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Chapitre 2 : ANALYSE DU FINANCEMENT DU SECTEUR AGRICOLE AU SUD KIVU

2.1. Considérations générales sur le financement du secteur agricole au Sud Kivu

Le secteur agricole au Sud Kivu est confronté à un problème grave de sous financement. Beaucoup d'acteurs financiers s'intéressent plus au petit commerce et au commerce classique qui leur sont sécurisant.

Le tableau ci-dessous reprenant le total cumulé de volume de crédit accordé par 15 organisations membres du GAMF (Groupe d'Acteurs de Microfinance) par secteur en 2007 en est une illustration.

Tableau N° 10: Total cumulé de volume crédit accorde par les membres du GAMF par secteur en 2007

N° ACTIVITES VOLUME DE CREDIT (en dollars US)

%

  1. AGRICULTURE ET ELEVAGE 223440,1 1,9 2.

ARTISANAT ET PRODUCTION 177883,1 1,51 3.

COMMERCE CLASSIQUE 5136350 43,51 4.

PETIT COMMERCE 4905317,14 41,76 5.

AUTRES SERVICES 1333551,4 11,36

TOTAL 11776541,74 100

Source : GAMF, bulletin AKIBA, N° 002 juin 2008

Pourtant, plusieurs faits probants motivent l'observance d'une attention particulière en faveur du secteur agricole pour ce qui concerne le financement. Il s'agit notamment :

2.1.1. Motivation en faveur du financement du secteur agricole 2.1.1.1. Le contexte

L'analyse du contexte de la province du Sud Kivu permet de déceler des facteurs de motivation en faveur du financement du secteur agricole. Il s'agit entre autres :

  • la reprise de la coopération entre la République Démocratique du Congo et les Institutions de Bretten Words (FMI et BM) ;
  • l'annonce de la crise alimentaire mondiale et l'engagement des Etats à y faire face ;
  • la problématique de réchauffement climatique et la perception des manifestations des perturbations climatiques au Sud Kivu;
  • Les calamités (mosaïque africaine du manioc, le cosmopolites sordidus pour le bananier), sachant que le manioc et le bananier constituent les principales cultures vivrières pour la population du Sud Kivu (la première pour les territoires de Mwenga, Shabunda, Uvira et Fizi ; et la seconde pour les territoires de Walungu, Kabare, Kalehe et Idjwi)
  • La décision des plusieurs pays exportateurs des produits agricoles vivriers d'affecter une bonne partie de leur production agricole vivrière (notamment le riz, la canne à sucre, le soja,...) à la fabrication du bio-carburant afin de faire face à la montée du prix du pétro-carburant.
  • L'effervescence au Sud Kivu des acteurs financiers et des systèmes financiers décentralisés ;
  • La guerre a conduit à la perturbation des activités agricoles causant ainsi la destruction des champs et la perte des intrants agricoles.
  • La nécessité pour les agricultures familiales au Sud Kivu de s'intensifier, de se moderniser, de financer l'innovation technique et organisationnelle afin de faire face à la mondialisation et à la croissance démographique.
  • L'attribution de concession minière (118 titres miniers accordés). L'exploitation effective de ces concessions minières va réduire sensiblement les espaces de culture mais également priver le secteur agricole d'une partie de sa main d'oeuvre.

2.1.1.2. Les opportunités de financement

La province du Sud Kivu a en face d'elle tout un éventail d'opportunités duquel on peut citer :

* le démarrage, depuis 2007, du programme d'Appui au Secteur de Micro finance en République Démocratique du Congo, en sigle PASMIF-RDC, dont l'objectif est d'appuyer l'élaboration d'une stratégie nationale de micro finance par la mise en place des cadres de concertation adaptés ; de développer un cadre économique, légal, réglementaire pour sécuriser le secteur ; et de développer une offre pérenne assurée par les IMF professionnelles, viables et bien structurées.

* la reprise de la coopération entre la République Démocratique du Congo et les Institutions de Bretten Words (FMI et BM) ;

* L'institution du Fonds de promotion de la Microfinance (FPM).

* La prise au sérieux par l'Etat congolais des menaces d'une crise alimentaire mondiale et son engagement à y faire face en allouant plus de budget au secteur agricole.

