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CHAPITRE III. PRESENTATION DES RESULTATS ET DISCUSSION

III.1. Spécification du modèle économétrique

Pour synthétiser les dimensions du pouvoir de négociation de la femme dans un indice, l’Analyse en Correspondance Multiple (ACM)  par codage optimal a été faite. Le choix d’un tel outil est dicté par le fait que les variables utilisées dans la construction de l’indice de prise de décision et celui de l’estime de soi doivent apporter chacune une part spécifique de l’information relative au pouvoir de négociation. Il s’agit à partir des variables de prise de décision et de l’estime de soi, de créer de nouvelles variables obtenues par la transformation des variables qualitatives. Les variables utilisées dans la construction de l’indice de prise de décision comportent 5 modalités et celles de l’estime de soi en comportent 2. Le problème auquel cette étude est confronté est celui de savoir comment agréger ces modalités de nature qualitative en un indice simple qui a la propriété d’être un bon résumé de l’information apportée par ces variables.

Considérons X, les indicateurs utilisés dans l’ACM, q, les modalités de ces indicateurs, y, le poids accordé à la modalité à partir de l’ACM.  Le poids attribué à chaque composante de l’indice est le score normalisé obtenu après l’application de l’ACM.

III.1.1.Construction de l’indice de  prise de décision

Le questionnaire de l’enquête DHS contient des questions adressées aux femmes  et dont l’objectif est de savoir la personne qui au sein du ménage a toujours le dernier mot sur: les problèmes de santé,les grandes dépenses dans le ménage, les besoins journaliers, les visites aux membres de leurs familles, la nourriture à préparer chaque jour, les dépenses faites avec l’argent gagné par le mari. A chaque fois que c’est la femme qui prend seule la décision, la réponse était codée 1; elle prenait la valeur 2 si la femme prend la décision conjointement avec son mari, 3 si la décision est prise par la femme et quelqu’un d’autre que son mari, 4 si le mari est le seul à décider dans le ménage, 5 si la décision est prise par quelqu’un d’autre et 6 pour autres.

Prenant appui sur Musonera et Heshmati (2016), le calcul de l’indice de prise de décision est fait en attribuant des scores aux différentes réponses. Le score (2) a été attribué à chaque réponse lorsque la décision a été prise par la femme seule;(1) a été attribué à chaque réponse lorsque la décision a été prise conjointement, (avec le mari, ou avec quelqu’un d’autre que la mari)  et (0) a été attribué à chaque réponse lorsque la décision a été prise par quelqu’un d’autre. Parmi les questions portant sur la prise de décision, deux de variables[1]n’ont pas d’observations et ne seront pas pris en compte dans la construction de cet indice. Ensuite les scores individuels pour les différentes décisions  ont été additionnés pour obtenir  un total sur  8;(8 est le score maximum); soit, 2(note maximum/décision)*4questions[2].

En faisant une étude de privation, on considère ici deux comme étant le score le plus élevé car on suppose que lorsque la femme est en mesure de prendre seule la décision cela revient à dire qu’elle a dépassé tous les autres niveaux de prise de décision à savoir la prise de décision conjointement.

La valeur de cet indice est comprise entre l’intervalle de 0 et 1.

III.1.2 Construction de l’indice de l’estime de la femme

La question posée aux femmes était celle de savoir si elles pensent que, pour être sorties sans la permission du mari, négliger leurs enfants, se disputer avec leurs maris, brûler la nourriture, refuser d’avoir des rapports sexuels avec leurs maris, c’est normal qu’elles soient battues par ces derniers. Pour toutes les réponses où elles donnent la réponse oui, il a été attribué la valeur 1 et 0 si elles ont répondu non ou je ne sais pas.

L’indice de l’estime a été calculé en attribuant, à toutes les réponses où les femmes ont répondu non, le score (1) et (0) pour toutes les réponses où les femmes ont répondu oui.

Ensuite les scores individuels ont été additionnés pour avoir un total sur 5 (5 est le score maximum), soit 1(score élevé/réponse)*5questions.

Le score le plus élevé ici, 1, suppose qu’une femme ayant une grande estime d’elle-même ne peut pas être d’accord avec le fait qu’un mari puisse battre sa femme pour quelque raison que ce soit.

