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Chapitre 2 : CADRE THEORIQUE ET EMPIRIQUE DE LA RECHERCHE

Memoire Online - Analyse de l'efficacité sociale des IMF au Bénin - Kazesse Amouzou

Dans ce chapitre, nous avons présenté d'une part la problématique, les intérêts, les objectifs et les hypothèses de l'étude et d'autre part la revue de littérature et la méthodologie de recherche.

CHAPITRE 2 : CADRE THÉORIQUE ET

EMPIRIQUE DE LA RECHERCHE

SECTION 1 : PROBLÉMATIQUE, INTÉRÊT, OBJECTIFS ET HYPOTHÈSES DE L'ÉTUDE

PARAGRAPHE 1 : PROBLÉMATIQUE ET INTÉRÊT DE L'ÉTUDE

La politique monétaire menée par la BCEAO jusqu'au début de la décennie 90 a été particulièrement restrictive et rigide6(*). Elle est basée sur des instruments de contrôle quantitatif et qualitatif des crédits et concours aux économies d'une part et sur la fixation administrative des taux d'intérêt d'autre part.

Après la crise bancaire sous-régionale de la fin des années 80, le Bénin à l'instar des autres pays de l'UEMOA, a marqué sa détermination à préserver un fonctionnement harmonieux du système bancaire et prévenir toute situation de banqueroute. Il s'en est suivi un faible niveau des dépôts bancaires auprès des institutions financières et la restriction des conditions d'entrée sur le marché bancaire ; ce qui n'a pas favorisé la création des banques de petite taille plus proches des PME et de certaines couches de la population afin de répondre beaucoup plus promptement au financement de leurs activités.

Pour faire face aux besoins importants en services financiers des segments de marché mal desservis, les populations à la base soutenues par les gouvernants eurent recours aux initiatives de microfinance qui constituent une source importante de mobilisation de l'épargne et d'octroi de crédit. Un secteur de la microfinance s'est donc mis en place dans la dynamique d'un secteur financier pour développer essentiellement des produits pertinents à l'endroit des plus démunis. C'est dans cette optique que Bio Tchané affirme que : « Les IMF ont commencé leur installation au Bénin vers les années 1980, en réplique à la mauvaise intermédiation financière formelle ».

Ses objectifs incluent généralement la réduction de la pauvreté, le renforcement de la position sociale des populations défavorisées, la création d'emplois, le soutien à croissance des entreprises.

Cependant, pour développer leurs activités et donc poursuivre leurs objectifs, les IMF ont bénéficié d'un soutien financier aussi bien de l'Etat que des bailleurs de fonds sous forme de subventions et de prêts concessionnels7(*). Ces ressources jouent un rôle capital pour leur lancement, dans la mesure où elles apportent une aide précieuse au cours de la première phase durant laquelle l'institution ne possède pas encore de capitaux propres. Il n'en reste pas moins que les subventions et les prêts concessionnels ne sont disponibles que de manières et au prix de procédures assez longues. Pour toutes ces raisons, ces moyens financiers ne suffiront sans doute pas pour financer l'expansion nécessaire des IMF pour atteindre l'autonomie financière et pour toucher un nombre considérable de pauvres.

S'il s'avère, comme ce sera certainement le cas, que les subventions et prêts à condition de faveur ne peuvent assurer le financement total de l'expansion des IMF, celles-ci devront consolider la collaboration des bailleurs pour obtenir d'autres ressources. Seules les institutions présentant des perspectives de viabilité, des indicateurs de performance, tant financière que sociale satisfaisants pourront continuer à bénéficier de leurs soutiens financiers indispensables pour mettre les prestations de la microfinance à la portée des pauvres et des plus démunis.

Par ailleurs, l'objectif des IMF étant d'oeuvrer pour la réduction de la pauvreté par le renforcement de la position sociale des populations pauvres, elles doivent orienter leurs actions vers ces dernières. Il est crucial d'augmenter au maximum l'efficacité et la compétence des prestations de microfinance qui leur sont offertes. Or force est de constater que les pauvres se trouvent dans plusieurs domaines d'activités et ne sont en réalité pas trop facile à identifier en raison des critères de reconnaissance qui ne sont pas facilement saisissables.

D'ailleurs, la banque mondiale définit par exemple deux seuils de pauvreté internationale de 1$ ou de 2$ par jour et par tête8(*) et selon le sommet de microcrédit de 2005, les plus pauvres sont ceux qui se situent dans la moitié inférieure du groupe des personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté le plus sévère, dont le niveau de consommation est inférieur à 1$ par jour. Pour atteindre alors les pauvres, les IMF doivent non seulement développer leurs activités dans les domaines où se trouve cette population mais également y être performantes.

Depuis plus d'une décennie que le vent des institutions de microfinance souffle au Bénin, plusieurs travaux ont étudié la performance financière et mieux la performance économique. L'hypothèse fondamentale sous-jacente était que la microfinance était l'affaire des pauvres et du coup l'objectif social était quelque peu masqué. Selon Acclassato (2006), plusieurs éléments ont contribué à cette vision.