* L'existence au Sud Kivu des acteurs financiers et des systèmes financiers décentralisés qui appuient minime soit - il le secteur agricole.

* La reprise, bien que timide, des activités des institutions bancaires en province du Sud Kivu

* Effervescence des institutions financières décentralisées (COOPEC et IMF) au Sud Kivu.

2.1.1.3. Prédominance du secteur agricole par les agriculteurs (agriculture familiale)

La production agricole (vivrière, maraîchère, fruitière et industrielle) du Sud Kivu est entre les mains des exploitations de prédominance traditionnelle, familiale, et de petite taille (les ménages).

Tableau N° 11: Ménages agricoles au Sud Kivu de 2001 à 2006

CULTURES Nombre de ménages agricoles

2002 2003 2004 2005 2006 Vivrières Tuber. Fécul

- Manioc

451227 330416 402771 655713 826573 - P. Douce

29509 186646 200640 257091 251850 - P. de terre

190889 17785 23198 43519 49126 - Banane

269613 153619 266448 344773 285071 - Colocase

60776 63871 66699 67612 72184 - Igname

18283 23014 22337 26219 27818 Légumineuse

- Arachide

142446 91417 155066 254009 310186 - Haricot

338045 280064 320653 503358 514556 - Petits pois

12218 7603 12338 4103 12731 - Soja

34483 31436 32099 38703 114134 Céréales

- Maïs

369413 272635 378170 524271 631354 - Paddy

74782 18774 21289 236712 70926 243521 - Sorgho

182955 167729 181625 199485 182395 - Eleusine

121 129 198 198 198 - Courge

5621 5481 31888 14619 10956 Maraîchères

- Légume feuille

15503 25064 7127 20735 23617 - Légume fruits

13500 18302 9818 18551 15042 - Légume bulbe

6824 9978 3242 14521 11155 - Légume racine

2890 822 27 1495 1721 - Autres légume

2003 - 260 260 - Fruitière

- Agrumes

16195 23795 1058 18219 17823 - Ananas

608 1338 520 1698 1544 - Avocatier

22037 43318 2436 70056 85163 - Goyavier

2670 2246 851 35557 8431 - Manguier

37259 41755 1335 58460 98087 - Autres fruits

342 3745 273 2773 2726

Source: Analyse rapports division provinciale de l'agriculture au Sud Kivu, 2001 - 2005, et 2002 - 2006 Cultures industrielles

CULTURES SECTEUR Nombre de ménages agricoles (Effectif de planteurs)

2002 2003 2004 2005 2006 Café arabica

Trad. 27349 22115 19326 19407 22039 19740

50 67 81 73 Café robusta

Trad. 360 94 91 4227 4187

- - - 5 5 Théier

Trad. - - 1 4 1 -

1 1 3 4 Palmier à huile

Trad. 30277 9117 9129 18423 19483 19668

29 - - 409 Tabac

Trad. 8392 7870 6039 8086 8115 6330

- - - 2000

Tournesol Trad. - - 12026 12120 13290 15013

- - - - Quinquina

Trad. 3112 2044 2344 2491 2242 2296

- 137 137 155 Canne à sucre

Trad. 7073 6545 6519 6988 8148 7696

- - - - Cotonnier

Trad. 187 - 85 69 -

- - - - - Totaquina

Trad. - - - - - -

- - - - - -

Source: Analyse rapports division provinciale de l'agriculture au Sud Kivu, 2001 - 2005, et 2002 - 2006

2.1.2. Contraintes/Obstacles au financement du secteur agricole au Sud Kivu

L'observance des réalités de terrain confrontées aux différentes théories et expériences sur le financement du secteur agricole nous permet de dégager un certain nombre d'obstacles auxquels l'on ferait face dans le financement du secteur agricole au Sud Kivu. Il s'agit notamment :

- La dispersion de la clientèle rurale ;

- Le mauvais état de routes et surtout des routes de desserte agricole ;

- La faible expérience des acteurs financiers dans le domaine de financement du secteur agricole. En effet, beaucoup d'acteurs risqueraient de faire une simple extension des activités de crédit commerce ou petit commerce au secteur agricole ;