La valeur de cet indice est également comprise entre l’intervalle de 0 et 1.

III.1.3. Pouvoir de négociation de la femme

Lors de l’EDS, il n’a pas été demandé aux femmes d’attribuer des poids aux différents indicateurs du pouvoir de négociation de la femme. Cependant, il sera attribué le même poids,1,  aux indices du pouvoir de négociation dans la méthode non-paramétrique ci-après :

Pvr nég= (P1*indprisedéc+P2*indest)/2.  Où P1 et P2 sont les poids attribués  aux indices du pouvoir de négociation de la femme (Mahmud et al. 2012).

Le pouvoir de négociation de la femme a donc été construit de la manière suivante :

Pouvoir de négociation de la femme= (P1*indice de prise décision + P2*indice de l’estime de soi)/2

III.2.  Statistiques descriptives

Dans ce point sont présentées, l’évolution du pouvoir de négociation de la mère de l’année 2013 par rapport à l’année 2007, la répartition de ce pouvoir de négociation par province, ainsi que les caractéristiques sociodémographiques de la femme à savoir l’indice de richesse de la femme, son statut matrimonial, l’activité économique de la femme (emploi), son milieu de résidence, son niveau d’éducation, sa tranche d’âge ainsi que son accès aux médias.

Tableau 3. Evolution du pouvoir de négociation de la mère

Le tableau ci-dessous donnera les informations sur le pouvoir de négociation de la mère de l’année 2007 et 2013.

Tableau 3: Pouvoir de négociation 2007 et 2013

 
 

Pvr de négociation 2007

Pvr de négociation 2013

 

Fréq en %

Total en %

Fréq en %

Total en %

 

Modalité

 

Faible

49.91

49.91

45.82

45.82

 

Elevé

50.09

100.00

54.18

100.00

 

Total

100.00

100.00

 

Source : Résultats obtenus à partir des données DHS (2007,2013)

Les résultats du tableau ci-dessus rapportent que seulement 50.09% de femmes en 2007  avaient un pouvoir de négociation élevé alors qu’en 2013, ce pouvoir a augmenté de 4.09%   et il est donc arrivé à 54.18%. Dans ce cas, on peut dire que le pouvoir de négociation de la mère a évolué depuis l’année 2007.

Tableau 4. Répartition du pouvoir de négociation de la mère par  province.

Le tableau ci-après reprend les informations sur le niveau du pouvoir de négociation de la mère à travers les onze provinces que comptait la RDC en 2007 et 2013.

Répartition du pouvoir de négociation à travers les provinces

 
 

Pouvoir de négociation 2007

Pouvoir de négociation 2013

 

Provinces

Faible

Elevé

Total

Faible

Elevé

Total

 
 

Bandundu

330

449

779

974

1,377

2,351

 

Bas-Congo

228

366

594

374

507

881

 

Equateur

356

463

819

1,441

1,477

2,918

 

Kasaï-occ

318

442

760

797

877

1,674

 

Kasaï-or

376

476

852

994

1,141

2,135

 

Katanga

335

479

814

1,103

1,231

2,334

 

Kinshasa

370

479

849

439

555

994

 

Maniema

399

388

787

345

512

857

 

Nord-Kivu

331

358

689

406

608

1,014

 

Prov Or

247

353

600

946

983

1,929

 

Sud-Kivu

399

346

745

525

599

1,124

 
 

Total

3,689

4,599

8,288

8,344

9,867

18,211

 

Source : Résultats obtenus à partir des données DHS (2007,2013)

