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CHAP I GENERALITES

Dans ce chapitre, il est question de définir les concepts clés contenus dans ce travail et présenter le cadre d’étude.

I.1. Définition des concepts

I.1.1. Conception

Pour J.REY-DEBOVE et alii (1975, p.319), la conception vient du latin Conceptio, de concipere  qui signifie formation d’un concept, d’une idée générale dans l’esprit humain ; Action de concevoir, acte de l’intelligence, de la pensée, s’appliquant à un objet.

Pour G. NADIAYE (2008, p.269), la conception est l’action, la façon de concevoir une idée, la création de l’imagination, l’idée, l’opinion, la faculté de saisir, de comprendre.

Selon le dictionnaire Larousse (2008, p.84) la conception est une représentation qu’on se fait de quelque chose.

I.1.2. Etiologie

a.    Définition

Pour ANGEE et alii (1961, P.774), l’étiologie vient du grec (aitia, cause et logos, discours). Sciences des causes.

Partie de la science médicale qui cherche et étudie les causes des maladies.

L’étiologie comporte essentiellement la recherche de la cause active d’une maladie ; agent physique (froid, chaleur, etc.), agent chimique (toxique, caustique, etc.) ou biologiques (microbes, virus), mais aussi l’étude de toutes les causes prédisposantes (hérédité, sexe, âge, ‹‹terrain››) et des causes déclenchantes (état physiologique actuel, fatigue, insomnie, absence de défense ou facteur externe s’ajoutant à la cause principale).

L’étiologie a pour objet l’étude de l’ensemble des causes et conditions d’apparition des maladies ou affections.

Selon J.REY-DEBOVE et alii (1975, p.633) définissent l’étiologie comme une étude de l’origine des organes, des fonctions ; Etude des causes des maladies ; Ensemble des causes d’un phénomène.

b. Différentes théories sur l’étiologie de maladies mentales

  1. DIONGO (2016, p.p. 5-6) dit que l’étiologie des maladies mentales se résume en 4 théories:
  • Théorie Organo-mécaniste : elle stipule que l’origine de maladies mentales se situe au niveau de lésion, blessure dans le système nerveux. Cette théorie a pour avantage c’est la mécanisation de la maladie (l’individu a l’avantage d’être soigné.) mais son désavantage est d’exclure les psychologues dans la cure thérapeutique ;
  • Théorie psychanalytique: l’origine des maladies mentales est expliquée à partir de l’inconscient et du surmoi ;
  • Théorie psychosociale: explique l’origine des maladies mentales à partir des facteurs normaux (c’est-à-dire que la maladie mentale provient des événements sociaux. comme par exemple la guerre, la violence, les accidents, etc.
  • Théorie mixte ou bio-psycho-sociale: cherche l’origine des maladies mentales dans les facteurs organique, psychologique (psychanalytique), social. Ainsi par exemple, comme le fait remarquer
  1. KABANGA et alii (2005, p.1), les maladies mentales dans la culture occidentale sont expliquées par des lésions du système nerveux, des accidents, des difficultés de la vie (finance, conflits, …), des conflits intérieurs, des évènements traumatiques violents (la guerre, les inondations, les volcanismes, …), la toxicomanie (prise des drogues et autres stupéfiants), des frustrations de tout genre.

Selon A. CONSTATIN (2016, p..2) ajoute qu’il y a les éléments susceptibles de provoquer un état pathologique ; d’abord les facteurs précipitants, nous avons: Les facteurs environnementaux: Carence de stimulation, insuffisance d’étayage ( support psychique et physique apporte par la mère au nourrisson) ; maltraitance, évènements de vie stressants, survenue d’évènements traumatiques intenses ; Les facteurs psychosociaux: isolement social, exclusion professionnelle, bas niveau économique ; Les facteurs culturels: vivre dans une culture différente de la sienne ; Les facteurs toxiques: absorption de substances psychoactives. Ensuite, les facteurs prédisposant: Facteurs génétiques (qui ne sont spécifiques à une maladie donnée), Les facteurs neurobiologiques, Les facteurs dégénératifs, Les facteurs infectieux (corrélation entre maladie attrapée pour la mère durant la grossesse et apparition de la schizophrénie), Facteurs obstétricaux.