- Le caractère saisonnier de l'agriculture. Dans la plupart de cas, les organisations de crédit admettent des modalités de remboursement de crédit qui ne cadrent pas avec les réalités du secteur agricole ; notamment, l'échéance de remboursement qui ne dépasse pas 6 mois et le fait de rembourser le crédit (le capital) en tranches ;

- Les risques relatifs à la production, au marché et au prix ;

- Le risque de type « aléa moral » dans des milieux de crédit. Il y a risque que les clients en milieu rural confondent le crédit agricole en un don puisque ce dernier constitue une innovation dans plusieurs territoires ;

- Au vu du niveau d'analphabétisme en milieu rural du Sud Kivu, il y a lieu de craindre pour les capacités de gestion de crédit de la part des populations rurales ainsi que de leurs capacités à monter des projets bancables et de gérer avec efficience et efficacité une exploitation agricole.

- Des pratiques culturales inappropriées. Ceci pourrait influer sur la production agricole et ainsi placer le paysan dans l'incapacité d'honorer à ses engagements;

- Problèmes fonciers notamment dans le Kivu montagneux (constitué par les territoires de Walungu, Kabare, Kalehe, et Idjwi) où en moyenne le ménage agricole a moins de 30 ares de terrain ;

- Manque de main d'oeuvre agricole notamment dans la partie dite le Kivu forestier (constitué des territoires de Mwenga, Shabunda, Uvira et Fizi) ;

- Le changement climatique produisant des perturbations du calendrier agricole risquent de peser lourdement sur la production agricole et par conséquent sur la capacité pour les clients à rembourser le crédit ;

- Les calamités pour certaines cultures (mosaïque africaine du manioc, le cosmopolites sordidus pour le bananier) ;

- Le non entretien des infrastructures d'irrigation notamment dans la plaine de la Ruzizi où elles existent ;

- L'insécurité persistante en milieu rural.

2.2. Analyse des acteurs de financement du secteur agricole au Sud Kivu

2.2.1. L'Etat et le financement du secteur agricole

L'Etat congolais a toujours déclaré, le secteur agricole comme étant la priorité des priorités. Le Programme d'action pour le développement du Congo 2001 - 2010 note : « Parmi les secteurs prioritaires retenus dans le Programme Triennal Minimum 1999-2001 figurent ceux de l'agriculture et du développement rural. Le gouvernement est convaincu que l'agriculture peut se développer rapidement et soutenir une croissance rapide à terme, en raison essentiellement des potentialités identifiées et du faible niveau d'utilisation des capacités existantes. Par ailleurs, depuis la chute du secteur des mines, l'agriculture détient la plus forte pondération dans la formation du PIB. Sa contribution à celle-ci est montée de 30 % en 1985- 1992 à 52 % en 1995 grâce surtout à la progression de la production vivrière. La stratégie nationale de développement, repose donc principalement sur le relèvement du secteur agricole qui en est devenu le moteur. La sécurité alimentaire, l'accès à une alimentation suffisante, saine et équilibrée, le développement de l'agro-industrie, l'amélioration de la compétitivité des produits locaux constituent des objectifs assignés au programme de développement du secteur agricole ».

Pourtant, en regardant de près, nous constatons que dans les faits, ce secteur ne bénéficie pas d'autant d'attention qu'on le prétend. Rien qu'à travers le Programme d'action pour le développement du Congo 2001 - 2010 sus dit, il y a lieu de noter que l'enveloppe allouée à ce secteur ne traduit pas la volonté du Gouvernement de la République Démocratique du Congo de faire du Secteur agricole ce qu'il veut de lui. Pour une enveloppe de total de 12.681,4 millions de USD, l'agriculture ne bénéficie que de 925 millions de dollars soit 7,2% du coût total du dit programme.