Les résultats de ce tableau montrent qu’en 2007, les femmes du Kasaï-or avaient un pouvoir de négociation  élevé par rapport à celles du Bas-Congo. Au Nord du pays, notamment dans la province de l’Equateur et les riveraines de la Province orientale jouissaient d’une certaine liberté de mouvement. La plupart d’entre elles avait une source de revenu. Par contre dans le Sud du  pays, les traditions patriarcales étaient vivaces surtout dans le monde rural. Pour le cas du Katanga,  en 2007 comme en 2013, les femmes furent fortement mises à contributions en faisant l’agriculture, le commerce, en allant se faire embaucher comme ouvrières agricoles, etc. Leur autonomisation est passé par la revalorisation de leur statut afin qu’il leur soit possible de participer  à toute prise de décision et d’avoir accès et contrôle de leurs revenus pour qu’ainsi leur pouvoir de négociation leur permettent d’améliorer la santé de leurs enfants.   En 2013, les femmes au Nord du pays avaient un pouvoir de négociation plus élevé que celles du sud. La province orientale par exemple, situé dans la forêt équatoriale, était le haut lieu d’échanges et de contacts. Les femmes y tenaient le commerce de proximité portant sur les biens vivriers. Le revenu issu de ce commerce leur permettait de subvenir aux besoins de leurs enfants. Dans le Sud du pays, le pouvoir de négociation des femmes était encore faible cela était dû aux affrontements militaires dans cette partie du pays et qui était à l’origine de l’insécurité occasionnant ainsi des violences contre les femmes.

Tableau 5. Caractéristiques sociodémographiques des femmes enquêtées

Ce tableau reprend les informations des différentes caractéristiques sociodémographiques des femmes enquêtées à savoir leur indice de richesse, le statut matrimonial, l’emploi, le milieu de résidence, le niveau d’éducation, l’âge et l’accès aux médias. Ces caractéristiques sont exprimées en termes de fréquence.

Tableau 5: Caractéristiques sociodémographiques

 
 

Statistiques descriptives 2007

Statistiques descriptives 2013

 

Variables

Modalités

Fréq en %

Total en %

Modalités

Fréq en %

Total en %

 

Ind Rich

très pauvres

22.90

22.90

très pauvres

26.58

26.58

 

pauvres

20.69

43.59

Pauvres

22.37

48.95

 

moyens

19.36

62.95

Moyens

20.95

69.90

 

Riches

20.84

83.80

Riches

17.30

87.20

 

très riches

16.20

100.00

très riches

12.80

100.00

 

Stat Matr

célibataires

2.37

2.37

Célibataires

4.17

4.17

 

mariées

79.00

81.37

Mariées

66.19

70.35

 

concubines

11.02

92.39

Concubines

21.36

91.71

 

veuves

1.14

93.53

Veuves

1.47

93.19

 

divorcées

1.27

94.80

Divorcées

1.53

94.71

 

séparées

5.20

100.00

Séparées

5.29

100.00

 

Travail

Non

28.91

28.91

Non

23.62

23.62

 

Oui

71.09

100.00

Oui

76.38

100.00

 

Résidence

Rurale

60.63

60.63

Rurale

70.45

70.45

 

Urbaine

39.37

100.00

Urbaine

29.55

100.00

 

Education

Sans

24.75

24.75

Sans

20.99

20.99

 

Primaire

42.44

67.19

Primaire

45.14

66.14

 

Secondaire

31.91

99.10

Secondaire

32.63

98.77

 

Supérieur

0.90

100.00

Supérieur

1.23

100.00

 

Média

Jamais

60.14

60.14

Jamais

72.36

72.36

 

une fois

33.10

93.24

une fois

25.84

98.20

 

2 fois

5.10

98.49

+ d'une fois

1.80

100.00

 

chaque jr

1.51

100.00

 -

 

Age Mère

15-19ans

5.65

5.65

15-19ans

5.94

5.94

 

20-29ans

50.30

55.95

20-29ans

50.43

56.37

 

30-39ans

34.29

90.24

30-39ans

34.73

91.10

 

40-49ans

9.76

100.00

40-49ans

8.90

100.00

 
 

Source : Résultats obtenus à partir des données DHS (2007,2013)

Au regard du tableau ci-dessus qui reprend les variables sur les caractéristiques sociodémographiques des femmes qui ont participé à l’Enquête Démographique et de Santé, on remarque pour l’indice de richesse, en 2013, La majorité des femmes enquêtées était très pauvres (26.58% soit 27%), suivies des pauvres (22%). Ces derniers sont suivis des personnes dont l’indice de richesse est moyen (20.95% soit 21%); celles-ci sont suivis des personnes riches (17%) et viennent enfin les personnes très riches (12,8% soit 13%).