Le premier, la forte médiatisation du microcrédit à travers l'expérience du Dr Mohammed Yunnus avec les couches déshéritées du Bengladesh et qui a donné naissance à la Grameen Bank.

Le deuxième élément qui a masqué l'intérêt de l'évaluation des performances sociales est la proximité offerte par le microcrédit. Lapenu et al. (2004) ont identifié trois services de proximité pour les bénéficiaires de microcrédit : la proximité géographique, la proximité sociale et la proximité temporelle.

Le troisième élément qui contribue à la marginalisation des performances sociales dans l'évaluation des IMF réside dans l'absence ou la difficulté de mesure des indicateurs sociaux. Les institutions de microfinance identifient leur mission comme la lutte contre la pauvreté et l'insertion des exclus dans l'activité économique (Lapenu et al. 2004). De ce fait, les performances sociales sont considérées comme acquises et l'effort des IMF se concentre sur la recherche d'une autonomie financière indispensable pour leur viabilité, tant il est vrai que l'objectif social ne peut être poursuivi que si les IMF sont pérennes.

Mais la recherche de l'autonomie financière peut amener ces institutions à préférer une clientèle moyenne capable d'apporter les garanties d'un remboursement intégral du crédit et à prioriser des opérations de court terme. Le risque est grand que les IMF tendent au fur et à mesure de leur développement vers des conditionnalités proches du système bancaire classique éliminant ainsi et de plus en plus la clientèle pauvre.

 

Cette tendance à trop s'occuper de la performance financière au détriment de celle économique emmène les institutions de microfinance, dans la recherche de la pérennité, à privilégier plus les indicateurs de rentabilité que ceux de portées sociales. On enregistre des sommes très importantes d'encours de crédit qui sont allés jusqu'à 59.381.431.1599(*) en 2006 pouvant traduire une amélioration des conditions de vie des populations les plus pauvres. Mais il n'existe pas beaucoup d'études pouvant témoigner de leur efficacité sociale. Ce qui pourrait même aider et inciter les partenaires au développement et les bailleurs de fonds dans leur prise de décision et par ricochet à investir davantage dans le secteur de la microfinance. C'est cet état de chose qui nous a motivés, au terme de notre stage, à orienter notre étude sur l'« analyse de l'efficacité sociale des IMF  au Bénin ».

Ce sujet permettra de faire ressortir les dessous d'une évaluation d'efficacité sociale à savoir les réponses aux questions suivantes :

- quelles sont les mesures pertinentes de l'efficacité sociale et de l'efficacité financière des IMF au Bénin ?

- quelles sont les distributions de l'efficacité financière et de l'efficacité sociale des IMF béninoises ?

- y a-t-il un lien entre les deux types d'efficacité ?

Aussi sur le plan pratique, cette étude permettra de mettre à la disposition de la CSSFD, des partenaires au développement et des diverses autorités des données empiriques sur l'efficacité sociale des IMF.

PARAGRAPHE 2 : OBJECTIFS DE L'ÉTUDE ET HYPOTHÈSES DE RECHERCHE.

I. Objectifs de recherche

L'objectif principal de notre étude est d'analyser la capacité des IMF au Bénin à servir les pauvres. Pour atteindre cet objectif général, nous nous sommes fixés quatre objectifs spécifiques à savoir :

- analyser la distribution des niveaux des deux types d'efficacité des IMF au Bénin ;

- établir les relations entre l'indicateur de rentabilité financière et celui à portée sociale ;

- identifier les déterminants de l'efficacité sociale des IMF au Bénin.

II. Hypothèses de recherche

Pour conduire nos recherches, nous nous sommes fondés sur les hypothèses suivantes :

H1 : les IMF béninoises sont plus financièrement efficaces que socialement.

H2 : il existe une corrélation positive entre l'efficacité financière et l'efficacité sociale d'une IMF

H3 : plus les IMF octroient de crédit aux femmes, plus elles sont sociales.

SECTION 2 : REVUE DE LITTÉRATURE ET MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE

PARAGRAPHE 1 : REVUE DE LITTÉRATURE

En vue de définir une base méthodologique pour notre étude, nous nous sommes proposés d'exposer quelques travaux menés par certains auteurs dans le cadre de mesure de l'efficacité des IMF tant sur le plan financier que social et d'exposer brièvement les déterminants de l'efficacité sociale au sein des IMF.