Cette situation traduit également la réalité de la province du Sud Kivu. En effet, de l'analyse du Programme Quinquennal 2007 - 2011 du Gouvernement provincial du Sud Kivu, il y a lieu de noter que le diagnostic global de la province du Sud Kivu met en exergue, pour ce qui est du secteur économique dont fait partir le secteur agricole, entre autres les faits suivants : « une très faible capacité de production ; une absence totale des structures efficaces d'appui et d'encadrement (économique) aux ménages ; des infrastructures économiques délabrées, en particulier les voies de communication ; le secteur des industries agro-alimentaires (rizières, huileries, laiteries,... ) est complètement sinistré ; faible revenus monétaires des producteurs, faute de structures de stockage, de conservation, de zones excédentaires vers les lieux de grande consommation ; dysfonctionnement voire désarticulation totale du système bancaire en ce qui concerne la monnaie tant fiduciaire que scripturale. » ; et clôt ce paragraphe par cette conclusion : « ... Votre gouvernement provincial compte développer dans ce secteur une stratégie s'appuyant sur les micro entreprises mais aussi un développement qui donne priorité au monde rural qui regorge 70% de la population »,

Cet exposé de motif traduit effectivement la conscience et la volonté du Gouvernement provincial d'appuyer le Secteur économique dont fait partie le secteur agricole.

Cependant, l'analyse des Prévisions budgétaires corrigées de l'exercice 2007 présenté et défendu par le Gouvernement provincial à l'Assemblée Provincial en juillet 2007, nous fourni les renseignements repris dans les tableaux N°12 et N°13 cidessous :

Tableau N°12 : Fiche de dépouillement et d'analyse des dépenses exercice 2007 : Semences et fertilisants

République Démocratique du Congo Province du Sud Kivu

Gouvernement Provincial

FICHE DE DEPOUILLEMENT ET D'ANALYSE DES DEPENSES EXERCICE 2007

ENTITE ADMINISTRATIVE DECENTRALISEE : Province du Sud Kivu

Article : 43 Littera : 30 Section : Gouvernement Provincial

Libellé : Semences et fertilisants

Prévision en 2004 :

Dépenses effectuées en 2004 : Prévision en 2005

Dépenses effectuées en 2005 : Prévision en 2006

Réalisation au 31 décembre 2006 :

Statistiques éléments générateurs des dépenses : cfr commentaires

Définition éléments générateurs des dépenses : Semences et fertilisants

Prévision en 2007 : 15.000.000 FC

Commentaires : La province interviendra dans le soutien des agriculteurs et

pisciculteurs en semences et autres fertilisants à hauteur de 15.000.000 FC

Taux de Change : 560 FC/ 1$

Source : Gouvernement Provincial du Sud Kivu, Prévisions Budgétaires corrigées de l'Exercice 2007, Bukavu, juillet 2007, Page 50.

Tableau N°13 : Fiche de dépouillement et d'analyse des dépenses exercice 2007 : Acquisition d'équipements agro-sylvo-pastoraux

République Démocratique du Congo Province du Sud Kivu

Gouvernement Provincial

FICHE DE DEPOUILLEMENT ET D'ANALYSE DES DEPENSES EXERCICE 2007

ENTITE ADMINISTRATIVE DECENTRALISEE : Province du Sud Kivu

Article : 74 Littera : 10 Section : Gouvernement Provincial

Libellé : Acquisition d'équipements agro-sylvo-pastoraux

Prévision en 2004 :

Dépenses effectuées en 2004 : Prévision en 2005

Dépenses effectuées en 2005 : Prévision en 2006

Réalisation au 31 décembre 2006 :

Statistiques éléments générateurs des dépenses :

Définition éléments générateurs des dépenses : Acquisition d'équipements agrosylvo-pastoraux Prévision en 2007 : 52.412.554,05 FC

Commentaires : Dans le souci de promouvoir l'agriculture et l'élevage en appuyant les populations rurales et organisations communautaires dans la province du Sud Kivu, le Gouvernement provincial interviendra dans l'achat des équipements agrosylvo-pastoraux à hauteur de 52.412.554,05 FC

Source : Gouvernement Provincial du Sud Kivu, Prévisions Budgétaires corrigées de l'Exercice 2007, Bukavu, juillet 2007, Page 94.

L'analyse de ces deux tableaux nous amène aux constats suivants :

- Aucun Franc Congolais n'a été alloué par la Province du Sud pour le soutien des agriculteurs et pisciculteurs en semences et autres fertilisants durant la période allant de 2004 à 2007. Aussi, tout au long de cette période, aucun appui en équipements agro-sylvo-pastoraux n'a été accordé, par la Province, aux populations rurales et organisations communautaires pour promouvoir l'agriculture et l'élevage en province.

