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O. INTRODUCTION GENERALE

O.1. OBJET DU TRAVAIL

                 Les banques sont des établissements financiers qui acceptent des dépôts et qui font des crédits et avec lesquelles les particuliers sont le plus souvent en relation. Dans les pays riches, la quasi-totalité de la population a aujourd’hui, au moins un compte en banque et la plupart des gens conservent une partie de leur richesse financière dans les banques sous forme de comptes bancaires, des comptes d’épargne ou d’autres types de dépôts bancaires.[1]

Eu égard à cette façon de faire, la banque entame des fonctions génératrices de profit qui sont risqués : pratique d’arbitrage de taux sur le marché, gestion des portefeuilles de titres pour son compte et celui de ses clients en vue de lui permettre d’accroitre sa performance et sa survie dans le nouvel environnement risqué.

Les banques vivent aujourd’hui dans un environnement financier caractérisé par un grand nombre des risques notamment risque financier, le risque de crédit, le risque opérationnel, le risque de solvabilité etc., qui influence la performance financière des établissements bancaires[2] nous intéressons dans la présente étude à analyser les risques de crédit.

De même, la défaillance d’un seul établissement financier peut conduire à une contagion aux établissements financiers à cause de la panique financière.[3] La mise en place d’une règlementation en matière des risques de crédit vise donc non seulement à limiter les risques mais aussi à éviter les défaillances individuelles des établissements financiers.

De toutes ces considérations précédentes, la présente étude conduit à démontrer la manière dont la BIAC-Bukavu est censée mesurer et gérer efficacement les risques de crédit face à l’incroyance diverse des dangers et menace qui pèsent sur les activités. Elle pourrait répondre aux nouvelles contraintes qui émanent de nouvel environnement risqué des risques de crédit tout en assurant sa performance financière future. Le but d’une banque n’est pas de prendre le moins de risque possible mais d’atteindre une rentabilité maximale pour un risque donné. Dans l’environnement bancaire, la gestion des risques de crédit s’avère indispensable car c’est à partir des opérations de crédit que la banque génère une grande part de recette. Ainsi, outils et la gestion du risque est indissociable. D’une part, le risque engendre l’instabilité des résultats de la banque, d’autre part la prise de risque est la condition d’une meilleure rentabilité future. Savoir gérer le risque constitue pour la banque un atout incontestable dans un environnement instable et caractérisé par la concurrence.

Etant conscientes de cette réalité, des nombreuses banques ont développé des méthodes avancées leurs permettant une meilleure gestion du risque. Les plus utilisées de ces méthodes sont la value-at-risk, la technique de scoring, le modèle de MERTON, les méthodes AMA, le modèle RAROC etc. afin d’arriver à terme de notre recherche, nous nous limiterons à utiliser la méthode de mesure de performance ajustée pour le risque corroborée par l’approche de taux internes des bases. Il s’agit donc de la rentabilité du capital ajusté pour les risques (=RAROC : Risk Adjested Return ou capital), un outil indispensable de la gestion des risques de crédit. Compte tenu de l’existence de mauvais types d’opérations risquées, le problème de risque moral (aléa moral) s’ajoute au problème de l’anti-sélection (sélection adverse).

0.2 PROBLEMATIQUE

Dans le système bancaire, l’activité traditionnelle consiste à collecter les fonds auprès des agents excédentaires pour mettre à la distribution de ceux qui sont dans le besoin[4], le décloisonnement qui conduit de plus en plus à la déspécialisation des activités bancaires par l’élimination des barrières aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du secteur bancaire fait perdre à la banque une partie de ses positions privilégiées.

Ainsi donc, les nouveaux changements dans l’environnement ont eu un effet négatif et ont causé de difficultés énormes aux institutions financières et généralement aux banques.[5] Ces nouveaux changements de l’environnement bancaire auront un impact sur la gestion de risque de crédit d’un établissement bancaire. Pour faire face à ces changements de l’environnement, des nouvelles technologies ont vu le jour.