I. Efficacité financière des IMF

Un exemple de normalisation nous est fourni par Microrate10(*). Le guide proposé se concentre sur quatre dimensions principales :

- Qualité du portefeuille : la source de risque la plus importante pour une institution financière réside dans son portefeuille de crédits. Non seulement le portefeuille de crédits est - et de loin - l'actif le plus important pour une IMF, mais en outre, la qualité de cet actif et donc le risque qu'il pose pour l'institution, est assez difficile à mesurer. Pour les IMF, dont les crédits ne sont pas couverts par des garanties, la qualité du portefeuille est absolument cruciale. Le portefeuille à risque (PaR) s'est imposé comme l'indicateur de mesure de la qualité du portefeuille ;

- Efficacité et productivité : les indicateurs d'efficacité et de productivité sont des mesures de performance qui montrent la manière dont les institutions rationalisent le traitement de leurs opérations. Les indicateurs de productivité reflètent la quantité d'output par unité d'input, alors que les indicateurs d'efficacité prennent en compte en plus le coût des inputs et/ou le prix des outputs ;

- Gestion financière : la gestion financière est une fonction de back-office qui a pour objectif de garantir un niveau de liquidité suffisant afin de couvrir les obligations d'une IMF (i.e. décaissement des crédits et remboursement des emprunts aux créanciers). La gestion financière est d'autant plus importante à prendre en considération si l'IMF a une activité de collecte d'épargne ;

- Rentabilité: Les indicateurs de rentabilité - ROE (Rentabilité sur fonds propres) et ROA (Rentabilité sur actifs) -reflètent la performance de l'ensemble des domaines de l'institution.

Par ailleurs, la rentabilité est considérée comme l'un des critères de performance financière des IMF car quelle que soit la motivation de l'entité « entreprise », il s'agit toujours de tirer le meilleur résultat de toutes les actions qui exposent à des risques des capitaux privés ou une fraction des capitaux publics. Donc, parler de rentabilité, c'est rechercher le rapport de résultats à des moyens mis en oeuvre afin de permettre des choix ou de juger le bien fondé des options qui ont été retenues. Selon l'Ordre des Experts Comptables et Comptables agréés (1969), « la rentabilité est le rapport d'un résultat et des ressources engagées pour l'obtenir ». Autrement dit, « la rentabilité est la capacité d'un capital placé ou investi à procurer des revenus exprimés en termes financiers » (Silem et alliés, 1989). Ainsi, la rentabilité est une dimension essentielle de l'activité de l'entreprise. Elle reste un critère de choix très prisé par les dirigeants d'une part et tous les autres acteurs d'autre part. La rentabilité peut être financière ou sociale.

Le rôle de la rentabilité en tant que type d'analyse entrepris en vue d'une prise de décision vis-à-vis d'une entreprise varie en fonction des intérêts spécifiques des agents concernés, selon qu'on est actionnaire, personnel, prêteurs, dirigeants ou l'Etat. Les IMF n'échappent pas à cette exigence.

L'impératif de rentabilité d'une IMF permet de répondre à deux exigences à savoir :

- assurer le maintien de son capital ;

- et acquitter les intérêts dus aux prêteurs si elle développe l'activité d'épargne (déposants) et assurer le remboursement des emprunts.

La rentabilité d'une IMF se mesure à partir des ratios appropriés suivant certaines normes. Ces ratios permettent des comparaisons rapides et exactes suivant les périodes de temps spécifiques. Une norme est une mesure de comparaison déduite de la performance antérieure ou par comparaison avec les structures similaires. Ainsi nous distinguons plusieurs sortes de ratio de rentabilité au sein de l'IMF dont les plus récurrents sont :

- le ratio de rentabilité des actifs qui mesure la capacité de l'IMF à utiliser son actif de façon rentable. Il traduit ce que rapporte un franc d'actif engagé dans l'exploitation de l'IMF. Il reflète aussi bien la marge de profit que l'efficacité de l'IMF. La Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest, la BCEAO propose une norme d'au moins 3% (Acclassato 2006);

- le ratio de rentabilité des fonds propres, il exprime combien rapporte à la fin de chaque exercice, un franc de ressources personnelles engagé par l'IMF. La BCEAO en exige un minimum de 15% (Houégban et Kloussé, 2007).

Il existe également d'autres types de ratio entrant en ligne de compte pour la détermination de la performance financière et économique à savoir :

- le ratio d'autosuffisance opérationnelle dont le minimum exigible est de 130% traduit la capacité de l'institution à générer suffisamment de revenus pour couvrir les coûts nécessaires à son exploitation de manière à continuer à offrir des services financiers à sa clientèle-cible et de manière durable ;

- le ratio de créances en souffrance qui concerne les crédits en impayés de plus de 90 jours (norme BCEAO : ratio < 3%), le ratio de coûts opérationnels (norme BCEAO : ratio = 35%) et le ratio de rendement de portefeuille (norme BCEAO ratio > 15%).

Par ailleurs, Acclassato a utilisé ses différents ratios pour déterminer les performances économiques et financières d'une dizaine d'IMF au Bénin en 2006. L'étude a révélé une certaine concentration autour du pôle économique et financier.