Quant à I. DEHERTAING et J. COURTE JOIE (1986, p.84), pensent que pour connaitre l’étiologie de troubles mentaux, le thérapeute devra recueillir les informations suivantes: d’abord celles qui ont trait à la description de l’état clinique présente par le patient les quelles servent à évaluer l’importance des anomalies comportementales et des expériences morbides. Ensuite celles qui réfèrent à l’histoire de la maladie et relatent les différents symptômes présentes au cours des épisodes morbides précédents ; enfin, celles qui concernent les diverses étiologies possibles, en se basant sur les résultats d’examens paramédicaux complémentaires.

Pour JONCKHEERE, cité par A. BUCHEKABIRI (2012, p. 56), montre que les troubles mentaux peuvent être causes par des multiples facteurs et sources, avec une prévalence des déficits de l’enfance, parmi lesquels il y a les gènes, l’environnement intra-utérin et social. Dans ce sens, un traumatisme, une substance médicamenteuse, une infection virale ou bactérienne pourrait accroitre le risque de développement des certains types des troubles mentaux. Ces troubles pourraient également être causes par les besoins non satisfaits, la déception dans la vie, le viol, les croyances aux forces magiques, l’absorption des boissons et d’autres produits toxiques.

KOCH et PASTEUR, cité par KALALA repris par P.MURHULA (2017, P.p. 12- 13) distinguent différents modèles qui peuvent causés une maladie:

  • Modèle infectieux selon lequel, la cause de la maladie réside dans un facteur spécifique pouvant être de nature diverse (bactérienne, virale, toxique, métabolique, etc.) et qui suffit à expliquer, a lui seul, le processus pathologique sans qu’il soit nécessaire de faire intervenir d’autres facteurs psychologiques ou sociologiques.
  1. HUBBERT dit que, ce modèle infectieux, réductionniste et mono causal, a cependant long temps une grande influence sur la façon de conceptualiser les comportements anormaux ;

modèle psychosocial, divers courants (psychanalyse, thérapie comportementale, phénoménologie existentiel, …) ont en commun le fait de mettre l’accent sur les facteurs non acquis et de souligner l’importance des facteurs sociaux dans la genèse du comportement anormal. Sous-jacentes à ce courant deux hypothèses:

    La première énonce que, le comportement anormal est comportement appris. Tout comportement normal, selon les mêmes principes ;

 La seconde précise que ce qui est anormal ou normal est défini en fonction des normes sociales et culturelles et par conséquent les origines du comportement anormal sont à chercher dans les conditions psychosociales passées ou présentes dans lesquelles s’est effectué l’apprentissage du comportement anormal.

  • modèle biopsychosocial, ses caractéristiques sont l’hypothèse d’une étiologie multifactorielle, et l’absence de distinction du point de vue pathogénique entre troubles psychiques et troubles physiques.

L’hypothèse d’une pathogenèse multifactorielle, pose qu’à l’exception de cas plutôt rares, les maladies somatiques sont comme les troubles psychiques, les résultats d’une multiplicité des facteurs divers se trouvant en interaction constante.

Selon la seconde hypothèse sous-jacente à ce modèle il n’y a pas de distinction, du point de vue pathogénique entre troubles psychiques et troubles physiques. Autrement dit, les facteurs psychosociaux sont des déterminants de maladies physiques tout comme les facteurs biologiques peuvent intervenir dans la genèse des troubles psychique (Tous les troubles relèvent donc des facteurs psychosomatiques).

  1. WAKILONGO (2016, p.45) dit que, le peuple Lega que les causes des maladies mentales étaient censées être: 1. Un ennemi: ainsi on cherchait d’abord celui qui s’était dispute dernièrement avec le malade, c’est pourquoi on conseillait aux frères de ne pas se disputer en public et si malgré tout cela arrivait il fallait éviter toute parole dont une oreille étrangère pourrait profiter pour nuire.
  2. L’esprit d’un ancêtre: parce qu’on l’avait oublié. Dans ce cas on allait déposer des vivres sur la tombe en lui demandant pardon et en lui promettant qu’il ne tomberait plus jamais en oubli chez les vivants.
  3. La cause pouvait être la femme du malade que jalousie avait jeté un mauvais sort sur son mari. Parfois elle pouvait le faire pour rester veuve.
  4. Le coupable pouvait être le malade lui-même avait commis un tabou ‹‹Monzombo››, par exemple injurier un ancien de la famille royale, révéler des secrets de l’initiation aux femmes, manger la viande du pangolin réserver aux Bami.