 Pour se maintenir sur le marché, il est indispensable que la banque connaisse les différents risques pouvant endicaper son bon fonctionnement. Ces risques bancaires nécessitent une attention particulière dans son entièreté. La non prise en compte de différents risques que peut encourir une banque comporte une grande répercussion sur les activités de la banque : le non paiement à temps de ses exigibilités, perte de confiance des différents emprunteurs, danger de défaillir, la perte d’un client important, etc., ce qui en résulte donc une perte d’information cumulée par les intermédiaires financiers sur les clients, un coût social lié à la rupture des relations de banque, et ce qui est de nature à provoquer un ralentissement d’activités bancaires et un renchérissement du coût d’intermédiation.[6]

De tous ces risques bancaires : risques de marché, de crédit, risque opérationnel, de liquidité, d’insolvabilité, de change etc., celui de crédit retient beaucoup plus notre attention car la principale fonction de la banque est d’octroyer du crédit. C’est d’ailleurs des opérations de crédit que les banques tirent le principal de leurs revenus.[7] Il est toutefois bien évident qu’en octroyant du crédit la banque assume le risque soit de ne pas être remboursés soit d’être remboursée en retard.[8]

Ainsi, pour faire face à tous ces risques que comporte l’activité bancaire, plusieurs méthodes et théories ont été mises en évidence pour protéger la firme bancaire contre tout ce risque de crédit. Ces différentes méthodes de contrôle ne sont pas exclusives l’une des autres, ils se complètent et ils sont toutes élémentaires dans un environnement caractérisé par l’incertitude de l’asymétrie d’information et de l’imperfection.[9]

C’est dans cette optique que nous étudions les outils de gestion de risque de crédit d’une institution bancaire, application à une banque de dépôt installée à l’Est de la République Démocratique du Congo, appelée BIAC-Bukavu. A titre démonstratif, elle est caractérisée par un portefeuille risqué dont les créances douteuses sont évaluées, en milliers de dollars, à 11389320 en 2010, 12833230 en 2011, 13253580 en 2012, 13770890 en 2013 et 14974180 en 2014.[10] En lisant ces renseignements, nous remarquons que les créances douteuses augmentent d’une année à l’autre. Ces créances litigieuses ou les retards de remboursement sont dus à la situation financière et commerciale des clients (emprunteurs) et de leurs entreprises, à la compétence technique avec laquelle ils dirigent leurs affaires, à leur degré de moralité, mais plus fortement liés aux outils de gestion de risque utilisés par la BIAC, etc. particulièrement, pour l’analyse d’information que détient un banquier sur ses opérations, on dispose à la BIAC-Bukavu des méthodes de gestion de risque  de défaut basé sur le diagnostic financier classique, sur l’exigence des garanties réelles et personnelles, ainsi que le rationnement de crédit. Ces différentes méthodes utilisées par la BIAC-Bukavu présentent un grand nombre de limites à la gestion de risque de remboursement ou de défaut notamment la construction du bilan financier, la non maîtrise des postes à risques, le diagnostic financier ne prend pas en considération les traitements de postes du bilan, les bilans des entreprises demandeuses de crédit sont le plus souvent aménagés pour donner une image plus flatteuses que la réalité qui constitue un danger imminent si ce dernier est fait sur base des fausses informations. Le rationnement vis-à-vis des emprunteurs est de voir faut de fonds suffisant et ces mêmes emprunteurs peuvent faire recours à d’autres créanciers considérant apparemment que leur principal bailleur des fonds qui est la BIAC-Bukavu éprouve d’énormes difficultés de liquidité et qu’elle ne saurait plus leur accordé des nouveaux crédits.

Toutes ces observations précédentes nous ont permis d’élaborer les problèmes de notre étude de la manière ci-après :

  • Quels sont les outils de gestion de risque de crédit appliqués par la BIAC-Bukavu?
  • Comparer aux méthodes utilisées par la BIAC-Bukavu, dans quelle manière le RAROC perfectionnera-t-il les données du banquier ?

