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INTRODUCTION

0.1 PROBLEMATIQUE

Vaste pays au cœur du continent Africain, la République Démocratique du Congo compte parmi les pays au monde dont le taux d’approvisionnement en eau et d’assainissement figure parmi les plus bas dans le monde et ont baissé au cours des 20 dernières années. Selon les dernières statistique, actuellement, seulement 26% et 9% de la population ont respectivement accès à l’eau potable et à un système sanitaire adéquat. Les faibles taux de couverture en eau potable ont conduit à une situation de santé publique où la diarrhée cause 12% de décès en RDC[1]. Le taux de morbidité liée à la diarrhée pour l’enfant de moins de cinq ans (en deux semaines) a atteint 20% et les maladies épidémiques liées à l’eau et l’assainissement y compris le choléra continuent de faire des ravages dans la population.

L'objectif du Millénaire pour le développement (OMD) relatif à l'eau (objectif 7 Cible 4) est aussi loin d'être atteint en RDC. La RDC fait face à des difficultés pour desservir sa population en eau potable bien qu'elle dispose d'énormes potentialités hydriques pouvant approvisionner toute l'Afrique. A ce jour, beaucoup de villes et territoires sont confrontés à une pénurie d'eau potable. Suivant les statistiques publiées par le ministère de l'Energie et le programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), le taux national de desserte, qui était de 69 % en 1954, est tombé à 22 % en 2005, avant de remonter à 26 %. Bien que la République Démocratique du Congo (RDC) soit le pays d'Afrique possédant les ressources hydrologiques les plus importantes, elle doit aujourd'hui faire face à une crise aiguë de l'approvisionnement en eau potable. En effet, seuls 26 % de la population congolaise ont accès à une eau potable salubre, une estimation bien en dessous de la moyenne des 60% pour l'ensemble de l'Afrique subsaharienne[2].

En raison des infrastructures endommagées et fragilisées par des années de sous-investissement, de conflit et de la croissance rapide de la population, le taux de couverture de l'approvisionnement en eau a décliné jusqu'à récemment. Les conséquences sociales et sanitaires de la rupture des services d'eau sont considérables.

Les tranches les plus pauvres de la société sont touchées de façon disproportionnée par le déclin de la prestation des services et la hausse des prix de l'eau, cette situation a été observée dans les villes mais également de façon croissante dans les zones rurales connaissant une explosion démographique rapide. La situation sur l'approvisionnement en eau potable sur toute l'étendue du groupement de Walungu reste la même : la pénurie, l’insécurité causée par la recherche nocturne de l’eau et  le coût élevé des factures  d'eau.

Dans certains villages de la RDC, la majorité de la population n'a pas accès à l'eau potable.        A Kabare, Uvira, Fizi, Mwenga le responsable provincial du service d'hydraulique rural affirme que 70% de la population sont privés d'eau potable. Au Bas Congo, la situation est pire : 6% seulement de la population boit de l'eau potable[3]. Par manque d'eau potable, la population du territoire de Walungu centre, se contente des eaux de pluie. Les ménagères profitent de ce moment pour faire des réserves. Des familles entières se mobilisent et accourent vers de grands bâtiments de la cité pour recueillir les eaux de la pluie qui coulent des toitures de ces immeubles. (http. www. okapi info.cd, 2015). La pénurie d'eau reste un problème en République démocratique du Congo, les habitants se déplacent à plus de 10 km pour trouver de l'eau et il faut 30minutes pour remplir un récipient de 20 litres. Il faut se réveiller entre 1heure et  4heures du matin pour la recherche de l'eau, une situation qui n'existe pas dans de nombreux pays qui, par ailleurs ne disposent pas de potentiel  hydrographique  comme celle de la RDC[4].