- La part du budget prévue pour les Semences et fertilisants (15.000.000 FC, soit 26.785,71$US) et pour l'Acquisition d'équipements agro-sylvo-pastoraux (52.412.554,05 FC soit 93.593,84$US) représente 67.412.554,05FC pour une prévision budgétaire globale de 13.962.366.727,28FC soit 0,48%.

- Comparées à la part du budget prévu pour les Frais de mission à l'intérieur (de la province ; cfr Article 58, littéra 31, page 75, des prévisions budgétaires de l'Exercice 2007) dont le coût est évalué à 37.142.675 FC (soit 66.326,20 $US), la part allouée aux Semences et fertilisants (15.000.000 FC, soit 26.785,71$US) représente 40% (du coût des frais de mission à l'Intérieur de la province)

En examinant les Prévisions budgétaires de l'Exercice 2008 qui ont été soumis à l'Assemblée Provinciale pour adoption en septembre 2007, il se dégage, en lumière des lignes budgétaires se rapportant à l'agriculture, ce qui suit :

Tableau N°14 : Fiche de dépouillement et d'analyse des dépenses exercice 2007 : Fertilisants, Engrais, Insecticides, Désinfectants et Produits Chimiques

République Démocratique du Congo Province du Sud Kivu

Gouvernement Provincial

FICHE DE DEPOUILLEMENT ET D'ANALYSE DES DEPENSES EXERCICE 2007

ENTITE ADMINISTRATIVE DECENTRALISEE : Province du Sud Kivu

Article : 43 Littera : 10 Section : Gouvernement Provincial

Libellé : Fertilisants, Engrais, Insecticides, Désinfectants et Produits Chimiques Classe : 4

Prévision en 2005 : -

Dépenses effectuées en 2005 : - Prévision en 2006 : -

Dépenses effectuées en 2006 : -

Prévision en 2007 : -

Réalisation au 31 juillet 2007 : -

Statistiques éléments générateurs des dépenses : cfr commentaires

Définition éléments générateurs des dépenses : Fertilisants, Engrais, Insecticides,

Désinfectants et Produits Chimiques

Prévision en 2008 : 30.000.000 FC

Commentaires : Dans le cadre de l'accroissement de la production agricole,

l'Exécutif Provincial utilisera un montant de l'ordre de 30.000.000 FC, pour achat

Fertilisants, Engrais, Insecticides, Désinfectants et Produits Chimiques

Taux de Change : 500 FC/ 1$

Source : Gouvernement Provincial du Sud Kivu, Prévisions Budgétaires de l'Exercice 2008, Bukavu, septembre 2007, Page 142.

Tableau N°15 : Fiche de dépouillement et d'analyse des dépenses exercice 2007 : Semences

République Démocratique du Congo Province du Sud Kivu

Gouvernement Provincial

FICHE DE DEPOUILLEMENT ET D'ANALYSE DES DEPENSES EXERCICE 2007

ENTITE ADMINISTRATIVE DECENTRALISEE : Province du Sud Kivu

Article : 43 Littera : 30 Section : Gouvernement Provincial

Libellé : Semences

Classe : 4

Prévision en 2005 :

Dépenses effectuées en 2005 : Prévision en 2006

Dépenses effectuées en 2006 : Prévision en 2007

Réalisation au 31 juillet 2007 :

Statistiques éléments générateurs des dépenses : cfr commentaires

Définition éléments générateurs des dépenses : Semences

Prévision en 2008 : 43.282.000 FC

Commentaires : L'Exécutif Provincial interviendra dans le Secteur agricole rural dans le cadre du soutien à la production par un apport en intrants et semences à hauteur de 43.282.000 FC

Taux de Change : 500 FC/ 1$

Source : Gouvernement Provincial du Sud Kivu, Prévisions Budgétaires de l'Exercice 2008, Bukavu, septembre 2007, Page 145

Tableau N°16 : Fiche de dépouillement et d'analyse des dépenses exercice 2007 : Acquisition d'équipements agro-sylvo-pastoraux