0.3 HYPOTHESES D’ETUDE

Nous préférons tester l’importance des hypothèses selon lesquelles :

  • Les outils de gestion de risques de crédit appliquée à la BIAC-Bukavu seraient la méthode de diagnostic financier, la méthode de l’exigence des garanties, la méthode de scores, et le rationnement de crédit. Ces méthodes seraient inefficaces dans la mesure où les créances litigieuses prennent une allure crucialement haussière suivant les années sous examen. Cela étant dû à la situation financière et commerciale des PME emprunteuses, la compétence technique de leur dirigeant avec laquelle ils dirigent leurs affaires, leur degré de moralité etc., il serait donc nécessaire à la BIAC-Bukavu de faire une étude approfondie sur de prévoir le retard et/ou le non remboursement de ces créances selon que la gestion est ex ante ou ex post;
  • Comparer aux méthodes actuelles utilisées à la BIAC-Bukavu, l’outil de gestion de risque de crédit *RAROC* pourrait perfectionner les données du banquier du fait de son accessibilité d’être calculé au différent niveau et à chaque partie prenante incluant les clients en défaut et des clients sains pour dégager le niveau de performance du portefeuille global, de chaque client, de chaque secteur d’activité et de chaque produit. L’application de la banque notamment la cellule "Risque-management" et la cellule "contrôle de gestion" la multiplicité des types et des axes de RAROC en plus qu’elle permet à cet outil de trouver une application dans différents domaines, elle donne au gestionnaire des solutions en fonction de ses propres besoins.[11] Le fruit de la prise de telles mesures sera l’instauration d’une base solide d’une gestion active des risques qui permettra la mise en place de toute innovation managériale capable d’apporter du nouveau.

0.4 CHOIX ET INTERET DU SUJET

 Nous avons été motivés du problème crucial qui dérange l’environnement bancaire enfin d’examiner le comportement d’une banque africaine installée à l’Est de la RDC.

Ainsi, la gestion des risques bancaires vient une préoccupation majeure de plusieurs auteurs contemporains. Son choix n’est pas un hasard mais plutôt de vérifier le nœud des outils et la gestion de risque de crédit.

Ainsi, l’intégration de la gestion de risque de crédit au sein de l’établissement doit se faire avec prudence et d’une manière progressive, pour en revenir au contexte national, nous pensons que la notion de gestion de risque préoccupe actuellement la science de gestion. Ainsi, les banques congolaises sont tenues de constituer et de fiabiliser les données historiques des défauts comme une première étape pour adopter une politique de notation qui tiendraient mieux compte des spécificités de l’environnement congolais.[12]

Pour vérifier toutes ces notions nous nous sommes proposés de pencher notre étude sur les outils et la gestion de risque de crédit d’une institution bancaire cas d’une banque africaine installée à l’Est de la RDC dans la province du Sud-Kivu, l’intérêt de la présente recherche se remarque à un double aspect : pratique et scientifique.

Pratiquement la présente étude dotera aux dirigeants de la BIAC-Bukavu un outil indispensable de gestion adéquate de risque de crédit et qui contribuera à la prise de décision pour les décideurs. Ces derniers peuvent concourir au diagnostic direct grâce aux différentes interprétations qui accompagne le modèle de rentabilité du capital ajustée pour les risques.

Certes, des variables endogènes et exogènes reposant sur la comptabilité et/ou la finance des banques décrivent des situations – vulnérable ou opportunités financières d’établissement – datant de plusieurs années et permettent plutôt de repérer les processus de défaut progressif tandis que les difficultés apparaissent brusquement ne pourront être identifiées par de telles variables.[13]

Scientifiquement, ce travail enrichit les théories de la gestion de risques bancaires en général et particulièrement de gestion de risque de crédit. Ainsi, nous montrons la contribution de la modélisation à la gestion de risques de défaut sachant que la théorie y afférente souffre de quelques imperfections que nous aimerons traiter. Ce travail constitue donc un plan de connaissance particulièrement étendue pour les chercheurs intéressés de la gestion des risques de crédit bancaire qui viendront après nous et traitant le même thème de recherche que nous.