Pour Z. BISIMWA (2016, p.) ajoute que les Shi pensaient toujours que les causes des maladies mentales  était une malédiction divine ou humaine, une maladie non naturelle, un problème de la sorcellerie, un problème de la magie, un châtiment des ancêtres aux vivants.

I.1.3. Thérapie

a.        Définition

  1. NADIAYE (2008, P. 1238), la thérapie est le traitement d’une maladie d’origine génétique par induction d’un gène étranger dans les cellules de l’organisme maladie.

Selon J. REY- DEBOVE et alii (1975, p. 1777), la thérapie est un soin, une cure. Elément du grec, therapeia (exemple: électrothérapie, héliothérapie, psychothérapie).

Pour BERNARD et G. PIERRE (2002, P. 747) la thérapie vient du grec. Therapeia, traitement. Synonyme de thérapeutique.

Thérapie psychanalytique. Terme employé comme suffixe pour indiquer l’emploi thérapeutique d’une substance ou d’un procédé quelconque dont le nom forme la première partie du mot. Chimiothérapie, pharmacothérapie, antibiothérapie, corticothérapie, insulinothérapie, œstrogène thérapie, radiothérapie thalassothérapie, physiothérapie, malaria thérapie, psychothérapie.

D’après I. ROTSART de HERTAING et J. COURTE JOIE (1986, P. 93), la thérapie équivalent de psychothérapie. Exemple : thérapie de déconditionnement, thérapie familiale, voire système.

Selon le dictionnaire Petit Larousse de la médecine (2002, P.p. 961-162), thérapie, le traitement est un ensemble des méthodes employées pour lutter contre une maladie et tenter de la guérir.

Le traitement fait appel aux principes de la thérapeutique, que le thérapeute adapte au mieux des connaissances actuelles à chaque cas particulier.

B. Classification ou sortes des thérapies

Pour F.DIONGO (2016, P.p. 55-59) Il existe trois catégories de thérapies: biologiques, psychologiques, et traditionnelle. Chacune d’entre elles se subdivise en plusieurs sous- catégories.

B1. Thérapies biologiques, il s’agit des médicaments qu’on donne, ces traitements peuvent être étiologiques ou symptomatiques. Le traitement est étiologique lorsqu’il s’attaque à la cause ou à une maladie somatique qui est supposée être génératrice des troubles psychiques. Il peut être purement symptomatique lorsqu’on utilise les psychotropes, qui sont des médicaments qui font disparaitre les symptômes et ne s’attaquent pas à la cause.

 Voici quelques types des thérapies biologiques qui contribuent à calmer le malade et font que ce dernier soit abordable:

B1.1. Electrochoc ou Sismothérapie: C’est un traitement base sur le principe consistant à produire une modification dans le système nerveux du patient.

B1.2. Cure de Sakel, Dans ce type de traitement, on injecte de l’insuline au patient avec l’intention de provoquer un état de coma semblable à l’état épileptique, mais on prend toutes les précautions pour maintenir la respiration. Noter que cette cure de Sakel a un même effet que l’électrochoc.

B1.3. Hydrothérapie, ce type de traitement est un système de bain et de douche mais celui-ci est mal connu. Dans toutes ces thérapies, la façon dont le traitement est présenté au patient joue beaucoup dans les résultats obtenus. En effet, a cote du traitement proprement dit, il y a l’effet produit par le fait que le malade se rend compte qu’on s’occupe de lui.

B2. Psychothérapies : Approches thérapeutiques qui permettent d’appréhender la vie psychique et le comportement dans toute sa complexité et globalité.

Elle n’est pas nouvelle car elle est connue pratiquement dans toutes les cultures, elle est donc d’une existence universelle. C’est grâce à la psychothérapie que la psychiatrie a conquise son indépendance en médecine.