République Démocratique du Congo Province du Sud Kivu

Gouvernement Provincial

FICHE DE DEPOUILLEMENT ET D'ANALYSE DES DEPENSES EXERCICE 2007

Littera : 10

Section : Gouvernement Provincial

Libellé : Acquisition d'équipements agro-sylvo-pastoraux

Classe : 7

Prévision en 2005 : -

Dépenses effectuées en 2005 : - Prévision en 2006 : -

Dépenses effectuées en 2006 : - Prévision en 2007 : 54.412.554,05 FC Réalisation au 31 décembre 2006 : -

Statistiques éléments générateurs des dépenses :

Définition éléments générateurs des dépenses : Acquisition d'équipements agrosylvo-pastoraux

Prévision en 2008 : 254.412.554,05 FC

Commentaires : Dans le souci de promouvoir l'agriculture et l'élevage en appuyant les populations rurales et organisations communautaires dans la province du Sud Kivu, le Gouvernement provincial interviendra dans l'achat des équipements agrosylvo-pastoraux à hauteur de 254.412.554,05 FC

Taux de Change : 500 FC/ 1$

Source : Gouvernement Provincial du Sud Kivu, Prévisions Budgétaires de l'Exercice 2008, Bukavu, septembre 2007, Page 200.

* Constats :

- La part du budget prévue pour : (1) Fertilisants, Engrais, Insecticides, Désinfectants et Produits Chimiques (30.000.000 FC, soit 60.000 $US), (2) semences (43.282.000 FC, soit 86.564 $US), (3) Acquisition des équipements agro-sylvo-pastoraux (254.412.554,05 FC, soit 508.825,10 $US) représente 327.694.554,05 FC (soit 655.389,10 $US) pour un total prévu de 38.408.539.249,02 FC (soit 76.817.078,49 $US) soit 0,85%.

- Comparées à la part du budget prévu pour les Frais de mission à l'intérieur (de la province ; cfr Article 58, littéra 31, page 174 de les prévisions budgétaires de l'Exercice 2008) dont le coût est évalué à 75.652.000 FC, les parts réservées aux (1) Fertilisants, Engrais, Insecticides, Désinfectants et Produits Chimiques (30.000.000 FC, soit 60.000 $US) et (2) semences (43.282.000 FC, soit 86.564 $US) représentent 96% (du coût des frais de mission à l'Intérieur de la province)

De tout ce qui précède, il y a lieu de retenir qu'en province du Sud Kivu, le secteur agricole bénéficie de moins d'attention de la part de l'Exécutif Provincial.

2.2.2. Les Entreprises Commerciales

Les investigations menées auprès de la Fédération des Entreprises du Congo au Sud Kivu (F.E.C./Sud Kivu) et des Commerçants pris isolement, nous ont permis de constater qu'aucune Entreprise commerciale ni Commerçant n'accorde des crédits dans le secteur agricoles.

2.2.3. Les ONG

2.2.3.1. Les ONG Locales

Il existe au sud Kivu, des ONG Locales qui exécutent des projets ayant un volet crédit. Ces ONG Locale ne collectent pas l'épargne. Cependant, au regard de l'allocation de leur enveloppe de crédit aux différents secteurs d'activités, il se dégage que la part allouée au secteur agricole reste très faible.

Ce tableau, reprend, à titre indicatif, la part du crédit alloué par des ONG Locales au secteur agricole par rapport à leurs enveloppes globales de crédit.

Tableau N°16 : Crédit alloué par des ONG Locales au secteur agricole par rapport à leurs enveloppes globales de crédit au 31 décembre 2007.

ONG Locale Montant Global de Crédit

(en $US)

Montant de

Crédit alloué au Secteur Agricole (en $US)

Rapport Montant crédit alloué au secteur agricole et Montant Global de Crédit (en %)

ADMR

9.138,00 4.500,00 49,24% PADECO

25.000,00 25.000,00 100% Kivu Direct

11.559,00 10.283,00 88,96% PAIDEK

1.584.203,70 56.825,00 3,58% PLD

425.000,00 9.995,00 2,35% SIKASH

31.785,74 2.000,00 6,29% TGD

30.000,00 1.500,00 5% CAPES

83.475,90 7.800,00 9,34% UWAKI Sud Kivu

29.755,99 12.459,75 41,87% Total

2.229.918,33 130.362,75 5,84%

Source : Nos Enquêtes et Analyse du Bulletin AKIBA N°002 Juin 2008.