Cinq institutions formaient ce pôle : PADME, PAPME, CPEC, FINADEV et VITAL-FINANCE. Le PADME a réalisé la plus grande performance économique et la FECECAM, la plus petite performance économique. Les meilleures performances de PADME sont connues et peuvent déjà inspirer plusieurs IMF. La faible performance économique de la FECECAM est due aux nombreuses difficultés qu'elle rencontre dans la gestion de son portefeuille de prêt avec un nombre important d'impayés.

Cette situation a d'ailleurs amené le gouvernement à mettre en 2006, la structure sous administration provisoire en attendant une restructuration profonde.

Berger et Humphrey (1997) ont suggéré d'ailleurs que dans le but de l'évaluation de l'efficacité dans les institutions financières, une variété de spécification doit être utilisée et les résultats devraient être comparés. Dans ce cas, une spécification signifie une combinaison particulière d'intrants et d'extrants dans le modèle DEA. Et de cette manière, chaque spécification est considérée comme une manière différente de mesurer l'efficacité11(*). Par cette approche, Gutiérrez-Niéto, Serrano-Cinca et Mar Molinero ont pu définir quatre sortes de spécifications à savoir ACE-LR, ACE-L, ACE-R et C-R toutes pouvant mesurer l'efficacité financière.

Notons qu'il n'existe pas que le procédé des ratios financiers pour mesurer l'efficacité financière des institutions financières. Il existe également l'approche par la fonction de production. A cet effet, la méthode est d'application très générale, appropriée pour toute unité productive (Farrell, 1957) y compris celle du secteur microfinancier.

L'examen de la littérature révèle en effet l'existence de plusieurs tentatives de mesure empirique d'efficacité des institutions financières notamment bancaires par la méthode des frontières d'efficacité dans les pays d'Asie et d'Amérique latine : Mahadzir (2004) sur l'analyse des performances comparées des banques malaisiennes à propriété étatique, étrangère et privée nationale, Hasan (2004, 2005) sur la pertinence de la mesure de l'efficacité des banques islamiques par les méthodologies classiques dont celle des frontières, Iimi (2002) sur l'efficience de l'industrie bancaire pakistanaise après le programme d'ajustement structurel de 1990, Grigorian et al. (2005) sur l'analyse comparée de l'efficacité du système bancaire de Bahrain par rapport à celui des autres pays du moyen orient et de Hong Kong,

Léon (2001) sur l'efficacité de la microfinance, de type banques péruviennes municipales, Qayyum et al (nd) sur l'efficience et la soutenabilité de la microfinance en Asie du Sud (Pakistan, Bangladesh, Inde), Lamberte et al. (2002) sur l'efficacité des banques coopératives rurales aux Philippines, Nieto et al. (2004) sur l'efficacité des institutions de microfinance dans 8 pays d'Amérique Latine (Bolivie, Colombie, République dominicaine, Equateur, Mexique, Nicaragua, Pérou, Salvadore) au Pérou et bien sûr dans les pays développés comme l'analyse de Worthington sur l'efficacité-coût des institutions financières non bancaires australiennes, Drake et al. (2003) sur la concurrence et l'efficacité dans les banques aux Royaumes-Unis (impact de la forme coorporatiste de propriété) ou encore Rouabah (2002) sur l'économie d'échelle, économie de diversification et efficacité productive des banques luxembourgeoises, une analyse comparative des frontières stochastiques sur données en panel ; on peut citer quelques rares analyses empiriques sur les institutions financières de la zone UEMOA : Igué (2006) sur réforme du système financier, efficacité bancaire et croissance économique, une référence à la zone UEMOA, de Mahamadou (2005), performances des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) au Niger, une analyse comparative selon la typologie des institutions de microfinance, de Dao (2007) sur l'efficacité technique et performances des banques au Burkina Faso, estimation d'une frontière de coûts stochastiques sur données de panel.

II. Efficacité sociale des IMF

L'efficacité sociale peut être définie comme l'amélioration durable du bien-être des exclus par leur inclusion dans le système financier, et sa rentabilité financière nécessaire pour l'autonomisation des IMF, des bailleurs de fonds et pour l'assurance de leur pérennité. Selon Lapenu et Zellner (2003), la performance sociale d'une organisation (qu'elle soit une firme privée à but lucratif, une coopérative ou une ONG) comprend les relations de l'organisation avec ses clients et avec les autres groupes de parties prenantes12(*) .

Pour ce qui concerne les IMF, la manière standard de se concentrer sur leur performance sociale, est à travers les mesures de portée sociale dans le cadre des travaux de Yaron. Les problèmes méthodologiques ont été interrogés par Hulme (2000). Six méthodologies sont utilisées de nos jours pour évaluer la portée sociale et qui d'ailleurs méritent un examen plus approfondi13(*) : IMP-ACT, AIMS, SROI, Accion PAF, CGAP (PAT). Le tableau N°3 ci-dessous les décrit brièvement.