La psychothérapie doit être adaptée à la maladie, d’où elle a plusieurs formes:

B2.1. Thérapie de maternage: est celle qui consiste à créer une situation où l’on joue à la mère. Cette thérapie, est difficile à utiliser pour le schizophrène à cause du manque de contact avec lui, et cela se réduit à une mauvaise relation avec la mère.

B2.2. Thérapie de rééducation: c’est celle qui cherche à faire comprendre au malade certaines choses de nouveaux qu’il doit faire, non avec l’intelligence seulement mais avec tout son psychique.

B2.3. Thérapie collective ou des groupes: est celle où l’on utilise les relations des patients entre eux. L’expérience a montré que le malade est très sensible à ce qui se passe autour de lui, le groupe donne une situation plus  rassurante que la thérapie individuelle ou il y a souvent blocage. En groupe, les malades améliorés peuvent aider finalement ceux qui sont atteints.

B2.4. Sociothérapie: elle consiste à créer une ambiance telle que le milieu soit en soi thérapeutique en utilisant un groupe qui existe et on cherche à créer dans ce groupe, une ambiance pour que le sujet se sente accepté. Pour cela, il faut des attitudes pour les médecins et pour les garçons chargés de nettoyer les chambres. Tous devaient participer à améliorer l’ambiance. Ce traitement est difficile à utiliser dans les cliniques car, il demande un personnel appliqué. C’est pourquoi il est préférable d’être utilisé dans la famille du malade de manière que le malade se trouve dans une situation où il se sent accepté.

B2.5. Ergothérapie: elle consiste à faire effectuer certains travaux pour occuper le malade et l’amener à s’exprimer, C’est-à-dire l’ergothérapie constitue une thérapie par le travail. Celle-ci est utilisée dans les cliniques spécialisées mais il y a moyen de créer cela dans la famille du malade, C’est-à-dire qu’il faut conseiller la famille du sujet pour que le malade trouve une occupation utile dans la famille, on peut dire au malade de faire soit un peu de menuiserie ou du                                               tricotage                                                                                                 

B2.6. Thérapie directive: est celle où le thérapeute dicte le comportement que le malade  doit adopter. En d’autres termes, le thérapeute donne des interprétations en disant que telle malaise est lié à telle cause et c’est toujours lui (thérapeute) qui prescrit les exemples au patient. La thérapie directive a pour but d’avoir une action directe sur le comportement du sujet. Elle peut s’exercer avec des médicaments et le thérapeute intervient  pour faire une investigation sur les causes psychologiques éventuelles et sur les symptômes somatiques.

B2.7. Thérapie vocative: elle qui consiste à créer une situation dans laquelle le patient peut évoquer ses problèmes et parvenir à une maturité et à une liberté plus large ; où l’auto éducation du malade s’effectue. Le traitement  qui se réalise à partir de cette méthode, dure très long temps car le malade lui-même a le devoir de prendre des initiatives et faire se découverte afin de modifier son comportement en fonction de ces découvertes. Il est difficile d’utiliser cette méthode chez certains malades étant donné qu’ils peuvent ou pas comprendre, mais elle est la plus efficace.

B2.8. Psychanalyse: est celle qui consiste à mettre le sujet dans une situation qui lui permet de faire un déblocage. Selon elle, les troubles mentaux seraient dus au conflit intrapsychique (guerre entre ça, moi, surmoi). On entre en contact avec le malade par l’analyse de ses rêves, par les associations libres en s’assurant que celui-ci a une personnalité forte pour supporter l’analyse car on a l’impression d’être ouvert et mis en petit morceau. On doit assurer le sujet qu’il s’engage dans un traitement long si on veut atteindre un résultat appréciable.

  1. ISUNGAPALA (2012, P.p.8-9) ajoute qu’il existe plusieurs formes des thérapies ou traitements selon divers auteurs:

- Traitement moral : forme de psychothérapie rationnelle de la folie, fondée sur la bienveillance, la douceur et persuasion ; préconisée à la fin du 13ème siècle par W. TUKE en grande Bretagne et par Ph. PINEL en France ;

- Traitement administratif : ce traitement consiste à régler le travail et les conditions de vie collective des malades dans l’institution psychiatrique. Il a été inventé par CH. LASEGUE au milieu du 19ème siècle.

