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INTRODUCTION

  1. Problématique

Le rapport de la FAO sur la sécurité alimentaire relève que l’accès aux aliments de consommation n’est pas à un niveau appréciable en Afrique (FAO, 2002).

Les conditions de vie des populations surtout rurales ont baissé. L’insuffisance alimentaire devient grave dans les milieux ruraux ainsi que dans les milieux urbains et périurbains.

Dans plusieurs pays du tiers monde, les populations rurales se trouvent confrontées à l’impossibilité matérielle et financière pour répondre aux besoins fondamentaux (IFDC, Juin 2007).

D'ici l'an 2020, la dégradation des sols pourrait constituer une grave menace mettant en danger la production alimentaire et les moyens d'existence ruraux, notamment dans les régions pauvres et de forte démographie dans le monde en développement. Des mesures appropriées sont exigées pour encourager les investissements pour la mise en valeur et l'amélioration de la gestion de la fertilité de ceux-ci afin que les pays en développement puissent remplir, durablement, les besoins alimentaires de leurs populations. Selon l'analyse GLASOD (Global Land Assessment of Degradation - Évaluation Mondiale de la Dégradation des Sols), fondée exclusivement sur les opinions d'experts, près de 2 milliards d'hectares dans le monde entier (22% de tous les sols agricoles, pâturages, forêts et terres boisées) ont subi une dégradation depuis 1950. Selon les estimations, près de 3,5% de la superficie totale de 2 milliards ont été soumis à une dégradation si grave qu'elle ne pourra être inversée que par le truchement des mesures d'ingénierie onéreuses, ou pas du tout. Seuls 10% ont subi une dégradation modérée, et cette dégradation ne pourra être inversée que grâce à des investissements intra-exploitation agricole d'importance.

Sur les quelques 1,5 milliards d'hectares de terres agricoles dans le monde entier, près de 38% ont subi un certain degré de dégradation. L'Afrique et l'Amérique latine semblent avoir la plus forte proportion des sols agricoles dégradés, et l'Asie le plus fort pourcentage de terres boisées dégradées.

            En République Démocratique du Congo, les petits agriculteurs font difficilement vivre leurs familles et n’arrivent pas à produire un surplus à transformer en argent pour payer les frais scolaires, les frais de santé et d’autres besoins vitaux.

En plus, l’archaïsme des techniques agricoles provoque une surexploitation et un appauvrissement des sols. De ce fait, le bilan des éléments nutritifs des sols congolais est parmi les plus négatifs au monde (CATALIST, Mars 2009).  

Face à cette situation, plusieurs chercheurs se sont  mis en œuvre en RDC dans la lutte contre l’infertilité des sols en préconisant la GIFS comme moyen de restaurer la fertilité des sols mais aussi de lutter contre l’insécurité alimentaire et améliorer les conditions de vie et les revenus des ménages.

Selon eux, la GIFS n'est rien d’autre qu'un meilleur usage des stocks de nutriments dans le sol, des amendements locaux et des engrais minéraux dans le but d'augmenter le rendement des terres tout en assurant l'amélioration, la durabilité de leur fertilité, la régénération des sols dégradés, l'amélioration des revenus et des conditions de vie des ménages ruraux.

De ce fait, la GIFS permet d'augmenter le rendement qualitatif et quantitatif entraînant plus de bénéfice par rapport au travail fourni et aux produits utilisés.

            Au niveau du continent Africain, à croire l’avis de l’Africa Soil Health Consortium, les programmes de subvention d’engrais mis en place par de nombreux gouvernements africains sont voués à l’échec, à défaut d’encourager simultanément une Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols et une bonne pratique agricole. Ceci explique bien la nécessité de mettre en place des structures pour la gestion de la fertilité des sols en Afrique.  

Au Mali où la GIFS a été pratiquée au cours de dernières décennies, on a assisté à une augmentation des productions de principales cultures grâce à la GIFS. 

La production du riz par exemple, est passée de 83.128 à 298.123 tonnes soit une augmentation de plus de 300% (Ministère Malien du Développement Rural, 2002).  

Au  Bénin, où il y avait une faible productivité, des pertes post-récoltes dans le secteur agricole au cours de 25 dernières années, l’on a procédé pour résoudre ce problème, par l’augmentation des superficies cultivées et ensuite il a été appliqué les technologies de la GIFS. Ainsi les productions céréalières (maïs, sorgho, mil et riz) ont augmenté et de ceci les producteurs ont accru leurs revenus sur la période 1980-2004 (Ministère Béninois de l’Agriculture, 2005).

            Dans le Bushi montagneux depuis un temps, les terres sont improductives suite à la dégradation de celles-ci. Les activités humaines figurent au premier rang des facteurs de dégradation et de faible production agricole.

Toutes ces formes de dégradation se répercutent ainsi sur la production agricole et aussi sur la structure du sol, son environnement physique et chimique (CRONGD Sud-Kivu, Mars 2007).

Face à cette situation, les ONG et chercheurs ont entrepris des actions dans le but d’améliorer la fertilité des sols afin d’accroitre les rendements agricoles. Plusieurs facteurs expliquent ces faibles rendements. Parmi ces facteurs il y a l’usure des sols par les cultures et les activités humaines, le manque de la mécanisation agricole, l’usage des semences non améliorées et non résistantes, la faible utilisation des fertilisants,...

Depuis 2006, le Consortium for Improving Agriculture-based Livelihoods in Central Africa (CIALCA) a lancé un projet d’amélioration des conditions de vie basé sur l’agriculture intensifiée ; la volonté de tout agriculteur étant d’assurer son existence et celle de sa famille.  