L'analyse de ce tableau, nous amène aux constats ci-dessous :

- Les ONG Locales ayant des projets avec un volet crédit, allouent une faible enveloppe en faveur du Secteur Agricole. L'enveloppe moyenne de crédit agricole pour les 9 ONG Locales sur lesquelles nous avons pu collecter les données représente 5,84% de leur enveloppe globale de crédit.

- Les organisations ayant une importante enveloppe globale de crédit, allouent moins de fonds pour le secteur agricole. C'est le cas PAIDEK et PLD chez qui la part du crédit agricole est inférieur à 4%.

- En dépit de la complexité des activités liées au crédit agricole, 4 sur les 9 ONG Locales étudiées (soit 44,44%) allouent plus de 40% de leur enveloppe Globale de Crédit au secteur agricole. Ceci est une preuve d'engagement pour le Crédit agricole. - Cinq sur les 9 ONG Locales étudiées (soit plus de 55,55%) allouent moins de 10% de leur enveloppe globale de crédit au secteur agricole.

- Une ONG Locale affecte la totalité de son enveloppe de crédit au secteur agricole.

2.2.3.2. Les ONG Internationales

Au cours de nos investigations auprès des ONG Internationales nous n'avons pas pu identifier celles qui accordent des crédits pour le secteur agricole de manière spécifique. Nos sources nous ont permis d'entrer en possession des informations sur une (des) ONG Internationale qui offrent des crédits de manière globale. Il s'agit de l'ONG Internationale (( ACTED » dont, selon le Bulletin AKIBA (juin 2008), le solde Encours Crédit au 31 décembre 2007 était évalué à 103.365$US.

Notons cependant que cette enveloppe dessert à la fois les provinces du Sud Kivu et du Katanga.

2.2.4. Les Institutions de Microfinance

Au cours de nos enquêtes nous n'avons pas pu identifier des Institutions de Microfinance répondant aux prescrits de la loi (Instruction n°1 aux IMF, mise à jour du 18/12/2005) qui accordent des crédits agricoles.

2.2.5. Les Coopératives

Nos investigations sur terrain nous ont permis d'assembler des informations sur deux Coopératives qui accordent des crédits agricoles. Le tableau ci-dessous reprend la part du crédit alloué par ces Coopératives au secteur agricole par rapport à leur enveloppe globale de crédit.

Tableau N°17 : Crédit alloué par des Coopératives au secteur agricole par rapport à leur enveloppe globale de crédit au 31 décembre 2007.

Coopératives Montant Global de Crédit

(en $US)

Montant de

Crédit alloué au Secteur Agricole (en $US)

Rapport Montant crédit alloué au secteur agricole et Montant Global de Crédit (en %)

COOPEC KAWA

54.563 6.181 11,32% FECOPS

50.000 37.500 75% Total

104.563 43.681 41,77%

Source : nos enquêtes

L'analyse de ce tableau, nous amène aux constats ci-dessous :

- L'existence des Coopératives qui allouent une partie de leur enveloppe de crédit au secteur agricole. Le crédit agricole bénéficie d'une attention particulière de la part de la FECOPS. Il bénéficie de 75% de son enveloppe de crédit. Tandis que pour la COOPEC KAWA, le secteur agricole ne semble pas être une priorité. Cependant, il bénéficie de 11,32 % de son enveloppe de crédit. ce qui est quand même très encourageant pour une COOPEC (Coopérative d'Epargne et de Crédit).

2.2.6. Les Institutions Bancaires

(( Le secteur agricole est-il opérationnel au Sud Kivu ? ». C'est par cette question que le Gérant d'une des Banques Commerciales basée à Bukavu a introduit son mot

pour nous faire comprendre que l'institution dont il a la charge de gérer n'accorde pas de crédit en faveurs du Secteur agricole. Un autre Gérant d'ajouter « nous veillons scrupuleusement sur la sécurité des crédits que nous accordons. Nous ne pouvons pas nous hasarder à appuyer un secteur sans garanti de sécurité ».