0.5 OBJECTIFS D’ETUDE

D’une façon globale notre travail vise à doter la BIAC d’un outil de gestion de risque de crédit.

                 Spécifiquement, les objectifs de notre étude se présentent de la manière ci-après :

  • Ressortir les outils de gestion de risque de crédit de la BIAC BUKAVU;
  • Comparer les méthodes utilisées actuellement par la BIAC et celle proposée dans cette étude en vue de savoir laquelle d’entre elles perfectionne les données du banquier.

0.6 ETAT DE LA QUESTION

Il revient de vérifier comment d’autres avant nous, ont traité le sujet et les résultats de leurs études ; beaucoup sont de chercheurs de la science de gestion qui ont fait la gestion de risque de crédit leur préoccupation majeure.[14]

AKILIMALI NDATABAYE Ephrem ( 2013), dans son travail portant sur "Evaluation et prévention du risque de crédit par la technique de scoring, une application à la BCDC agence de Bukavu" montre l’objectif selon lequel son travail vise à doter la BCDC une technique de scoring. Il corrobore que lorsque la turbulence provient du risque de crédit, l’enjeu est de plus en plus important montre en plus que la mutation profonde de leur environnement, les banques ne sont pas sans réaction. Elles intègrent dans leurs méthodes d’octroi du crédit, de nouvelles technologies dont les plus importantes sont à l’heure actuelle les techniques de scoring. Il convient de signaler que l’auteur désigne l’objet de scoring qui permet l’établissement des méthodes statistiques en vue de pronostiquer la capacité de remboursement des emprunteurs futures sur base des caractéristiques des emprunteurs passés (les uns ayant défailli, les autres ayant remboursé dans les conditions convenues).

Pour ce faire, l’auteur s’est posé le problème en premier lieu selon lesquels : Quels sont les principaux facteurs explicatifs du défaut de remboursement du crédit octroyé aux PME par la BCDC Bukavu ? En deuxième lieu, appliquées à la BCDC Bukavu, les techniques de scoring améliorent-elles l’information que le banquier détient sur les PME emprunteuses et dans quelle mesure ? Et laquelle de deux principales techniques paramétriques de scoring, à savoir la régression binaire et l’analyse discriminante linéaire de Fisher est performante (fiable) dans l’évaluation et la prévention du risque encouru sur les PME emprunteuses ? Conduisant une analyse en amont de la défaillance et par conséquent une analyse discriminante à but descriptif, l’auteur désigne l’enjeu de 1ère question réside dans la détection des principaux symptômes de la défaillance.

Après avoir répondu à ces problèmes à travers les hypothèses, l’auteur a utilisé les méthodes ci-après : la méthode statistique, méthode comparative et certaines techniques documentaires, d’entretien direct et de questionnaire après les investigations, l’auteur précité et abouti aux résultats :