Les méthodes d'évaluation sociale des IMF

 

Nom

Description

Analyse

IMP-ACT

il vise à améliorer la qualité des services de microfinance et leur impact sur la lutte contre la pauvreté. (http://www.imp-act.org)

Elle s'appuie sur la collecte d'informations quantitatives provenant des statistiques d'IMF clients. Statistiques descriptives, test de différences dans les moyennes et les médianes, des corrélations et des tests d'hypothèses sont générés à partir des données obtenues.

AIMS

Assessing the Impact of Microenterprise Services vise à mesurer la manière dont la microfinance interagit avec la vie de leurs emprunteurs.

(http://www.msiworlwide.com/gral/nwproductinfo/aim_page.htm)

Il place les familles au centre de son analyse. Il utilise des techniques qualitatives et quantitatives. Il considère les hypothèses au niveau des ménages, individus, des entreprises et des collectivités

SROI

Social Return On Investment tente de mesurer sous la forme d'un ratio d'investissement, la valeur sociale et environnementale créé par une organisation. (http : sroi.london.edu)

la méthodologie est encore en construction. Par exemple, le revenu généré par l'entreprise essaie d'être mesurée grâce à des économies aux donateurs.

ACCION

PAF

Accion Poverty Assesment Framework compare les caractéristiques socio-économiques de ses clients par rapport au seuil de pauvreté nationaux et internationaux.

(www.accion.org)

les données qu'il emploie pour le moment sont les données disponibles au sein de l'IMF. Les recettes ou les dépenses sont comparées au seuil de pauvreté. Il analyse les corrélations et les régressions à plusieurs variables pour évaluer le potentiel de certaines variables comme proxy du niveau de pauvreté. Par exemple, un prêt de taille.

PAT

Il mesure la portée sociale de la pauvreté par la mise des clients d'une institution dans le contexte de non clients. C'est la même méthodologie qu'utilise l'ONU pour l'IDH.

(http://www.microfinancegateway.org/poverty/pat.html)

l'analyse se fait sur la base de 300 indicateurs de pauvreté qui sont réduits à 30 par le biais de l'analyse en composantes principales. Un indice de pauvreté est finalement construit à partir de ces indicateurs

SPI

Social Performance Indicators Initiative va au-delà de la sensibilisation contre la pauvreté. La performance sociale aurait quatre dimensions: l'aide aux pauvres et aux exclus, l'adaptation des services et des produits aux clients cibles, l'amélioration du capital social et politique des clients et des communautés, et la responsabilité sociale des institutions

(http://www.spifinance.com)

quatre dimensions sont collectées par un par questionnaire. Les réponses de questionnaire reçoivent un système de pondération à partir d'une analyse en composantes principales. Les résultats sont représentés au moyen d'un losange, dont les quatre sommets donnent une mesure des performances sociales des IMF.

Sources : B Gutiérrez-Nieto et al, 2005.

Acclasato D. a par exemple utilisé la méthode SPI pour évaluer les performances sociales d'une dizaine d'institutions de microfinance au Bénin en 2006. Selon cette étude, le positionnement des IMF a révélé une certaine concentration des IMF sur les performances sociales. Cela concernait deux tiers des institutions enquêtées. Le PAPME se présentait comme l'institution la plus fragile socialement tandis que le CBDIBA s'était positionné comme la meilleure institution aux regards des objectifs sociaux.

Le segment de marché sur lequel s'était positionné PAPME pourrait expliquer ce résultat. En effet le PAPME traite avec des petites et moyennes entreprises avec des prêts entre 500 000 FCFA et 40 000 000 FCFA. Cela peut l'amener à adopter des comportements proches de ceux du système bancaire dans la gestion des crédits.

Par ailleurs, les travaux de Gutiérrez-Niéto, Serrano-Cinca et Mar Molinero en 2007 leur ont également permis d'utiliser des spécifications pour évaluer l' efficacité sociale de 89 IMF pour lesquelles les informations étaient disponibles. Ils ont pu spécifier trois indicateurs de mesure de l'efficacité sociale par la méthode DEA. Il s'agit des spécifications ACE-WP, ACE-W, ACE-P qui permettraient respectivement de déterminer les institutions qui servent les pauvres et les femmes, celles qui servent les femmes et celles qui servent les pauvres. Les résultats leur ont permis de trouver par exemple que c'est seulement 35,53% des IMF qui servent les femmes et luttent contre la pauvreté.

Ø Présentation d'un indicateur spécial d'avantage aux plus pauvres

Un objectif important du microcrédit est de lutter contre la pauvreté. Karim et Osada (1998) ont même pensé que la meilleure manière de financer le développement est à travers l'impact sur les pauvres, au moins dans le court terme, et qu'il est beaucoup plus efficace de commencer par le bas, en soutenant directement les pauvres par le microcrédit.

Matin et al (2002) ont discuté la manière de concevoir et de fournir les meilleurs services financiers pour les pauvres. Ils font valoir que le microcrédit contribue à la lutte contre la vulnérabilité et participe à la réduction de la pauvreté. L'impact social du microcrédit a été évalué par exemple, en Zambie par Copestake et al en 2001,et par Mosley en Bolivie en 2001. Le problème est de savoir comment mesurer la pauvreté et la proportion dans laquelle les microcrédits sont accordés aux pauvres.