En milieu ruraux, la majorité des habitants s'approvisionnent en eau dans des rivières, lacs, des sources non aménages des puits ouverts et ces habitants ont des problèmes de santé. (http.www .okapi info .cd 2015)

Dans groupement le groupement de Walungu, notre milieu d'étude, la majorité des coins des villages  ne sont pas approvisionnés en eau de la source MUHAMBWE étant donné que la MONUSCO prive la population en eau potable avec les tuyaux de PVC de 110 m conduits de Burhale qui a été financé par l’Unicef en 1987, quelle que soit la saison, les habitants se déplacent d’un territoire à l'autre, la nuit comme la journée à la recherche de l'eau. Ils peuvent se déplacer à plus de 20 km pour la recherche de l'eau, un bidon de 20 litres sera utilisé par une famille de plus de 12 personnes. Quelques habitants du groupement de Walungu s'approvisionnent à des bornes fontaines et à des sources non aménagées. Ceux qui ont la chance d'accéder au robinet, il faut plus de 10 minutes pour remplir un récipient de 20 litres sur une rangée de plus de 50 personnes en attente de puiser. Le Taux de couverture en eau potable estimé à 36% et le taux de l'assainissement à 17% en 2015 (EDS)[5]. La tendance de la couverture en eau diminue (augmentation de la population et dégradation des infrastructures) et devrait diminuer encore plus d'ici fin 2015 (UNEP, 2014). Plan d'action humanitaire RDC 2015.

La source MUHAMBWE fournit chaque jour 3 000 mètres cubes pendant la saison sèche et pendant la saison pluvieuse 6000 à 8 000 mètre cube par jour à fournir à une population de 53549 habitants. Pour une consommation d'au moins 20 litres par personne et par jour. D'après le bureau de maintenance de MUHAMBWE,  365(robinets privés et publics)  abonnés sont enregistrés et sur ce nombre seuls 84 sont actifs et sont servis par la source MUHAMBWE, soit un déficit de services à 281 clients des abonnées non servis[6]. Elle a été créée en 1952 sous le financement de la chefferie et financé en 1987 par l’Unicef[7]. Ce qui fait que la demande en eau provenant de cette source devient supérieure par rapport à la quantité qu’elle est capable d’offrir à la population.

Face à cette situation, nous formulons notre questionnement de la manière suivante :

  1. La quantité de l'eau produite par la source MUHAMBWE est-elle suffisante pour alimenter les habitants de groupement de Walungu par rapport aux normes de l'OMS de 20 litres  par personne et par jour ?
  2. Les habitants de groupement de Walungu non abonnés à la source MUHAMBWE, comment s'approvisionnent- t- ils en eau potable ?
  3. Quelle est la qualité de l'eau fournie par la source MUHAMBWE à ses abonnées étant donné que la tuyauterie actuelle date de 1990 ?
  4. Quel est l'impact de cet approvisionnement en eau dans différentes sources du groupement de Walungu sur la santé de la population de ce groupement ?

0.2. HYPOTHESES

En guise de réponses anticipées, nous formulons notre hypothèse de la manière suivante :

  1. La quantité de l'eau produite par la source MUHAMBWE serait très inférieure aux besoins de la population de groupement de Walungu selon le minimum de consommation de 20 litres par personne et par jour.
  2. Les habitants du groupement de Walungu qui ne sont pas abonnés à la source de MUHAMBWE s’approvisionnent à différentes petites sources se trouvant dans les villages de ce groupement.
  3. L'eau des bornes fontaines et sources de groupement de Walungu serait de mauvaise qualité microbiologique et chimique
  4. L’impact serait négatif et l’approvisionnement en eau dans ces différentes sources occasionnerait la présence des maladies hydriques

0.3 OBJECTIFS D’ETUDE

1. Objectif général

L’objectif général de la présente étude est d’évaluer le degré de gravité du problème de pénuries d’eau potable dans le groupement de Walungu et y apporter des solutions adéquates.