  • Le pouvoir explicatif du modèle logistique, ici pseudo R2 s’est vu affaibli (passant de 68,31% à 60,66%) par l’élimination progressive d’un si grand nombre de variables opérées sur le modèle initial ;
  • Le scoring de régression logistique conduit : si = 2,4954894 – 6,711426RLIi 2,573791RREi – 0,41569RLONGTERMEi – 0,00727MGARANTIi + 0,024689BFRi a généré des scores seuils conséquence de la règle de décision suivante : si si < -3,41 la PME est considérée comme étant a priori saine et dans ce cas sa probabilité de défaillance n’excède pas 3,2% on peut lui accorder du crédit, -3,41 £ si < 2,44 on est en face d’une zone d’incertitude, ces dossiers concernés sont tangents, cette zone contient des PME a priori saines et défaillantes. Puisqu’il y a doute et au nom du principe de prudence en matière de gestion, il est judicieux de ne pas accorder du crédit. En plus si Si ³ 2,44 à priori la PME est susceptible de défaillir, il vaut mieux de ne pas lui accorder du crédit. Cependant, l’auteur note que la règle d’affectation aux groupes se faisant en fonction des controides de ces derniers, le scoring de l’analyse discriminante linéaire de Fisher construit par : si=-1,579 + 3,331RLIi + 1,201RREi + 0,2RLONGTERMEi + 0,003MGARANTi – 0,01BFRi a généré des scores seuils, conséquence de la règle de décision suivante : si > 0,941, la PME est saine, -1,23 £si£0,941 c’est la zone d’incertitude, la PME est à priori saine et défaillante et si£1,23, la PME est à priori défaillante.
  • La matrice de confusion a fait apparaître qu’avec ces règles de décision 86,67% des PME emprunteuses sont correctement classées par régression logistique contre 88,33% pour l’analyse discriminante linéaire de Fisher. Les courbes de performances qui corroborent ces résultats démontrent que les deux scores sont quasiment superposés ; les performances relatives aux deux méthodes sont donc comparables. El taux de contradiction favorable à l’analyse discriminante linéaire de Fisher est de 5%. Enfin, la prédiction relative à l’analyse discriminante linéaire est de qualité supérieure à celle de la régression logistique impliquant des meilleures performances  

             En effet, utilisant la méthode de ratios de mesure de la rentabilité bancaire, Baud NDOHOU Nicolas (2008), dans son travail intitulé "les déterminants de la performance financière et des risques ; cas de banques tunisiennes".  Les objectifs traités par l’auteur précité sont :

  • Ressortir les déterminants de la performance financière des banques tunisiennes,
  • Montrer comment les banques tunisiennes couvrent leurs risques bancaires,

Après avoir répondu à sa problématique à travers les hypothèses, l’auteur a utilisé certaines méthodes et techniques pour mener au bout sa recherche, il s’agit de la méthode comparative, méthode analytique, technique  documentaire, d’interview, etc.

Appliquant son étude sur le huit banques tunisiennes dont RCR, AMENBANK, BT, BIAT, UBCI, BNA, STB et BH, pendant une période allant de 2000 à 2005, l’auteur est arrivé aux résultats montrant que les taux de couvertures des risques de différentes banques analysées pendant toutes ces années sont supérieurs à 8%, cela veut dire que les banques tunisiennes présentent une assiette de risques plus élevées que la réglementation prudentielle.

Ainsi donc, la différence entre l’assiette de risque trouvée à partir de rapport entre fonds propres 1 plus fonds propres 2 et les risques, et la réglementation prudentielle de 8% rassure les risques, et la réglementation prudentielle de 8% rassure une augmentation de la rentabilité bancaire. L’auteur conclu en disant l’accord est de rapprocher la réglementation des risques afin que l’exigence en fonctions de fonds propres soit plus sensible au risque réel des banques.[15]

Comparativement à la présente étude, nous remarquons qu’il peut y avoir des caractères ressemblants et différents de ceux de la  présente recherche. A cet exigence de travailler, le travail de Nicolas BAUD ressemble à celui traité dans cette recherche en ce sens que traitent tous  de la gestion de risques et de la performance financière d’une banques malgré les caractéristiques particulières sont différentes l’une à l’autre. La divergence se note du fait de non concordance de réalités en matière de gestion de risques et la rentabilité entre les banques tunisiennes et les banques congolaises ; en plus celle-ci montre l’influence qui pourrait exister entre le degré de gestion de gestion de risque et celui de la performance financière. Ces réalités conduiraient à des finalités différentes, en plus nous analysons, quant à notre étude, une approche de gestion des risques tellement différente à celle utilisée dans le travail de Nicolas BAUD, il s’agit donc d’un outil pertinent de la gestion de risques de crédit associant les demandeurs défaillants et les demandeurs sains et cela pas secteur, par client, par produit, et au niveau du portefeuille global du crédit.