La GIFS comprend des technologies comme le semis en lignes, l’usage des engrais chimiques, l’usage des engrais organiques et surtout le fumier de ferme, l’usage des semences améliorées et la lutte antiérosive.

            Pour palier au problème d’infertilité des sols, le CIALCA a initié les ménages cultivateurs de Burhale à l’usage des technologies de la GIFS. L’usage de ces technologies vise non seulement l’amélioration des conditions de vie comme toute activité de l’homme mais aussi la protection des sols contre la dégradation (CATALIST, Mars 2009). 

Les ménages de Burhale qui ont été formés en ces technologies et accompagnés par les animateurs du CIALCA et autres ONG, ont acquis un bagage non négligeable en matière d’usage de bonnes pratiques culturales et de la fertilisation des champs. Ces technologies devraient permettre de produire non seulement pour l’autoconsommation mais aussi  pour le marché afin que les ménages arrivent à satisfaire d’autres besoins vitaux.

De ce qui vient d’être énoncé, nous nous sommes posé les questions suivantes :  

  1. Quelles sont les caractéristiques socio-économiques des ménages après l’adoption de la GIFS à Burhale ?
  2. Comment les ménages perçoivent-ils l’amélioration de la fertilité de leurs sols depuis l’adoption de la GIFS?
  3. Quels changements sont intervenus dans la vie socio-économique des ménages après l’adoption de la GIFS dans le groupement de Burhale ?
  4. Que devra-t-on faire pour une large dissémination des technologies GIFS?  

0.2. Hypothèse

Nous formulons l’hypothèse selon laquelle les ménages ayant maitrisé et appliqué les technologies de la GIFS sont ceux dont les conditions socio-économiques se sont améliorées comparativement à ceux ne les ayant pas maitrisées.

Ils éprouvent moins de difficultés quant à la scolarisation des enfants, à l’alimentation et l’accès aux soins de santé primaires.

0.3.  Choix et Intérêt du Sujet

Nous avons été motivé par ce sujet car il traite d’un problème réel et d’actualité qui inquiète le monde, la dégradation des sols, l’accès aux aliments des populations et leurs conditions de vie.

Le monde est aujourd’hui secoué par une importante crise alimentaire en général et en particulier les nations en voie de développement.

Dans les pays en voie de développement, il y a un problème de survie des ménages et ceci les pousse à des pratiques qui causent d’une manière ou d’une autre les dégâts sur l’environnement et la structure du sol tout se répercutant sur la production agricole. Elle devient faible. 

Ce fait nous interpelle plus particulièrement dans le processus d’analyse de la situation telle qu’elle est vécue et d’y contribuer tant soit peu.

 0.4. Objectifs de l’étude

  1. terminer les caractéristiques socio-économiques des ménages utilisant la GIFS à Burhale;
  2. Évaluer l’appréciation des ménages vis-à-vis de l’amélioration de la fertilisation de leurs sols depuis l’adoption de la GIFS ;
  3. Évaluer l’évolution des conditions socio-économiques des ménages depuis l’adoption des technologies de la GIFS;
  4. Recueillir les points de vue des ménages sur l’amélioration de la fertilité de leurs sols et de la sécurité alimentaire.

 

 

 

 

 

0.5.  Délimitation du sujet

Ce Travail couvre spatialement toute l’étendue du groupement de Burhale, en territoire de Walungu, surtout dans les localités où les ménages ont bénéficié des actions du CIALCA dans le cadre du projet et des autres organisations œuvrant dans cette entité sous l’accompagnement de cette organisation.

            Par ailleurs, considérant que les impacts des interventions se remarquent après une période pas moins courte, nous avons résolu de mener cette étude dans la période allant de 2006-2012.

C’est dans ce contexte que l’étude pourra avoir des éléments permettant de visualiser l’efficacité et l’efficience des actions menées à travers la GIFS.

0.6. Difficultés rencontrées

Les difficultés que nous avons traversées lors de l’élaboration du présent travail sont d’ordre financier du fait que nous avions eu de temps en temps à aller à Burhale dans des conditions qui ne nous ont pas été faciles notamment le manque de transport certains jours ; climatiques du fait que durant la période où nous faisions nos enquêtes, il pleuvait chaque après-midi et nous étions obligé d’être à Walungu chaque soir qu’il pleuve ou pas ; technique du fait qu’il nous fallait au moins un accompagnateur en matière d’évaluation pour nous aider dans la recherche. Toutes choses restant égales par ailleurs, nous nous sommes forcé  à les surmonter et voilà la production du travail.

0.7. Présentation sommaire du travail

Mises à part l’introduction  et la conclusion, ce travail intitulé « Impact socio-économique de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols dans le groupement de Burhale, Territoire de Walungu » comprend trois chapitres structurés de la manière suivante :

  • Le chapitre premier reprend une revue de la littérature sur la fertilité des sols, en outre elle s’appellerait « Généralités sur la fertilité des sols » ;
  • Le deuxième chapitre qui, quant à lui présente le milieu dans lequel nous avons mené nos études, entendu ici le groupement de Burhale en collectivité chefferie de Ngweshe dans le territoire de Walungu ; et les méthodes et techniques utilisées dans ce présent travail ;
  • Le troisième chapitre présente l’analyse et l’interprétation des résultats du présent travail,
  • Le quatrième chapitre présente ce que nous avons envisagé comme solution aux différents problèmes des agriculteurs qui ont été accompagnés par les ONG dans le groupement de Burhale, entendons par ici u projet de distribution des géniteurs aux agriculteurs de Burhale.

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