       I.1.4. Maladie Mentale

La maladie mentale, rapportent GLEASON et alii, Cité par A. BUCHEKABIRI (2013, p. 7) est un concept polysémique dans la littérature psychologique et psychanalytique pour trois raisons :

  • D’abord, on a constaté que dans des nombreuses sociétés, surtout en Afrique et en particulier en milieu urbain, les malades mentaux sont victimes de marginalisation sociale voire familiale. Ce sentiment de rejet et cette mise à l’écart résulteraient de l’attitude réductionniste du champ psychologique à la folie perçue comme une réalité aliénante, déshumanisante et avilissante qui fait peur parce qu’elle est honteuse, culpabilisante voire contagieuse ;
  • Ensuite, il nous revient de constater que chaque société à une conception des maladies mentales notamment la sémiologie, l’étiopathogènie, les techniques de diagnostic, la thérapie, la prophylaxie et le pronostic. Ce relativisme culturel rend difficile et hasardeux le recours à une signification et à une taxonomie universelle de la pathologie mentale comme aussi l’usage des critères uniques d’une santé mentale saine ;
  • Enfin, l’on sait qu’avant l’avènement de la psychanalyse on soutenait l’opinion selon laquelle agir sans l’influence de l’inconscient était le propos des malades mentaux incapables de raisonner et qui sont sous l’emprise des pulsions et des instincts enfuis dans le ca. Mais FREUD a montré que l’inconscient joue un rôle moteur dans la conduite de l’homme normalement normal et de l’individu perturbé. Il apparait ainsi que le normal et le pathologique procèdent d’une réalité de même nature.

Une autre difficulté sur les troubles mentaux provient du fait de la relation étroite de  la maladie mentale avec les concepts médicaux de maladie et santé qui ne constituent qu’une approche essentiellement physicaliste réduite à un idéal homéostatique neurobiologique difficilement réalisable.

Dès lors, la maladie mentale est un fait de tout être humain qui, confronté aux difficultés de l’existence, réagit de façon inadéquate et s’adapte mal aux événements.

ARISTOTE Cité par J.POSTEL et C. QUETEL (1994, P.29) dans son Ethique en Nicomaque dit : « le malade mental est celui qui tue sa mère et en mange sa chair, ou  l’esclave qui tue son camarade  et en mange le foie. »                                                                                                              

Et pour M. Guttmacher cité par J.POSTEL et C.QUETEL (1994 p.29) la maladie mentale en ces termes : « Qui est fou ? Celui qui sort la nuit, qui couche dans les cimetières, jette des pierres, déchire son vêtement et perd ce qu’on lui donne. » Cette définition convient mieux à l’image populaire du malade mental qu’à la réalité.

Pour G. DEFOUR (1986, P.1) les maladies mentales sont des maladies de l’organisme où prédominent les phénomènes mentaux : il y a trouble organique en même temps que trouble mental.

Selon H.I.KAPLAN et B.J. SADOCK (1998, p.1), un trouble mental est une maladie caractérisée par des manifestations psychologiques et comportementales, associées à un dysfonctionnement et liées à des altérations biologique, sociale, psychologique, génétique, physique et chimique. Chaque maladie présente des signes et symptômes caractéristiques.

D’après LAFON Cité par Z. BISIMWA (2016, p.1), la maladie mentale ne peut être considérée  comme une maladie de l’esprit, mais comme une des forces, un des aspects particulier de la personnalité. C’est pourquoi, il est aberrant de situer la maladie mentale dans une opposition radicale, expliquée dans le rapport physique  et moral. Celle-ci ne peut se considérer que dans l’unité vivante d’une structure organique, dont la vie psychosomatique et de relation constituent l’intégration de l’organisme dans l’existence proprement humain.

  1. HERTAING et alii (1986, p.39) définissent la maladie mentale comme ce qui, dans une culture donnée, chez une personne ou groupe de personnes, perturbe la capacité d’aimer, de travailler et d’être en relation avec les autres. Ces perturbations sont les conséquences des diverses difficultés notamment des conflits psychiques et se manifestent dans les symptômes observables. Si un homme souffre d’une maladie mentale ou s’il est perturbé c’est toute sa personnalité qui est concernée dans diverses dimensions.