Certes, l’hétérogénéité en matière de gestion de risques de crédit conduirait à des résultats différents, il va alors de soi que la non intégration de beaucoup de variables qualitatives, constitue une limite devant l’intérêt de parfaire l’analyse de la gestion des risques mise de l’avant par le chercheur à la conclusion de son travail.

Pour sa part, SOKI MALIRO, dans son étude menée à la BCDC-Bukavu, portant sur "Gestion des risques bancaires et performance d’une institution financière, cas de la BCDC" cherche à identifier les différents risques auxquels fait face à la banque commerciale du Congo à savoir différents mécanismes que la BCDC utilise pour bien gérer ses risques e pour qu’elle arrive à une performance idéale.

L’auteur a également étudié l’impact de cette gestion des risques encourus à la BCDC sur la performance économique et financière. Il précise par là que la BCDC arrive à bien gérer ces risques en mettant en place certains mécanismes à savoir le contrôle interne, l’audit et le diagnostic financier classique mais surtout le mécanisme de rationnement. L’auteur s’est intéressé à des objectifs suivants:

  • Dégager les risques ayant d’ampleur sur la performance d’une institution financière,
  • Démontrer la manière dont la gestion de risque bancaire favorise-t-elle la performance financière et économique de la BCDC.

Afin de vérifier les différentes préoccupations, elle s’est fixée d’utiliser différente méthode et technique notamment : la méthode statistique, méthode analytique, technique de questionnaire, technique de documentation, etc.

Par rapport aux résultats, l’auteur a constaté que la BCDC a connu une augmentation en numéraire de son capital dès l’année 2004 jusqu’à 2008, il a remarqué que pour l’année allant de 2004 à 2006, la BCDC a respecté la condition du ratio de Cooke qui fait qu’elle ait été solvable puisque ce ratio doit être égal au moins à 8% et doit être respecté par tous les établissements financiers  ayant une activité internationale. Pendant les années d’étude, ce ratio a été respectivement de 9,23%, 11,7%, 16,80% pour les années successives de 2004, 2005 et 2006 mais pour les années 2007 et 2008, ce ratio successivement de 5,14% et 4,69 inférieurs à 8% par conséquent, la BCDC a été insolvable.

Dans cette même perspective l’auteur montre que les montants de crédits octroyés de 2004 à 2008 ont été respectivement de 1000000$, 1500000$, 2000000$, 3000000$, 4500000$ et 6500000$ montrant en plus que les risques liés à ces différents crédits ont été chiffré successivement à 425000$, 637500$, 850000$, 1275000$, 1925000$ et 2762500$.

Cela étant, l’auteur dégage les périodes (années 2004 à 2006) sont d’une forte capacité de couverture des risques et coïncident avec les périodes de niveau de rentabilité inversement, les années 2007 et 2008 sont de périodes d’une faible capacité de couverture des risques, montrant pour ce faire, une liaison positive entre la rentabilité bancaire.[16]

Le travail de SOKI MALIRO, s’inscrit dans la ligne du nôtre du faite qu’il  constitue une référence non négligeable étant donné qu’il y a une certaine convergence des termes et  d’idées. Néanmoins, le présent travail est distinct de celui de l’auteur précité du fait qu’il dépasse le cadre d’évaluation et de gestion des risques de crédit proposés par ce même auteur ne pouvant juste se borner qu’amorce du contrôle interne, l’audit externe et interne dans l’évaluation de risques bancaires pouvant compromettre la performance d’une institution bancaire, nous traiterons une prévision de gestion de risque et de la performance financière qui conduirait à une gestion efficace de la BIAC-Bukavu. L’auteur analyse également quelques ratios financiers principalement dans l’explication de la performance bancaire, ratio Cooke, ROE, de ROA etc. certes, ce présent travail se donne le mérite d’une gestion plus adéquate des risques intégrant les données à risque de la BIAC-Bukavu pour ainsi impulser à son sein une mesure de la performance financière efficace par des outils pertinents et indispensables à la gestion de risques de crédit. Outil de mesure de rentabilité du capital ajustée pour les risques. Il est claire que les réalités vivées à la BCDC sont différentes de celles vécues à la BIAC-Bukavu biens que ces deux banques présentent quelques ressemblances en matière de gestion de risques de crédit.