Comme un indicateur approximatif d'évaluation de l'atteinte des pauvres par le microcrédit, les IMF utilisent le nombre d'emprunteurs. La définition de mixmarket14(*) par rapport à cela est «  le nombre d'individus qui ont présentement un prêt en cours auprès de l'IMF ou qui sont responsables du remboursement d'une partie du portefeuille de prêts bruts ». L'hypothèse est qu'une institution qui accorde des prêts à de nombreuses personnes joue un rôle important dans la lutte contre la pauvreté. Mais tous les emprunteurs ne sont pas forcément des pauvres.

Une enquête de Dalley-Harris en 2004 sur 3000 IMF, a montré que 67,7% de leurs emprunteurs étaient parmi les plus pauvres, même si ce pourcentage varie d'une institution à une autre. Mixmarket définit comme pauvres : « les clients qui sont en dessous du seuil de pauvreté ». Ce n'est pas totalement satisfaisant encore que la pauvreté est un concept relatif et doit être mesurée par rapport à la richesse générale de la population.

Par exemple, certaines institutions de microfinance visent à réduire la pauvreté en Europe où le seuil de pauvreté est nettement plus élevé. D'ailleurs, le nombre de « clients en dessous du seuil de pauvreté » n'est souvent pas disponible dans les statistiques que présentent les IMF au Bénin.

En outre, une institution qui prête à de nombreux individus peut être en train de prêter aux plus riches de la société. Les membres les plus riches de la société sont, bien évidemment, en mesure de répondre à leurs remboursements de prêts et seraient admissible à des prêts plus importants que leurs homologues pauvres ; les institutions financières étant toutes prudentes à l'égard du risque. Il s'ensuit que le « prêt moyen par emprunteur » pourrait être considéré comme une mesure de l'engagement qu'a une IMF dans la réduction de la pauvreté.

Et de cette manière, plus est petit le prêt moyen par emprunteur, plus l'on aperçoit la portée du microcrédit. Gutiérrez-Niéto et ses pairs ne sont pas satisfaits du « prêt moyen par emprunteur » comme indicateur de mesure de portée sociale en matière de réduction de la pauvreté, parce qu'il est mesuré en unités monétaires, et la même somme d'argent peut signifier différentes choses dans différents pays en fonction de la moyenne du Revenu National Brut par habitant.

Ils sont d'accord avec Morduch quand il écrit en 2000 « il y a longtemps, le montant d'un prêt a été la principale norme pour la comparaison de la portée sociale ». Mais le montant d'un prêt est une mesure approximative et indirecte. Ils ont préféré penser en termes relatifs. Pour ce faire ils ont divisé le montant du prêt moyen par emprunteur par le Revenu national Brut par habitant. Ils ont nommé ce rapport « K ».

Après, ils ont normalisé les valeurs de « K » à la gamme de 0. De cette façon, ils ont obtenu une valeur comprise entre 0 et 1, où une valeur proche de zéro indique que l'institution prête au plus pauvres. Cependant, préférant obtenir une valeur proche de celle associée à la réalisation de l'objectif d'atteindre les pauvres, ils ont déduit de « un » le nombre précédemment obtenu.

De cette façon, ils obtiennent « petit p » qu'ils multiplieront par le nombre d'emprunteur actif pour obtenir finalement « grand P ». Ainsi, ont-ils pu prendre les deux considérations selon lesquelles l'idéal aurait été que les IMF d'une part doivent octroyer un grand nombre de prêt associé à une grande valeur de « petit p ». Somme toutes, les IMF dont leur valeur de « P » est plus grand, sont plus engagés dans la réduction de la pauvreté.

III. Relation entre efficacité financière et efficacité sociale des IMF

 

La microfinance peut être perçue comme l'offre de services financiers de proximité. Cette définition sommaire, ne rencontre pas très souvent l'assentiment de tous.

Selon la BCEAO (1997), « la microfinance regroupe une variété d'expériences d'épargne et/ou de crédit, diverses par la taille, le degré de structuration, la philosophie, les objectifs, les moyens techniques, financiers et humains mis en oeuvre pour les populations à la base avec ou sans le soutien technique et/ou financier des partenaires extérieurs en vue d'assurer l'autopromotion économique et sociale de ces populations » 15(*)

Le terme microfinance n'est apparu qu'à la fin des années 1970 à la suite de l'initiative du professeur MUHAMMAD Yunnus qui fonda la Grameen Bank du Bengladesh.

Pour James WOLFENSEN (1998), Président de la Banque Mondiale: « la microfinance représente un des outils que nous utilisons pour essayer de réduire la pauvreté ». Cependant, la meilleure manière d'aider les pauvres à avoir accès aux services financiers oppose les welfaristes et les institutionnalistes. Bien qu'elles partagent l'objectif de réduction de la pauvreté, ces deux approches placent la microfinance à la croisée des chemins16(*).