Selon CIM 10 Cité par M. WAKILONGO (2016, p. 6) la maladie mentale est un ensemble d’affection et des troubles d’origines très différentes, entrainant des difficultés dans la vie d’un individu, des souffrances et des troubles des comportements.

I.2.1. Classification des maladies mentales

A. Classification de PLATON

Selon Platon cité par J. POSTEL et C. QUETEL (1994, p.26) il existe deux types de maladie mentale : la maladie mentale divinement inspirée donnant à l’individu des pouvoirs prophétiques et la maladie mentale causée par une maladie physique.

B. Classification de GREGORY

GREGORY cité par M. WAKILONGO (2016, p.11) distingue :

  1. les désordres organiques cérébraux (association à un trouble de la fonction de tissus cérébraux) comprenant les troubles aigus et troubles chroniques.
  2. Les déficients mentaux(individus présentant l’insuffisance et lenteur congénitale du développement intellectuel entrainant une incapacité de raisonner logiquement avec inadaptation sociale, scolaire, et professionnelle).
  3. Les désordres fonctionnels: c’est sont des troubles qui ne peuvent être rattachés à une cause clairement définie.

 Les causes sont souvent non organiques. On peut citer dans cette catégorie :

  • Les névroses et psychoses
  • Les psychopathies
  • Le trouble psychosomatique.

C. Classification des maladies mentales d’après F. DIONGO

Selon cet auteur, on classe les maladies mentales en deux catégories :

  • Les névroses considérées comme maladies mentales faciles à traiter ;
  • Les psychoses à base organiques considérées comme troubles graves et profonds. Cet auteur se réfère à la classification des maladies mentales de H. EY et alii. Ces auteurs regroupent les maladies mentales en trois catégories : les maladies mentales aigues, les maladies mentales chroniques et l’arriération mentale.
  1. Maladies mentales aigues

Une maladie mentale est aigue lorsque l’organisation des symptômes permet de supposer que les troubles sont momentanés. Elles sont classées par ordre de gravité comme suit :

  • Psycho névrose émotionnelle: où le sujet présente des réactions de grande intensité, qui sont déclenchées par une cause émotionnelle extérieure. C’est dans cette maladie que se trouve le syndrome de stress post-traumatique figurant actuellement dans la CIM et le DSM.
  • La manie: c’est une surexcitation de toutes les fonctions psychiques sur tous les plans, ce qui entraine que le malade ne peut s’asseoir tranquillement. Cette crise éclate progressivement. Au début, on a l’impression que l’individu est simplement optimiste puis il le devient de plus en plus et croit qu’il va arriver à une réussite. Le début de cette maladie est souvent marqué par des insomnies suivi de l’anxiété.
  • La dépression (Mélancolie) : c’est l’inverse de la manie. C’est un arrêt de toutes les fonctions psychiques. Le sujet reste replié sur soi et manifeste de l’hypocondrie. Lorsque le sentiment de culpabilité est fort accentué, le sujet peut avoir intérêt à se suicider.
  • Psycho maniaco-dépressives: sont des délires aigus caractérisés par la tendance cyclothymique à produire des excès de manie et de mélancolie.
  • Psychose délirante aigue : c’est une maladie caractérisée par l’éclosion soudaine d’un délire transitoire généralement polymorphe dans ses thèmes et ses expressions. Cette maladie apparait brusquement et brutalement, mais elle est transitoire, polymorphe, c’est-à-dire que ses idées se modifient d’un jour à un autre.

Ainsi, tout ce qui tombe sous le sens peut servir à une élaboration de l’imagination. Ce qui est frappant est la façon dont le malade croit à ce qu’il raconte, c’est-à-dire à son imagination provoquée par des hallucinations visuelles et auditives.