2. Objectifs spécifiques

Nous nous fixons les objectifs spécifiques, dans ce travail d’identifier si la quantité produite répond valablement aux besoins en eau potable dans le groupement de Walungu, d’identifier les causes du problème d’approvisionnement en eau dans ce groupement, l’endroit où la population s’approvisionne en eau ainsi que  les conséquences sanitaires liées à la consommation d’eau puisée dans différentes sources.

0.4. DELIMITATION DU SUJET

1. Délimitation spatiale

Le groupement de Walungu est l’un des groupements qui fait face à des problèmes d’approvisionnement en eau potable étant donné que la principale source qui servie l’eau dans ce groupement, source de MUHAMBWE, offre une quantité d’eau moins que celle demandée. C’est ainsi que ce travail se limite spécialement dans ce groupement de Walungu en tenant compte de ses villages les plus frappés par ce problème d’approvisionnement en eau potable.

2. Délimitation temporelle

De manière temporelle, notre période de recherche sur le problème d’approvisionnement en eau potable va de Décembre 2015 à Juillet 2016, période dans laquelle nous avons mené nos investigations pour évaluer le problème d’approvisionnement en eau potable dans le groupement de Walungu.

0.5. INTERET DU SUJET

Le choix porté à ce sujet réside dans les observations faites sur l’approvisionnement en eau potable dans le groupement de Walungu chaque fois que nous visitons ce groupement, lequel approvisionnement constitue le plus grand problème ayant des effets négatifs qui se répercutent sur la vie de la population de ce groupement en termes de perturbation des conditions sanitaires, des causes de victimes de plusieurs maladies voire des pertes en vies humaines. Lesdites observations nous ont révélé que les problèmes d’approvisionnement en eau potable prévaut dans ce groupement bien qu’il y a des services politico-administratifs qui y exercent leurs activités et observent également ce problème sans y remédier, quelques fois mêmes sont aussi victime des effets de ce dernier. C’est ainsi que notre choix s’est orienté à ce sujet pour faire savoir à toute la communauté congolaise en général et du Sud-Kivu en particulier en termes de sensibilisation des autorités politico-administratives, des services chargés de la distribution d’eau dans leurs attributions pour voir comment éradiquer ce fléau dans le groupement de Walungu étant donné que l’accès à l’eau reste étroitement liée à la lutte contre la pauvreté. Nous avons, en définitive, opté pour ce sujet en vue d’apporter notre modeste contribution à la recherche d’une solution fiable aux problèmes d’approvisionnement en eau potable dans le groupement de Walungu et scientifiquement, pour que cette recherche puisse servir de référence aux chercheurs ultérieurs intéressés par des sujets de ce genre et même aux différentes organisations nationales qu’internationales qui souhaiteront intervenir dans ce groupement.

0.6 SUBDIVISON SOMMAIRE DU TRAVAIL

Mis à part l’introduction et la conclusion, notre travail est constitué de quatre chapitres. Le premier chapitre concerne la revue de la littérature de quelques concepts clés en rapport avec notre étude. Le deuxième chapitre par du milieu d’étude qui est le groupement de Walungu. Le troisième chapitre présente les méthodes et techniques utilisées pour récolter les données et enfin le quatrième chapitre va discuter des résultats de notre étude.

[1] MINISTERE NATIONAL DE L’ENERGIE ET DES HYDROCARBURES (2015), Rapport du taux d’accessibilité à l’eau salubre en RDC 2015, RDC.

[2] PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LE DEVELOPPEMENT (2011), Problématique de l’eau en République Démocratique du Congo : Défis et opportunités, Rapport technique.

[3] Rapport de l’OXFAM-HOLLANDE (2010), La problématique de l’eau en RDC, Hollande

[4] PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LE DEVELOPPEMENT (2011), Problématique de l’eau en République Démocratique du Congo : Défis et opportunités, Rapport technique.

[5] Rapport du bureau de maintenance de la source de MUHAMBWE (2011)

[6] Rapport du bureau de maintenance de la source de MUHAMBWE (2015)

[7] Rapport du bureau de maintenance de la source de MUHAMBWE (2014)

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