Sus conceptualisé, l’auteur ressort quelques objectifs lui guidant tout au long de sa recherche :

  • Ressortir l’existence de risques bancaires au sein de la BIC quant elle octroie du crédit et agit sur le marché bancaire et monétaire,
  • Montrer l’incidence des risques sur les activités de la BIC agence de Bukavu, et l’efficacité et la fiabilité des mécanismes de gestion et d’évaluation.
  • Etant donné que le risque de crédit est le plus fréquent à la BIC, Dégager les variables explicatives du non remboursement de crédit octroyé aux entreprises et PME par la BIC  et comment l’évaluer et le gérer efficacement.

De ce qui précède, afin de vérifier sa recherche, il a utilisé les méthodes suivantes : la méthode descriptive, méthode analytique, méthode statistique, méthode comparative ainsi que certaines techniques notamment : d’interview, de documentation et de questionnaire.

           Certes l’hétérogénéité en matière de gestion de risque de crédit entre les banques : Banques tunisiennes, BCDC, BIC et la BIAC-Bukavu conduirait à des résultats divergents.

Ainsi, pour clore, la BIAC-Bukavu à des certaines caractéristiques particulières en matière de gestion de risques de crédit que les autres banques notamment banques tunisiennes, la BCDC-Bukavu, BIC-Bukavu etc. ; ce qui ne veut pas dire nous aboutirons forcement aux mêmes résultats que nos prédécesseurs et aussi la non intégration de beaucoup des variables qualitatives, constitue une limite devant l’intérêt de faire l’analyse des risques mise de l’avant par le chercheur à la  conclusion de son travail.[17]

0.7 METHODOLOGIE D’ETUDE

 La méthode statistique nous a permis de quantifier et de simuler la causalité des variables exogènes sur les variables endogènes en permettant de recueillir sur l’ensemble d’élément les informations comptables et financières de la BIAC-Bukavu en vue d’en faire une analyse quantitative des données.

      La méthode comparative nous a aussi permis de confronter les méthodes de gestion de risques de crédit utilisées actuellement ou préalablement à la BIAC-Bukavu et le modèle ou outil de gestion des risques de crédit et de mesure de la performance financière proposée dans la présente étude afin d’en choisir, la quelle des méthodes s’ajustant mieux à la gestion de risque de crédit et à la mesure de la performance financière de la BIAC-Bukavu.

L’analyse et l’intégration de données des années 2010, 2011, 2012 et 2014, nous ont poussés d’utiliser la méthode historique qui nous a permis de recouvrir, dans l’analyse du RAROC du portefeuille global, RAROC par client, par produit etc., aux données des années allant de 2010 à 2014.

Hormis ces différentes méthodes utilisées dans cette étude, certaines techniques nous ont été utiles. Il s’agit des techniques documentaires qui, à son tour, nous a permis de consulter et de fouiller les différents ouvrages, mémoires, articles, les sites internet et autres en rapport avec notre thème de recherche. D’entretien directif avec les agents de la BIAC-Bukavu et des différentes institutions des statistiques et de questionnaire qui ont été utiles dans la recolte des informations sur les méthodes utilisées actuellement par la BIAC-Bukavu pour gérer efficacement les risques de crédit et mesurer la performance financière, sur le volume des expositions par classe de risque, par secteur d’activité, par type d’engagement etc et sur les Etats financiers ainsi que les caractéristiques des emprunteurs de la BIAC-Bukavu.

