement tout nouveau lotissement ou morcellement des parcelles le long de la rivière ;
  • créer des dépotoirs publics dans la mesure du possible par quartier
  • mettre sur pieds une mesure qui facilite l’accès de la population de Mulambula et Chikonyi au raccordement à la REGIDESO à un prix au tarif exceptionnel, les institutions de recherches, de leur côté devront être impliquées dans l’orientation des actions à mener par le comité de cession de la rivière Tshula.

Cette étude vient en complément aux travaux antérieurs sur LA QUALITE DE EAUX DES RIVIERES DU BASSIN VERSANT SUD-OUEST DU LAC KIVU se démarque de ceux-ci par les recours aux bio indicateurs, spécifiquement : la diversité taxonomique des macro-invertébrés pour évaluer la permanence de la pollution de la rivière Tshula. Toutefois pour des raisons d’ordre matérielles, les analystes des paramètres physico-chimiques qui devraient s’étendre sur une gamme plus vaste n’ont pas eu lieu, pourtant aurait permis une évaluation plus exacte de la pollution de cette rivière, par ces agents de pollution d’impact considérable.

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