  • Psychose Confusionnelle: il s’agit de l’obnubilation de la conscience causée par l’intoxication ou des maladies telles que la tuberculose ou la pneumonie. Cette obnubilation va du simple engourdissement de la pensée jusqu’à un état de stupeur voisin du coma.
  • L’Epilepsie: est le trouble  du fonctionnement cérébral caractérisé par la répétition des crises aigues dont les symptômes sont variables d’un cas à l’autre et peuvent entrainer  une perte de connaissance ou des convulsions. Cette maladie comporte trois types de crise :

- Epilepsie de grand mal (est dit quand l’individu fait des crises ou tombe), épilepsie de petit mal (ce qui varie entre 5 à 10 secondes. L’individu ne tombe pas, il est dans l’état d’éveil), épilepsie psychomotrice (l’individu manifeste  musculature bucco des mouvements anormaux de la musculature bucco-faciale lors de la crise).

  1. Les maladies mentales chroniques

Une maladie mentale est dite chronique lorsque la structuration des symptômes autre que l’évolution va vers la répétition des crises. Elle comprend :

  • Les psychoses: sont des maladies mentales caractérisées par le maintien de l’inconscience chez l’individu malade mental. Elles se subdivisent en :
  • Délires chroniques sans évolution déficitaire: il n’y a pas une détérioration véritable des autres fonctions psychiques, c’est-à-dire de toute personnalité. Elle comprend à son tour la paranoïa (maladie caractérisée par les délires, mauvaise interprétation, l’idée de l’individu est fausse au départ), psychose hallucinatoire (elle est caractérisée par la croyance. Il vit dans la fantaisie), paraphrénie (une maladie caractérisée par la création des histoires en caractère magique tout en gardant l’adaptation à la réalité).
  • Les délires chroniques avec évolution déficitaire, ici, nous avons un déficit de toutes les fonctions psychiques (Schizophrénie ‹‹délire chronique et systématiser caractérisé par la dissociation de la personnalité››, Démence‹‹ affaiblissement de toutes les fonctions psychique suite aux lésions cérébrale››).
  • Les névroses : sont des maladies de la personnalité, caractérisée par des conflits intrapsychiques qui inhibent les conduites sociales et perturbent l’équilibre inférieur du névrosé mais n’altère pas le système de la réalité. Ce sont donc des maladies psychiques mineures comme anomalies de l’activité sexuelle (Masturbation, l’impuissance, Frigidité qui peut parfois être  attribuable soit au vaginisme.) ; Manifestation de l’agressivité ; Angoisse ; Troubles du sommeil ; Asthénies ou apathies névrotiques ; Hypocondrie ; Stigmatiques ou troubles fonctionnels névrotiques.

Les névroses ses classent d’une manière suivante : (Névrose d’angoisse‹‹ elle est posée par le fond d’anxiété permanente››, phobique‹‹ est caractérisée par la projection de la peur sur un objet››, hystérique‹‹ neutralisation d’une partie du corps d’un individu et dans le labo on ne voit rien ›› et obsessionnelle ‹‹caractérisée par idées à poser un acte ayant une force confusionnelle››).

  • Déséquilibres psychiques ou états limites: c’est un terme classique en France ; en Allemagne on parle de la personnalité psychopathique ou psychopathe ; en Angleterre on parle de névrose impulsive ; aux USA on parle des antisociaux.

Ainsi, dans le déséquilibre psychique nous avons quatre catégories : (la personnalité psychopathique ‹‹ caractérisée par un acte antisocial››, Toxicomanie ‹‹consommation excessif des produits toxiques notamment les drogues››, Alcoolomanie Désire inversible  de consommer l’alcool››, perversions sexuelles‹‹ sont des déviations sexuelle non accepté par la société››).

  1. Arriération mentale ou Oligophrénie

L’arriération mentale est un état établi une fois pour toutes, dû à un retard ou à un moindre développement mental par rapport à la norme. Ici l’âge mental est inférieur à l’âge chronologique. Les symptômes les plus fréquents sont : Apprentissage scolaire lent ou nul, faiblesse de rendement scolaire, inadaptation affective et sociale, quotient intellectuel inférieur ou égal à 90, réactions d’indifférence, retard dans les étapes du développement, troubles de coordination des mouvements, etc. La thérapie n’est pas possible dans cette anomalie. Elle comprend :

  • Les débiles mentaux : Q.I égal 60 à 90 : éducable
  • Les imbéciles : Q.I égal 30 à 60 : semi éducable
    • Les idiots : Q.I Inférieur à 30 : non éducable.

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