Lorsque l’EDS a été menée au courant de l’année 2007, les femmes les plus enquêtées étaient très pauvres (22%) en analysant la variable qui reprend les informations sur l’indice de richesse, elles étaient suivies des femmes riches (20,81% soit 21%), ces dernières étaient suivies par des femmes pauvres (20%) qui, à leur tour, sont suivies par les femmes dont l’indice de richesse est moyen (19%) et les très riches viennent en dernière position (16%).

Pour ce qui est du statut matrimonial les femmes les plus enquêtées en 2013 étaient mariées (66%), suivies de celles qui sont en union libre ou concubinage (21%), viennent ensuite les femmes séparées (5%), celles-ci sont suivies par les femmes  célibataires (4%) qui à leur tour sont suivies par les femmes divorcées et les femmes veuves (1,5%).

En 2007 également la majorité des femmes enquêtées étaient mariées (79%) suivies de celles qui étaient en union libre (11%). Ces dernières sont suivies des femmes séparées (5%) qui sont également suivies des célibataires (2%) et enfin viennent les veuves et les divorcées 1%).

En 2013, plusieurs femmes avaient un emploi (76%), de même qu’en 2007 (70%) contre seulement 23% des femmes qui ne travaillaient pas en 2013 et 38% en 2007. Considérant l’exiguïté du marché du travail en milieu rural congolais, et le souci des femmes pour la survie du ménage, ces dernières n’ont pas d’autre choix que de se lancer dans une activité génératrice de revenu (Matundu et Faray-Kele, 2010).

L’EDS de 2007 tout comme celle de 2013 a été essentiellement basée en milieu rural. La majorité des femmes enquêtées vivaient en milieu rural (60%) en 2007 contre 39% en milieu urbain et  70% des femmes vivaient en milieu rural pour l’EDS 2013 contre 29% des femmes en milieu urbain.

Le niveau d’éducation en RDC n’a cessé de s’améliorer chez la femme. Alors qu’en 2007, 24% des femmes étaient analphabètes, ce pourcentage a baissé de 4% en 2013 soit 20% des femmes sont considérées comme n’ayant aucun niveau d’instruction. En 2007, seulement 42% des femmes avaient comme niveau d’éducation le niveau primaire alors qu’en 2013 le nombre des femmes dont le niveau d’éducation était primaire est passé à 45%. 31% des femmes avaient atteint le niveau secondaire en 2007, mais en 2013, 32% des femmes ont atteint le niveau secondaire. Quant au niveau supérieur, 0.9% des femmes avait atteint ce niveau en 2007, mais il est passé à 1.23%.

Enfin la variable qui reprend les informations sur l’âge des femmes enquêtées  montre qu’en 2007 tout comme en 2013, la majorité des femmes enquêtées étaient comprises entre la tranche d’âge de 20 à 29 ans, respectivement 50,30% et 50,43% ; suivies des femmes dont la tranche d’âge est comprise entre 30 et 39ans. Elles représentent 34,29% pour l’année 2007 et 34,74% pour l’année 2013. Celles-ci étaient suivies des femmes dont l’âge varie entre 40 et 49ans avec respectivement 9,76% et 8,90% pour les années 2007 et 2013 qui à leur tour sont suivies des femmes dont l’âge varie entre 45 et 49 ans.     

III.3. Modèle économétrique

Cette section présente les résultats issus du modèle du pouvoir de négociation et  du test de normalité ainsi que le modèle de l’impact du pouvoir de négociation de la femme sur la santé de l’enfant. Le modèle du pouvoir de négociation met en relation les différentes variables pouvant l’influencer. Il s’agit notamment de l’éducation de mère, de l’indice de richesse, l’âge de la mère, le milieu de résidence, l’emploi, le statut matrimonial, les médias et l’âge auquel la femme s’est mariée. Il s’agira de faire une régression multiple, estimée par la méthode de moindre carré ordinaire. Dans ce premier modèle le pouvoir de négociation est la variable dépendante.