0.8 DELIMITATION D’ETUDE

             Pour tout de clarté, de précision et concision, notre étude est délimitée, premièrement, dans le temps, elle intègre les variables de la période allant de 2010 à 2014 soit 5ans et deuxièmement, dans l’espace, elle concerne uniquement la banque africaine installée à l’est dans la province du Sud-Kivu, il s’agit de la BIAC-Bukavu.

0.9 PRESENTATION SOMMAIRE DU TRAVAIL

Hormis l’introduction et la conclusion, le reste de cette étude s’organise de la manière ci-après :

  • Le premier chapitre traitera la revue de la littérature de risques bancaires en général et de risques de crédit en particulier ;
  • Le deuxième chapitre portera sur la présentation de la BIAC-Bukavu ;
  • Le dernier chapitre portera sur la présentation et analyse du travail

[1] Contrairement aux pays sous développés comme la RDC, les dépôts en banque sont une affaire d’une portion atomique de la population, une grande partie de cette dernière vit dans la pauvreté et ne satisfait pas ses besoins vitaux, logement, éducation, nourriture, santé, habillement, etc., comment ce fait-il qu’elle ait un compte en banque ?

[2] Cet environnement risque détermine ou non la faisabilité d’une opération bancaire : prof MUTABAZI NGABOYEKA Augustin,  économie  financière, notes de cours, inédit, L1 GEFIN, U.O.B, 2013-2014

[3] DIAMON et P.H DYBVIG, Administration de banque, assurance-dépôt, et liquidité, journal de politique économique, 2ème éd. MC GRAW-HILL, 1983, p.406

[4] Cette manière de faire a été rendu complexe par les multiples crises qu’a connu le monde.

[5] Les banques ne sont pas les seules I.F

[6] J. AYACHI, environnement règlementaire, risque et rentabilité des banques, éd. Economica, Paris, 2005, p.6

[7] Chr. Van LIERDE, Economie financière et droit commercial, 2ème éd. CRP, Kinshasa, 1999, p.8

[8] CRUTZEN CUYPES, Economie commerciale et économie financière, éd. CRP, Kinshasa, 1998, p.70

[9] T. RONCALLI, Introduction à la gestion de risques, éd. GRO, Paris, 2001, p.13

[10] Ces chiffres sont tirés des rapports annuels 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014 sur les états financiers de la BIAC-Bukavu

[11] Le modèle dont il est question à utiliser dans cette étude, est celui qui associé à une probabilité et pour toute activité qu’effectue la banque. Etant donné que chaque opération effectuée par la banque : BIAC-Bukavu est affectée par une probabilité de défaillance et une perte exceptionnelle. A cet effet, il serait nécessaire que la BIAC-Bukavu prenne en compte tous les aspects conduisant à la défaillance d’une opération en vue de gérer et de surveiller efficacement ses risques. Cette surveillance et la gestion sont possible par l’application de mesure de performance ajustée pour les risques comme outil de gestion de risques de contrepartie encouru par la BIAC-Bukavu, banque panafricaine de Bukavu au risk management.

[12] Dr KASIGWA Christophe, op.cit

[13] A. Ephrem NDATABAYE, Evaluation et prévention du risque de crédit par la technique de scoring, une application à la BCDC-Bukavu, mémoire, inédit, SG, U.O.B, 2012-2013, p.7

[14] A. Ephrem NDATABAYE, op.cit, p.9

[15] N. Nicolas Baud, Les déterminants de la performance financière et les risques de banques tunisiennes, mémoire, inédit, université de Tunisie, 2007-2008

[16] SAKI MALIRO, Gestion des risques bancaires et performances d’une institution financière, cas de la BCDC-Bukavu, mémoire, inédit, U.C.B, 2008-2009

[17] A. NDATABAYE Ephrem, op.cit, p.10

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