Les welfaristes se fondent sur la théorie de responsabilité sociale vis-à-vis de la clientèle afin de répondre à ses attentes17(*). Cette école de pensée évalue la performance de l'IMF du point de vue du client à travers la portée sociale (outreach) et l'analyse d'impact (assessment impact). En termes de politique, elle considère que les IMF doivent cibler les plus pauvres dont les revenus sont à 50% inférieurs au seuil de pauvreté (1$ par jour) et viser à améliorer leurs conditions de vie.

Bien qu'elle insiste sur la gestion rationnelle des ressources et n'exclut pas que les IMF puissent mener une activité rentable au terme d'une période de 5 à 12 ans, cette école de pensée prône une offre des services financiers à des taux d'intérêt relativement faibles et un large recours aux subventions. A ce titre, l'école privilégierait les IMF solidaires (ONGs ou coopératives).

Les institutionnalistes quant à eux, se fondent plutôt sur la théorie des contrats qui considère que l'incomplétude des contrats peut conduire à des comportements opportunistes des demandeurs de crédits18(*). Ils ont conçu un ensemble de "meilleures pratiques" (best practices) bancaires afin d'accroître l'efficacité des systèmes de gestion (finance et comptabilité, marketing, livraison de services, etc.), dont l'adoption est une étape essentielle pour atteindre l'autosuffisance financière à l'échelle industrielle et avoir accès au marché financier. Ils considèrent l'autonomie financière comme un critère qui remplit au mieux la mission sociale.

Cette école privilégierait les institutions financières spécialisées en microfinance réglementées qui s'inscrivent clairement dans une logique de rentabilité, soit des caisses villageoises ou certaines banques commerciales traditionnelles qui, se sont plus récemment impliquées dans la microfinance. En d'autres termes, l'approche institutionnaliste se focalise sur la création d'institutions financières dédiées à fournir aux populations pauvres un accès aux services financiers.

L'accent est davantage mis sur l'autosuffisance financière, l'amplitude du programme (le nombre de clients) que sur la profondeur du programme et la mesure de l'impact sur la clientèle.

Les welfaristes quant à eux, se concentrent davantage sur leur fort engagement vis-à-vis des pauvres ; c'est-à-dire sur la profondeur du programme (les plus pauvres des pauvres) et l'impact de la microfinance sur le bien-être des populations.

Ils sont comme les institutionnalistes, favorables à de saines pratiques opérationnelles et managériales ainsi qu'à une efficacité et une efficience institutionnelle. Mais bien qu'ils pensent que l'autonomisation financière est désirable, ils ne franchissent pas de dire que l'autonomisation financière constitue une condition sine qua non pour l'institutionnalisation des IMF.

 

IV. Les déterminants de l'efficacité sociale

Ces déterminants se regroupent autour de deux effets principaux à savoir « effet statut » et « effet pays ».

A. Effet « statut »

Il sera question de présenter ici deux statuts à savoir le statut institutionnel de l'institution et son statut juridique

1. Statut institutionnel

Pour exercer son activité dans un cadre légal, l'IMF doit se doter d'un statut de personne morale. Selon le MIX, les IMF sont classées en 6 catégories : des ONGs (à but non lucratif), des coopératives de crédit, des institutions financières non bancaires (IFNB), des banques, des 11 banques rurales et autres.

Les objectifs de leur lancement, les règles de leur fonctionnement et le comportement de leurs propriétaires permettent de distinguer ces différentes organisations. Conformément à son appellation, le statut des ONGs est cohérent avec la mission de la microfinance (Boyé et al, 2006). Ces organisations sont au contact des populations les plus défavorisées et les plus isolées ; elles mettent l'accent sur leur mission sociale au-delà de leur performance financière, car elles sont à but non lucratif.

Elles ne disposent pas de propriétaires dans le sens conventionnel du terme. Leurs fondateurs s'associent pour offrir des biens et services à ceux qui deviendront membres de l'organisation ou de la collectivité.

Elles peuvent développer des activités commerciales servant leur objectif social, mais personne n'a le droit de recevoir de bénéfice : celui-ci doit rester au sein de l'association pour lui permettre de poursuivre son activité de transformation de ses ressources sous forme de petits crédits destinés aux plus pauvres, ou il peut être reversé à des ONGs ayant un but similaire.

De même, les mutuelles ou les coopératives sont sans but lucratif et fondées sur des principes d'union, de solidarité et d'entraide mutuelle. Elles sont gérées par leurs propres membres qui en sont les actionnaires et les propriétaires, chacun possédant une part égale aux autres. Leur principal objectif est de collecter l'épargne qu'elles transforment sous forme de crédits.