III.3.1. MODELE DU POUVOIR DE NEGOCIATION

Le modèle du pouvoir de négociation est présenté de la manière suivante :

PVRNEG=β01Education+β2Indrich+β3Statmatr+β4Emploi+β5Lieurés+β6Média+β7Agemère+β8 Agemariage+É›i

Tableau 6 : Régression linéaire entre le pouvoir de négociation et les variables indépendantes

 Le tableau ci-dessous reprend les résultats issus de la régression entre le pouvoir de négociation de la mère et les variables indépendantes telles que le niveau d’éducation, l’indice de richesse, le statut matrimonial, le milieu de résidence, l’emploi, l’accès au média, l’âge de la mère et son âge auquel elle s’est mariée.

Voici donc comment se présentent les résultats de la régression linéaire

Tableau 6: Régression Linéaire entre pouvoir de négociation et variables indépendantes

 
 

pvrnég2007  

pvrnég2013

 

Variables

   

Education

-0.007

0.015  

 

(0.82)  

(2.68)** 

 

Richesse

 0.015  

0.025  

 

(2.69)***

(7.24)** *

 

Stat Matr

-0.007

0.001  

 

(1.32)  

(0.19)  

 

Emploi

-0.005

-0.024

 

(0.43)  

(2.77)** 

 

Milieu rés

0.033  

-0.018

 

(2.15)**

(1.71)  

 

Média

0.021  

0.022  

 

(2.11)**

(2.61)** 

 

Age mère

 0.001  

0.041  

 

(0.18)  

(8.10)** *

 

Age mariage

 -0.006  

0.013  

 

(0.81)  

(1.88)  

 

Cons

0.425  

0.356  

 

(14.56)***

(15.27)***

 

R2

 0.01   

0.01   

 

N

8.288

18.211

 

*p<0.1

** p<0.05     *** p<0.01

 

                        Source : Résultats générés à partir des données DHS (2007,2013)

Pour ce qui est du niveau d’éducation en 2007, on constate qu’il n’avait pas d’impact sur le pouvoir de négociation de la mère, alors qu’en 2013 le niveau d’éducation octroie à la femme un pouvoir de négociation. Ceci est dû au fait que la majorité de femmes sur lesquelles a porté l’enquête avait un niveau d’éducation faible comparativement à l’année 2013; car au fur et à mesure que la femme passe d’un niveau d’éducation à un autre son pouvoir de négociation augmente. Ce qui confirme les résultats de Caldwell (1979) pour qui l’éducation confère à la femme un certain pouvoir et une certaine autonomie. Une explication possible à ceci est que lorsqu’une femme a un niveau d’éducation supérieur, elle est  encline à des nouvelles idées, ce qui confirme les résultats de Mahmud et al. (2012).

Quant à l’indice de richesse on constate que, pour les années 2007 et 2013,  il est positivement corrélé avec le pouvoir de négociation de la femme. Ceci s’explique par le fait que lorsqu’ une femme est riche cela suppose qu’elle exerce un contrôle sur les ressources dans le foyer et qu’elle est capable de peser sur la prise de décision. Ces résultats nous montrent également qu’au fur et à mesure qu’il y a accumulation du capital, le pouvoir de négociation de la femme augmente.

La variable statut matrimonial peut influencer le pouvoir de négociation de la femme.

En 2007, le statut matrimonial n’a pas d’effet sur le pouvoir de négociation de la mère alors qu’en 2013 il influence le pouvoir de négociation. Ceci pourrait s’expliquer par le fait que les femmes mariées étaient tenues de prendre conjointement certaines décisions. Ces résultats confirment ceux d’Abdou (2016) qui a montré que pour une femme qui est ou qui a été dans une relation, la prise de décision se fait soit conjointement, soit les décisions sont prises par d’autres personnes, dans le cas où on est veuve et qu’on dépend de sa belle-famille. Mais depuis, cette situation  a changé car les femmes sont devenues de plus en plus capables de prendre seules des décisions, qu’elles soient mariées ou pas.

Quant à l’emploi, les femmes ayant un emploi ont un faible pouvoir de négociation. Ceci s’explique par le fait que bien que la femme puisse travailler, cela ne veut pas dire qu’elle soit la seule à prendre des décisions dans le foyer. L’emploi lui permet plutôt d’avoir une grande estime d’elle-même car il est à la base de l’amélioration de son capital social. Comme le pouvoir de négociation est construit à partir des indices de prise de décision et de l’estime de soi, et que dans ce cas précis, elle n’a que de l’estime d’elle-même, son pouvoir de négociation est faible.