A travers ces deux déclarations, les deux Institutions Bancaires, dont l'effectivité est couverte par la délimitation temporaire et spatiale de notre recherche, traduisent clairement leur non opérationnalité vis-à-vis du Secteur agricole.

2.3. Conséquences du sous financement du secteur agricole sur le développement du Sud Kivu.

De part le nombre qu'il emploie (plus de 80%), son rôle dans la souveraineté alimentaire, ses caractères de mode de vie, d'unité sociale, écologique et culturelle, l'agriculture revêt une importance incommensurable pour le développement de la province du Sud Kivu.

C'est pourquoi, compte tenu de l'importance des risques que comporte ce secteur, se manifestant à travers les lourdes incertitudes tout au long du cycle de production qui va du semis à la vente des récoltes, le secteur agricole est appelé à relever le principal défis consistant à rendre prévisible les revenus agricoles sans distorsion des marchés.

Ainsi, la non prise en compte des signes manifestes d'incertitudes à savoir (1) le fait de compter sur la météo, (2) le fait que la récolte peut être compromise ou endommagée à tout moment, (3) la concurrence accrue dans le contexte de la mondialisation et la faiblesse des prix des produits agricoles, etc ; à travers un mécanisme d'appui englobant les aspects aussi bien d'aider les paysans à avoir des ressources pour exploiter leurs terres de manière moderne que (1) de la défense d'un modèle paysan qui donne priorité à la survie des personnes vivant de l'agriculture plutôt qu'à un modèle purement productiviste, (2) d'aider les paysans à faire entendre leur voix au monde politique ; produira des conséquences fâcheuses sur le développement de la province du Sud Kivu.

Il y a lieu de retenir entre autres conséquences :

- La paupérisation de la population rurale suite à une faible production agricole

- L'exode rural suite à entre autres causes : la famine et le chômage en milieu rural.

- L'insécurité et la dépendance alimentaire de l'extérieur en ces moments où s'annonce avec pompe une crise alimentaire mondiale.

- La non saisine des opportunités de développement de la petite industrie pour la production des biocarburant et le biodiesel afin de faire face aux prix galopant du pétro carburant et du pétro diesel.

- Le déséquilibre permanent de la balance commerciale de la province du Sud Kivu. - L'étouffement du développement des industries agro-alimentaires locales.

- L'abandon des activités agricoles au profit de celles des autres secteurs notamment le secteur minier ou le petit commerce.

Conclusion partielle

L'analyse du financement du secteur agricole au Sud Kivu développée au cours de ce chapitre nous révèle qu'en dépit d'un contexte très préoccupant et controversé marqué par, d'un coté, un lendemain moins promettant pour assurer une indépendance alimentaire mais aussi une réduction de la pauvreté surtout en milieu rural, et de l'autre, un environnement riche en opportunité de financement, les acteurs de financement, dans leur globalité, demeurent moins attirer par le secteur agricole.

Cependant, il y a lieu de décrier les contradictions constatées dans le chef du pouvoir public quant à ce qui concerne ses discours et ses faits et gestes vis-à-vis du secteur agricole. D'un coté, il présente sa volonté de voler à la rescousse du secteur agricole et cela à travers des discours mais pour ce qui est de l'allocation des moyens financiers (subventions), ce secteur est relégué à l'arrière plan.

L'implication des organisations non gouvernementales et des coopératives en faveurs du secteur agricole est encourageante. En effet, 5 sur 11 Coopératives et ONG Locales analysées, soit 45,45% allouent plus de 40% de leur enveloppe globale de crédit au secteur agricole ; Egalement, 5 autres sur les 11, soit 45, 45% y affectent moins de 10% de leur enveloppe globale de crédit ; et 1/11, soit 9,09% y affecte une enveloppe globale de crédit variant entre 10% et 40%.

Les Entreprises Commerciales, les IMF et les Institutions Bancaires restent à l'écart du financement du secteur agricole.

Quant à la seule ONG Internationales reprise dans ce travail, elle ne met pas un accent sur le secteur bénéficiaire du crédit qu'elle accorde.

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