L'épargne constitue dans ce cadre une partie de la garantie demandée à l'emprunteur. Cependant, la priorité donnée à l'épargne tend à orienter ces organisations vers les populations ayant une capacité d'épargne (agriculteurs, commerçants, ...) en excluant dans une certaine mesure les populations très pauvres.

Au regard de ces différents statuts, les ONGs ont un avantage comparatif en ce qui concerne la capacité à atteindre les plus pauvres (Dichter, 1996).

2. Statut juridique

Afin de se développer, les IMF ont besoin d'être réglementées. D'une part, si elles s'adressent aux banques et aux marchés pour se refinancer, elles doivent être surveillées et leurs comptes doivent être transparents. D'autre part, au-delà de leur activité principale de crédit, certaines IMF reçoivent des dépôts; ces activités engendrent différents risques qui peuvent menacer leur existence.

Cependant, la transformation d'une IMF en intermédiaire financier réglementé peut avoir un impact sur la performance en changeant les règles internes de l'organisation (Campion et White, 1999). L'accomplissement des conditions de la réglementation détourne l'IMF de l'objectif de servir les plus pauvres, ce qui peut freiner l'innovation des techniques de prêt. Les IMF réglementées favorisent un comportement moins risqué afin de préserver leur sécurité, et plus largement celle du système financier. Une moindre prise de risques est équivalente à une préférence pour une clientèle moins risquée. Cela est loin des objectifs des donateurs qui financent les IMF afin que celles-ci servent des clients très pauvres et donc plus risqués tout en assurant des bénéfices.

B. Effet « pays »

Selon des études antérieures (Luzzi et Weber, 2006 ; Gutiérrez-Nieto, 2005), les IMF opérant dans différents pays s'adaptent à l'environnement dans lequel elles travaillent. il est plus sensé de comparer l'efficacité des IMF d'un même pays qu'entre IMF de pays différents, étant donné les grandes disparités des cadres juridiques, des régimes politiques et des niveaux de concurrence sur les marchés nationaux.

Aussi il est noté que pour éliminer le risque « pays », il vaudrait mieux d'étudier l'efficacité des institutions d'un même pays surtout qu'il n'est pas évident que les revenus nationaux bruts de deux pays différents soient les mêmes.

Il est aussi opportun de faire allusion à d'autres facteurs susceptibles d'influencer l'efficacité sociale d'une institution de microfinance notamment la politique de gouvernance des dirigeants par exemple.

PARAGRAPHE 2 : MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE

Pour atteindre les objectifs ci-dessus fixés, il urge de vérifier les hypothèses énumérées. A ce niveau, nous signalons que pour y aboutir, nous procèderons à une description de la méthode d'analyse utilisée. Il s'agit de la méthode dite « méthode d'analyse par enveloppement des données » et plus connue sous le nom de méthode DEA (Data Envelopment Analysis).

I. Outil de collecte et de traitement des données

Compte tenue de la nature de notre travail, nous nous sommes plutôt intéressés aux statistiques contenues dans les rapports d'activité. A ce niveau, nous nous sommes référés aux donnés de l'année 2008 sur l'ensemble des activités des IMF.

Les entretiens directs avec certains responsables de la Cellule de Surveillance des Structures Décentralisées nous ont permis d'avoir de plus amples informations sur les indicateurs de performance utilisés et de comprendre l'importance relative de certains éléments des rapports d'activités.

Quant à la recherche documentaire, elle a consisté à la consultation des ouvrages généraux et spécifiques ayant rapport avec le thème. Cela nous a conduit dans les bibliothèques de la ville de Cotonou (ENEAM, Résidence de la Banque Mondiale, Consortium Alafia, LAREI, la CSSFD) et à l'internet. Soulignons qu'elle nous a été d'une grande utilité surtout dans la partie théorique de notre travail.

Pour ce qui est du traitement et de l'analyse des données, nous avons procédé à un traitement informatique. Les données recueillies ont été traitées à l'aide du logiciel DEAP et les résultats sont présentés sous forme de tableaux et parfois représentés par des graphiques. L'analyse des différents résultats nous a permis d'articuler et d'argumenter les différentes idées contenues dans ce mémoire.

Cependant, ce travail ne s'est pas fait sans difficultés. Nous avons dû sans doute faire face à de multiples obstacles qui vont de l'obtention du stage à la réalisation de l'étude.

En effet, durant tout notre stage, nous avons été confrontés à des travaux d'analyse et de saisie des états financiers des IMF qui, bien que présentant pour nous des avantages d'acquis professionnels, ont considérablement réduit notre période de recherche.

Nous avons surtout été confrontés à la non disponibilité des informations telles que souhaitées. Et cette situation nous a amené alors à recourir aux statistiques détenues par le Consortium Alafia. Ce qui a fait que le champ de notre de étude s'est logiquement trouvé réduit car nous n'avons pu obtenir des données que sur neuf IMF seulement. Mais il est à noter que ces neuf (09) IMF dont la liste se trouve en annexe, collecte plus de 95% de l'épargne du secteur.

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