Pour ce qui est de la variable milieu de résidence, on constate que contrairement aux femmes qui vivent dans les milieux ruraux, celles qui vivent en milieu urbain ont un pouvoir de négociation faible. Ceci pourrait s’expliquer par le fait  que vivre en milieu urbain ne garantit pas aux femmes d’être estimées et de ne faire l’objet d’aucun abus. Abdou (2016).                 N’étant pas estimées par leurs conjoints, cela réduit leur pouvoir de négociation.  

Quant aux médias considérés comme un moyen par lequel la femme acquière d’autres informations sur le genre, on constate que plus une femme est exposée aux médias, plus son pouvoir de négociation augmente. Ceci pourrait s’expliquer par le fait que lorsqu’une femme a accès aux médias, elle acquiert des idées du monde extérieur qu’elle intègre dans son quotidien. Mahmud et al. (2012).

III.3.2. RESULTATS DU TEST DE NORMALITE DES RESIDUS

Comme la variable dépendante est qualitative, il est judicieux de faire un test de normalité des résidus afin de choisir lequel de deux modèles, logit et probit, pourra être utilisé. Le test de Jarque-Bera fondé sur la notion du coefficient d’asymétrie « Skewness» et d’aplatissement « Kurtosis» a été utilisé (Bourbonnais 1998).

Skewness/Kurtosis test for Normality

Tableau 7: Résultats du test de normalité

   

joint

Variable         Obs

Pr(Skewness)

Pr(Kurtosis)

Adj

chi2(2)   Prob>chi2

residu      18,211

0.0000

0.0000

.

0.0000

        Source : Résultats générés à partir des données DHS (2007,2013).

 Au regard de ce tableau, il ressort que la probabilité critique est inférieur à 5%, ce qui permet de rejeter l’hypothèse de la normalité des résidus et  pousse à utiliser le modèle logit.

III.3.3. RESULTATS DU MODELE DE POUVOIR DE NEGOCIATION : Régression logistique

Tableau 8 : Régression logistique par méthode de MCO

Le tableau ci-après reprend les résultats de la régression logistique par méthode de MCO après avoir fait un test de normalité des résidus.

Tableau 8: Régression logistique entre pouvoir de négociation et variables indépendantes

 
 

Pvrnég2007

pvrdenég2013

 

Variables

     

Education

 -0.028 

0.061  

 

(0.82) 

(2.69)***

 

Richesse

 0.061  

 0.103  

 

(2.68)**

(7.22)***

 

Stat Matri

 -0.029 

  0.003  

 

(1.32) 

(0.19)  

 

Emploi

-0.021

 -0.100  

 

(0.43) 

(2.77)** *

 

Milieu rés

0.134  

 -0.070  

 

(2.14)***

(1.68)**

 

Média

0.085  

 0.091  

 

(2.12)* 

(2.63)***

 

Age mère

0.005  

0.166  

 

(0.18) 

(8.07)***

 

Age mariage

-0.025

0.055  

 

(0.81) 

(1.88)*

 

Cons

 -0.301 

 -0.589  

 

(2.57)* 

(6.19)** *

 

N

8,288

18,211

 
     

*p<0.1

** p<0.05         *** p<0.01

 

Source : Résultats générés à partir des données DHS (2007,2013)          

Il ressort du tableau ci-dessus que pour l’année 2007, la variable milieu de résidence est significatif au seuil de 1%, l’indice de richesse est significatif au seuil de 5%, et la variable média est significative au seuil de 10%.

Quant à l’année 2013, les variables indice de richesse, éducation, emploi, médias sont significatifs au seuil de 1%, tandis que la variable résidence est significative au seuil de 5%.

[1]v743c  qui a le dernier mot sur les achats à faire pour les besoins quotidiens.

v743e qui a le dernier mot sur la nourriture à préparer chaque jour.

[2]v743a qui a le dernier mot sur les soins de santé

v743b qui a le dernier mot sur les achats du ménage

v743d qui a le dernier mot sur les visites aux membres de la famille

v743f qui a le dernier mot sur l’argent gagné par le mari.

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